Le journal La Libre Belgique en avait fait sa Une il y a quelques jours : le nombre de diplômés des écoles d’infirmiers baisse. Les jeunes professionnels qui sortent des Hautes-Ecoles et se font enregistrer auprès de l’autorité fédérale s’est tassé ces dix dernières années, passant de 4.165 infirmiers diplômés en 2001 à 3.329 l’an dernier. Du coup, notre pays serait obligé de recruter des candidats venus de Tunisie, de Roumanie… et même du Liban. C’est du moins ce qui se raconte dans certains milieux plus ou moins bien informés…
Mais il faut nuancer. L’engagement d’infirmiers ou d’infirmières allochtones ne se ferait qu’en dernier recours car les obstacles restent nombreux. La barrière de la langue, les différences dans les qualifications, les complications administratives expliquent la réticence de nombreux hôpitaux à ouvrir leurs portes au personnel étranger.
Michel Mahaux, directeur-adjoint de Santhea, fédération des hôpitaux francophones publics et non confessionnels :
C’est un phénomène assez marginal. Dans les établissements, le nombre d’infirmiers et d’infirmières venant de l’étranger atteint au maximum 10 % du personnel.
Un tassement des diplômés… mais beaucoup de Français
Mais les problèmes de recrutement demeurent. Du coup, certains postes restent parfois vacants durant des mois. Le métier manquerait-il d’attrait? Oui et non. La diminution du nombre de diplômés n’est pas identique dans tout le pays. Seule la Flandre est marquée par le tassement du nombre de diplômés sortant de la filière “soins infirmiers”. Mais d’après la ministre des Affaires sociales Laurette Onkelinx, le nombre d’inscriptions dans les écoles d’infirmiers en Flandre est en hausse. En Wallonie, le nombre de diplômés est resté stable et à Bruxelles, il a presque doublé en dix ans.1
Les chiffres n’indiquent toutefois pas la nationalité des diplômés, or en Communauté française les Français sont très nombreux, parfois 30% du contingent. Du coup, les données sont quelque peu biaisées.
Un infirmer sur cinq serait encore actif !
Mais ce qui serait à l’origine du problème, ce n’est pas tant le nombre d’étudiants que le fait qu’ils sont nombreux à quitter le métier après quelques années. Selon l’Association belge des praticiens de l’art infirmier (ACN), sur les 140 000 détenteurs d’un diplôme infirmier en Belgique, seuls 30 000 seraient encore actifs. Effrayants ! La ministre estime également, sur base de ses chiffres, à 20 % le nombre d’infirmiers diplômés qui exercent effectivement leur métier.
Afin d’encourager les infirmiers à persévérer dans la pratique de leur métier (et peut-être encourager les jeunes à embrasser un métier reconnu comme très difficile), le gouvernement fédéral a récemment mis en place une série de mesures – revalorisation financière du travail de soirée et de nuit, rémunération des fonctions spéciales, etc. – dont on saura dans quelques années si elles ont porté leurs fruits.2
Ma belle-soeur est infirmière au Luxembourg…elle gagne 3x le salaire d’une belge..
Du peu que j’en connaisse, la formation semble beaucoup plus exigeante dans notre pays (parfois même sans réelle raison) par rapport à ces pays.
Dès lors pourquoi mettre des bâtons dans les roues de nos jeunes pour aller prendre ailleurs des gens peut être moins bien formé ou qui seraient bien utile chez eux !
C’est un avis … il demande confirmation.
Le salaire serait-il la seule explication (je n’en sais rien) ? Je pense que la charge de travail et le manque de considération + des horaires de fous sont dans les causes qui expliquent cette désaffection.
C’est comme pour les enseignants (sauf l’horaire quand même).
Il faut aussi penser à tous ceux qui sont nés juste après la Seconde Guerre Mondiale et qui sont à l’âge du départ naturel.
1946 – 2011 = 65 ans
Dans l’enseignement, tous ceux qui sont nés en 1951 peuvent aussi partir naturellement.
Et puis il y a encore ceux qui sont de 1952 à 1956 qui peuvent encore décider de partir… en tout ou partie. Sérieux problème à l’avenir.
Ben, c’est logique
1. Salaire pas terrible !
2. Horaires de malades (c’est le cas de le dire), horaires coupés
3. Devant la pénurie, c’est l’explosion des heures sups que personne ne peut prendre en récup car cqfd=pénurie de personnel !
4.Grosses responsabilités et (comme les profs) contact direct avec les « poubelles » de la société…
Ma femme a quitté le CHU de Liège (qui a recruté des étrangers) car elle ne gagnait que 1350€ par mois ! Des voleurs ces gens ! Et quand le service réclame plus d’argent, on leur dit d’aller voir ailleur ! Franchement c’est honteux ! Elle travaille en maison de repos où le travail est plus lourd… mais 2000€ par mois… on ne réfléchit plus là !
30% de Français! Ce chiffre est plus élevé dans certaines écoles! Vous ne parlez pas des diplômées infirmières qui sortent de la filière du 4è degré, infirmière hospitalière, les Brevetées! Et du nombre de Français dans ces écoles en Belgique…
Ma compagne, chinoise, veut s’inscrire pour acquérir ce diplôme. J’apprends que dans le cadre de la cohabitation légale, l’école n’est plus subventionnée: pour s’inscrire, on pose des tas de questions sur la vie privée (justifier les occupations des 5 dernières années, lettre de motivation…) sans garantie de pouvoir être inscrite… Alors que si elle avait postulé depuis l’étranger (cela fait 2 ans qu’elle est ici), elle serait subventionnée sans problème… Bonjour les discriminations, et l’encouragement pour entreprendre ce type d’études…