Les élèves ont désormais leur « syndicat »

Toutes les associations le savent… Pour exister, il n’y a pas trente-six solutions. Soit on compte en ses rangs suffisamment de membres, ce qui permet de peser dans le monde politique, économique ou associatif, soit on essaye d’être reconnu par une « autorité ». C’est l’option choisie par le CEF, le Comité des élèves francophones, qui vient de recevoir le label « organisation de jeunesse » par la Communauté française. C’est donc officiel, les élèves du secondaire ont à présent leur syndicat. Une bonne chose, car avec Malte et la Slovaquie, la Communauté française était l’une des dernières régions d’Europe où les jeunes du secondaire n’étaient pas représentés.

Pour la petite histoire, le CEF est né à Liège il y a déjà six ans. A l’origine, c’est un problème de chauffage qui avait réuni les élèves de trois écoles. Mais très vite, la lutte s’est étendue à la problématique globale des bâtiments scolaires et au refinancement de l’enseignement.

Une association qui s’impose doucement

En 2010, le comité gagne encore en visibilité lorsqu’il manifeste contre le Tess, cet examen (parfois appelé aussi « bac à la belge ») qui solde la dernière année du secondaire. En vain, puisque le test, expérimenté l’an dernier, sera généralisé cette année aux établissements du réseau de la Communauté.

Ce « syndicat » est aujourd’hui bien implanté dans une vingtaine d’écoles, à Liège, Bruxelles… mais aussi dans le Brabant wallon et le Luxembourg. Cet ancrage a bien entendu joué dans sa reconnaissance puisque, pour être agréé, il a dû démontrer compter plus de 600 membres, être actif dans au moins trois provinces et prouver un « rayonnement à l’échelle de la Communauté. » Une simple formalité.

Le label « organisation de jeunesse » offre à son détenteur la possibilité de percevoir annuellement la somme de 30 000 euros pour les frais de fonctionnement ainsi que le financement par la Communauté d’un détaché permanent.

Réussir à se faire entendre

Notons toutefois que le CEF ne pourra pas être impliqué dans les négociations officielles, ni être consulté avant l’adoption des décrets, par exemple, comme le sont les syndicats d’enseignants ou les fédérations étudiantes. Une organisation de jeunesse n’est pas une organisation représentative… et n’a donc pas les mêmes droits.

Les élèves savent donc qu’ils peuvent maintenant se faire entendre… mais sans que le politique ne soit obligé de les écouter. Le combat devra continuer, pour avoir, peut-être un jour, voix au chapitre.1

  1. Le Soir – 20.01.11 []

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  1. Jacques dit :

    N’importe quoi. Mais politiquement parlant très rentable.
    Messieurs Mesdames Les Ministres (pourquoi faut-il mettre des majuscules à ces titres ronflants) expliquez-moi pourquoi dans les année 1976, il n’était pas rare qu’un étudiant de technique suive un cycle universitaire sans problème et qu’au jour d’aujourd’hui, il fait partie des curiosités historiques ?

  2. Je ne comprends pas bien le sens de votre intervention. Qu’est ce que le fait que les élèves du secondaire qui souhaitent être représentés au sein de leur école (comme le sont déjà les étudiants du supérieur) a à voir avec le niveau de qualification ?

    C’est dans l’esprit du décret mission: former les élèves à devenir des acteurs participatifs et actifs, non? C’est plutôt une bonne nouvelle. Espérons qu’ils pourront activement représenter les élèves, j’espère qu’ils obtiendront une voix consultative aux conseils de classe et surtout qu’ils pourront pallier à l’absence de numéro vert dans les écoles pour les élèves.
    N’oublions pas que c’est parce que nous sommes syndiqués que l’école respecte le règlement du travail. En cas de problème, notre réflexe est de le contacter. Pourquoi être réticent à ce que ce modèle démocratique puisse exister aussi pour les élèves?

    Quant aux ministres… l’ONU leur a forcé la main, non? La Belgique a été pointée du doigt en ce qui concerne le respect de l’article 12 de la CIDE qui donne le droit aux jeunes d’exprimer librement leur opinion dans toute procédure qui les concerne.

    Au contraire, c’est bien joué. En les reconnaissant, ils leur ont peut-être coupé l’herbe sous le pied, puisque les voilà devenu une organisation de jeunesse. L’avenir nous dira si c’est juste pour faire joli ou pas.

    Et si on commençait simplement par leur faire confiance? Comment va-t-on accueillir le mouvement dans nos écoles en Hainaut?

  3. Je relève ceci : « (…) avec Malte et la Slovaquie, la Communauté française était l’une des dernières régions d’Europe où les jeunes du secondaire n’étaient pas représentés ».
    Bravo ! Bravo et encore Bravo !
    On veut en faire des citoyens modernes et on ne leur en donnait pas les moyens !
    Pour mémoire, « Un syndicat est une association qui regroupe des personnes physiques ou morales pour la défense ou la gestion d’intérêts communs ». Dans le cadre scolaire, on ne peut qu’applaudir puisque c’est très adulte et citoyen. Ca me rappelle les années ’70. Depuis, on avait fait quelques retours en arrière. La chose est enfin (presque) réparée.
    Il reste à ce Comité des élèves francophones (CEF) à se faire connaitre dans toutes les écoles de tous les réseaux, et à expliquer ce qu’il peut faire et comment. Un syndicat est une association qui regroupe des personnes physiques ou morales pour la défense ou la gestion d’intérêts communs. Et on entend si souvent que les jeunes de la génération actuelle sont si égoïstes, si individualistes, si peu solidaires ! Le CEF devrait changer quelque peu la donne. Bon courage et bienvenue dans ce monde de brutes. Il se trouvera toujours des profs qui pourront donner un conseil ou deux, voire plus…