Ils étaient entre 200 et 300 chez la ministre de l’enseignement Marie-Dominique Simonet, vendredi matin. Les directeurs de l’enseignement fondamental catholique en ont marre. Une fois de plus pourrait-on dire. C’est qu’au fil de leurs coups de gueule, rien ne change vraiment. Si ce n’est qu’on leur ajoute souvent une nouvelle couche à un travail administratif qu’ils jugent excessif, inadapté à leur fonction et qui les prive surtout du temps qu’ils devraient consacrer au suivi pédagogique de leur établissement et de leurs enseignants. La récente circulaire alourdissant encore la procédure de pointage des absences n’étant que la goutte qui a fait déborder le vase.
A quand un véritable encadrement administratif?
Raison pour laquelle ils ont déposé, devant les bureaux de la ministre, des caisses pleines des «pistes didactiques». Documents qui accompagnaient les épreuves d’évaluation externes des années précédentes, mais qu’ils ne parviennent pas à exploiter valablement faute de temps.
Or, ce dispositif qui cible une amélioration des performances dans le primaire, ne sortira ses pleins effets que si les directions d’écoles bénéficient de conditions de travail décentes, indique Jean-Pierre Merveille, président du Collège des directeurs de l’enseignement fondamental catholique. Outre une revalorisation (salariale mais pas seulement) de leur fonction, les directeurs ont donc réclamé à la ministre un véritable encadrement administratif. Histoire de combler quelque peu le fossé qui existe à ce niveau avec le secondaire. Une école secondaire de 300 élèves pouvant compter sur deux emplois d’éducateurs et deux emplois administratifs, soit 4 équivalents temps plein (ETP), alors qu’une même école du fondamental ne peut compter que sur 0,21 ETP, selon le SeGEC (enseignement catholique).
Les directeurs repartis bredouilles
Concrètement, les directeurs n’ont pas obtenu grand-chose de la ministre. «On ne va pas lancer de fausses promesses, il faudra avancer sur d’autres terrains que le budgétaire …», commentait-on à son cabinet. Qui a promis de mettre en place un groupe de travail chargé de réfléchir à une réduction des charges des directions, essentiellement à travers des mesures de meilleure organisation. Groupe qui réunira les directions des trois réseaux.
Car la problématique les concerne tous, dit Jean-Pierre Merveille : «Je vois de plus en plus de directeurs de l’officiel qui sont confrontés à des communes qui diminuent aussi leur soutien administratif .»1
- Alain WOLWERTZ – L’Avenir – 21.11.10 [↩]
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