A Bruxelles, l’internat de Forest est au centre d’une polémique. Il y a deux ans, il était menacé de fermeture puisqu’il ne comptait plus que 12 résidents. La Communauté française a alors tout fait pour lui donner une deuxième vie. Et aujourd’hui, tout le monde se l’arrache. Deux écoles souhaiteraient pouvoir investir les lieux, au grand dam de l’administratrice, Sophie Malinowski, qui affirme ne pas pouvoir satisfaire ces demandes, son établissement étant complet.
Je suis particulièrement triste… triste et stressée. Depuis septembre 2009, l’internat a repris vigueur, vie… et fonctionne. On est presque à sa totalité de possibilités. Je ne vois vraiment pas pourquoi ces personnes s’obstinent à venir chez nous.
« Ces personnes », ce sont notamment les parents et enseignants, fondateurs de l’ASBL « Les amis de l’École active ». Il y a quelques mois, ils pensaient avoir trouvé le lieu idéal pour lancer une nouvelle école secondaire pratiquant la pédagogie active. Annick Petiau (photo), membre de l’ASBL :
L’idée était de créer d’abord 4 classes en 1ère secondaire et de pouvoir faire grandir l’école avec les élèves. Donc la 1ère année, 1ère secondaire, la 2e année, une 2e secondaire… et ainsi de suite jusqu’à arriver au cycle complet des humanités.
La guerre des réseaux est déclarée à Bruxelles
Mais seulement voilà, ces parents ne sont pas les seuls à convoiter les (rares) locaux libres de l’internat de Forest. L’Athénée royal Andrée Thomas, situé non loin de là, a également un projet de nouvelle implantation primaire et d’un premier degré du secondaire épousant les préceptes de l’école active. Le Préfet de l’établissement, Marc Evrard, ne comprend pas pourquoi la Communauté française devrait favoriser un projet privé.
Ces bâtiments appartiennent à la Communauté française. Il me semble quand même que l’enseignement organisé par la Communauté française pourrait bénéficier d’une priorité dans la mesure où nous sommes demandeurs aussi.
Vous l’aurez compris, le titre de ce mauvais feuilleton pourrait être : « Quand le libre et l’officiel se livrent bataille ». Avec le problème du manque de places dans les écoles à Bruxelles, il est à craindre que la guerre des réseaux ne fasse que commencer. Pour rappel, il faudra créer 20.000 nouvelles places dans la capitale d’ici 2015…1
- RTBF – 9.02.11 [↩]
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A ce rythme-là, il faudra cent ans pour créer ces 20.000 nouvelles places…
En quoi ce dossier relève-t-il d’une guerre de réseaux? Le projet de l’ASBL est tout à fait respectable, mais elle n’a pas de locaux… ! Il faut rappeler que la loi du 29 mai 1959 précise que les frais de l’enseignement sont à charge de celui qui l’organise. Bien sur, il y a un accès aux subsides mais celui-ci est conditionnel. On peut donc se poser la question de savoir si les Amis ont les moyens de concrétiser leur rêve. Tous les jours, les pouvoirs publics sont sollicités par des gens qui disent « j’ai une bonne idée, avez-vous des sous ? ». C’est un peu facile et pas très réaliste. Mais comme l’associatif est plus sexy que les pouvoirs publics ce sont ces derniers qu’on critique.