DPPR : le gouvernement livre ses chiffres aux syndicats

Les syndicats sont déçus. Ils ont invité jeudi dernier le gouvernement à faire part de ses intentions mais celui-ci a signalé qu’aucune proposition ne serait faite avant janvier. Le front commun syndical pense que l’exécutif cherche à gagner du temps en attendant l’arrivée à la table des pouvoirs organisateurs. Les ministre, eux, invoquent les incertitudes qui planent sur la loi de financement et, partant, sur le budget communautaire.1

Reste que le gouvernement a tout de même clairement fait savoir qu’il souhaitait mettre fin aux DPPR. Ces préretraites coûtent un os à la Communauté française, qui doit assurer les salaires des agents de 55 ans et plus qui choisissent de débrayer en attendant l’âge de la pension légale. L’Olivier serait disposé à faire un geste en repoussant l’âge des DPPR à 57 ou 58 ans.

Les experts ont alors sortis les derniers chiffres dont la Communauté française dispose et, sans surprise, ont (ré)insisté sur le difficile contexte budgétaire et les incertitudes institutionnelles.

Plus de 115 millions en 2015

Ce que craint le gouvernement, c’est de voir la note des DPPR s’alourdir dans les prochaines années. Le nombre d’enseignants en disponibilité reste stable (7.756 en 2010) depuis cinq ans. Mais il faut tenir compte de la pyramide des âges. A dispositif inchangé, en 2015, le système aurait un coût net de 115,114 millions d’euros contre 90,8 millions en 2009, soit une augmentation de 27%.

Les syndicats ont rejetés ces projections, arguant que le nombre d’enseignants en DPPR est en constante baisse depuis 2005.

Ils resteront vigilants, convaincus que le gouvernement veut financer l’accord social sur le dos des DPPR. Rendez-vous en 2011.2

  1. Le Soir – 10.12.10 []
  2. La Libre – 10.12.10 []

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  1. Jules dit :

    Alors diminue ou ne diminue pas ?

  2. momo dit :

    Et pour ceux qui atteindront 55 ans en décembre 2011 ?

    • Jacques dit :

      J’ai une collègue qui a 55 ans en décembre. Elle a droit à la DPPR.

  3. Jean-Marie dit :

    Si on regarde l’espérance de vie et les efforts que la Communauté devra fournir (dès que l’on aura un vrai Gouvernement ???), il ne faut pas être très doué pour comprendre que le système des DPPR à 55 ans n’est plus tenable.
    Ne rien changer serait suicidaire. Il s’agirait d’un véritable cercle vicieux au détriment de ceux qui restent dans les classes. Pour tenir d’un point de vue budgétaire, il n’y aurait d’autre issue que d’augmenter encore le nombre d’élèves par classe ou prester plus d’heures. Et donc encore plus de professeurs usés et fatigués. Si en plus certains, en pleine pénurie de licenciés, souhaitent faire passer toutes les études à 5 ans avec un salaire plus élevé à la clé…
    Bien sûr le métier est difficile et le burn out concerne bien des professeurs, mais bon, à la grosse louche : DDPR = coût de 100 millions versés en pure perte. Quel gâchis…

    Droits acquis, travailler moins, gagner plus ? Il faudrait plutôt aller dans le sens d’une meilleure qualité de vie des enseignants, surtout en fin de parcours. Pourquoi mettre autant de gens au rencard ? Si la fatigue est bien réelle, ne peut-on imaginer d’autres voies pour garder les anciens plus longtemps ?
    Consacrer des heures pour permettre aux « vieux » de s’occuper des jeunes collègues (tutorat) ?
    Eviter les échecs en consacrant une part de leur horaire pour des heures de remédiations, classes de devoirs et autres techniques d’échec à l’échec.
    Permettre aux « vieux » de s’occuper activement des centres cybermédias, des médiathèques et des bibliothèques.
    De manière générale valoriser toutes sortes de tâches enseignantes ou non et pourtant tellement indispensables.
    Pourquoi d’ailleurs ne pas permettre aux gens d’être encore utiles au-delà de 60 ans ?

  4. Boutique dit :

    Un collègue est né le 1er janvier à 0 h 5, de quoi être enragé…

  5. marie dit :

    Jean-Marie, votre propos est la sagesse même.

  6. Je voudrais réagir sur ceci : « Droits acquis, travailler moins, gagner plus ? Il faudrait plutôt aller dans le sens d’une meilleure qualité de vie des enseignants, surtout en fin de parcours. »
    De quel type de DPPR parle-t-on précisément ?
    J’ai toujours l’impression que ceux qui en parlent ne visent que la DPPR de type 1 à savoir les 55 ans et plus qui partent totalement ! Pour ces membres du personnel, la perte salariale est considérable et j’en connais, dont je suis, qui de ce fait, ne partent pas tout en étant dans les conditions pour partir ! Partir avec un traitement amputé de pas loin de 1000 € n’est pas une décision facile et elle dépend de plusieurs facteurs que la simple volonté de partir pour « lever le pied » !
    Les autres DPPR de type 4, c’est à dire départ partiel avec perte salariale à proportion, ça, c’est bien autre chose ! Ceci répond sans doute mieux aux attentes de ceux qui ont plus de 55 ans et qui veulent poursuivre leur activité professionnelle tout en diminuant le temps en classe quitte à consentir à une baisse de traitement ! J’ai l’impression que les collègues de ma génération qui peuvent jouir des DPPR type 4 seraient bien contents de pouvoir « lever le pied » et se rendre encore utile. Partir complètement, non, mais avoir du temps à soi et à sa famille tout en débrayant partiellement. C’est aussi cela la qualité de vie : penser un peu aux siens et à soi après trente ans et plus aux enfants des autres ! Est-ce tellement difficile à comprendre et si cher que cela ?
    Personnellement, je vis en Wallonie où les gouvernements de la CF et de la région Wallonne fonctionnent correctement. Mes amis et compatriotes flamands ont aussi un gouvernement que je sache ! Bref, on n’en manque pas ! Le fédéral, c’est autre chose, bien évidemment, mais la Belgique ne tourne pas à vide non plus. Faut pas exagérer ! Le gouvernement est en affaires courantes, laissons-le courir et s’affairer ! La présidence belge de l’Union n’a pas fait de miracle en six mois, mais personne n’y croit plus aujourd’hui et tout se terminera sous peu « comme si de rien n’était » ! Comme d’habitude, nos politiciens « se féliciteront » chaleureusement !
    NB: A propos des remédiations, pensez aussi que toutes les matières ne s’y prêtent pas…

  7. Vande veegaete Annie dit :

    D’accord avec tout cela, mais cela concerne les profs du secondaire et les instit primaires…
    J’ai 55 ans, je suis instit maternelle, les remédiations et autres, cela ne me concerne pas, mais, croyez-moi ou non, 20 gosses de 4 ans qui crient et qui se bagarrent ou pleurent tout au long de la journée, cela devient aussi difficile à supporter… Je ne peux, pour des raisons économiques, m’en aller maintenant mais cela ne veut pas dire que j’envisage joyeusement de continuer jusqu’à 60 ans dans les conditions actuelles…
    Pour nous, on aménage comment les fins de carrières?

  8. Jules dit :

    Il existe aussi une autre réalité : ceux qui ne peuvent pas partir pour diverses raisons. Ceux-là payent les dppr, plus le fait que l’encadrement pourrait être réduit.
    Pour les autres fonctions, devenir éducateur serait une alternative (6 dppr ensemble, ils peuvent agir et sont des « anciens » de surcroît)
    Il est facile d’être bon mais pas d’être juste … (déjà entendu cette phrase lol)

  9. Lucky dit :

    Je ne comprends pas…

    Un « vieux » qui part en DPPR complet touche 60 % de son salaire et est remplacé par un « jeune » qui coûte 50 % du salaire du « vieux »…

    Au total 110 % du salaire du vieux, soit 10 % en plus que le salaire du vieux obligé de poursuivre (ceux qui partent sont usés, les maintenir « de force » ne doit pas les rendre efficaces…)

    Qui peux m’expliquer ?

  10. Lucky dit :

    Ce sont donc ces 10 % qui coûtent si cher à la CF ?

  11. dominique dit :

    Je suis d’accord avec la plupart des commentaires. Je tiens à rajouter qu’en plus de la fatigue et de l’impossibilité d’assumer d’autres fonctions que celle de prof dans une école, il y a également les programmes sans cesse modifiés, les « compétences » et inspections qui empoisonnent la vie des « vieux » profs

  12. Jean dit :

    Les ministres passent (quand il y a un gouvernement), les doctrines passent, les programmes et socles passent mais nous, on reste!
    Plus pour très longtemps en ce qui me concerne…