La task force enseignement travaillera aussi sur le décrochage scolaire

On le sait, la démographie bruxelloise va connaitre dans les années à venir un « boom » sans pareil. Près de 150.000 personnes viendront grossir les rangs d’ici 2020. Cet essor démographique concernera en particulier les jeunes en âge d’être scolarisés. Il est donc important de travailler dès maintenant pour créer et adapter les infrastructures destinées à accueillir les élèves dans les prochaines années. On évalue le besoin, d’ici 2015, à plus de 22 000 places nouvelles, dont 18 000 rien que pour l’enseignement fondamental.

Pour financer ces investissements, 79,17 millions d’euros ont été débloqués. Et sur les 263,5 millions d’euros destinés spécifiquement à la rénovation sur le territoire de la Communauté française, 26,8 % vont ainsi être réservés à Bruxelles (soit 70,62 millions d’euros). Mais comment va-t-on distribuer cette manne financière? En créant une « task force », un groupe de travail (qui rassemble la Région bruxelloise, les Communautés française et flamande et les Commissions communautaires de Bruxelles) ayant pour première mission de définir précisément les zones où doivent se faire les premiers investissements. Présidée par la Région de Bruxelles-Capitale, elle doit se réunir au moins tous les trois mois.

Un jeune sur cinq quitte l’école sans diplôme du secondaire

Mais la « task force » ne se limitera pas à plancher sur les projets de nouvelles constructions scolaires. Elle coordonnera désormais également les moyens de lutter contre le décrochage scolaire. Il faut noter qu’à Bruxelles, un cinquième des jeunes quittent l’enseignement sans diplôme de l’enseignement secondaire supérieur. En raison de l’arrivée massive de nouveaux immigrants, le retard scolaire y est plus important. Le Ministre-Président de la région, Charles Picqué, veut tout de même nuancer. Selon lui, le sort de Bruxelles n’est pas différent de celui des grandes métropoles qui concentrent des populations à la fois plus riches et plus qualifiées que la moyenne mais également des classes populaires plus paupérisées au niveau scolaire.

Le décrochage scolaire, s’il n’épargne aucune commune de la capitale, est tout de même plus concentré dans les quartiers les moins chers de Bruxelles, là où vivent les ménages les plus pauvres et au capital culturel le plus faible.

Le budget du D.A.S a augmenté de 843% en dix ans

La Région bruxelloise lutte contre ce phénomène grâce à de nombreux projets qui ont touché, en 2010, plus de 18 000 élèves. Citons les actions de prévention dans l’enseignement primaire, de remédiation et de lutte contre la violence dans le secondaire, etc. Le « Dispositif d’Accrochage Scolaire » a connu une augmentation budgétaire de 843% en 10 ans, pour atteindre près d’1,5 million d’euros, pour 2010-2011.1

La Commission communautaire française de Bruxelles va continuer le travail, en soutenant des écoles de devoir, en misant sur le développement culturel et la cohésion sociale. Autre axe de travail : la politique de prévention, et en particulier les 19 plans locaux de prévention et de proximité financés par la Région, le décrochage scolaire constituant un facteur de risque favorisant l’entrée dans la délinquance. Le subside régional affecté à cet axe de la politique de prévention s’élève à 2,8 millions d’euros en quatre ans.2

  1. La Libre – 17.01.11 []
  2. Belga – 17.01.11 []

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