Le redoublement n’est pas à bannir selon Etienne Michel

Après avoir exposé le point de vue de Jean-Pierre Coenen, Président de la Ligue des droits de l’enfant, voici celui d’Etienne Michel, Directeur du Segec. Pour lui, il ne faut jeter le bébé avec l’eau du bain. « Pisa teste les enfants de 15 ans, quelle que soit leur année scolaire. Il est donc logique que le redoublement, en effet beaucoup pratiqué chez nous, ait un effet sur les résultats. Ce serait différent si Pisa testait les élèves d’une année scolaire précise. Avant de réfléchir au redoublement, il faut analyser Pisa. Le résultat en lecture est le signe que nous allons dans la bonne direction. Nous avons quasi rejoint nos pays de référence, de tradition social-démocratie comme Suède, Finlande, Danemark, Royaume-Uni. La Corée est plus performante. Mais que savons-nous de la Corée ? Notre société peut-elle être valablement comparée à la Corée ? »

Le redoublement est un symptôme, le révélateur d’une difficulté scolaire – il signale que le Conseil de classe a considéré que l’élève ne maîtrise pas les compétences attendues. Maintenant, il faut s’interroger sur la dimension pédagogique du redoublement. Des pédagogues éminents, comme Marcel Crahay (ULg), ont démontré de façon convaincante que le redoublement ne peut être considéré comme un « moyen » pédagogique. Il n’a pas de valeur intrinsèque.

« Développons plutôt la remédiation »

A la question « Faut-il bannir le redoublement? », l’homme propose plutôt de travailler en amont, sur ce qui explique nos meilleurs résultats à Pisa.

Il y a une prise de conscience collective – que Pisa n’a fait qu’accélérer – de ce que la lecture est « le » savoir de base, qui conditionne tous les autres. Cette prise de conscience a touché les enseignants, les équipes éducatives à la recherche des meilleures méthodes de lecture, le politique, qui a appelé à recentrer sur les apprentissages de base – c’est le Contrat pour l’école de Marie Arena. Et les fédérations de pouvoirs organisateurs, comme la nôtre, qui travaillons sur les évaluations externes – on permet à nos écoles de se situer par rapport à la moyenne, par rapport aux écoles proches, par rapport aux écoles qui ont un même type de public scolaire, etc. Voilà : il y a eu une mobilisation générale et le début d’un cercle vertueux. S’il est vrai que le redoublement n’est qu’un symptôme, il ne faut pas agir sur le révélateur mais sur les difficultés qui sont révélées. Travaillons en amont, en développant notamment la remédiation – en classe et, si hors classe, à l’école.1

  1. Le Soir – 15.12.10 []

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