Le CEB a-t-il encore de la valeur?

On connait les chiffres : près de 95% des écoliers de 6e année primaire décrochent le fameux certificat d’études de base. Un taux de réussite canon ! Et pourtant, quelques mois plus tard, ils sont des centaines à connaître l’échec et le redoublement à l’école secondaire. Alors quoi? Une simple formalité, cette épreuve commune? En 2010, ils étaient exactement 94,5% à obtenir le précieux sésame, soit 10,6% de plus par rapport à 2007. Réussir le CEB, c’est obtenir au moins 50% dans chaque matière. Plutôt facile apparemment : il n’y a eu, en 2010, que 0,8% d’échec en éveil, 1,5% en français et 4,6% en mathématiques. Mais comment des élèves aussi doués peuvent-ils perdre pied sitôt entrés dans l’école des grands? Cette évaluation externe serait-elle une mascarade? Les enseignants – comme les parents – sont de plus en plus nombreux à le penser.

Et pourtant, l’examen n’est pas inutile. Son but est de fixer les compétences minimales que doivent atteindre tous les enfants de fin de 6e primaire. Le CEB renseigne donc à la fois l’écolier sur son savoir et l’école sur ses missions d’enseignement. Mais qu’est-ce qui explique un tel taux de réussite, si élevé qu’il en devient douteux? On peut d’abord parler « d’effet reflux ». Les enseignants perçoivent mieux ce qu’on attend de leurs élèves et se recentrent sur les fondamentaux. Ça, ce n’est pas nécessairement négatif. Il y a ensuite le bachotage, ces enfants qui sont drillés pour répondre à un certain type de questions. La qualité de l’examen y serait aussi pour quelque chose. Selon les inspecteurs, les questions sont de mieux en mieux élaborées, laissant moins de place à l’ambiguïté et à l’imprécision. Tout bonus pour les élèves. Enfin, on peut pointer le seuil de réussite fixé à 50%. Un enfant qui réussit en maîtrisant à moitié les objectifs minimaux en fin de cursus primaire a-t-il ses chances en secondaire?Ne faudrait-il pas porter le seuil à 60 ou à 70%?

Peut-on réussir si on ne sait lire et calculer qu’à moitié?

C’est vrai qu’ils sont beaucoup, chaque année, à quitter l’école primaire. Mais que fait-on de ceux qui échouent? Une minorité redouble leur 6e année… la majorité est dirigée vers la 1ère différenciée. Ils rejoignent là les élèves qui ont décroché en fin de 5e primaire (qui avaient déjà bissé ou qui ont 12, 13 ans) et qui, comme eux, entrent sans le CEB. Ces enfants  – environ 4% – ne rattrapent presque jamais leur retard. Pire, parce que s’ils obtiennent finalement leur CEB au terme de leur 1ère année différenciée, ils devront rejoindre l’enseignement général (en 1ère année commune), nombreux sont ceux qui choisissent de volontairement se saboter… et ainsi passer en 2e différenciée… puis en 3e ou 4e année professionnelle. En 2004, seul 1,6% de ces élèves avait réintégré le cursus général. Les autres ont obtenu leur ticket pour l’enseignement qualifiant, le centre d’enseignement et de formation en alternance (CEFA)… et le contrat d’apprentissage. Selon les indicateurs de l’enseignement édités par la Communauté française, le chiffre des élèves que l’on perdrait en cours de route augmente chaque année.

1 élève sur 4 échoue au premier degré

Le problème, c’est le passage entre le primaire et le secondaire. Avoir son CEB en poche ne garantit nullement la réussite au secondaire, qui est vu comme une véritable gare de triage qui sépare les « bons » des « mauvais » élèves, ceux qui continueront dans l’enseignement général et ceux qui doivent se « résigner » à l’enseignement technique et professionnel. Le taux de redoublement en 1ère année secondaire était de 13,1% en 2008. Autres chiffres : 9,9% redoublaient en fin de 2e secondaire et 16% étaient orientés vers le technique ou le professionnel. Soit, au terme du premier degré, un taux d’échec de 25%!1

Conclusion, obtenir son certificat d’études de base n’est en rien un pronostic du parcours scolaire futur. Tout comme obtenir son CESS (certificat d’enseignement secondaire supérieur) n’assure pas de réussir ses études supérieures. Le taux d’échec en 1ère année Bac à l’université est en moyenne de 60%… et il s’élève à 40% en première master. Finalement, il n’y a qu’à l’école maternelle que l’on ne connait pas l’échec. Enfin… presque pas.

  1. Le Vif – 12.11.10 []

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Vos commentaires

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  1. JacquesDB dit :

    J’aime cette réflexion. Peut-être n’y a-t-il pas non plus adéquation entre le première et le secondaire ? Je ne sais pas !
    Mais, il est vrai que, si les fondements ne sont pas bons la suite ne pourra être que catastrophique: je suis prof en 3, 4, 5 et 6 GT et je suis surpris de la difficulté de lecture de bon nombre de mes élèves. Beaucoup ne comprennent rien de ce qu’ils lisent (une des raisons, c’est le manque de connaissance du vocabulaire élémentaire).

  2. tommaret dit :

    Et cette année le taux de redoublement augmentera encore… Dès le mois de novembre certains enseignants préparent leurs élèves à bien « doubler » :o ) à bien recommencer leur première année du secondaire… ça laisse pantois.
    Autre question : après cette « gare de triage » :o ), quels sont les résultats dans les sections techniques et professionnelles ?

  3. LD dit :

    A voir les résultats de mes élèves et leurs capacités de lecture, d’organisation (pouvoir classer dans l’ordre des feuilles numérotées de 1 à 20), calculer jusque 100 et utiliser correctement une latte… Je me dis qu’on leur a DONNE le CEB. Le niveau des questions CEB en éveil et le recueil d’exercices COMPETENCES développé par la CFWB sont le jour et la nuit ! Sans parler du manque de coordination entre les branches dans le programme de l’officiel (on ne peut pas voir le vecteur en math dans les transformations du plan, mais on doit le voir pour le modèle « force » en sciences) … Et ce n’est qu’un exemple. Nos programmes sont VIEUX, OBSOLETES et PAS ADAPTES. Ceci explique peut-être une partie de cela … en lien avec les questions CEB up to date. Il serait grand temps dans le secondaire qu’on réécrive les programmes en fonction de ces fameuses compétences et tâches, et pas faire comme dans les années 2000, quand on a ajouté une page de garde avec le joli titre compétence sur des VIEUX programmes de 1990 … voire pire ! … (voilà, je me suis lâché ;-) ).

  4. JacquesDB dit :

    On pourrait l’écrire pour beaucoup de sujets. Il y a un trop grand gouffre entre les théories qui viennent d’en haut et la réalité que nous vivons sur le terrain.

  5. Bauduin dit :

    La portion de phrase « ceux qui doivent se résigner à l’enseignement technique et professionnel. » me choque. Qu’y a-t-il de dégradant à aller en technique et en professionnel? Notre société a bien besoin de techniciens et de professionnels compétents. Encore des discriminations? Tout le monde ne peut pas accéder à l’enseignement général, c’est évident. Quand va-t-on réaliser que la massification de l’enseignement est une utopie? Pourquoi considère-t-on que la réussite n’existe que si et seulement si on accède à l’enseignement général? à l’université? Une société n’a-t-elle pas besoin de diversité? de professionnels compétents dans toutes les strates?

    • morris dit :

      Le niveau de l’enseignement technique a tellement baissé qu’on en a fait une voie de relégation. Une année, en graduat moteurs thermiques, à Pâques, il n’y avait plus aucun élève issu du technique; ils avaient tous abandonné; seuls restaient des étudiants issus du général… ALORS ?

  6. De la valeur peut-être, du sens, c’est moins certain.
    Si le CEB est une épreuve certificative validant les compétences terminales en fin de 6è, alors il n’y a pas de raison de faire un lien entre les résultats de celui-ci et la réussite en secondaire. Le rôle du CEB se réduit donc à rassurer sur la qualité du travail effectué dans le primaire. Et avec 95% de réussite, on devrait être satisfait.
    Mais quel sens y a-t-il à organiser une épreuve qui n’a ni valeur prédictive, ni (décret inscription oblige) influence sur l’orientation vers le secondaire ? Par ailleurs, quel sens trouver à une épreuve qui certifie en fin de 6è primaire alors que le continuum pédagogique va jusqu’en fin de 2è secondaire et que toute une série de compétences ne doivent être acquises (et certifiées) qu’à ce moment là ?
    En CFWB on critique, de façon incantatoire, le taux excessif de redoublants. Mais on certifie à un mauvais moment, on ne porte pas assez attention à la question de la remédiation et on ne fait aucun effort pour garantir une orientation scolaire de qualité. Le système entretient l’illusion que l’on peut décrocher un diplôme d’ingénieur ou de médecin avec un CEB à 52%, une maîtrise totalement insuffisante du français, etc. En fait, sous prétexte d’égalité des chances, on détourne des élèves qui n’ont pas le profil classique de filières où ils s’épanouiraient sans doute davantage.
    Le fameux pilotage pédagogique n’est guère plus que la soumission aux modes et au discours dominant et une incapacité à créer de la cohérence entre les textes pré-existants. À l’empilement bureaucratique de directives, répond le désarroi des professionnels qui cherchent en vain une boussole.

  7. Jules I dit :

    Comme déjà dit précédemment, ce n’est pas nécessairement la difficulté du CEB qui est en cause, il est peut être d’un « haut » niveau. On oublie de tenir compte d’un autre paramètre : la grille de correction : on peut donner 80% alors que l’objectif n’est pas du tout atteint !!!
    De plus, un intervenant l’avait bien expliqué, nous voyons bien que le milieu socio-économique ou la provenance d’un autre pays expliquent pour une grande part les échecs au 1er degré du secondaire (pour le CEB ?)

    • Damien dit :

      « on peut donner 80% alors que l’objectif n’est pas du tout atteint »

      C’est tout à fait vrai…
      Pour la production écrite de la récente épreuve externe non-certificative en français (qui propose le même genre d’épreuve), un élève a recopié intégralement la lettre (et n’a donc rien compris) et a réussi cette partie… avec plus de 80% !

    • morris dit :

      Justifier les échecs par une provenance étrangère ou par le niveau socio économique est ridicule. Ce qui est en cause c’est la grande doctrine pédagogique moderne. Vous voulez des résultats et bien appliquez les programmes de l’école de Jules FERRY !

  8. marie dit :

    Enseignant au premier degré du secondaire, je trouve déjà que maîtriser la matière à 50%, c’est un peu court. En effet, tôt ou tard, ces élèves deviennent victimes de leur faiblesse. Mais bon, c’est comme cela, il faut bien une barre. On pourrait penser qu’en fin de primaire, il conviendrait de relever le pourcentage qui atteste de la réussite à 60%. Mais alors, le niveau du CEB baissera encore, car nos décideurs s’arrangeront pour que ce certificat d’aptitude soit accessible à un plus grand nombre… Pour eux, ce n’est pas la qualité qui compte, c’est le taux de réussite pour faire croire que leurs décisions sont les bonnes. Démagogie politique oblige !

  9. @lex dit :

    Quelle folie d’envoyer des enfants ayant atteint les socles de compétences à moitié (50%) au secondaire! N’est-ce pas là la responsabilité des autorités qui nous gouvernent (euh.. nous gouvernaient?!) en réalisant des épreuves un peu vers le bas…et ne demandant que 50% pour être en état de réussite??
    MAIS… Côté ambigu de la situation à côté de ça… à ce jour, je ne connais personne qui a réalisé un 100% intégral… Donc même si c’est « simple » il reste une petite marge de difficulté…
    Où est le HIC dans l’histoire? Dans la pondération? Dans le bachotage? Mais… Est-ce du bachotage de réaliser le même genre d’exercices que ceux proposés les autres années?
    Un tas de questions restent ouvertes et peut-être sans réponse… ma seule conclusion, qui n’engage d’ailleurs que moi, c’est qu’on leurre les enfants en leur laissant croire qu’ils sont prêts avec 50% de réussite dans ce type d’épreuves!

  10. pascal dit :

    Un de mes élèves de 1s déchiffre à peine. Au test de Lobrot, il n’obtient que 30%. Il ne sait pas suivre une consigne. Il a pourtant obtenu son CEB.
    Comment ???

  11. marie dit :

    Mais pourquoi s’étonne-t-on du problème de différence d’exigences entre le primaire et le secondaire ? Je ne sais pas comment cela se passe dans vos écoles, mais chez nous la transition entre 3e et 4e générale est dure et pourtant nous échangeons, nous communiquons, nous prévoyons des référentiels communs entre régents et licenciés… C’est toutefois l’hécatombe en fin de 4e.

  12. marie dit :

    Je précise que je suis régente et que je ne me sens pas du tout sous-évaluée par mes collègues licenciés. Mais ils ont d’autres priorités que nous et je ne les trouve pas moins légitimes bien qu’ils soient moins bienveillants que nous, les profs du cycle inférieur.

    • lucy dit :

      Je fais aussi le même constat Marie. J’adhère à vos deux messages.

  13. lucy dit :

    En 1S, j’ai des élèves en grandes difficultés. Notamment en lecture.
    Pour avoir une base de comparaison, je leur ai fait passer le test de lecture du CEB 2007 (ils ont passé le leur en 2009).
    Un élève obtient plus de 80%, trois entre 50 et 60% et les autres sont en échec !!!
    Idem pour l’épreuve de math.
    Je ne peux donc que m’interroger sur la manière dont les CEB sont délivrés et surtout de me demander si les « donner » aide vraiment les enfants ?
    Je ne vois que souffrance chez mes élèves !

  14. Benoit dit :

    A noter aussi que nombre d’efforts faits en primaire pour suivre l’enfant en difficulté ne le sont plus ou mal en secondaire où l’élève est plus souvent livré à lui-même. Notons aussi les écoles qui inscrivent 8 premières années secondaires et qui ont 6 classes ouvertes en deuxième…. Mathématiquement, il FAUT 25% d’échec, la contrainte de place devant être prise en compte. Le jour où on obligera les écoles à prévoir 90% de places possibles dans chaque classe supérieure pour les arrivants probables, vous verrez le taux d’échec diminuer parce que ce seront les emplois qui seront en jeu, les profs seront obligés de suivre l’élève en difficulté. Je sais que certains le font, mais les politiques d’école empêchent parfois les bonnes volontés. Il vaut mieux avoir un max d’élèves de première pour obtenir un maximum de subsides, quitte à limiter la place dans les classes supérieures. Et ça permet l’élitisme. Et ça permet de se targuer de 90 % de réussite des anciens rétho dans le supérieur. Quel pourcentage sur le nombre d’enfants rentrés en première? Oui les résultats du CEB sont excellents. Et si pour une fois on se disait que la part de travail revenant au primaire a été bien faite et on s’interrogeait sur celle du secondaire?

  15. Fichet Cédric dit :

    Déjà, les compétences minimales, c’est pas énorme, mais alors 50% de celles-ci…

    Et pourquoi on ne reviendrait à un système « à l’ancienne » qui finalement, n’a pas fait de nous des gens plus bêtes que nos futurs adultes !

    Personnellement, j’ai des élèves du 1er degré avec CEB, c’est extraordinaire! C’est limite si je ne me fais pas « disputer » car je leur demande de copier 1/2 page de synthèse !

    Ils ont le gout de l’effort nos jeunes… Merci l’école de la réussite…

    (et tant qu’à faire, relevons les exigences du CEB à 70% !!!)

    • Mimi dit :

      Le système à l’ancienne, c’était avant le rénové… De bonnes écoles secondaires générales, mais aussi d’excellentes écoles techniques et professionnelles.
      L’instituteur -encore un peu « notable » à l’école- conseillait les parents, orientait l’enfant… Des enfants même doués, mais qui avaient besoin de concret étaient orientés en technique et cela ne les a pas empêchés de réussir des études supérieures ensuite, voire universitaires… A l’époque, les plus rebelles allaient travailler à 14 ans, puis 16 ans. Maintenant, il faut 18 ans et toutes ces filières techniques et professionnelles se sont malheureusement dépréciées. Et on fait des enfants malheureux qui peinent dans le général parce qu’ils n’y sont pas à leur place…
      C’est complexe ! Mais surtout, il faut se poser des questions sur la formation initiale… Que d’enseignants pauvres en culture générale, limites sur le plan des savoirs…

      • compté christine dit :

        Tout à fait d accord !!! Mon fils est en 6e primaire en immersion anglophone…il va passer son CEB bientôt…c’est pour cela que je m’informe ! Il doit travailler chaque jour pour assimiler la matière…il est courageux, plus que beaucoup d’autres pour qui relire suffit pour retenir !! Je le vois très bien dans des études plus concrètes, scientifiques ou techniques car il s’intéresse énorméments aux « fonctionnements » de machines ou autres et les comprend de lui-même !!! Mais où en sont les écoles techniques et surtout où en trouver de bonnes pour des enfants volontaires ??? Il faut d’abord commencer par l’enseignement général et j’espère que cela ira et ne le démotivera pas car peut-être encore beaucoup trop théorique !! Nous habitons du côté de Seneffe…. Avez-vous de bonnes écoles à proposer ? Merci !

  16. macha dit :

    Le travail des enseignants de primaire et de secondaire est bien fait. C’est le système qui se trompe. Il faut relever le niveau du CEB à 70%.
    Voyez le nombre d’élève qui ne comprennent pas ce qu’ils lisent.
    Une élève de deuxième commune m’a demandé aujourd’hui la signification du mot « désespérant »!
    Tant qu’à faire, conditionner le passage dans l’année supérieure à la maîtrise parfaite des compétences.

  17. lucy dit :

    Benoit, cela est vrai pour certaines écoles. Chez nous 2 premières et 2 deuxièmes, plus 2 classes de 1S remplies à 70% par des élèves venant de l’extérieur !!
    Certains enfants déchiffrent à peine. Un ne sait pas écrire un seul mot sans faute même en copiant. Pourquoi leur avoir donné le CEB ? Ne me dites pas qu’ils pétaient des flammes en 6e. Et où cela les mène-t-il ? Déjà deux années en secondaire et deux années en échec !
    Je précise que le niveau de ma matière est 5e primaire !

  18. sophie delfosse dit :

    L’enseignement fondamental de par son nom doit donner un maximum de chance à l’enfant d’évoluer. Terminé l’élitisme (en principe), avec de la remédiation, plus d’enfants atteignent les compétences minimales et ça fait plus de monde en 1ère secondaire. Les enseignants du primaire savent mieux où ils vont, ça fait 10 ans qu’on les bassine avec les compétences! Rappelons-nous qu’au départ on n’y comprenait rien. Grâce aux évaluations externes et autres, ça s’éclaircit. Les personnes qui veulent retourner en arrière sont complètement à côté de la plaque, le monde change, les connaissances changent et les priorités aussi ! Pourquoi n’apprenons plus à écrire avec une plume… ? :=)
    On doit apprendre à nos enfants à se débrouiller dans un monde sans cesse en mouvement. L’important n’est plus de tout connaître mais de savoir où trouver des réponses ! Il faut utiliser les nouvelles techniques, l’enseignement reste à la traîne.
    Je pense que dans le secondaire général ça change mais en douceur, quant à l’enseignement technique et professionnel, il reste du chemin à parcourir. Les inspecteurs auront bien du fil à retordre pour faire évoluer l’enseignement. Certains n’ont même pas leur C.A.P justifié par une expérience utile…. Alors pour eux les compétences, les situations d’intégration c’est du chinois :=). Avec le temps et de la bonne volonté, on finira bien par accorder nos violons !

    • Fabien dit :

      Vous avez tout à fait raison, à quoi cela peut-il servir de savoir écrire sans faire de faute orthographique, le but n’est-il pas d’écrire sous forme de sms (à consommer du Mobistar et du Proximus)? Il faut évoluer avec son temps, avoir une tête bien faite (et bien vide à la fois), se faire recaler lors d’un entretien d’embauche parce que son CV est truffé d’erreurs. Nous devons tous évoluer, supprimer des contenus de matière (c’est super ). Puis, quand les étudiants quitteront le secondaire pour aller dans l’enseignement supérieur, ces derniers se feront éclater parce qu’ils n’auront pas eu l’habitude de travailler, d’étudier (du par coeur), de se remettre en question. Mais bon, l’objectif est que tous ces chers élèves se soient bien amusés en secondaire avant de se faire massacrer dans le supérieur. Nous sommes dans le zapping, vous pourriez être ceinture noire de pédagogie appliquée en milieu gazeux, les élèves vous zappent 15 min après que le cours a commencé. A quoi, cela servirait-il d’avoir un tant soit peu de culture générale, si de toute façon le Coca-cola continuera à couler et que l’on nous donnera nos émissions quotidiennes (de divertissements) à la con. Au fait, j’ai fait mon CAP. Ce que l’on y apprend est un tissu de conneries. Aucun de ces profs n’a donné cours un jour dans le secondaire !! Et encore moins, ne donne le cours que je donne. C’est beau de parler du CAP que certains profs n’ont pas, mais il serait tout de même plus préoccupant d’évoquer le cursus donné par les nouilles qui donnent le cours au CAP ! Cette formation tient plus du café du commerce et de la perte de temps que d’un épanouissement personnel.
      Ils ont de belles théories mais aucun d’entre eux ne sait ce qu’est un élève, car pour eux un élève c’est un adulte bien poli, et docile qui a eu un diplôme de l’enseignement supérieur et qui se tait (SURTOUT).
      Pour eux, si un élève arrive bitu en classe, c’est normal, car il passe de l’enfance à l’âge adulte. Pour eux ce rituel est tout à fait normal, et qu’il ne faut surtout pas aller l’encontre de ce comportement car nous pourrions nuire à l’épanouissement personnel de l’apprenant !!

  19. Marc DB dit :

    Je m’étonne que personne n’ait relevé le Paradoxe du CEB qui n’évalue pas ce qu’il est censé évaluer : les compétences. Il n’évalue que des procédures, quelques savoir-faire dans des pseudo situations problèmes d’habillage.

    • pascale dit :

      Bravo bravo et encore bravo pour votre commentaire. Je suis maman de 3 gosses et je pense et réagis tel quel. Mais vous oubliez les gosses qui doivent s’élever seuls… Bien à vous

  20. Fabien dit :

    Il n’y a pas de réussite sans effort. Un élève doit apprendre à travailler, un parent doit être là pour surveiller si son gamin a bien travaillé. Pourquoi donner une PSP, un PS3, une XBOX à un gosse qui ne travaille pas ? C’est à nous PROFS que revient la tâche d’instruire VOS gosses, mais c’est à vous PARENTS que revient la tâche d’éduquer VOS enfants ! A vous de faire réciter, de faire travailler VOS gosses à la maison. A vous de faire comprendre combien il est important de bien travailler à l’école ! A vous de surveiller les « bonnes » fréquentations de VOS gosses. A vous de fixer un cadre de travail. A vous de dire à VOS gosses : « NON tu ne vas pas discuter sur internet pendant des heures » et de fixer des limites dans les « récréations » de vos gosses. Vous devez être présents quand VOS gosses reviennent de l’école, et que la première chose qu’ils font c’est allumer la TV ou surfer sur internet. Arrêtez de pourrir VOS enfants en leur donnant des cadeaux quand ils ramènent un bulletin catastrophique. Arrêtez de céder à tous leurs caprices, et agissez en tant que PARENTS, en tant que TUTEURS car VOS gosses sont les Adultes de demain ! N’oubliez pas que VOUS avez vécu plus jeune dans un monde qui comportait des règles de base, et que ces règles maintenant VOS enfants les ne les respectent plus.

  21. lucy dit :

    Fabien, je suis d’accord avec vous.
    Les grands absents de toutes les enquêtes PISA, évaluations externes, CEB et autres sont les parents.
    Quel que soit le milieu, un enfant dont les parents s’intéressent au travail scolaire et mettent des balises claires à son éducation a trois fois plus de chances de réussir qu’un autre. Mais ce n’est pas bon à dire. On se fait taper sur les doigts par les AP et autres Droits de l’enfant.
    Il serait pourtant grand temps d’y regarder de près.

  22. Myriam dit :

    Mon fils de 12 ans a brillamment réussi son CEB en juin 2010. Et pourtant, je pressentais depuis longtemps qu’il avait des lacunes en lecture et en écriture malgré déjà deux années de prise en charge logopédique. Retour chez une autre logopède qui décèle plus de deux ans de retard en langage écrit alors que ses résultats scolaires sont bons. La remarque de la logopède : « Je reçois de plus en plus de jeunes (même de 18 à 20 ans) qui présentent de grosses lacunes en écriture et en lecture, c’est le système éducatif actuel qui en est l’origine. » Un bel avenir pour les logopèdes….

  23. C’est du n’importe quoi, le CEB l’année passée j’ai réussi avec 86.9 sans étudier une seconde et la prof nous donnait la moitié des réponses. Elle a mis les deux derniers de classe à côté des deux premiers pour qu’ils puissent tricher.

  24. Mau! dit :

    Il ne faut pas tout reporter sur le dernier cycle du primaire. La lecture courante et la compréhension à la lecture sont abandonnées bien avant ce cycle. Qui aujourd’hui fait encore lire un texte à haute voix avec expression ?
    L’autre fléau : l’école de la réussite : plus, pas ou peu de redoublement car on a plusieurs années pour apprendre à lire… Mais si l’élève ne comprend pas ce qu’il lit en 1ère primaire il ne comprendra pas non plus en 6e… Donc, pas d’orthographe, difficulté de rédiger et la tâche s’étend sur les situations problèmes… Ne parlons plus de l’éveil car le CEB oublie toute la partie mémoire que ces branches sont censées apporter. Pourquoi ? Pour ne pas faire de ségrégation… mais connaître la géographie, l’histoire du pays dans lequel on immigre c’est faire preuve d’intégration !!!

  25. marie dit :

    Profil d’une classe de 1e dans une école ni plus ni moins difficile qu’une autre:
    4 élèves hyperactifs en difficultés,
    6 élèves en 1S (qui redoublent),
    4 élèves dont le français n’est pas la langue maternelle,
    6 ayant obtenu le CEB avec 50% partout, donc bulletin rouge dans presque tous les cours (dites-moi comment remédier à toutes les difficultés en même temps ?),
    4 bons ou très bons.
    Un seul prof par branche pour remédier à tout ce « melting pot ». Croyez-moi, il n’y a que les psychopédagogues et les politiques pour oser dire que c’est possible…