Des cours obligatoires de vie affective et sexuelle dans les écoles? Le Conseil de la Jeunesse y est favorable. Mettre en place de tels cours, tous réseaux et filières confondus, ne se limitant pas à un aspect contraceptif purement technique mais visant aussi l’acceptation de soi et la destruction des préjugés, tel est la recommandation du CJ au gouvernement. Préconisant également un accès plus aisé à la contraception, la mise en place de distributeur de préservatifs devant toutes les écoles et un soutien aux jeunes parents.
Cet avis vient comme un pavé dans la marre, réveillant un débat qui divise le monde scolaire depuis plus de dix ans: de vrais cours ou de simples animations? Libres ou obligatoires? Partout? Avec quel contenu? Dispensés par qui? Avec surtout cette question de fond: est-ce bien là le rôle de l’école?
Un cours bien utile
Sur le terrain, pourtant, les signaux sont tous au rouge. Le déficit d’information chez les jeunes reste préoccupant. Tout comme le taux de grossesses précoces, la violence filles/garçons, le poids des traditions, etc.
Pour « aider les élèves à acquérir progressivement une maturité affective et sexuelle, composante essentielle de la construction de l’individu et de l’éducation citoyenne », les quatre fédérations de plannings familiaux (laïque, socialiste, pluraliste et FCPC) préconisent une série d’actions concrètes: l’installation d’un « panneau bien-être » dans chaque école; des animations thématiques; des invités extérieurs; etc.
Aujourd’hui, déjà, de nombreux établissements scolaires organisent des modules consacrés à la vie affective et sexuelle. Mais, comme l’a démontré une étude de l’ULB-Promes, c’est encore très disparate: les méthodes et les outils utilisés varient d’un établissement à l’autre; les thèmes abordés aussi; le réseau technique, artistique et professionnel est moins desservi, etc.
Un cours obligatoire pour mettre toutes les écoles sur le même pied? Certains y songent. Mais il n’y a pas d’accord au sein du gouvernement, où l’on se dirigerait davantage vers l’instauration de cellules « bien-être », intégrant à la fois l’éducation à la sexualité et d’autres thèmes très éloignés (les assuétudes, les jeux vidéo, le décrochage scolaire, etc.). Maintenant quant à savoir si ces animations seront imposées aux écoles, rien n’est moins sûr.
C’est impossible pour Simonet
Une certitude: l’idée d’un cours à part entière intégré dans le programme semble peu probable: « c’est impraticable en termes de grille horaire, dit-on au cabinet de la ministre Simonet. En plus de ça, les programmes sont déjà bien chargés et tout le monde s’accorde pour dire qu’il faut centrer l’enseignement sur les apprentissages de base ».
A première vue, pas de « cours » donc, mais des animations davantage formalisées qui devraient être officiellement dévoilées en février prochain.1
- Source: Le Soir – 06/12/2010 [↩]
On trouve de la place pour les cours de religions mais pas les cours de vie!!!
Mais allez ! Pourquoi encore s’en prendre aux cours de religion qui sont déjà des cours de Vie ?
A oui, évidemment, le respect de soi-même et de l’autre ne fait pas partie des apprentissages de base!!!!
D’accord avec Jacky, les cours de religion sont plus important que les cours de sexe.
Reste encore à déterminer la formation nécessaire pour devenir prof de sexualité, je doute fort qu’un simple régendat soit suffisant.
Jacky, c’est moi ?
En quoi les cours de religion sont-ils si importants?
Aussi important que tous les autres cours. Tellement important qu’il est même prévu dans la Constitution. Je vous invite à lire l’excellent avis de hedwigeviolette ci-dessous.
Le cours de religion (catholique en ce qui me concerne) est un moment d’Humanisation (comme d’autres cours, heureusement); un cours où l’on apprend la culture religieuse; le savoir-vivre avec les autres.
Mais à quoi servent donc les maths pour la plupart des jeunes dans le secondaire ???
J’observe que les religions ont plutôt tendance à diviser. Un cours de philosophie, c’est-à-dire un apprentissage à formuler les choses et à réfléchir, et une étude du message DES religions où les élèves de différentes confessions ou athées pourraient échanger leurs points de vue avec respect et sérénité, serait bien plus utile au vivre-ensemble que les cours de religion actuels où chacun va à SON cours de religion pour y entendre que les autres sont dans l’erreur ou le péché.
Je me souviens d’un 1er cours d’éducation à la vie affective et sexuelle en… 5ème secondaire !
Que de détours et d’allégories pour nous expliquer « les choses de la vie » alors que 90% des élèves avaient déjà vu le loup…
Amusant car c’est au programme de 2ème secondaire dans l’Officiel et pas seulement l’aspect biologique puisqu’on y parle du rôle du père pendant la grossesse et après la naissance. De plus les animateurs du planning familial passent une fois par an et pas seulement pour parler de contraception ! Par contre lorsque j’ai parlé d’une démo préservatif, que je fais en classe, lors d’une formation, vous n’imaginez pas le nombre de profs qui ont été profondément choqués ou qui ont dit: « moi je ne pourrais pas ». Coincés comme pas deux. Et pour les jeunes dans les familles desquels c’est encore tabou de parler de sexe et de contraception on fait quoi? Au moins je peux espérer ne pas me retrouver devant une gamine de 14 ans, enceinte, comme il y a quelques années.
Je me demande si ce n’est pas toute la société qu’il faut éduquer au niveau de la sexualité ? Les modèles qui sont donnés à nos jeunes sont tout sauf des modèles. Par rapport aux adolescents, c’est déjà trop tard de leur en parler. C’est en primaire qu’il faut aborder le sujet: écoutez les conversations dans les cours de récréation… La sexualité débridée (non-éduquée ?) est présente partout. Tout le monde sait bien que la pornographie est la référence de beaucoup.
Moi je suis partant pour avoir les explications par Catherine Tilquin lol
Dans la sexualité…il n’y a pas que le sexe…pour ce qui est cul…ils savent…par contre en ce qui concerne le respect, l’amour et non la baise… Enfin..on fait l’autruche et on préfère qu’ils apprennent tout cela grâce au porno. Combien de gosses de 13 ans pensent que faire l’amour, c’est comme dans un bon film hard de Katsumi et Rocco Sifredi???? Moi, je suis choquée de devoir chaque année apprendre aux élèves à parler des filles avec respect, à expliquer aux filles que non on n’est pas obligée de sucer ou de se faire enculer parce que le garçon le veut, que non on ne filme pas avec son gsm pour montrer aux copains… Alors, vu comme çà… Les cours de religion sont INDISPENSABLES, les cours de bio où on ne parle que de reproduction et parfois (pas tous les profs) de protection. Je ne suis que régente et prof d’histoire… cela ne m’empêche pas de parler de sexualité, de rapports amoureux (homo, hétéro, bi) avec mes élèves. J’ai fait des formations à ce propos, je n’ai aucune honte à en parler et chaque année, ils viennent me remercier car je leur ai appris que l’on pouvait dire non, que le respect de l’autre c’est aussi le respect de soi. Mais avec une telle mentalité… je crois que je n’ai pas fini à voir des films de tournantes, d’entendre parler des filles comme des femelles…
Je ne connais Katsumi
mais je vous rejoins
Je suis d’accord. Même si moi je donne cours dans une région où les choses sont plutôt paisibles. Le sexe comme une performance, certains connaissent. Mais que de manque d’amour ! Ca fait 5 ans que j’intègre un module sur la violence conjugale dans mon cours de religion de 5ème. Ca a permis à une élève d’avoir le déclic, d’aller voir un psy, et finalement de rompre d’un copain violent et possessif.
Mais le respect passe surtout dans sa façon d’être avec les jeunes… et là, ça devient nettement plus compliqué…
Chez nous, les élèves de 4e vont chaque année passer une après-midi au SIPS. Ils y reçoivent une formation affective et sexuelle, peuvent poser les questions qui les taraudent et je sais par la responsable que beaucoup y retournent de manière individuelle par la suite.
Les lieux et moyens d’information existent, il suffit de s’en servir !
Quand j’étais moi-même en primaire, les 6e voyaient une émission de « télévision scolaire » sur la sexualité et ensuite, un médecin venait en classe répondre à nos questions.
Pourquoi un tel retour en arrière ?
@ Jules, je vous préviendrai quand j’en serai arrivée là dans le cours.
Lol!
En relisant l’article , je suis frappé par cette petite phrase:
» la destruction des préjugés ».
Je me dis, en lisant certains commentaires négatifs sur les cours de religion et de morale non confessionnelle, qu’il y a encore du pain sur la planche. La réaction négative de nos collègues les plus proches est blessante et choquante. Nous sommes tous profs, ici , et voilà ce que pensent de nous des collègues avec qui nous vivons dans nos établissements scolaires, pour lesquels nous avons de l’amitié et certainement du respect pour le travail accompli et les disciplines dispensées dont nous ne doutons pas de la valeur formative. J’en attends de même de leur part pour les cours philosophiques quels qu’ils soient. C’est le minimum, non ? Les cours philosophiques n’ont aucun tabou et tout sujet y est abordable sinon abordé par les élèves avec une liberté unique et plus rare dans d’autres disciplines !
Des cours sur la vie affective et sexuelle ? Des cours sur la vie, tout simplement : le sens de la vie, de sa vie ! Qu’est-ce que nous faisons tous au fond ? C’est au coeur des cours philosophiques bien évidemment. Ce n’est pas un cours particulier sur la vie sexuelle et affective qu’il faut, car c’est une matière transdisciplinaire où chaque enseignant peut en parler d’une manière ou d’une autre avec ses élèves. Quelqu’un a parlé de respect ! Respect entre « humains » : parents, élèves, enseignants, direction, personnel auxiliaire d’éducation, personnel ouvrier, infirmier et autre psychologue… Mais ça commence déjà entre profs, pour ce qu’ils sont au sein de l’école. Comment puis-je bien travailler si je sais que les collègues ne respectent pas mon cours et veulent leur destruction ?
Merci Catherine
!
On n’en sait jamais assez, surtout que je n’ai jamais eu aucun cours sur ce sujet pendant ma scolarité
.
Comme Hedwig je remarque malheureusement que le respect de la personne n’est pas encore devenu une priorité.
Luc, votre intervention était-elle indispensable au débat ?
On a déjà un Gapman, pas besoin d’un second !
En ce qui concerne un cours d’éducation sexuelle en plus, je suis contre vu les programmes déjà chargés mais POUR que chaque enseignant, chaque éducateur réponde aux questions posées dans ce domains, sans tabou. Ce sont les adultes qui doivent éduquer les jeunes, dans tous les domaines. Si certains parents ne sont pas aptes, d’autres adultes doivent spontanément prendre le relais dans l’intérêt du jeune. Et qui est le mieux placé pour cela si ce ne sont les membres du corps enseignant ?
Merci pour tous ces commentaires qui aident à se positionner chacun à leur manière … Je ne donne plus cours à des adolescents depuis de longues années et pourtant …
Oui, pour moi, aborder les choses de la vie, et la sexualité en fait partie, est important pas plus en secondaire qu’en primaire (ou l’inverse. Cela fait partie de la mission d’éducation dont a hérité la génération précédente, c’est-à-dire nous, les adultes. Comme le souligne bien l’esprit de la convention des droits de l’enfant, l’éducation vient des milieux de vie que l’enfant fréquente qu’il soit familial ou autres.
Un grand oui pour que des sujets aussi fondamentaux soient abordés régulièrement dans le cursus scolaire. Heureusement, nous, éducateurs, avons davantage de connaissances sur le sujet et sommes sans doute mieux formés pour aborder, de manière directe, les questions posées par les enfants, par les adolescents (chapeau à Catherine et Hedwige à ce sujet) … Cela nous laisse parfois aussi désarmés pour aborder avec eux ce qui se joue dans des relations intimes, exprimer ce que l’on ressent, pouvoir être témoins et donner son avis sur la question. De très bons outils pédagogiques peuvent aider les éducateurs … je pense notamment aux démarches explorées par Jacques Duez : échanger avec les enfants sur les thèmes sensibles, aller contre les idées reçues dans le respect de la parole et de l’intégrité de chacun, libérer l’esprit et miser sur le fait que les enfants sont capables de développer leur propre réflexion, de la consolider, d’être pris au sérieux dans ce qu’ils pensent et ressentent et se forger un esprit critique par rapport aux expériences que la vie pourrait mettre sur leur chemin …
Un autre outil bien utile : la vidéo réalisée par Jacques Borzykowski et Monique Meyfroet et qui nous touche en tant que spectateur par la sensibilité qui se dégage des témoignages … « Y a pas honte ! »
En tant que prof, je pense qu’une ou deux après-midi au PMS permettent d’aborder tous les aspects essentiels.
Après il y a matière à discuter comme sur tous les sujets.
Chaque parent doit prendre ses responsabilités envers cela! Mais pas d’inquiétude, en général, en 1ère secondaire ils savent tous ce qu’est le préservatif et aussi les nécessités de se protéger!
Tout ceci ne reste que mon avis personnel…
A bon entendeur!
Bonjour. Je suis professeur de morale depuis bien longtemps dans le secondaire inférieur. Chaque année, je consacre un module à la sexualité et ainsi les élèves ont 6 à 8h par an pour en parler. Bien évidemment si le sujet est abordé à un autre moment, je ne l’esquive pas. Jusqu’ici je n’ai eu qu’une fois des problèmes avec des parents franchement homophobes et j’ai assumé « fièrement » mes prises de position! (Si j’ose dire…lol) Pour douter de la nécessité des cours philosophiques, il faut être sourd et aveugle! En Angleterre, un programme d’éducation au bonheur a été mis en place en rhéto, en gros, leur programme correspond au programme des cours de morale. On nous envie ailleurs! Pour « une fois », on pourrait défendre cette belle spécificité, non?
Bonnes fêtes à tous!
D’accord avec vous Katy…