Il y a quelques jours, le monde apprenait qu’un pédophile de 27 ans venait d’être arrêté aux Pays-Bas. L’homme, démasqué au cours d’une vaste enquête américaine sur un réseau de pédo-pornorgraphie, est soupçonné d’abus sexuels sur 30 à 50 enfants, notamment dans des crèches d’Amsterdam. Un coup de massue pour les parents qui avaient fait confiance à cet individu en apparence irréprochable et qui affichait un curriculum en béton.
Il établissait une relation de confiance avec les parents, auquel il finissait par dire “oh, je ferais volontiers du baby-sitting”, a déclaré à la télévision néerlandaise Richard Korver, avocat de parents de victimes présumées. Il voulait même monter sa propre crèche », a-t-il ajouté. Sur le site apparaissait une photo du candidat baby-sitter avec trois enfants dans les bras. Dans son annonce, il affirmait lui-même être un professionnel de l’accueil d’enfant, formé et expérimenté.1
Il n’en fallait pas plus pour relancer le doute et les soupçons à l’égard de tous les professionnel de l’enfance et de l’éducation : animateurs, éducateurs… et bien sûr les enseignants. Certes, des profs pédophiles, ca existe. Mais c’est toute la profession qui doit supporter les dérapages de ces pervers. Ce lundi, la radio Vivacité consacrait son émission « C’est vous qui le dites! » au doute et à ses victimes. Sans surprise, ce sont principalement des enseignants qui sont venus apporter leurs témoignages d’un climat devenu très pénible depuis quelques mois. Ainsi, Sébastien, éducateur, a préféré changer de métier plutôt que d’être sans cesse sur le qui-vive. Autre cas, le mari de N., ouvrier dans une école, soupçonné par des parents d’avoir imposé des attouchements à une petite fille qui avait raconté à ses parents « avoir joué avec monsieur ». Il n’en faut parfois pas plus pour que l’imagination mêlée à la peur prenne le relais. Avec quelles conséquences?
Le doute, est une chose malveillante. Il ressemble au corbeau et tue plus facilement qu’une balle. (…) Il se propage tel un poison. Il contamine l’esprit, pour finalement se transformer en calomnie.2
Un élève « trop proche »
En juin dernier, une enseignants de la province de Liège apprenait sa suspension administrative. Motif? Les parents de l’un de ses élèves de 15 ans estimaient que leur fils était trop proche du professeur… et trouvaient cela bizarre.3
Selon la directrice, ce sont les parents du jeune qui sont venus la trouver. Ils ont estimé que la prof s’occupait trop de l’élève, à tel point que leur fils ne pouvait plus vivre sans elle, affirmaient-ils. Pour la directrice, le problème était qu’il y avait trop de contacts en dehors de l’école. Ceci précisé, elle souligne que la prof aime enseigner et fait du bon travail.
La prof, elle, dit ne rien avoir à se reprocher. Elle explique avoir été choisie comme personne de confiance par la classe de l’élève. Une fonction qui l’amène à écouter les élèves qui veulent se confier. L’an dernier, dans ce cadre déjà, le jeune n’avait pas eu de contacts avec elle, hormis du point de vue scolaire. Puis, lors de l’année 2009-2010, il est venu souvent se confier pour des problèmes personnels. Mais jamais, affirme la dame, il n’a fait état de sentiments amoureux et d’ailleurs, ajoute-t-elle, rien ne s’est passé à ce niveau. Chaque fois que prof et élève se sont rencontrés en dehors de l’école, les parents étaient au courant, selon la prof. Dès lors, elle ne voit pas pourquoi on l’a suspendue.
Un doute difficile à gérer au quotidien
Ils ne sont pas rares aujourd’hui, les profs qui, à l’école, se gardent désormais d’aborder des sujets sensibles avec leurs élèves comme l’adolescence et la puberté, la prévention des maladies sexuellement transmissibles… Chaque geste, chaque parole, chaque image peut se retourner contre son auteur. Ce professeur de morale à l’Athénée de Soumagne, en province de Liège, témoigne :
Je souhaitais, dans le cadre de mon cours, aborder les dangers d’Internet et principalement les réseaux sociaux et les informations – parfois très délicates – que les ados livrent parfois à plus de 500 millions d’utilisateurs. Afin de susciter le débat, je suis parti d’une série de questions tirées d’un jeu édité par Child Focus, le Just Click. Une de ces questions était « Quelle est la couleur de ton/ta slip/petite culotte? » Ce n’est pas moi qui ai inventé cette question mais elle est plutôt pertinente puisqu’elle permettait de « provoquer » une réaction des élèves et de les amener à réfléchir aux informations que l’on peut parfois trouver sur le profil de certaines personnes, notamment sur Facebook. Je pense à cette mode qui avait vu de nombreuses jeunes filles – mais aussi des femmes plus âgées – indiquer la couleur de leurs sous-vêtements sur leur profil. C’est un jeu… mais il est révélateur. Vous imaginez les réactions des parents lorsqu’ils ont lu cette question sortie de son contexte…
Pas simple de travailler dans un tel climat. Notre pays est resté traumatisé par l’affaire Dutroux… et les scandales à répétition ne permettent pas à la blessure de cicatriser. On ne peut qu’encourager les parents et les enseignants à se parler, afin que l’école puisse continuer à faire son travail avec compétence et avec passion.
Je pense que Dutroux est venu tout pervertir (c’est le moins que l’on puisse dire…). Tous ceux qui s’occupent d’enfants sont dans le collimateur de la société. Mais, hélas, il n’y a pas que Dutroux. Il y a des parents, des beaux-parents, des responsables de mouvements de jeunesse, des prêtres, des enseignants, des puericulteurs qui sont des brebis galeuses qui doivent être sévèrement punies.
Deux mots : psychose ridicule !
Mais oui ! Mais sur quoi se base-t-on pour dire que les profs sont malades du doute ?
Sur le fait qu’ils se plaignent en permanence?
Je comprends les parents (je suis aussi parent).
Mais l’affaire Dutroux a détruit pas mal dans la vie sociale, elle a supprimé des libertés à nos jeunes et freiné des adultes dans l’organisation d’activités qui font grandir nos jeunes.
Je parlais aux élèves de 12/13 ans , dans une séquence de cours, de leurs responsabilités et j’ai vu l’avant et l’après Dutroux.
Il faut ajouter en écoutant plusieurs parents, ils n’ont plus une large confiance aux « gardiens de la paix » et surtout dans la justice et le monde politique.