L’extraordinaire histoire des Aventurêves

La Belgique aussi a désormais sa J.K Rowling : Carole Bonnet, l’auteure des Aventurêves, des romans dans lesquels trois frangins, Léo, Charly et Eliot se découvrent un drôle de pouvoir : celui de vivre, la nuit, les rêves des autres enfants. Particularité, les jeunes héros sont bien réels et sont les trois enfants de la romancière, qui a décidé de vivre de sa passion. Et elle peut y travailler à plein-temps grâce à l’aide de son entourage. Son mari s’occupe de la gestion commerciale des livres et des produits dérivés, cinq de ses amis sont administrateurs de la société anonyme Les Aventurêves, qui chapeaute la communication. Depuis quelques mois, c’est un véritable carton !

Les romans d’abord : drôles, bien écrits et truffés de personnages ou créatures tous plus fous les uns que les autres. Des aventures pleines de magie et de tendresse qui, doucement, s’imposent chez les jeunes enfants, qui s’identifient facilement aux héros.

« Donner le goût de la lecture et de l’écriture aux enfants »

Mais derrière les livres, il y a ensuite un véritable projet pédagogique : donner le goût de la lecture aux enfants. Comment? En leur permettant de créer (gratuitement) leur propres histoires sur Internet – pour les y aider, des Cartorêves sont disponibles (toujours gratuitement) dans toutes les bonnes librairies, qui reprennent des idées de lieux et de personnages pour démarrer une chouette histoire – mais aussi de se faire éditer ! Carole Bonnet anime également, depuis un an, les ateliers d’écriture « Graines d’écrivains » dans les écoles.

Le principe est de partir de la trame des Aventurêves, et de construire, en classe, un livre dans lequel les enfants évoquent la culture et le folklore de leur commune. Chaque école écrit un chapitre, puis passe la main à la suivante. A la fin, le livre est publié et les enfants peuvent le dédicacer à leurs parents : une véritable récompense !

Bientôt un dessin animé

Ces ateliers sont présents dans près de 300 écoles de la Communauté française. Un fameux projets pour lequel il aura fallu former de nombreux animateurs. (Carole les a formés elle-même) Un projet qui a un coût (1.500 euros) mais qui est bien souvent supporté par les communes qui décident d’y associer certaines de leurs écoles. Ainsi, dès la rentrée prochaine, les écoliers de Verviers, Liège mais aussi Oupeye, entre autres, écriront et publieront leur propre livre.

Et ce n’est pas fini. Une BD sera sur le marché en janvier 2011 et une série de dessins animés suivra au printemps prochain. Un géant de l’animation devrait être chargé de la réalisation des péripéties de Charly, Eliot et Léo.

Enseignons.be vous offre un coffret

Enseignons.be a été rapidement séduit par le projet et les valeurs des Aventurêves. Si bien qu’il a décidé d’offrir à la joyeuse bande de devenir partenaires. Ainsi, pour ceux et celles qui le souhaitent, et qui veulent découvrir l’univers si particulier de ces Harry Potter made in Wallonie picarde, votre site préféré vous offrira, pour les fêtes, un coffret comprenant un roman (valeur 12 euros), un pack de cartorêves, un poster et une toise super sympa qui permettra à votre enfant et/ou à vos élèves de voir s’ils sont grands comme Charly ou plutôt comme Léo… Le kit idéal pour se lancer dans une aventure passionnante. Pour réserver votre coffret, envoyez un mail à jonathan.fischbach@enseignons.be (frais de port : 10 euros).

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Vos commentaires

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  1. Françoise dit :

    Je vous remercie de votre rapide réponse à mon commentaire (qui apparaît toujours « en attente de validationJ »…) J’espère que celui-ci sera publié et ainsi accessible à tous les enseignants qui vous lisent…
    J’ai encore un certain nombre de questions, essentielles me semble-t-il, à poser. En voici quelques-unes :
    - comment Carole Bonnet a-t-elle recruté les animateurs qu’elle a formés elle-même et quel était le diplôme minimum exigé pour suivre la formation?
    - en combien de temps (… heures? … jours?) Carole Bonnet a-t-elle formé son équipe d’animateurs?

    • alain Blaes dit :

      Bonjour,
      Les animateurs ont été sélectionnés sur base d’un CV et de plusieurs entretiens.
      Ils sont instituteurs, bibliothécaires, psychologues pour enfants ou ont un cursus tel qu’ils ont acquis une expérience dans l’animation de groupes d’enfants. Ils partagent tous la passion de l’écriture.
      Carole a assuré la formation théorique et pratique sur plusieurs jours et est en contact constant avec les animateurs. Elle se rend régulièrement dans les classes et rencontre les enseignants concernés.
      La formation des animateurs est continue. L’être humain n’est-il pas, par nature, en formation continue ?

  2. Une professeur de français déçue dit :

    J’ai eu l’occasion de lire le premier tome des « Aventurêves » et je dois dire être étonnée de la manière dont ce livre (et la série à laquelle il appartient) est mis en avant dans les écoles primaires alors qu’il est rempli de fautes de grammaire, de ponctuation, …, ainsi que de simples inélégances grammaticales.
    Je ne vise pas ici le fond, qui semble plaire aux plus jeunes (et c’est tant mieux), mais bien la forme, et ne comprends pas qu’on puisse faire la promotion de cette série sur un site à visée pédagogique. Ou serait-il devenu normal à notre époque de promouvoir un projet du moment qu’il fait beaucoup parler de lui, même s’il repose sur un livre dont la construction laisse à désirer (et qui servira pourtant de modèle à des enfants)…

    • rosa2 dit :

      Moi aussi bien déçue. Les enfants n’accrochent pas du tout à l’histoire. Les animateurs sont aussi décevants en animation qu’en orthographe… Ce projet qui aurait pu être très beau n’est en fait qu’une grande action commerciale…

  3. bataille dit :

    Avez-vous au moins pris le temps de lire le livre réalisé par Frasnes? Je vous promets qu’au bout de quelques pages, votre opinion ne sera plus la même… Fautes d’orthographe à gogo, ponctuation non appropriée, anaconda remplacé par « ce reptile vénimeux »… bref, bonne lecture!!! Et surtout bon courage pour essayer ensuite de résumer le livre et de trouver les connecteurs logiques … Le produit fini est vraiment de piètre qualité mais ce commentaire n’engage que moi!

    • Jona dit :

      Bonjour, je suis enseignant et animateur… Juste pour rappeler que l’orthographe n’est pas le rôle prioritaire du projet mais plutôt de (re)donner goût aux enfants à la lecture et à l’écriture, développer leur imaginaire, se renseigner sur les aspects culturels de son village et s’amuser… Je peux vous dire qu’à chaque animation ces objectifs sont remplis…

      Quant à l’orthographe, je pense que l’on pourrait la pointer également du doigt dans tout projet d’écriture d’une école… C’est une réalité : les enfants ont d’énormes lacunes…

      Et un projet comme le livre de Frasnes (fait par des 4e année!!!) est une occasion pour l’enseignant de travailler l’orthographe dans sa classe… De plus ce livre a été une totale réussite aux yeux des enfants, des parents, des enseignants… qui se retrouvent avec un objet concret entre les mains.

      Vous devriez voir aussi le nombre d’enfants qui, lors de mon 2e passage, me proposent également une histoire qu’ils ont écrite, seuls à la maison, avec les cartorèves…

      • dobat dit :

        Je ne doute pas de la motivation des élèves mais est-ce là le seul but recherché ? Lorsque l’on se dit professionnel, le produit fini doit aussi à mes yeux être professionnel… Un livre me semble fait pour être lu… Or, le livre de Frasnes est, à mes yeux, illisible… J’ai en effet vu dans le livre que les corrections orthographiques avaient été effectuées par la direction des écoles communales… Cela m’interpelle !!!! Ont-ils eu l’occasion de relire avant impression???? J’en doute…Mais bon, je stoppe le débat car il me semble y avoir d’autres projets pédagogiques porteurs de sens et d’intérêt qui méritent mon attention….

      • une institutrice/animatrice dit :

        Bonjour, pour ma part, je peux constater, lors de mes ateliers, un réel engouement des enfants et de leurs enseignants par rapport au projet. Dès mon arrivée, certains se sont déjà renseignés sur l’aspect culturel de leur région, d’autres ont rédigé quelques lignes. Ce projet favorise le savoir écrire, le savoir lire, la créativité, la confiance en soi, la communication, l’échange, le développement artistique et j’en passe. C’est une approche ludique de l’écriture.
        Le travail de mise en forme, de correction et d’ajustement se réalise en classe lors des leçons. Les enseignants peuvent alors s’attarder sur les difficultés rencontrées par les enfants. Ce type d’atelier sort du cadre ordinaire et mérite toutes les attentions. Je peux également affirmer que les cartorêves ont un grand succès, les enfants manipulent, inventent et créent au fil de mes visites.

    • Anne-Sophie dit :

      Bonjour!

      Je suis institutrice primaire en 4e année et ça fait la 2e année que je participe avec mes élèves aux ateliers « Graines d’écrivains ». Je me permets donc de réagir… Je trouve que ce projet est très enrichissant tant pour les enfants que les enseignants! Moi, je dis un grand merci à Carole Bonnet et à ses animateurs qui sont très disponibles et très ouverts aux remarques et attentes des enfants! Grâce aux aventurêves, de nombreux enfants ont repris (et reprendront encore, j’en suis certaine) le goût de la lecture et de l’écriture!!! Il n’y a qu’à voir la réaction des élèves quand on leur parle de ce projet ou quand on écrit un chapitre du livre!!! C’est fantastique! Moi, je suis pour à 100%…

  4. Françoise dit :

    Commentaire laissé sur le site le 1 décembre 2010 à 20 h 57 min et qui n’a malencontreusement pas été publié :

    « Je souhaiterais avoir une réponse à la question suivante : l’auteur de l’article ci-dessus a-t-il lu ne serait-ce que le premier livre de Carole Bonnet (L’union fait la force) avant de publier sur un site destiné aux enseignants une critique aussi élogieuse des Aventurêves? »

    Réponse reçue quelques minutes plus tard sur mon adresse e-mail:

    « En réponse à votre question posée dans l’Actualité, je vous confirme que les romans ont été lus avec grande attention et beaucoup de plaisir.

    Le projet défendu par les Aventurêves nous semble porteur de valeurs positives et nous souhaitons le défendre car il existe peu d’initiatives de ce genre en Communauté française. »

    Si le premier roman a été lu avec grande attention, je ne comprends pas que l’on puisse cautionner ce projet (même s’il semble être exceptionnel en Communauté française) et ce, surtout sur un site réservé aux enseignants, des professionnels de l’éducation…
    Voici quelques extraits parlants, choisis parmi beaucoup d’autres :

    page 7 :
    « Mais dans l’indifférence de notre mère face à nos pleurnicheries »
    (Ne serait-ce pas plutôt : devant l’indifférence … ?)

    « Blotti sous la couette, j’étais bien décidé à me laisser porter par de beaux songes, ceux comme j’aime, avec de la joie, des copains, jouer dans l’eau, grignoter plein de sucreries multicolores, et tourbillonner dans des manèges… »
    (Ne serait-ce pas plus correct d’écrire : …par de beaux songes, ceux que j’aime (ou comme je les aime), avec de la joie, des copains, des jeux dans l’eau, des grignotages de sucreries multicolores, des tourbillons…?)

    Page 11 :
    « C’est un peu plus compliqué que ça, en fait depuis plusieurs générations, un sorcier malfaisant, du nom de Darmoun, terrorise les miens »
    (La ponctuation correcte ne serait-elle pas plutôt : C’est un peu plus compliqué que cela. En fait, depuis plusieurs générations, un sorcier malfaisant du nom de Darmoun terrorise les miens.)

    Page 38 :
    « Mon imagination dut travailler durement pour faire admettre à cet idiot de volatile car nous ne nous nourrissions pas d’aliments de ce genre… »
    (Ne serait-ce pas plutôt …faire admettre à ce genre de volatile que nous ne …)

    Page 55 :
    « … oh qu’ils sont chou! »
    (Ne serait-ce pas mieux d’écrire choux?)

    Page 57 :
    « …, je voyais que dalle! »
    (il serait peut-être plus correct d’écrire: …, je ne voyais que dalle!)

    La vérité historique est quelque peu écorchée également…
    Page 22 :
    « Peut-être aurons-nous la chance de découvrir des fresques murales, représentant la chasse, les combats avec les dinosaures, la pêche, comme dans la grotte de Lascaux. » !!!
    (Je ne savais pas que les hommes préhistoriques avaient rencontré des dinosaures…)

    Sans parler des clichés surannés véhiculés au sujet des filles :
    Page 40 :
    « Voilà exactement ce qui m’énerve chez les filles, elle n’arrêtent jamais de jacasser, de se plaindre, de pleurnicher et de nous casser les oreilles. »

    Page 41 :
    « Je sais comment ça se passe avec elles, des petits battements de cils, la bouche en cul de poule, et on se retrouve à faire leurs caprices sans s’en rendre compte. »

    Page 51 :
    « Ça doit être dans les gênes des filles de vouloir jouer à la maman,… »

    Page 53 :
    « …, ce n’était qu’une fille…

    Bref, je pourrais encore citer des tas d’exemples, mais je terminerai par celui qui m’a fait le plus rire (jaune, bien sûr…). Voilà une phrase du narrateur (un jeune garçon, je le rappelle…)
    Page 59 :
    « En approchant, les deux mains jointes en face de ce qui faisait ma virilité, … »

    Voilà donc quelques-unes parmi les nombreuses raisons qui font que je ne comprends pas pourquoi un tel livre peut servir de modèle, de base à des ateliers d’écriture. Et je ne suis pas du tout persuadée que Mme Bonnet ou des personnes « formées » (?) par elle durant quelques jours soient capables d’effectuer le travail que des enseignants ont mis plusieurs années à apprendre (en sachant qu’ils continuent à se perfectionner tout au long de leur carrière).
    J’ai encore la naïveté de croire, après plus de 30 ans d’enseignement, qu’il est nécessaire de proposer des modèles d’écriture exemplaires à nos enfants, tant au niveau du fond (des valeurs véhiculées) que de la forme…
    J’espère seulement, pour les élèves qui nous sont confiés, ne pas être la seule à y croire…

  5. Bakcheus dit :

    Chère Rosa2,

    Je trouve étonnant que vos élèves n’accrochent pas à l’histoire… Je m’explique : je suis animateur et, à chaque fois que je me rends dans une école, l’enthousiasme des enfants m’impressionne ! Je n’avais jamais vu un tel élan, que ce soit en primaire ou en secondaire.

    [J'en profite pour répondre à Françoise : je suis licencié en langues et littératures romanes – filière en création littéraire. Depuis que mes études sont finies, j'ai enseigné en primaire et en secondaire]

    Mais revenons-en au projet: il vise avant tout à décomplexer les enfants quant à la lecture et à l’écriture. Cela passe par le fait de rester le plus proche possible de leur texte lors de la réécriture. Ce qui entraîne une conséquence logique : le livre n’atteindra pas la perfection d’un point de vue littéraire…
    Mais le plaisir et la satisfaction des enfants lorsqu’ils reconnaissent « leur » phrase ou idée en vaut la peine, je pense.

    Enfin, j’aimerais préciser que ce projet, mis à part la publication du livre, permet beaucoup de prolongations. En effet, si l’animateur n’est présent que deux heures dans une classe, les enseignants ont toute latitude pour profiter de l’élan crée par l’activité…

    Voici quelques exemples:

    Création

    Ce projet peut amener des élèves à se rendre compte que s’ils n’écrivent pas toutes leurs idées, le lecteur n’en profitera pas. J’ai eu le cas dans une classe qui n’avait apparemment pas l’habitude de créer (mais qui était bien plus avancée sur d’autres points) : ils avaient beaucoup d’idées mais ne les écrivaient pas. Lorsque je suis revenu dans la classe pour leur présenter leur texte, j’ai pu leur faire prendre conscience de cette difficulté, en leur faisant prendre conscience des différence entre le texte qu’ils m’avaient envoyé et celui que je leur rapportais, j’ai complété par mes souvenirs de leurs idées.
    Il peut également apporter une réflexion sur la cohérence d’une œuvre. L’exercice est d’autant plus difficile que près de 200 élèves peuvent participer à l’écriture du projet. Cela fait beaucoup d’auteurs… Il y a différents niveaux de cohérences à travailler : entre les groupes d’une classe ; avec les classes précédentes ; avec la trame du roman référentiel ; etc.

    Langue

    Le professeur peut profiter du texte créé par ses élèves pour approfondir les points de grammaire qui posent le plus de difficultés à sa classe. Il peut s’agir de la concordance des temps, des accords, etc. Par ailleurs, c’est normalement au professeur et à ses élèves de veiller à l’orthographe de leur chapitre.
    Si la classe n’éprouve plus de difficulté orthographique ou grammaticale, il peut travailler la « beauté » de la langue. Cela passe par éviter les répétitions, utiliser correctement les synonymes, veiller au choix du vocabulaire (qu’il soit précis, etc.), etc.

    Folklore et culture

    Idéalement, nous veillons à introduire des références au folklore et à la culture de la commune où nous animons un atelier. Le but est de voir comment les enfants s’approprient ce patrimoine (on est parfois surpris !). Je précise immédiatement que – n’étant pas toujours de la même région – il se pourrait qu’on ne connaisse pas un aspect intéressant de la commune malgré nos recherches. Mais ici encore, le professeur peut saisir l’occasion pour travailler ce patrimoine avec ses élèves.

    En fin de compte, je pense que ce projet atteint généralement son but principal (réconcilier les élèves avec la lecture et l’écriture), mais ne demande qu’à être enrichi par l’enseignant. Personnellement, je ne suis pas du tout commercial et, si je ne voyais dans ce projet qu’une vaste action commerciale, cela fait longtemps que je l’aurais abandonné…

    P.S. : Pour que ce projet soit plus efficace encore pour les écoles participantes, j’invite toute personne ayant une idée de prolongation – quelle qu’elle soit – à la partager ci-dessous!

  6. A-S dit :

    Bonjour,
    Je suis psychologue spécialisée dans les stratégies d’apprentissage et animatrice aux aventureves.
    Chacun a son propre objectif et ses propres attentes face à un travail avec les enfants.
    Comme le souligne très bien Jona, ce qui est important est le travail d’imagination, de créativité et le projet collectif qui est derrière le livre. Et le rôle des animateurs est de susciter cela chez les enfants car justement, ça manque dans l’enseignement.
    Entre l’écriture des chapitres, sachez que ce sont les enseignants qui sont chargés de retravailler l’orthographe, la grammaire et toute matière plus « scolaire ».
    L’intérêt que les enfants portent à quelque chose est également porté par l’enthousiasme, l’intérêt que les adultes y accordent. J’ai 2 enfants de 6 et 7 ans qui aiment les aventureves….
    Le PLAISIR est capital dans la vie… Peut-être l’avez-vous oublié?? j’en suis alors bien triste pour vous..

  7. Julie Garon dit :

    Savoir écrire est une chose.
    Aimer écrire en est une autre.
    L’un peut se faire sans l’autre.
    Mais n’est-ce pas mieux lorsque les deux vont de pair?
    L’amour de l’écriture n’est-il pas le meilleur catalyseur pour apprendre une langue?
    Les ateliers Graines d’écrivains dont on parle visent justement à allumer une telle étincelle.
    La recette est simple.
    On cherche en premier lieu à éveiller chez l’enfant un intérêt dans le fait de créer une histoire.
    Cet exercice fondamental met à contribution toute une série de compétences corollaires comme la mise en forme des idées par l’écriture, la lecture, le travail de l’orthographe et de la grammaire ainsi que – ce qui n’est pas rien – le travail d’équipe dans un but commun: participer à l’écriture d’un livre.
    Il va de soi que nous ne parlons pas ici d’ouvrages aspirant au Prix Goncourt mais d’histoires enfantines qui prennent la forme d’une œuvre collective.
    Ceci dit, j’ajouterais que de mon point de vue un des éléments particulièrement intéressants des ateliers est qu’ils permettent un exercice trop rare pour nos enfants qui est celui de débrider leur imagination et ce dans un cadre constructif.
    Les objectifs ne manquent donc pas…

    Quant à critiquer les ateliers, c’est sans doute un bon exercice si cela permet d’améliorer la formule. Mais il serait dommage de «jeter le bébé avec l’eau du bain» en compromettant cette si belle initiative dans laquelle les enfants autant que les enseignants qui ont participé jusqu’à maintenant trouvent leur compte.

    Julie Garon
    Animatrice pour les ateliers Graines d’écrivains

  8. Marie dit :

    Il serait intéressant de lire ici des avis positifs postés par d’autres personnes que celles directement impliquées dans le projet. Surtout quand on sait que certains commentaires beaucoup plus mitigés qui vous ont été adressés n’ont pas été publiés (alors qu’ils n’étaient ni insultants ni injustes).

    Cela ne fait que me pousser encore plus à m’interroger sur l’intégrité de tout ceci…

    PS: A en croire ce qui est dit par certains commentateurs, il n’existerait donc pas d’autre moyen de motiver les élèves? J’ai pourtant toujours cru qu’un enseignant passionné était suffisant pour réveiller la motivation de ceux-ci.
    Je dois dire rejoindre les avis des commentateurs (autres que les personnes des ateliers Graines d’écrivains) quant à la qualité du livre ou du projet. Et je voudrais ajouter que le PLAISIR (prôné plus haut) peut se trouver aussi bien dans des livres très bien écrits que dans « Les Aventurêves » (qui n’est pas le seul livre jeunesse disponible que je sache…). D’autant plus qu’il existe d’autres animations basées sur des livres de qualité qui, elles, sont beaucoup moins chères, voire gratuites (car elles n’ont pas de vocation commerciale). Mais elles ne bénéficient pas d’autant de publicité… Pourtant les élèves les apprécient aussi. Et les productions écrites qui en résultent sont, elles, d’un très bon niveau.

    • Bakcheus dit :

      Bonjour Marie,

      Vous dites qu’à en croire certains commentaires, il n’y a pas d’autres moyens de motiver les élèves.
      J’ai relu cette page, mais je n’ai rien trouvé de tel : chacun des animateurs qui y a réagi insistait sur le plaisir, la motivation, l’enthousiasme, etc. Ça me parait normal : notre travail nous passionne, c’est pourquoi nos réactions sont passionnées, surtout en lisant que « les animateurs sont [...] décevants ». Personnellement, je me suis senti quelque peu insulté… mais passons. Bref, soyez rassurée chère Marie: nous ne doutons pas qu’un enseignant soit capable d’éveiller la motivation d’une classe.

      Pour ce qui est de vos autres remarques, le PLAISIR peut – évidemment ! – se retrouver dans d’autres livres – personne n’a prétendu le contraire – et tout enseignant(e) peut organiser un atelier par lui-même, nous n’en doutons pas non plus. Mais tous ne le font pas, peut-être parce que tous ne se sentent pas à l’aise avec une telle activité. C’est là que nous intervenons – nous ou d’autres. Pour ma part, je ne connais pas d’animations basées sur d’autres livres. Peut-être pourriez-vous ouvrir une nouvelle discussion dans ce forum afin de présenter l’ensemble des projets d’écriture (ça pourrait être, par exemple, une page assez courte reprenant les noms des différents projets et un lien vers une autre page réservée à chacun des projets. Cette page réservée contiendrait une présentation détaillée ainsi qu’un espace où animateurs et instituteurs pourraient interagir afin d’améliorer le concept).

      Le projet « Aventurêves » a un prix. En tant qu’animateur, je ne trouve pas ça anormal. Pour deux raisons. D’abord, ça me permet de profiter d’une structure qui facilite mon travail (des conseils de l’auteur si j’en ai besoin ; un livre de référence – et une trame – qui cadre mon travail, motive les élèves et stimule leur imaginaire ; une maison d’édition et un imprimeur qui permettent aux élèves de recevoir leur livre « comme si c’était un vrai » ; etc). Ensuite, je suis un être humain. J’ai donc besoin de me nourrir… Oui, j’ai de la chance, je suis payé pour faire un travail que j’adore.

      Enfin, concernant le fait qu’il serait intéressant de lire des commentaires d’enseignants impliqués dans le projet, je suis d’accord avec vous. Je vais donc transmettre le lien de cette page aux enseignants avec lesquels je travaille. Peut-être voudront-ils réagir…

  9. Un animateur dit :

    Bonjour Dobat,

    L’écriture d’un chapitre du livre se déroule en plusieurs temps.

    Premier temps : en tant qu’animateur, je me rends dans une classe afin d’encadrer les élèves dans l’écriture de leur chapitre. L’enseignant(e) est en classe également et peut participer s’il/elle le désire. Ça donne en général un meilleur résultat, puisque nous sommes deux à encadrer les élèves.

    Deuxième temps : l’enseignant dispose d’une semaine et demie (au minimum) pour retravailler le texte avec sa classe: liaison des différents passages, construction des phrases, orthographe, choix du vocabulaire, etc. Passé ce délai, il m’envoie le texte par e-mail.

    Troisième temps : je retravaille ce texte afin qu’il soit cohérent avec le chapitre précédent ainsi qu’avec l’ensemble du roman et de la série. Je peux aussi développer certains passages s’ils sont incompréhensibles (comme j’étais en classe, je sais ce que les élèves voulaient dire mais n’ont pas écrit) et améliorer le style si nécessaire. Pendant tout ce travail, je garde à l’esprit qu’il s’agit avant tout du livre des enfants – pas du mien – et que je dois donc rester le plus proche possible du texte reçu, tout en veillant à un minimum qualitatif. Un travail d’équilibriste…

    Quatrième temps : je présente le nouveau texte à la classe et prend note des remarques, des « amendements » (puisque ce terme est à la mode) que les élèves tiendraient à y apporter. De retour chez moi, j’effectue ces dernières modifications, relis le texte et l’envoie à l’enseignant(e). Le temps dont ils disposent alors pour corriger l’orthographe dépend d’un chapitre à l’autre et peut varier entre 2-3 semaines (chapitre final) et 4-5 mois (premier chapitre).

    J’espère que ma réponse vous éclaire et vous satisfait.

  10. Animatrice dit :

    Rosa2 et Dobat voudraient-elles se joindre à nous pour animer et réaliser les livres?!! Être à l’écoute des enfants voilà ce qui importe avant tout!

  11. Marie dit :

    Je pense que les animateurs ici « présents » n’ont pas réalisé que ce qui peut poser problème, c’est le livre au départ plus que leurs animations… En tout cas, le cœur du débat pour moi, c’est de savoir pourquoi des animations sont construites autour d’un livre (d’une série) qui me paraît bancal(e) (je partage complètement l’avis de Françoise, d’ailleurs, à ce sujet) alors que beaucoup d’autres livres pourraient permettre le même type d’animations, et ce sans cette impression de « lucrativité » qui plane autour de ce projet-ci.

    Pour répondre à Backheus (parce que je n’ai pas envie de faire les démarches pour m’inscrire sur le forum), il existe par exemple les animations autour du prix Versele (qui est un prix (annuel) mettant en avant des albums et romans jeunesse de très bonne qualité, et certains cette année sont très amusants, comme « Celle que j’aime » d’Audren qui permettrait une jolie exploitation en classe avec des deuxièmes-troisièmes années). La bibliothèque jeunesse de Tournai organise aussi un prix et offre des animations autour de ces livres-là pour les plus grands. Cette même bibliothèque organise d’autres types d’animations dans les écoles, mais je ne me suis pas renseignée à ce sujet, donc je ne pourrai pas en dire plus. A savoir donc que ces animations tournent autour de livres reconnus par des professionnels habitués à fréquenter ce type de littérature et qu’elles sont toujours très bien accueillies par les élèves. Sans oublier d’autres types d’animations qui existent aussi, subventionnées par la Communauté française et qui, tout en rémunérant donc les animateurs (car je ne suis pas assez bête pour croire que ceux-ci vivent de livres et d’eau fraîche n’est-ce pas), permettent aux écoles de ne pas se ruiner. Tout le monde y gagne.

    Dès lors, voilà pourquoi je m’interroge sur tout le bruit qui est fait autour de ces romans-ci, qui m’ont laissée (très) perplexe, alors que d’autres romans plus méritants (et surtout écrits dans un français correct) pourraient être exploités en classe…

    Ce ne sont donc pas les animateurs que je remets en cause, mais le principe même de faire des animations autour des « Aventurêves ». Nuance.