La ville de Forest verra-t-elle bientôt une nouvelle école s’implanter sur son territoire? Et pas n’importe quelle école : un établissement prônant la pédagogie active. Ce projet est porté depuis longtemps par un groupe de professeurs et de parents qui ont fondé en 2009 l’association « Les Amis de la pédagogie active ». Après le feu vert des ministres Simonet et Nollet (en charge des bâtiments scolaires), il ne manque plus qu’un signe de vie de la Société publique d’administration des bâtiments scolaires bruxellois (Spabs), propriétaire des locaux convoités. Laurence Jaumol, membre de l’asbl :
Il existe quelques écoles primaires qui enseignent grâce à la pédagogie active. Par contre, en secondaire, les enfants ne peuvent se rendre qu’à Decroly. Avec le boom démographique, nous avons eu envie de tout mettre en œuvre pour ouvrir une nouvelle école secondaire laïque et accessible à tous.
L’asbl décide donc de contacter la FELSI, la fédération des établissements libres subventionnés indépendants. C’est cette dernière qui gère Decroly à Uccle et l’école En couleur à Forest. Avec l’aide de la fédération, l’équipe réussit à rencontrer les différents cabinets ministériels.
En février 2010, l’association visite le site de l’internat de Forest, à deux pas de la célèbre salle de concert. Quelques locaux qui y restent inoccupés pourraient parfaitement convenir, pour peu que quelques travaux soient réalisés avant la prochaine rentrée scolaire. Coût estimé : 60.000 euros.
Une véritable course contre la montre
Mais voilà, ces locaux appartiennent à la Spabs, qui fait la sourde oreille aux nombreuses demandes de l’asbl. Ils ne savent donc pas si cette dernière est disposée à leur louer une partie du bâtiment et à quel prix.
Ils se sont réunis juste avant les vacances de Noël et depuis nous n’avons plus de réponse. Si dans trois semaines ils ne se sont toujours pas manifestés, cela compromettra fortement notre projet.
Et il est exact que le temps presse. Pour ouvrir en septembre prochain, il faut entamer les inscriptions le 14 mars. Avant cela, l’équipe pédagogique doit être constituée et l’école doit avoir l’accord de la Communauté française pour recevoir les 700 euros par élève de subsides.
850 familles intéressées
Une certitude, si l’école arrive à voir le jour, elle ne restera pas vide. Pour le moment, plus de 850 familles se sont montrées intéressées par le projet. Mais pas question de se disperser. Souhaitant assurer à leurs élèves un enseignement de qualité, les professeurs n’ouvriront, dans un premier temps, que quatre classes de première secondaire, soit 88 élèves. L’école pourrait ensuite évoluer, chaque année, jusqu’à atteindre le nombre de 450 élèves. Cet afflux de nouveaux élèves serait également une bonne nouvelle pour l’internat qui continuerait ses activités.
L’équipe garde en tout cas espoir. Un appel est lancé pour que la Spabs se manifeste au plus vite.
Nous sommes très enthousiastes pour ce projet. Nous voulons une école laïque et ouverte à tous. Montrer que la pédagogie active n’est pas que pour les nantis. Il ne nous manque plus qu’un bail emphytéotique.1
- Le Soir [↩]
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Une information sur la pédagogie active ?
Elle devrait être intéressante avec mes élèves hyper passifs !
Moi j’aimerais surtout qu’on me définisse ou me montre une pédagogie inactive …
Des mots et des maux !
Renseignez-vous sur les articles (scientifiques et de vulgarisation sur le sujet)…vous comprendrez mieux.
Vive les bobos… Très peu pour mes enfants et pourtant je vis à côté…
Où sont inscrits vos enfants?
A l’école communale du haut de Forest plutôt que du bas de Forest?
Je ne comprends pas bien cet article. Cette semaine, la presse (dont Le Soir) a annoncé que le projet ne serait pas réalisé à l’internat de Forest. La préfète a souligné que le bâtiment était encore occupé. L’administration de la CFWB (la Spabs) a, elle aussi, signalé cette semaine – par la voix de Pierre Lardot, son président – que la réponse était négative. Alors ?
Allez sur place pour vous rendre compte….
Le principe était simplement de proposer un continuum pédagogique à de nombreuses écoles primaires de la zone qui ne disposent d’aucun débouché dans l’enseignement secondaire. Ce projet s’articulait autour de quatre axes:
- Un enseignement laïc
- Une politique volontairement tourné vers la mixité sociale
- Une pédagogie basée sur les grands principes des méthodes actives (ou « pédagogie ouverte »)
- Une école mettant l’accent sur l’emploi des langues
Je ne comprends pas trop l’hostilité de certains à l’égard du projet dont ils méconnaissent manifestement les tenants et les aboutissants. Nous sommes bien loin du rêve utopique de quelques bobos que certains décrivent…
Je trouve que c’est un beau projet et surtout un beau défi. Si ce projet abouti, cela ouvrira d’autres horizons quant au travail inter-réseaux. La pédagogie active n’est pas une pédagogie de bobos. L’école dans laquelle j’enseigne aujourd’hui est une école à pédagogie active et j’aime autant vous dire qu’il n’y a pas une majorité de bobos. Célestin Freinet n’enseignait pas à des bobos que je sache. C’est une pédagogie qu’on peut appliquer dans sa classe même si ce n’est pas la philosophie de l’école. C’est un choix, une façon d’aborder l’enseignement. J’ai travaillé dans une école plus traditionnelle aussi. C’est pour cela que je peux en parler. J’ai fait mon choix et chacun est libre de faire le sien dans cette matière (pour l’instant). Quoi qu’il en soit, soyons contents qu’un projet pareil existe. Une grande mobilisation, l’implication et l’intérêt des parents quant à l’avenir scolaire de leurs enfants, une envie de tous ces gens de créer ensemble quelque chose de nouveau. Bravo à vous et surtout, n’oubliez jamais qu’il n’y a que ceux qui ne font rien qu’on ne peut pas critiquer.
@ Christophe… mon fils est en primaire dans le communal forestois. Mes filles aînées : une dans le communal à Ixelles et l’autre dans le libre spécialisé non mixte à Waterloo…
Tout projet est bon à prendre mais pourquoi appeler cela « pédagogie active »…on fait quoi dans nos classes??? Du lard? Des moules???
Je ne sais pas ce que vous appelez « nos classes » mais ça dépend tout simplement de l’enseignant de chacun de vos enfants. Ils font peut-être de la pédagogie active! Ou peut-être pas. De toute façon, si vous êtes satisfait de la pédagogie qui y est pratiquée, si vos enfants sont épanouis, heureux d’apprendre, c’est ce qui compte. Personne ne critique ici les pédagogies plus « traditionnelles », l’idée est juste de répondre aux demandes que certains ont formulées. Il y a des parents qui ont fait ce choix pédagogique pour leur enfant et qui souhaitent que leur enfant puisse avancer dans cette même ligne car ils y croient. C’est tout.
Il existe deux écoles communales à pédagogie active à Forest. Voila pourquoi la commune s’est associée au projet…
Le terme pédagogie active est une appellation permettant de ne pas se réclamer d’un pédagogue en particulier.
Ces formes de pédagogies ont pour but de rendre l’élève responsable de ses apprentissages en remplaçant le modèle d’enseignement transmissif traditionnel par un modèle où l’élève apprend seul ou en groupe, au travers d’une tâche qui s’insère dans un contrat.
Dans ce type de pédagogie, le professeur n’enseigne plus au sens stricte du terme mais il encadre et structure les apprentissages de ses élèves. Ainsi, l’élève qui se comporte trop souvent comme un récepteur passif dans l’enseignement traditionnel (où j’enseigne) est rendu actif (d’où le nom) car il doit effectuer la tâche afin de découvrir le concept.
Ce système, même s’il a aussi ses dérives, a au moins le mérite de redonner du sens aux apprentissages. Ce qui, dans l’enseignement secondaire, est à la base de nombreux décrochages.
J’exerce dans l’enseignement secondaire. J’ai le sentiment que vous parlez de l’enseignement par compétences puisque là aussi l’élève est acteur de son apprentissage. Je me trompe ? Sinon, nous sommes tous supposés faire de l’enseignement actif…
Je m’étonne que cette info déclenche tant de réactions négatives. Pourquoi une commune ne pourrait-elle pas développer son offre d’enseignement en différenciant les approches pédagogiques de ses écoles? C’est un plus dans le choix des parents, non ? Même si ce n’est pas le vôtre ! Personnellement, je n’aime pas beaucoup le terme « pédagogie active » même si je suis militant auprès d’un organisme dénommé CEMEA (centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active) car le terme, dans l’enseignement, est de plus en plus galvaudé. Tout un chacun se dit faire de la pédagogie active, comme tout le monde fait de la citoyenneté ou du « développement de l’autonomie de l’enfant »… Est-ce vraiment le cas dans toutes les classes ? J’en doute.
@Marie.. Merci…c’est tout à fait çà… Logiquement tous les profs respectant le décret-mission devraient enseigner via les compétences… Logiquement, nous devrions tous faire de la pédagogie active. Moi, ce que je n’apprécie pas avec ce terme, c’est l’idée présentée du « Nous, on fait du bon boulot…les autres c’est du bourrage de crâne. Les vieilles méthodes c’est du caca. » Il y a des vieilles méthodes qui ont plus que du bon.
En effet, sur papier, nous faisons tous de la pédagogie active. Mais dans les faits (je parle pour le secondaire) nous n’avons pas toujours les conditions matérielles ou humaines qui permettent de réellement pratiquer effectivement les compétences (programmes pas toujours adaptés, grilles horaires, organisation des locaux, moments de concertations avec les collègues, modes d’évaluation…).
Je pense, mais cela n’engage que moi, que ce type de pédagogie, pour être appliquée efficacement, implique, au delà des considérations pédagogiques, une réorganisation complète d’un l’établissement. Je comprends que l’on ne partage pas cette opinion, le débat n’est pas neuf, les « pédagogies nouvelles » sont centenaires…
Notre but n’est pas de dire que les autres font du caca, je travaille dans le système « traditionnel » avec des gens qui font un boulot formidable dans des conditions souvent difficiles. Il s’agit de proposer une alternative basée sur la conviction qu’en faisant autrement, nous pourrions améliorer la qualité et l’équité de l’enseignement secondaire. Je n’en ai aucune preuve, car il n’existe qu’une seule école secondaire de ce type en région bruxelloise, mais si l’on tue dans l’œuf ce genre de projet, sous prétexte qu’il s’agit d’une école de bobos, on le le saura jamais…
Je ne suis pas certain qu’une compétence ne peut pas s’acquérir pour une partie des enfants en proposant des cours magistraux, quelques évaluations formatives et beaucoup de certificatives comme dans l’école de nos grands-mères. Je ne dirais donc pas que forcément, une pédagogie par compétences sous-entend une pédagogie active. Faut-il forcément mettre les enfants en action pour développer un comportement spécifique, une compétence particulière ? J’ai l’impression que certains conditionnements à la Pavlof en sont tout à fait capable… même si pour moi, ce n’est pas le fonctionnement le plus efficace, ni le plus libérateur.
En ce qui concerne Tanaël, je rejoins totalement ton discours. Instituteur dans une école Freinet, ma compagne enseigne dans le secondaire. Elle a souvent envie de pouvoir pratiquer autrement et m’envie bien souvent de la liberté que j’ai dans ma classe mais ce qui l’empêche de modifier son fonctionnement, c’est bien plus souvent les collègues, les freins internes à l’institution que les décrets ou les moyens. Je pense qu’il faut pouvoir former des équipes porteuses de tels projets en regroupant des enseignants prêts à transformer l’école, rassembler des énergies de changement pour ne pas qu’elles s’épuisent dans le conservatisme ambiant trop souvent vécu dans nos écoles.