Recrutement à Bruxelles : vers des profs « low cost »?

Cette semaine, le monde enseignant a découvert la campagne de promotion du métier de professeur initiée par la ville de Bruxelles. Cette dernière recherche des enseignants pour les cours de sciences et de langues. Elle a donc édité une brochure vantant les charmes de notre profession : emploi stable, salaire attractif, formations gratuites de pointe… Ajoutons encore d’autres projets plutôt alléchants : voyages, théâtre, spectacles, remboursement des abonnements pour l’utilisation des transports en commun, nombreuses exonérations dans tous les hôpitaux du réseau Iris, réductions de prix dans les centres culturels, etc. N’en jetez plus !

Si de nombreux enseignants – ceux qui alternent remplacements de courte durée et chômage – ont certainement dû rire à la lecture de ces lignes, d’autres – et parfois les mêmes – se sont étranglés en apprenant que le pouvoir organisateur bruxellois ne voyait pas le diplôme comme un élément indispensable à l’exercice du métier. Le tract annonce en effet que « même si tu n’es pas encore en possession du titre requis, contacte nos services des ressources humaines ». Un peu plus loin, on lit : « Un titre pédagogique n’est pas indispensable pour l’entrée en fonction ».

Quel message à la société?

Ce document – qui tutoie le lecteur – pourrait être distribué à n’importe quel badaud à la sortie d’un supermarché. Et l’image qu’il donne du métier d’enseignant est désastreuse : grassement payés, profitant de nombreux voyages, ne travaillant que quelques heures par semaine… Quand il est souligné qu’un titre pédagogique est superflu, nous touchons le fond !

Nous savons que notre métier connaît une grave pénurie. Mais décrédibiliser ainsi toute une profession n’attirera certainement pas les jeunes diplômés dans nos écoles. Que penseront ceux qui terminent actuellement leur régendat ou leur agrégation ? Que pensent ceux et celles qui, malgré qu’ils détiennent le titre requis, ne trouvent pas d’emploi stable ?

Prof : un métier si facile?

Enseignons.be dénonce cette publicité mensongère. Si des centaines de jeunes profs quittent le métier chaque année, c’est que les « avantages » vantés par la ville de Bruxelles ne suffisent manifestement pas. Travaillons sur la formation initiale, accélérons les nominations, offrons un vrai soutien aux enseignants qui oeuvrent dans les établissements difficiles. Mais cela exige un véritable travail… alors que recruter des profs « low cost » semble plus facile. Du moins à court terme. Car encore une fois, ce sont les élèves qui en paieront le prix. Et le métier n’en sortira pas grandi.

Enseignons.be en appelle à une réaction publique de notre ministre. Vite !1

  1. Communiqué de presse du 30 janvier 2011 – Carte blanche []

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Vos commentaires

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  1. Echocynique dit :

    Si les titres avaient une valeur, je comprendrais.
    Mais beaucoup de profs qui ont les titres n’ont pas les capacités.
    Soyons honnêtes, « si tu n’es pas encore en possession du titre requis » veut bien dire que le candidat est en train de les obtenir.

    De plus, si on engage quelqu’un qui n’a pas ces fameux titres et qu’il enseigne bien, pourquoi ne pas l’engager définitivement?

    • Videdesens dit :

      Avec ce genre de commentaire Echocynique voudrait, par exemple, nous faire croire qu’une personne se destinant à la médecine générale ne devrait pas non plus faire valoir un titre, un diplôme pour faire son métier. Consternant.

    • Jipy dit :

      C’est énorme… Si des gens sont des bons  »profs » alors pourquoi avoir un titre…
      Alors pourquoi suivre des études? Je pense que demain je vais ouvrir une pharmacie… C’est quand même que donner des médicaments à des CLIENTS…
      Et je ne suis pas prof, je considère même qu’ils sont trop payés, par contre je ne veux pas être à leur place quand ils sont dans certaines écoles

      • laurent l dit :

        Hello Jipy, je ne sais pas ce que tu appelles un salaire trop élevé, mais juste pour voir viens prendre notre place si tu en as les C… même pour une seule journée!

      • laurent l dit :

        Je ne sais pas ce que Jipy appelle un salaire trop élevé, mais plutôt que d’ouvrir une pharmacie pour vendre des médicaments, qu’il vienne un seul jour devant une classe pour expliquer les techniques de vente devant une classe (vendre c’est vendre!) et peut-être qu’après il pourra envisager le métier de prof sauf s’il a le diplôme!!!
        lol

  2. Catherine Tilquin dit :

    Jipy dit : « Et je ne suis pas prof, je considère même qu’ils sont trop payés, par contre je ne veux pas être à leur place quand ils sont dans certaines écoles. »

    Cela vaut bien le si beau salaire (attendez je le cherche!) non?
    Et … « certaines » écoles ??? Au fait, vous avez déjà été voir dans les autres?

  3. Je suis assez consterné des réactions négatives à propos de cette initiative. Je ne pense pas que les enseignants deviennent plus crédibles en se présentant au public comme les damnés de la terre. Plus de détails sur mon blog.

  4. Echocynique dit :

    Videdesens
    Faut pas mélanger.
    On engage des profs qui ont les connaissances, mais n’ont pas l’agrégation.

    Je ne sais d’ailleurs pas si le médecin suit des cours pour apprendre comment dire bonjour aux patients et comment remplir les ordonnances.

    L’agrégation, c’était 30 heures de cours et 4 heures de stages il y a 20 ans.

    Si le papier était suffisant, il y aurait plus de bons profs.

    Ce que je veux dire, c’est que si quelqu’un a les connaissances, il peut apprendre sur le tas. Je n’ai pas dit que tout le monde pouvait devenir un bon prof.
    Je dis simplement que quelqu’un qui enseigne bien devrait pouvoir le faire. Et que ce ne sont pas des cours qui apprennent des grandes théories mais pas ce qu’est vraiment une classe qui vont y changer quelque chose

  5. Uilenspiegel dit :

    C’était à prévoir… Je me rappelle, il y a des années (+/- 2002) une école à Saint-Gilles voulait recruter des enseignants qui, selon l’annonce, ne devaient pas nécessairement avoir les diplômes requis, mais surtout devaient avoir les « reins solides ». Comme j’étais intrigué et que c’était dans mon quartier, je suis allé voir à la sortie à 16h. J’ai tout de suite compris, et me suis rappelé les horreurs que j’entendais de collègues dans certaines écoles de Laeken… C’est surtout à Bruxelles que la Belgique récolte ce qu’elle a semé en guise de politique d’immigration incontrôlée, de permissivité, de laxisme, etc… Alors évidemment, aucun enseignant qui se respecte, et tient à la vie, ne voudra officier dans ces établissements. Et ce n’est pas du racisme, c’est du « self preservation » légitime. La presse gauchisante a beau éviter d’en parler, les horreurs circulent et s’aggravent d’année en année, alors malgré les salamalecs d’une Milquet ou d’une Onkelinckx, quand il s’agit d’embaucher, il n’y a pas un chat… Il y a les mêmes problèmes d’embauche à la police, et c’est pour les mêmes raisons. Voilà déjà un avant-goût (amer) de la belle multicul.., pardon, interculturalité que nos politicrétins responsables de l’avenir de notre société prêchent aveuglément.

  6. Jean-Jacques dit :

    En quoi l’obtention d’un titre « pédagogique » est-il indispensable à l’exercice du métier d’enseignant? Il faut bien certaines aptitudes à l’enseignement mais la voie ne doit pas être unique.
    C’est à cela que fait référence la clause qui semble tant choquer les conservateurs: « Un titre pédagogique n’est pas indispensable pour l’entrée en fonction ».

    De plus, la pédagogie semble de plus souvent primer au détriment de la matière, et c’est bien pour cela que notre société souffre tant! Le débat sur l’éducation en France montre toute l’absurdité des méthodes « modernes » d’enseignement.

    @Videdesens: C’est justement comparer avec l’incomparable qui rend votre commentaire ridicule! C’est cela qui est consternant.

    @Echocynique: Vous avez raison: une corporation (c’est bien de cela qu’il s’agit) souhaite protéger sa fonction avec des titres qui peuvent être utiles mais qui ne sont en rien une garantie de bonne pratique du métier d’enseignant.

  7. Patricia dit :

    Jeune retraitée de l’enseignement, je suis sidérée par cette lecture. Le métier de prof n’est pas facile même si cela reste, pour moi, le plus beau métier du monde! Quant au salaire attractif??? Et les avantages??? Si la situation était si idyllique, pourquoi devrait-on recruter? Il est temps de faire quelque chose pour un enseignement de qualité! Et les problèmes ne viennent pas des profs!

  8. Manocean dit :

    Ipy dit : « Et je ne suis pas prof, je considère même qu’ils sont trop payés, par contre je ne veux pas être à leur place quand ils sont dans certaines écoles. »

    Venez à notre place. On verra si vous serez trop payé. En ce qui concerne « certaines écoles » à caractère difficile si je comprends bien votre message, elles ne sont pas en nombre minoritaire. Pour ma part, j’enseigne en primaire; enseignement normal, et je me fais taper dessus par certains élèves simplement pour leur avoir demandé de travailler un peu, insultée également… alors désolée…

  9. So what ? dit :

    Je suis étonné du ton agressif de ce communiqué. Une campagne jeune, soit ! En quoi est-ce scandaleux de tutoyer de jeunes candidats à l’enseignement, je ne comprends pas. Quel conservatisme ! Souligner les avantages de la profession en pénurie, en quoi est-ce déplacé si cela permet de combler un vide ? Voyage est à entendre par voyage pédagogique, voyons. Sur l’engagement avant le titre, cela ne dit pas que le titre n’est pas requis, 1. une personne le possédant sera automatiquement préférée ; 2. il est écrit de prendre contact avec les services de recrutement, ceux-ci feront le filtre ; 3. le titre n’est pas requis dans un premier temps, mais on précise qu’il est à obtenir par après, why not ? Par exemple, j’enseigne actuellement et n’ai pas l’agrégation. J’ai envie de plus de sécurité d’emploi, dès lors, je vais m’inscrire en agreg’. Si je n’avais pas pu enseigner, jamais je ne l’aurais envisagée et jamais je ne me serais dirigé vers l’enseignement. Pourtant, mon école est heureuse de m’avoir et mes étudiants sont ravis de mon enseignement. Toutefois, je rejoins totalement la nécessité d’améliorer la condition enseignante (et surtout par rapport à certaines écoles difficiles de Bruxelles), mais de là à critiquer cette campagne… Personnellement, elle ne me choque pas.

  10. Bidou dit :

    Quand je vois l’orthographe et que j’entends la grammaire de certains de mes amis professeurs, j’ai peur pour l’avenir de mes enfants…
    Comme si l’enseignement des sciences ou des mathématiques dispensait de construire correctement une phrase.

  11. lucy dit :

    J’ai vu l’intervention de l’échevin de Bruxelles. Je ne suis pas convaincue par ses arguments.
    Peut-être faudrait-il rappeler les détachés inutiles, cela boucherait les trous.

  12. momo dit :

    Il y a des diplômés universitaires discriminés qui sont au chômage et depuis longtemps, pourquoi on les engage pas?

  13. lilig dit :

    Ce qui est désolant, c’est à nouveau l’image qui est véhiculée : un métier cool, bien payé, des avantages financiers, une vie privée sauvegardée. Quand les jeunes profs commencent et qu’ils se rendent compte à quel point c’est difficile, que les week-end c’est fini, etc, ils s’enfuient.
    Il y a un fossé entre l’image véhiculée et la réalité et beaucoup de jeunes profs sont désenchantés très vite.
    Quant aux diplômes, s’il s’agit de faire des conférences sur une matière connue, en effet ils ne sont pas nécessaires, mais ce n’est vraiment pas cela qu’on attend de nous. Il s’agit de développer les compétences de tous nos élèves quel que soit leur niveau. Si vous ne savez pas ce que c’est qu’une compétence, créer des séquences, des évaluations et leurs grilles et j’en passe, comment voulez-vous être un « bon » prof d’aujourd’hui ?

  14. Sondag dit :

    Enseignants soldés!

    On recrute maintenant des enseignants sans diplôme pédagogique ou sans diplôme du tout!
    J’ai été scandalisée à l’écoute de cette nouvelle! On est tombé au plus bas. Certains ministres et la presse nous avaient déjà bien dénigrés depuis longtemps, ce qui a eu pour conséquence le mépris que l’on connaît du public pour notre profession. Maintenant, c’est le bouquet! Que ceux qui ont lancé cette idée aillent enseigner pendant un mois, ça leur rabattrait peut-être le caquet! Je suis inquiète pour mes petits-enfants.
    Martine S.

  15. juju dit :

    A en croire Uilenspiegel, c’est plutôt des paras qu’il faudrait détacher à Bruxelles, et ailleurs, accompagnés de profs volontaires.

  16. JacquesDB dit :

    Il convient que les professeurs soient compétents: dans leurs matières et dans leur manière de transmettre la matière.
    Quand je vois la belle formation donnée dans des écoles normales et le sérieux des contenus, je m’en réjouis. Evidemment, tout n’est pas fini quand on a son diplôme en poche. C’est le métier même qui va apprendre à l’enseignant à donner cours.
    Je pense donc que c’est bien, normal et évident de demander des titres requis.

  17. mohamed dit :

    Je suis étranger d’origine africaine et j’ai une qualification car j’ai enseigné dans mon pays pendant 8 ans. Cela vous offrira aussi la chance de découvrir des nouveaux talents et surtout si l’on sait que nous autres africains avons l’expérience des grands groupes.

  18. Tanaël dit :

    Cette campagne de pub qui, à mon sens, n’est critiquable que sur la forme démontre la schizophrénie dans laquelle notre système éducatif s’enferme un peu plus chaque jour: d’une part, on parle de rendre la formation plus exigeante en la passant à cinq ans; d’autre part, on engage des profs sans titre pédagogique voire sans diplôme du tout.
    D’une part, on demande aux enseignants de « professionnaliser » leurs pratiques mais d’autre part leur autonomie pédagogique diminue un peu plus chaque année.
    D’une part nos ministres passent leur temps à dire qu’il ne s’agit pas d’une profession comme les autres mais d’autre part on accuse les enseignants de corporatisme… Bref, à force de prêcher tout et son contraire, faut pas s’étonner du malaise qui existe dans la profession!

  19. emy dit :

    Cet article exagère vraiment !!!

    Bien entendu que les personnes disposant du titre requis auront la priorité ! Mais je vous rappelle que l’on est en situation de pénurie grave !

    Et surtout dans l’enseignement technique et professionnel…
    Souvent, il vaut mieux un plombier avec de l’expérience professionnelle mais sans titre pédagogique que pas de plombier du tout …

    De plus, il faut savoir que la procédure permettant d’embaucher des personnes n’ayant pas le titre requis est beaucoup plus souple pour la CF ( art 20 ) que pour l’enseignement subventionné …

    Finalement, je préfère avoir un collègue, ingénieur industriel, qui donne cours de math que pas de collègue, des élèves énervés et pas prêt à affronter l’enseignement supérieur !!

    Tout ce qui est noté dans cette brochure est légal et a été adopté par la CF !

    Pour une fois que quelqu’un se bouge pour lutter contre la pénurie…

  20. NAPH dit :

    En être réduit à du racolage et à de la pub mensongère !! On voit où mènent 20 années de saccage de notre enseignement sacrifié sur l’autel de l’Europe. Ajoutez à ça les élucubrations des super psychopéda et leur folie douce et vous comprendrez les raisons réelles des résultats au test PISA. Bref on n’est pas sorti de l’auberge !!

  21. Echocynique dit :

    Emy :
    Bravo pour votre bon sens.

    Quand on évaluera les capacités de profs sur base de ce qu’ils font et pas du papier qu’ils ont, on aura fait un pas de géant.

  22. juju dit :

    Tout a fait d’accord avec toi Tanaël. ;-)

  23. Tanaël dit :

    @ echocentrique: entièrement d’accord avec vous sur l’évaluation des profs. Le tout est de savoir comment les évaluer?
    Sur les résultats des élèves, sur l’administratif, sur l’observation d’une leçon (objectivité?), ou sur l’avis des élèves (un peu démago…)
    Pas si simple…

    • Josy dit :

      Pourquoi serait-ce démago de demander l’avis des élèves? Ne sont-ils pas les premiers concernés? Sont-ils vraiment incapables d’émettre un avis pertinent? C’est faire bien peu confiance au sens critique qui aurait dû leur être enseigné… Pour ma part, j’ai la réputation d’être un prof exigeant mais humain et avec qui on progresse dans l’autonomie. La plupart des élèves sont cependant heureux quand ils se retrouvent dans mon groupe car ils savent qu’ils vont évoluer mais qu’il faudra y mettre du sien…

  24. Ubu dit :

    Je suis étonné de voir qu’un pouvoir organisateur se permet de présenter les textes légaux comme désuets : attitude plutôt facile pour qui ne prend pas en charge les salaires ?

    Étonnement, également, face aux réactions de certains : en seriez-vous arrivés à privilégier le clientélisme (ah, ces pauvres articles 20 taillables, corvéables et virables à merci !) aux règles statutaires explicites ?

    Un diplômé de 7P fonctionnant comme remplaçant en maths au DS, une diplômée en TQ tourisme donnant cours de langues germaniques, un diplômé du secondaire inférieur nommé éducateur : situations dont je puis témoigner même si je n’ai pas eu la chance de croiser une ancienne hôtesse de la Sabena.

    Et, par contraste, des écoles devant aller à la pêche au remplaçant (parce que le réseau ne bouge pas), une absence flagrante de réserve de recrutement dans certaines matières, des temporaires avec titre requis priés de donner un autre cours que le leur (alors que des heures restent disponibles) : que du bonheur !

    Conclusion : qui ne fait pas son boulot ?

  25. jeremy dit :

    1) Qu’est-ce que c’est ? Une brochure publicitaire.

    2) Où est-ce distribué ? Dans les foires à emploi, dans les salons d’étudiants et aux rhétos.

    3) Quel est le but ? Amener un maximum de nouvelles candidatures.

    Alors par pitié, que l’on cesse de cette prétention permanente. « un tutoiement dévalorisant » mais c’est à vomir de lire cela, pour qui se prend-on ? Je suis prof, j’aime mon métier et j’en suis fier. Je ne vois pas en quoi le fait de tutoyer des étudiants et futurs candidats est dévalorisant pour moi.

    « On fait miroiter les avantages ». Ouais quoi, on va écrire « venez chez nous, professeur c’est un vrai métier de merde »?

    Si j’ai envie de quitter l’enseignement parfois, c’est uniquement à cause de collègues qui se plaignent du matin au soir. A pleurer de bêtise.

  26. Lucky dit :

    Dire « Quand on évaluera les capacités de profs sur base de ce qu’ils font et pas du papier qu’ils ont, on aura fait un pas de géant. » revient à faire confiance à un guérisseur sous prétexte qu’il me fait du bien… même s’il n’a aucun diplôme… Bizarrement, je suis assez réservé. Un minimum de compétence (cela s’appelle diplôme) est indispensable, non ?

  27. pascal dit :

    Lundi, nous avons engagé un électronicien sans titre pédagogique pour un intérim de 2 mois en électricité. Mercredi, il rendait ses clés.
    Pourtant les classes ont été calmes (il manquait la moitié des élèves à cause du verglas).
    Pas de titres requis car pénurie, je veux bien, mais il faut aussi avoir des compétences et savoir où on met les pieds !
    Dans une école voisine, c’est un romaniste qui donne néerlandais car il est bilingue. Lui au moins, il a reçu une formation et savait où il mettait les pieds. Mais pour ce qui est du programme et des compétences… !!!

  28. juju dit :

    Mais on s’en f … des compétences (qui ça « on », ceux qui nous dirigent) l’important c’est d’occuper nos jeunes et si, avec ça, ils apprennent quelque chose, personne ne s’en plaindra.
    L’oisiveté …. lol !

  29. Echocynique dit :

    Mardi passé, nous avons engagé un agrégé en math.

    C’était sa troisième école.

    Après trois jours, il a abandonné.

    Avec tous ses diplômes….

    • pascal dit :

      Si l’unif préparait à l’enseignement, ça se saurait. L’agrégation (à l’ULG en tout cas) c’est du f… de g… !

  30. Delphine dit :

    Les commentaires soulignent plein de problèmes plus profonds que ce dépliant. Notamment la qualité de la formation des agrégés. Je suis moi-même agrégée de l’enseignement secondaire supérieur et soyons honnêtes… hormis quelques cours utiles et les maigres stages qu’on y effectue, c’est de la vaste blague. La formation devrait être revue pour que ces fameux titres aient une réelle valeur.

    La première partie du dépliant ne me choque pas outre mesure. Je me dis que ça peut susciter des vocations. Par contre, quand je lis la longue liste d’avantages liés à l’enseignement, là je trouve qu’il y a publicité mensongère. « Equilibre entre vie privée et vie professionnelle », « Epanouissement » et « Emploi stable » en début de carrière… Mouais…

  31. profamer dit :

    Je confirme que la Communauté française recrute, pour donner cours dans le secondaire, des personnes – que je n’appellerais pas professeurs – n’ayant pas les titres requis mais surtout n’ayant pas les connaissances suffisantes pour enseigner.

    Etant moi-même professeur et agrégée de langues germaniques au degré supérieur, j’ai dû être remplacée pendant quatre mois suite à une opération. Pénurie oblige, la personne qui m’a remplacée venait de sortir d’une école de secrétariat, option langues… Or écrire une lettre commerciale sans faute est bien différent de connaître la langue de manière approfondie et les mécanismes qui la régissent pour pouvoir l’enseigner.

    Les feuilles que ma remplaçante donnait aux élèves étaient truffées de fautes grossières, la grammaire était simplifiée à l’extrême, certaines tournures étaient artificielles et non employées en anglais courant, les contrôles étaient mal corrigés car cette personne ne voyait pas les fautes et avait elle-même de grosses lacunes de vocabulaire. Je ne lui en veux pas mais je suis amère. D’autres collègues et moi pensons qu’on se moque de nous, nous qui avons fait quatre années d’études universitaires pour pouvoir enseigner ! Quand on voit que nos inspecteurs nous cherchent noise pour des broutilles et nous donnent de brillantes idées difficilement applicables dans des classes de 28 élèves, on se dit qu’il y a un sérieux problème… Qu’ils viennent plutôt inspecter certaines de ces nouvelles recrues, qu’on n’osera probablement pas écarter car il vaut mieux un prof nul que pas de prof du tout !!!

    Ah oui, pour terminer sur une note positive, j’ai une suggestion pour pallier la pénurie d’enseignants en langues germaniques dans le secondaire supérieur. Que tous les germanistes qui travaillent à la Commission des Outils d’évaluation, qui sont inspecteurs, conseillers pédagogiques, formateurs, etc… reviennent dans les classes pour affronter la réalité et s’occuper de nos chères têtes blondes. Ceux-là, ils ont les titres requis et la connaissance des langues au moins… et en plus, ils pourront appliquer leurs belles théories !

  32. pascal dit :

    Que tous les germanistes qui travaillent à la Commission des Outils d’évaluation, qui sont inspecteurs, conseillers pédagogiques, formateurs, etc… reviennent dans les classes pour affronter la réalité et s’occuper de nos chères têtes blondes. Ceux-là, ils ont les titres requis et la connaissance des langues au moins… et en plus, ils pourront appliquer leurs belles théories !

    Et pas seulement les germanistes !

  33. Echocynique dit :

    @Tanaël
    Vous avez raison, évaluer les profs est impossible.
    Pour la même raison, il faudrait arrêter d’évaluer les élèves.

    Plus sérieusement, il faut en effet trouver un moyen qui soit le moins imparfait possible. Pourquoi pas l’évolution des élèves entre le CEB et le test non certificatif de 2ème, puis de 5ème, puis le TESS?

  34. Josy dit :

    J’en ai connu des profs qui n’avaient pas le titre. Certains s’en sortaient pas mal; d’autres pas du tout. Il faut quand même reconnaître que la formation même très imparfaite a le mérite de nous préparer (peu ou prou) à ce qui nous attend et ce n’est pas le cas pour les personnes qui n’ont pas l’agrégation ou le CAP. Mais il est vrai que la formation est à améliorer: le principe de l’école d’application me semblait bien même s’il n’est pas nécessaire d’avoir une école bien spécifique, choisir dans les écoles des profs motivés qui ont au moins 10 ans d’expérience comme maître de stage et qui travaillent en collaboration avec ceux chargés de l’enseignement théorique est-ce si difficile?