C’est le journal L’Avenir qui le publie ce matin : certains profs sont en colère et nombreux sont ceux à avoir téléphoné à la rédaction du quotidien pour se plaindre de « l’inertie » de la ministre Simonet. Ils reprochent au cabinet de l’Enseignement de n’avoir pas pris des mesures avant la vague de froid annoncée pour ce weekend et les difficultés prévues ce lundi. Les enseignants pensent qu’il aurait plus prudent, et responsable, de prévenir parents et enseignants, en décrétant que les examens de ce jour seront reportés à une date ultérieure.
Comment est-il possible de ne pas prendre une décision générale quant à un report des examens? On nous laisse dans l’incertitude la plus totale ; on ne sait pas quoi faire. Et pour les parents, ca ne va pas non plus.
Les chefs d’établissement seraient-ils abandonnés dans le blizzard? La situation est confuse. Une école a ainsi pris la décision d’annuler les examens… alors que sa voisine a préféré les maintenir. Le choix s’est opéré très tôt ce matin, alors que des élèves s’étaient déjà présentés à l’école. Nous les avons reportés au lundi de la rentrée, explique M. Mertens, directeur de l’Institut de la Providence, à Champion. Et de fait, nous avons pris cette décision ce matin.
Mais pourquoi ne pas avoir anticipé la situation sur nos routes?
C’était difficile de dire quoi à ce moment là. C’est seulement ce matin qu’on a pu faire le point. Les routes n’étaient pas dégagées, de très nombreux profs et parents nous ont appelés… C’était impossible d’organiser la fin de session correctement. Nous n’avions même pas assez de surveillants.1
Et les profs (comme les parents) de répéter que, dans la situation actuelle, un weekend de trois jours n’aurait pas été un luxe.
C’est inimaginable un foutoir pareil. Ce n’était pourtant pas compliqué d’envoyer, dès dimanche soir, un signal clair aux directeurs, aux parents, aux élèves.
La Ministre Simonet aurait du faire fermer les écoles ce jour (comme au Grand-duché la semaine dernière). Nous allons risquer notre vie sur la route en Province de Luxembourg pour conduire notre fille à son examen… alors que nous sommes en zone rouge et que nous devons éviter de circuler !!! Neige et arbres sur les routes. Si ma fille ne va pas à son examen, elle devra avoir un certificat médical…2
« Pas de fermeture générale des écoles »
La ministre a immédiatement réagi : elle a assuré que les élèves qui, en raison de l’état des routes, n’auraient pas pu arriver lundi matin à l’école pour passer d’éventuels examens ne seront pas pénalisés. Selon son cabinet, Mme Simonet n’a pas pris de décision de fermeture générale dimanche afin de ne pas « ajouter le chaos aux difficultés ».
Ca n’aurait pas eu de sens de décider d’une fermeture générale des établissements scolaires. Premièrement car la décision aurait été prise en dernière minute et l’ensemble des parents n’aurait donc pas été averti à temps. Cela aurait ajouté encore plus de chaos à une situation déjà compliquée. Et chacun doit mesurer le risque de prendre la route ou pas. Les élèves qui ne pourraient pas rejoindre leur école ne seront donc pas pénalisés. Il s’agit de ne pas se mettre en danger inutilement.
Les écoles ont le choix
C’est donc aux directeurs de décider s’ils préfèrent maintenir les examens, les suspendre… voire fermer l’établissement. Chaque école ayant ses particularités (géographie, public, transports en commun…), il est aisé de comprendre qu’un cas n’est pas l’autre.
Une école qui se trouve dans un village enneigé mais serait fréquentée par des élèves venant de ce village n’aurait sans doute pas trop de difficultés à fonctionner normalement.
Rappel donc pour tous les élèves et leurs parents : une absence ce jour pour cause de conditions climatiques difficiles sera tolérée. Il n’est pas utile de se mettre en danger volontairement. La situation n’est pas différente d’un cas d’absence justifiée comme une maladie, voire une épidémie qui toucherait une classe entière.
Le ministère conclut en rappelant que les examens pourront alors être passés à un autre moment. Une session d’examens avant Noël n’est d’ailleurs pas une obligation légale.3
Huit écoles primaires communales fermées en Communauté germanophone
Les huit écoles primaires communales de Burg-Reuland resteront fermées ce lundi à la suite des importantes chutes de neige de dimanche, a indiqué Walter Schlaberg, directeur d’école communale à Burg-Reuland.
Plus de 40 cm de neige sont tombés dimanche et il était impossible pour la commune de déblayer tous les accès aux huit écoles primaires. Pour éviter aux parents de prendre des risques sur les routes, nous avons décidé de fermer les établissements que compte la commune jusque mardi.4
A lire également
Aucun article similaire
Elle a raison la ministre.
Si un chef d’établissement n’est pas assez grand pour décider tout seul de reporter les examens….
Ouh là, là beaucoup de bruit pour pas grand chose. Les profs en colère… Quels profs ??? Méfions-nous de ces généralités abusives.
Dans notre école de la province du Luxembourg: 2 absents ce matin (2 élèves malades). Tous les profs présents. Personne en colère.
Et puis, il y a ces écoles où les jeunes ont déjà fini les examens et sont partis pour trois semaines de vacances. « Mais,Monsieur, l’école peut accueillir les élèves qui le désirent ! » Belle hypocrisie. Merveilleux exemple de non-respect de la loi (décret). Les élèves doivent obéir mais les écoles elles peuvent tricher. Ce n’est pas juste. Personnellement, je suis plus en colère contre cela que contre quelques centimètres de neige.
Ca y est, ils sont en colère contre la météo maintenant…
Les élèves ne seront pas pénalisés… C’est bien beau. Mais nous, les profs, nous avons été obligés d’aller à l’école! Tout ça parce que c’est notre travail!!! Il est facile d’excuser les élèves qui ne savent pas venir (cela reste logique, on ne va pas les mettre en danger) mais il faudrait de temps en temps penser aux enseignants aussi!
Bah, il y a beaucoup de métiers où les travailleurs doivent être présents malgré le temps. Ne stigmatisons pas les profs enseignants…
Non, pas tous les profs. C’est une tournure journalistique. Mais c’est vrai que l’on peut nuancer.
Voilà… Il est vrai que je ne souhaite pas faire de généralisations. Ce n’est pas constructif et cela ne peut qu’induire le lectorat en erreur.
Un enseignant écoute les infos, en principe.
La météo les précède souvent, mais depuis quelques jours, elle fait partie des informations du moment.
J’ai donc pris mes dispositions ce matin et suis parti plus tôt. Bref, foi d’enseignant, je suis arrivé mais avec un peu plus d’une heure de retard malgré les précautions.
Entre deux points, le départ et l’arrivée, ce sont ces derniers qui m’occupèrent le plus !
M’y voici enfin ! L’école ! Accueil compatissant mais les réflexes professionnels reprennent illico le dessus. En route pour le deuxième étage où j’ai surveillé les élèves déjà en examen avec mes collègues au poste. Les profs sont présents, au complet et moi en cravate, mais avec retard.
Sur 65 élèves accablés, pardon, attablés, trois absents ! Malades, sans doute !
Quant à moi, je n’ai vu aucun prof fâché.
Fâcheux, non ? Fichtre…
Question : Est-il nécessaire de s’exciter pour quelques flocons et fermer des écoles sachant que les élèves habitent souvent, sinon à proximité, à moins de dix kilomètres de leur école.
Ce sont les enseignants qui voyagent au hasard de leur affectation et les élèves beaucoup moins.
Notre ministre a donc raison de garder son sang-froid, c’est de saison après tout, et d’inviter les chefs d’établissement à la souplesse et au cas par cas.
Mais comme la facture va être salée pour les transporteurs routiers… pourquoi ne pas mettre les factures sur les routes ?
LOL
Sage décision de la ministre : chaque école devait pouvoir évaluer sa situation. Je constate que les internats ont pris les dispositions adéquates et adaptées à leur spécificité. En colère ? Aucun de mes collègues n’est en colère et, bien au contraire, chacun salue la rapide décision adéquate du PO d’aménager deux demi-journées d’examen en janvier, histoire de ne pas stresser nos élèves qui viennent de loin. Mais je sais que je travaille dans une école où l’humain est la principale préoccupation… C’est ce qui fait son charme.
Elèves à l’école jusque mercredi, normalement. Mais dès demain une dizaine partiront en vacances !!!!
Les profs eux seront là jusque vendredi midi !
J’imaginais plutôt un plan de crise provincial qui aurait été donné le matin à la radio pour l’ensemble des travailleurs salariés… comme un dimanche… Un lundi où je crois qu’il aurait été plus sage et plus simple de rester au chaud chez soi… Dans ma classe primaire de 20 élèves, 10 étaient présents… pas de nouvelle matière donc… et beaucoup ont longuement arpenté la neige parce qu’ils trouvaient ça naturel d’obéir, mais n’en n’ont pas été récompensés…
J’oubliais: dans la mesure où même les bus ne roulaient pas à Liège….
Eux, ne se tracassent pas d’avoir ou pas prévenu! Ils agissent pour la sécurité de tous!
C’est quand même idiot de programmer de longues vacances en juillet et août quand la météo est toujours clémente et de devoir prendre des risques en décembre et en janvier quand les conditions climatiques sont les plus périlleuses. Quand on lit les rapports du Giec, on peut s’attendre à des hivers longs et froids. A quand une refonte du calendrier scolaire avec une longue interruption en hiver ?
Jacques: « Ca y est, ils sont en colère contre la météo maintenant… ».
Ils? Nous les enseignants? Il ne faut pas confondre les gens du terrain avec « ceux » qui parlent pour nous (sans compter les JT qui en rajoutent une couche).
Cette neige est de saison, bon ça ennuie son monde parfois mais on vient tous travailler…!! Par contre, moi j’en connais beaucoup dans le privé qui retournent bien avant leur fin de journée à cause de cette neige.
Puis dans les grosses villes, 5 cm de neige et c’est déjà la fin du monde… j’en ai 60 devant chez moi et je ne pleure pas.
@ marie. Je vous invite à lire mon intervention sur l’article suivant. Je ne trouve pas responsable l’attitude de notre Ministre de laisser la liberté aux directeurs.
Arrêtons de jouer le jeu de ceux qui nous critiquent. Stop. Chez nous tous les professeurs étaient présents, tous les élèves de l’enseignement général étaient aussi présents. Dans l’enseignement professionnel, les élèves n’avaient pas de bus ??? Bizarre!!!
Alors ? la faute à qui ? pas de l’école ni des enseignants !!!!