Arrêt de travail dans les écoles : est-ce vraiment utile?

Les syndicats avaient prévenu le gouvernement. Et ils l’on fait. Tremble Simonet, les profs sont en colère et le font savoir. Une heure durant, ils se sont croisé les bras, hier entre dix et onze heures. Mais pourquoi encore? Les négociations sectorielles qui viennent de débuter seront, on le sait, très difficiles. Au-delà des revendications des enseignants, le plus dur sera surtout de ne rien céder. Car, ne nous voilons pas la face, il faudra sacrifier quelques acquis pour s’offrir de nouvelles avancées.

Les DPPR d’abord. C’est inéluctable. Et le front commun syndical commence à se lézarder à ce sujet. Alors que la CGSP jure qu’elle fera tout pour conserver les départs à 55 ans, la CSC annonce qu’elle pourrait se satisfaire d’un report à 57 ans… si on offre au personnel la possibilité de ralentir en passant à un 4/5e temps dès 50 ans. Le gouvernement arguera que les prépensions lui coûtent un bras (120 millions d’euros/an) et qu’il laisse dans la nature environ 6.400 équivalents temps plein en pleine période de pénurie, les syndicats répondront que les DPPR ne sont pas un problème mais une des conséquences du problème (conditions de travail pénibles, etc.)1 Va-t-on choisir de soigner l’arbre malade (très coûteux) ou de couper la branche morte? Ne rêvons pas, la suppression des DPPR ou leur recul à 58 ans permettra de dégager de l’argent frais qui pourrait servir à financer d’autres revendications. Si le front commun syndical espère qu’avec les 10 millions que la Communauté française a sortis de son chapeau, il pourra s’offrir une revalorisation salariale substantielle, il croit encore au Père Noël.

Autre motif de fâcherie : le décret Robin des Bois. Stoppé net l’an dernier, il revient en catimini et en version light cet hiver. En clair, les écoles les plus riches (à indice socio-économique élevé) devront donner l’équivalent de 8 millions d’euros aux écoles les plus pauvres. Là aussi on voit que le coup de semonce a été efficace. Le texte de la ministre a été adopté hier… Si Sarkozy n’a pas bougé face à des millions de français dans la rue, pourquoi Marie-Dominique serait elle indisposée par quelques profs qui boudent une heure dans leur école?

Mieux cibler les jeunes

Les syndicats souhaitent également que ces négociations soit l’occasion de lancer une programmation salariale, en particulier pour les jeunes profs dont le salaire devrait augmenter plus rapidement en début de carrière. Pascal Chardome (CGSP) :

Un instituteur ou un régent isolé démarre à 1.345 euros net. Je ne dis pas que c’est impossible mais le privé leur propose bien plus. Il faut faire un effort pour les jeunes en début de carrière, avec, au moins, une progression barémique plus rapide.

Dernier point qui hérisse les représentants des profs : la venue prochaine des P.O. autour de la table des négociations. Le « banc patronal » qui aurait son mot à dire? Ah non ! S’ils sont les employeurs, ils ne sont pas les payeurs. L’Olivier avance qu’il arrive aux accords sociaux de contenir des mesures qui ont un impact sur l’organisation des écoles et que donc il est normal que les organisateurs aient leur mot à dire.

Pas de « droit de veto »

Du coup, on négociera à deux pour les matières reconnues comme étant de la compétence exclusive des syndicats (salaires, etc.) et à trois pour une série de matières précisées dans le décret comme le subventionnement des écoles, l’intervention des P.O. dans le défraiement de frais exposés par les membres du personnel, les statuts du personnel, etc.

Les P.O. ne pourront pas déposer de revendications. Mais auront-ils un « droit de veto »? Même pas, assure-t-on chez la ministre de l’Enseignement. Rien n’empêchera le gouvernement et les syndicats de s’entendre sur un point même si les pouvoirs organisateurs marquent leur désaccord. Autrement dit, ils seront présents à titre consultatif.

Doit-on s’attendre à de nouveaux mouvements de grogne dans les prochains jours? Les fêtes (et les congés) approchent. Et la ministre le savait. Les enseignants ont assez de bon sens pour ne pas boycotter une semaine de révisions… puis les examens de Noël. Et où en seront les négociations en janvier? Sera-t-il encore temps de remuer les braises? Rendez-vous dans un mois.2

  1. En 2010, 58,4% des enseignants du fondamental en âge de profiter des DPPR ont quitté le métier contre 46,2% pour les profs du secondaire. Ce chiffre reste relativement constant depuis 3 ans. []
  2. Le Soir – 1.12.10 []

Commentaires

  1. Bien plus que 1.345 euro net en commençant dans le privé ??? Je demande à voir … et puis encore faut-il le trouver, ce travail dans le privé. Arrêtez de faire croire aux profs qu’ils sont mal payés, c’est totalement faux.

    1. ad dit :

      La vie est plus facile à la Hulpe qu’à la Louvière…

    2. Lucky dit :

      Mon fils a commencé dans le privé à 1500 euros par mois, mais avec voiture, essence, ordi, gsm de société et 13ème et 14ème mois…

      Cela lui fait en « équivalent prof » 2500 euros par mois… Mais il n’est pas prof.

      Ceci dit, je ne me plains pas de mon salaire, je l’ai accepté lors des grandes grèves de l’enseignement en 89-90… j’ai été résigné… mais malheureux de condamner la génération actuelle (pénurie annoncée en 89… vécue en 2010).

      Plus de grève pour moi… c’est fini…

      Les parents n’auront que l’enseignement qu’ils ont provoqué avec leurs critiques, relayées par la ministre.

      Dans 10 ans, ils se plaindront sans doute de devoir payer de multiples cours particuliers pour leurs enfants pourtant dans une « bonne » école (mais sans moyen depuis Robin des Bois)…

      L’histoire jugera…

  2. Gapman dit :

    Tout à fait d’accord, s’ils travaillaient 38h/semaine comme tout le monde ils commenceraient à 2.690 euros. De plus, il est bon de préciser qu’un régent a moins de connaissances qu’un bachelier, le niveau n’est en rien comparable.

    1. Sophremora dit :

      Je tiens à préciser que la nouvelle appellation des régents est « bachelier »… En quoi un régent a moins de compétences ou de connaissances qu’un gradué (même durée d’études…)?

    2. besure dit :

      Un régent a plus d’expérience qu’un bachelier en début de carrière car ses stages sont plus nombreux.

  3. lol dit :

    Beaucoup de problèmes qui minent les enseignants ne seront pas réglés avec de l’argent …
    Avec « Robin », ils veulent dégager 120 temps complets, dire qu’ils en ont perdu 6400 avec les DPPR. Nous aurions pu améliorer l’encadrement (prof ou éducateur).

    1. pat dit :

      Je suis tout à fait d’accord avec vous !

  4. Laurent Duchien dit :

    Personnellement je travaillais dans l’administration dans une grande boite du secteur verrier et j’étais nettement mieux payé que depuis que je suis prof.
    Mais prof, je le fais pour mon coeur. Alors le travail à la maison, les prépas, les recherches le soir à l’heure où auparavant je ne faisais que ce qui me délassait, et la différence salariale, je m’en accommode.

  5. Lorigenne dit :

    Parlez de choses que vous connaissez et puis allez sur le terrain voir si nous avons la vie aussi facile que vous le pensez. Pour preuve, ils manquent totalement d’enseignants tellement c’est un boulot facile!!!

  6. Gapman dit :

    Je connais, je suis enseignant la journée et profession libérale le soir et toute la journée, 4 mois par an.

  7. jacqueline D. dit :

    Gapman : j’aurais fort apprécié de pouvoir prester 38 heures dans l’école (20 heures de cours + 18 h de préparations/réunions/concertations) au lieu de mon horaire réel (20h de cours + en moyenne 2h de réunion par semaine + préparations/corrections/recherches à la maison). Pourquoi ? Tout simplement parce que je n’aurais pas dû aménager/acheter avec mes sous mon matériel de travail : bureau, PC, imprimante, connexion Internet, livres, revues, matériel pédagogique, etc. Et que j’aurais pu VRAIMENT me délasser le soir et les WE !
    Citez-moi UNE école qui met cela à la disposition des professeurs ! Citez-moi UN enseignant (mis à part quelques radoteurs/feignants/planqués comme il en existe partout) qui ne fait pas au minimum ses 38h/semaine. Même si (là, je suis d’accord), il a la possibilité de les faire en soirée, ce qui est pratique si on a de jeunes enfants.
    Et, tant qu’à faire, j’aurais apprécié d’avoir droit aux allocations pour « chômage technique » en juillet/août, au lieu de n’être payée que 10 mois répartis sur 12…

    1. pat dit :

      « Citez-moi une école… »
      Euh, la mienne ! 4 PC en salle des profs, des livres, des revues, internet…
      Si, si, ça existe !

  8. Gapman dit :

    Cet argument n’est pas du tout valable, vous faites passer un avantage pour un inconvénient, tout le monde a un bureau, un pc, une imprimante, des livres pour se former, une connexion internet, du chauffage, la seule différence est qu’ils ne peuvent rien déduire.

  9. En passant, une petite réaction sans prétention.
    Je cite: « tout le monde a un bureau, un pc, une imprimante, des livres pour se former, une connexion internet, du chauffage, la seule différence est qu’ils ne peuvent rien déduire. »
    Ah bon ? Moi, je n’en serais pas aussi sûr.
    Etant enseignant (mais oui!), je rentre chez moi « lessivé » le soir… J’entends plusieurs de mes collègues l’être autant. Comment peut-on prétendre faire deux métiers ? Enseignant plein-temps et profession libérale. Personnellement, je n’ai connu que des profs d’éducation physique qui en étaient capables…
    Bon, il existe des forces de la nature, mais c’est peu commun et de toute façon, c’est individuel et impossible de généraliser. Convenez-en ! Pendant les vacances, chacun fait ce qu’il a décidé. Je m’interroge tout de même car pendant les quatre mois de vacances, vous êtes aussi payés en tant que prof. Le cumul est fortement taxé en Belgique, je crois.
    Dans l’ensemble, je suis plutôt d’accord avec JacquelineD, bien qu’elle fasse peut-être une erreur car notre traitement est en douzième. On peut l’imaginer en dixième et nous aurions la même somme finale avec deux mois creux…sans plus.
    Le sujet, c’était l’arrêt de travail ! Restons unis et vigilants. Le politique nous grignote nos vies de plus en plus.

    1. jacqueline D. dit :

      Bien d’accord avec votre intervention. Pour le salaire, je pense (mais je peux me tromper) que le salaire annuel d’un enseignant est plus bas que celui d’un fonctionnaire de même rang.
      Ce qui me fâche, en fait, c’est le nombre de personnes qui nous reprochent de ne pas prester 38h par semaine à l’école. Je me répète : soit nous prestons 38h de cours (non préparées, donc), soit nous les préparons à l’école … mais dans ce cas, dans quels locaux ? Avec quel matériel ? Chacun sait que les patrons qui acceptent le télétravail le font (en partie) parce que cela leur coûte moins cher au niveau des infrastructures. Les enseignants paient de leurs deniers l’intégralité des infrastructures dont ils ont besoin pour préparer leurs cours. Chaque fois que j’ai essayé de préparer un cours en collaboration avec un collègue, nous sommes tombés sur le même problème : pas de local en-dehors d’une salle des profs minuscule, bruyante et sans aucun matériel pédagogique (à l’exception d’une photocopieuse bruyante). Et pas question d’y rester après la fin des cours : l’école est fermée, on branche l’alarme et il n’y a pas de concierge.

    2. pat dit :

      Facile de faire deux métiers !
      Mais les faire correctement, c’est autre chose…

  10. Beaucoup d’affirmations péremptoires dans ces échanges. Mais, est-il pertinent de comparer les salaires du privé et de l’administration ? La sécurité de l’emploi est quand même encore bien réelle (surtout en tenant compte de la pénurie). Le stress est réel mais de nombreux autres métiers y sont aussi confrontés. Enfin, je rappelle à Gapman qu’un régent est un bachelier et que je ne comprends pas le sens de son intervention. Quant au chiffre qu’il cite ne confondrait-il pas le net et le brut ?

    1. jacqueline D. dit :

      Je répète ce que j’ai dit ailleurs : il n’y a pas de pénurie, sauf pour certains cours (langues, maths). Ce qui manque, ce sont des enseignants intérimaires (et rarement pour des horaires complets…). Des postes vacants à temps plein, il y en a très peu…

      P.S. Votre site est très intéressant.

    2. Gapman dit :

      Non, je multipliais juste 1345 euros par deux pour avoir une idée de ce qu’un prof gagnerait en travaillant 38h/semaine comme dans le privé.

      1. jacqueline D. dit :

        Ben voyons, que je suis bête de ne pas y avoir pensé ! Au lieu de me contenter de donner bêtement mes 20 heures de cours (avec préparations et corrections), j’aurais dû en donner 40 (comme dans le privé, quoi !) et et j’aurais gagné le double. Oui, mais les préparations et les corrections, me direz-vous ? Ben voyons, la première année j’aurais photocopié un bon manuel, pondu quelques QCM (ça se corrige en 30 sec. chrono, quand c’est bien conçu). Et hop, c’était parti pour 20 ans. Relax.
        C’est sans doute comme cela que vous préparez/corrigez vos cours, sinon je ne vois pas comment vous pouvez cumuler un plein-temps dans l’enseignement et la profession libérale dont vous nous parlez : pour vous comme pour moi, les journées n’ont que 24 heures !

  11. Anaïsnin dit :

    Arrêt de travail bien suivi chez nous mais je doute de son utilité – outre l’utilité informative au sein de l’équipe pédagogique, pas toujours très au courant.

    Au passage, je suis tout à fait d’accord avec Jacqueline D et suis prête dès demain à faire les 38h à l’école si c’était possible !

    « Tout le monde a un bureau, un pc, une imprimante, des livres pour se former, une connexion internet, du chauffage, la seule différence est qu’ils ne peuvent rien déduire »

    Non, tout le monde n’a pas forcément un bureau séparé des autres pièces – nécessaire pour travailler correctement lorsqu’on a de jeunes enfants … le prix au m2 de ce bureau dépend évidemment de l’endroit où on habite -, tout le monde n’imprime pas des dizaines de pages par semaine à ses frais (dans le privé, on imprime souvent le personnel au boulot), on ne doit pas acheter tout son matériel de base à ses frais et j’en passe. Je dois parfois photocopier à mes frais les feuilles que je donne aux élèves parce que ma direction ne veut plus m’accorder de photocopies en fin d’année !!!

    Alors oui on peut déduire, et encore ce n’est pas avantageux pour le prof qui vit près de l’établissement où il travaille (ce qui est mon cas). Mais ça entame parfois bien le budget !

    Et en ce qui concerne le salaire, nous ne sommes payés en 12e qu’une fois nommés. Les temporaires sont payés en 10e répartis sur 12 mois.

    1. Gapman dit :

      Si vous imprimez vos copies chez vous plutôt que dans un copy center ce n’est pas notre faute. De toute façon ces copies vous les faites payer à vos élèves et vous les faites encore une fois passer en frais professionnels en fin d’année…

      1. charlier sandrine dit :

        Quand je lis « Si vous imprimez vos copies chez vous plutôt que dans un copy center ce n’est pas notre faute. De toute façon ces copies vous les faites payer à vos élèves et vous les faites encore une fois passer en frais professionnels en fin d’année… » Je me révolte un peu (beaucoup je le reconnais!)… Je suis instit primaire depuis 15 ans et tous mes frais ne sont payés par personne d’autres que moi… Oups je mens… Dans certaines écoles, j’ai eu droit à 100 € de l’Amicale pour le matériel et 5 € par enfant pour mon matériel de classe style cahiers, bics,… Lire que l’on fait payer aux enfants alors que notre enseignement est gratuit et que nous n’avons pas le droit de faire payer la moindre photocopie me met en rogne!
        Quant aux heures que je preste, je pense ne pas être la seule à ne pas pouvoir profiter de mes enfants et de mon temps libre parce que j’ai encore telle leçon à préparer, telle fiche pour enfants à construire ou tel cahier à corriger…. Je vais rarement me coucher avant 23 heures, tout ça pour l’école et aujourd’hui samedi, je n’ai pas encore arrêté afin de pouvoir aller dans ma famille ce dimanche! Alors oui, j’ai déjà réfléchi et tenté de prendre un job complémentaire parce que je n’ai pas assez pour joindre les 2 bouts en fin de mois avec mes deux enfants à charge… Mais j’ai dû me rendre à l’évidence, je n’en ai pas le temps! A moins de bâcler mon enseignement pour pouvoir faire autre chose… mais ça je ne le veux pas parce que j’aime mon métier et, que pour pouvoir l’apprécier encore longtemps, je me dois de le respecter et de respecter mes élèves!

  12. lilig dit :

    Gapman, j’ai 60 dissertations à corriger ce week-end, vous en voulez quelques unes ?

  13. lilig dit :

    Chez nous pas d’arrêt de travail, et je trouve cela bien inquiétant. Dans l’enseignement il n’y a plus eu de grève depuis …… quinze ans (?) et c’est pour moi un des signes les plus évidents du découragement des profs. Il y a quinze ans, j’étais prête à descendre dans la rue pour défendre mon boulot. Depuis ça s’est dégradé et je ne trouve plus la motivation pour faire ne serait-ce qu’un arrêt de travail.

  14. Désolé Jacqueline, mais il y a bien pénurie pour certaines fonctions. Pas partout bien entendu, mais à Bruxelles, elle est officiellement confirmée par l’Orbem (ce qui signifie qu’on peut recruter des institutrices maternelles en primaire, des bacheliers en secrétariat comme profs de langues, etc.) En janvier, nous pourrons sans doute recruter des puéricultrices en maternelle. Comme je gère un réseau communal, je peux plus facilement proposer des horaires complets sur plusieurs fonctions (bio+chimie, p.ex.) et malgré tout c’est parfois la galère pour trouver des profs, surtout en cours d’année. Mais je ne connais plus beaucoup de métiers où les débuts sont faciles.

    1. jacqueline D. dit :

      Merci de ces précisions ! Il n’empêche que, des offres d’emploi à temps plein, dans le secondaire ET dans un poste vacant (où on peut donc être nommé après 2 ans), je n’en vois jamais sur le site du Segec, par ex. Passer plusieurs années entre chômage, intérims, temps partiels …c’est déprimant pour tous les jeunes diplômés, non ?

  15. tommaret dit :

    Gapman, vous dites être enseignant, pouvez-vous me dire combien d’élèves vous avez en classe et combien de classes ?
    Ah, oui, pouvez-vous me donner votre « truc » pour ne travailler que 20 heures ? (J’aimerais en profiter un peu car j’ai beau faire, j’arrive toujours au double et j’arrive même à en bousiller mes week-ends ce qui commence à me peser) Donc un petit coup de pouce pour diminuer ce nombre d’heures m’arrangerait vraiment.
    Ceci dit, n’étalez pas trop votre mode de fonctionnement, car ça commence à bien faire d’être traitée de fainéante parce que quelques Gapmans étalent leurs 20h dans l’enseignement et leurs 40 h dans le privé. Merci

    1. Gapman dit :

      Je ne suis pas dans le privé Tom, je suis indépendant.
      J’ai 4 classes : 4 périodes de sc éco et deux d’info de gestion.
      En fait le truc est simple, il suffit de faire son boulot pendant les heures de fourche au lieu de discuter avec les collègues (ces heures sont payées donc autant travailler).

      1. Zazie dit :

        Cher Gapman,
        je suis aussi enseignante … dans la même branche que la vôtre : je donne de la gestion et les lois changeant régulièrement, je suis dans l’obligation d’être « Up to date » dans mes cours.. Je vous réponds tardivement car, enseignante dans la même discipline que vous mais prestant 22h/semaine + mes corrections pour 176 élèves (11 classes et 8 cours à préparer), je n’ai pas eu de temps à consacrer à mon passe-temps favori (internet), car il y avait les révisions à préparer, les examens à corriger, les examens de mon fils à mettre en route car … oui, je suis maman de 2 enfants …
        Expliquez-moi comment vous vous y prenez pour avoir 2 jobs .. j’ai bien tenté mais … j’ai abdiqué, alors que ce job était un appoint (genre 2 samedis par mois quand mes enfants étaient chez leur papa …) …
        Pour être un bon enseignant Monsieur, il faut se consacrer corps et âme à son métier,… et renoncer parfois/souvent à sa vie de famille, …..

        Vous cassez du sucre sur notre métier et je ne vous dis pas merci !

  16. lilig dit :

    Un prof (de français, c’est ma branche) débutant travaille 60 heures par semaine et ne voit que rarement le fruit de son travail. La plupart d’entre eux, même dans les bonnes écoles, subissent des humiliations, certains des menaces. Certes, les vacances sont longues, mais généralement non payées, et les week-ends, ils n’en ont plus. On accuse les vieux profs (qui s’en sortent en travaillant 40 heures par semaine) d’être fainéants, mais doit-on alors aussi considérer que les 40% de jeunes qui s’enfuient après quelques années sont eux aussi des fainéants et des incapables ?
    Partir est pour beaucoup d’entre eux une simple question de survie (psychologique). Il faut aider ces jeunes et cesser de considérer que les élèves, qui sont individuellement très majoritairement très bien, sont des anges une fois qu’ils sont en groupe face à un individu inexpérimenté. Ce politiquement correct fait, pour les jeunes profs qui n’ont que quelques années en plus que leurs élèves, d’énormes dégâts. Tout est toujours la faute du prof (s’il a été insulté, menacé, humilié, chahuté…et je ne parle pas des violences physiques très rares) et pour un débutant c’est vraiment dur

  17. marie dit :

    A Gapman

    A mon avis, nous ne devons pas avoir la même conception du métier de prof. En effet, il me serait impossible d’avoir une occupation libérale après journée, car outre les tâches domestiques, figurez-vous que je travaille pour l’école. 30 ans de carrière et je prépare encore mes cours. Tous les jours, j’ai des corrections (normal avec 90 élèves), des remédiations individualisées à prévoir… Le week-end aussi. Quant aux 4 mois de congé, la moitié du temps est consacré à la recherche, à la lecture, aux préparations, aux corrections de travaux de longue haleine, etc. Je ne me plains pas : j’adore ma profession. Mais à mon avis, nous ne l’exerçons pas dans les mêmes conditions, vous et moi. Ou vous avez très peu d’élèves, ou vous ne préparez guère, ou vous corrigez pendant les cours… ou vous n’avez jamais de corrections…

  18. lol dit :

    Il serait en effet intéressant de savoir à quel niveau et quel cours donne Gapman.
    Pour les photocopies, tout le monde ne fait pas des frais directs.

  19. Gapman dit :

    En fait, je pense que ma profession d’indépendant m’a beaucoup aidé pour gérer mon emploi du temps. Tom, je ne suis peut-être qu’art.20, ce qui est mal vu par certains, mais avec 8 années d’études derrière moi je ne vois pas trop ce qu’un régent pourrait offrir de plus que moi sur le plan qualitatif.

  20. Tanael dit :

    @Gapman,
    Je serais également très intéressé de savoir comment ne plus travailler que 20h par semaine et pouvoir réaliser un travail complémentaire après mes heures. Pourriez-vous nous faire part de votre recette?

    Soyons sérieux! A moins de n’avoir aucun respect pour les responsabilités que nous avons envers les élèves qui nous sont confiés, je ne vois pas comment faire. De plus, vu la multiplicité de fonctions que vous semblez occuper, ne confondez-vous pas les montants déductibles auxquels un enseignant peut prétendre avec ceux d’un indépendant?

    Ces réflexions maintes fois entendues, je ne les supporte plus, je ne les accepte plus car ce sont des remarques de ce type qui renforcent dans l’opinion publique le stéréotype du prof paresseux, désinvesti et finalement peu respectable.

    Après, faudra pas s’étonner si certains parents ou élèves n’ont plus le moindre respect pour notre travail, notre analyse de la situation scolaire de leur enfant, voire pour notre intégrité physique…

  21. Anaïsnin dit :

    @Gapman : « Si vous imprimez vos copies chez vous plutôt que dans un copy center ce n’est pas notre faute. De toute façon ces copies vous les faites payer à vos élèves et vous les faites encore une fois passer en frais professionnels en fin d’année… »

    Je ne vais pas sortir tard le soir imprimer mes copies et ce plusieurs fois par semaine ! Avec un enfant en bas âge, je suis généralement forcée d’achever mon travail après 20h !

    Et non, je ne peux pas faire payer les copies aux élèves. Nous recevons un quota de copies par enseignant – il est le même pour tous, ce qui est absurde. En tant que prof de français, je l’explose généralement en avril-mai et paie le reste des copies de ma poche.

    Et pas possible de les déduire, car j’habite près de mon lieu de travail à présent et je n’ai pas assez de frais pour dépasser le forfait ! Donc ces copies sont vraiment de l’argent mis de ma poche ! Et on ne parle pas de vingt euros ici !

    1. Gapman dit :

      Vous ne pouvez pas faire payer les copies à vos élèves ? Moi je l’ai toujours fait, mes collègues aussi, ça me semble normal.

      1. Damien dit :

        Eh bien, non, ce n’est pas normal…
        Il y a des règles (Lois, circulaires, …) qui limitent (assez fortement, d’ailleurs) cela !

        Il n’est pas normal qu’un enseignant paie de sa poche pour pouvoir travailler !

        J’aimerais savoir où vous dites enseigner pour pouvoir vous permettre de dire cela !

  22. marie dit :

    A Gapman,

    Ou vous êtes un provocateur, ou vous êtes le prof nul et fainéant dans lequel nous ne nous reconnaissons pas, ou vous êtes un imposteur… Comme nul ne peut s’affirmer comme un fainéant, je penche pour ma première ou ma troisième proposition… Très drôle, votre humour me plaît… Voulez-vous m’épouser ?

  23. lilig dit :

    Gapman. Mardi soir, je passe ma soirée avec mes élèves au théâtre. J’ai payé de ma poche pour deux élèves trop fauchés. Voulez-vous m’accompagner ? J’espère qu’ils seront calmes

    1. Gapman dit :

      Je suis désolé Lili mais je préfère travailler trois heures à 80 que d’aller me délasser au théâtre.

      @ Marie : C’est gentil mais vous ne devez pas demander aux gens de vous épouser chaque fois qu’ils vous impressionnent.

  24. Jules dit :

    du calme ;-)
    Je pense que Gapman ne connait pas notre métier et qu’il donne cours dans une école pour former des futurs indépendants.
    Plusieurs « enseignants » de ces écoles (comptable, avocat, …) viennent étaler du verbiage et ils pensent qu’ils enseignent.
    Pour ce qui est de l’art.20, je donne cours avec des enseignants relevant de cet article et il y en a de supers motivés qui font un super boulot.

    1. Gapman dit :

      Vous êtes jaloux parce que personne ne veut vous épouser ?

  25. Anaïsnin dit :

    @Gapman : « Vous ne pouvez pas faire payer les copies à vos élèves ? Moi je l’ai toujours fait, mes collègues aussi, ça me semble normal. »

    Les parents paient le maximum autorisé par le Ministère (c’est-à-dire 75 euros) directement à l’école. Et nous recevons une carte magnétique avec un quota (pour vous donner une idée, j’ai droit à une moyenne de 55 copies par élève pour toute l’année scolaire – je donne français, un cours à 5h / semaine !).

    Vu que les élèves ont déjà payé la somme maximale qui peut être allouée aux photocopies sur une année scolaire, je ne peux donc plus réclamer le moindre euro.

    Ca ne fonctionne pas de cette manière partout, dans bon nombre d’établissements chaque professeur réclame l’argent aux élèves. C’est bien plus simple je trouve … mais bien souvent personne ne vérifie quel est le montant payé sur l’année ! L’an dernier – dans une autre école donc – un collègue qui donnait un cours à 1h/semaine réclamait 7 euros pour l’année. Au prix de la photocopie, ça fait cher non ? Je doute qu’il ait distribué 200 pages sur l’année à chaque élève … en les voyant 1h sur la semaine !

  26. Jipi dit :

    Ce qui est utile c’est de faire la grève au finish avec cette Simonet qui est le symbole absolu de l’incompétence. Plutôt que de jouer le jeu de la résignation. Les profs sont de gentils petits toutous qui ont décidé de bien faire ce qu’on leur a dit de bien faire…

  27. marie dit :

    Est-ce parce que les femmes doivent davantage se battre pour être acceptées en politique qu’elles sont toujours les plus insupportables ministres ? Onkelinx, Arena, Simonet : toutes les trois dont le nom restera de triste mémoire au poste de ministre de l’enseignement.

  28. Jules dit :

    Certaines n’ont fait que suivre le plan élaboré par leurs prédécesseurs. Réforme appliquée par Onkelinx, qui est son prédécesseur ? lol

  29. Lucky dit :

    @ Gapman

    Vous êtes simplement hors la loi si vous faites payer vos élèves pour des photocopies.

    Mais vous ne semblez pas à cela près apparemment…

    Votre humour nous fait bien rire en tout cas, nous les vrais profs.

  30. Lucky dit :

    Gapman serait-il le Herman qui sévit sur un autre Forum (le soir) ?

    1. Gapman dit :

      Ah non, pas du tout.

  31. pat dit :

    Je me demande pourquoi vous vous échinez encore à répondre à ce Gapman !
    Il détient la science infuse, sait tout faire, le fait mieux que personne, ne râle jamais, est cool, super prof et s’en met plein les poches après journées.
    Tiens, je croyais qu’une loi avait empêché ça il y a une dizaine d’années !
    J’ai un collègue qui lui ressemble. Il n’a aucune pédagogie, il n’est pas bon car ses prépas sont bâclées et ses élèves le chahutent car ils n’apprennent rien avec lui.
    Il ne fait jamais une heure de plus pour des réunions de parents ou des conseils de classe après journée et snobe les collègues scrupuleux.
    Je préfère être dans ma peau que dans la sienne.

  32. tetras dit :

    Je réponds à mon tour à Gapman concernant les heures de travail des profs. J’ai travaillé dans le privé pendant 15 ans et suis prof depuis onze ans. Je ne suis toujours pas nommée intégralement et ma situation ressemble donc à celle de n’importe qui du secteur privé, puisque je garde toujours un statut d’intérimaire. Quant au volume de travail, j’aimerais qu’on me dise combien de temps met n’importe qui en entreprise pour préparer une présentation d’une heure, or un cours ça n’est pas très différent et nous en donnons entre 20 et 24 (licenciés ou régents). Certains cours demandent aussi plus de prépa que d’autres. Je parle pour ma chapelle : en économie, il n’existe pas de manuel adapté au programme, l’économie évolue tout le temps, donc après onze ans je remanie encore toujours des partie de mes cours tous les ans. Quant aux heures de fourches, elles servent à faire des photocopies, des corrections, voir la médiatrice ou la direction pour recadrer des élèves ou mettre au point les examens intégrés, par exemple pas pour « papoter » comme suggéré sournoisement. Je trouve que j’ai beaucoup plus de travail et de stress que lorsque j’étais dans le privé où il ne fallait pas être sur le qui-vive constamment (on ne peut relâcher son attention dans une classe et laisser les élèves travailler seuls, en tout cas pas dans le type d’école où je travaille) et où rentrée chez moi à 18 heures, je pouvais tout oublier jusqu’au lendemain. Je ne regrette toutefois pas cette époque-là car j’adore mon boulot, ma plus belle récompense est, lorsque je rencontre des anciens, d’entendre « merci madame, vos cours et vos conseils m’ont été vraiment utiles dans ma vie professionnelle »

    1. Zazie dit :

      Bonsoir Tetras, j’ai connu le même parcours professionnel que vous. Je ne regrette pas mon changement d’orientation professionnelle … mais ce monsieur a sans doute oublié les réunions de parents, de concertation et autres réunions ..
      Ma petite fille de 6 ans me demande très souvent le soir quand je la mets au lit si « tu as encore du travail pour ton école maman ? Tu ne vas pas être en retard si tu me fais un câlin ? » …
      Je n’ai pas le temps, durant mes heures de fourche de travailler à mes prépas, de faire des corrections, car il y a tant de choses … ou les collègues qui ont parfois envie/besoin de se confier .. et vu que nous formons une équipe pédagogique, nous devons être humains …

      Je pense que ce monsieur préfère donner une vision tronquée de notre métier ! Non, Monsieur, nous ne sommes pas tous des fainéants et des tire-au-flanc.
      Par ailleurs, j’habite à 17 km de mon lieu de travail et je ne reçois AUCUN défraiement pour mes « frais professionnels » .. je suis comptable de formation et j’ai beau retourner le problème dans tous les sens, impossible …
      Mon meilleur salaire ? Le sourire des mes élèves, et comme vous, Tetras, le sourire des anciens.