Tous bilingues en 2001? On est loin du compte!

En 1996, Laurette Onkelinx, à l’époque ministre de l’Enseignement, proclamait : « Tous bilingues en 2001 ». On est loin du compte. Jamais nos élèves n’ont été aussi mauvais en langues. Une récente thèse déposée à l’UCL fait le point sur les conditions de travail des enseignants : imprécision des programmes, manque « flagrant » de cohérence entre établissements scolaires quant aux objectifs poursuivis, pauvreté du matériel, classes surpeuplées… Telles sont les conclusions de Dany Etienne, assistant à l’Université de Louvain-la-Neuve en didactique des langues et prof d’anglais et allemand au niveau secondaire.

Durant six ans, il a interrogé 524 enseignants du secondaire, 147 profs du supérieur et 2.892 étudiants de Bac 1. Des milliers de questionnaires leur ont été soumis, complétés par une cinquantaine d’interviews. Une masse d’informations pour une étude qui, attention, ne porte pas sur la qualité de l’enseignement : aucun test de langue n’a été effectué sur les étudiants sondés.

C’est une étude quantitative, qui évoque à l’occasion, bien sûr, des ressentis.

L’idée de cette thèse remonte à 2000, quand la Communauté française a changé le programme en langues. Dany Etienne se souvient des mouvements d’humeur que ce changement avait provoqués. Il s’est alors penché sur des éléments comme l’offre en langues dans les écoles, le matériel pédagogique disponible, ce qu’élèves et enseignants pensent du programme, etc.

Nous avons, par exemple, demandé aux étudiants sortant de secondaire, et qui sont désormais en Bac 1, s’ils estimaient que l’enseignement au secondaire les avait bien préparés aux exigences de l’enseignement supérieur en matière de langues. Pour une langue moderne qui a fait l’objet d’un apprentissage de 700 heures sur les six années du secondaire, les étudiants s’estiment satisfaits de leur enseignement. Pour les langues qui, par exemple, ont fait l’objet d’un cours de 2 heures/semaine, là, les étudiants disent que l’enseignement n’a pas été satisfaisant.

Où sont les dictionnaires?

Les informations collectées sont stupéfiantes. Ainsi, le matériel mis à la disposition du professeur, principalement au secondaire, est d’une pauvreté inouïe : 60% des locaux ne sont pas équipés d’un dictionnaire, 40% ne sont pas équipés d’un lecteur CD, un local sur trois est équipé d’un lecteur DVD… Pour travailler, les enseignants achètent bien souvent eux-mêmes le matériel dont ils ont besoin.

Les tailles des classes sont également épinglées par le chercheur qui souligne qu’il est impossible de travailler correctement avec des classes de 30, 33 ou 34 élèves.

L’interaction, c’est fondamental dans l’enseignement des langues. Mais comment voulez-vous faire ça dans de telles conditions?

Autre leçon de la thèse : les programmes sont pour le moins brumeux.

Il existe un manque flagrant de cohérence entre écoles quant aux objectifs poursuivis. Des incohérences qui découlent du manque de clarté de la Communauté. Au final, les élèves sortent du secondaire avec une maîtrise très inégale des langues étrangères.

« Faisons des choses plus utiles »

Pour l’auteur de ce rapport, le programme devrait établir des compétences prioritaires : participer activement à une discussion, faire comprendre ses opinions, lire/comprendre des écrits d’actualité.

A quoi sert-il donc, en rhéto, d’apprendre aux élèves à rédiger une lettre de demande d’emploi ou un CV? Ce n’est pas le moment. Faisons des choses plus utiles.

Dany Etienne s’étonne également de la grande « flexibilité » dans le domaine des langues. En effet, selon les options, la filière… le nombre d’heures de cours varie fortement. Pour une langue enseignée dès la 1ère secondaire, durant six ans, à raison de 4 heures/semaine, l’apprentissage peut atteindre 700 heures. C’est l’idéal pour M. Etienne qui relève que dans les faits, on peut être bien plus bas.

Le minimum étant 117 heures : ça, c’est pour un apprentissage d’une langue entamée en 5e secondaire, à raison de 2 heures/semaine. Impossible, dans ces conditions, avec de tels écarts, de mettre les élèves/étudiants sur un pied d’égalité.

« 700 heures, c’est la base, le nombre idéal »

Et de recommander de réduire l’éventail d’options et d’empêcher le plus possible les parcours sinueux comme le font certains élèves qui choisissent anglais en 1ère année, puis néerlandais en 2e, etc.

Il faut un meilleur balisage des parcours scolaires. Il serait utile de repenser l’accès à certaines options pour contraindre parents et élèves à davantage de cohérence dans les choix des langues. Il vaut mieux suivre un lièvre, bien, que tenter d’en suivre plusieurs.1

Mais tout n’est cependant pas négatif, affirme le chercheur (qui défendra sa thèse demain à l’UCL), pour qui la Belgique continue à former d’excellents diplômés en langues. Et ce, on l’a vu, malgré un enseignement inégalitaire et incohérent.

  1. Le Soir – 9.02.11 []

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  1. serge dit :

    Je vais passer pour un réactionnaire mais aujourd’hui âgé de 30 ans, j’ai appris l’anglais en secondaire de la première à la rhétorique, soit six ans.

    Le tout sans fioritures comme les voyages linguistiques et tous ces jouets technologiques, simplement avec des livres (Streamline English) et une cassette audio.

    Malgré des moyens qui semblent ridicules aux yeux d’aujourd’hui, je parle anglais couramment et je n’ai aucun complexe à m’exprimer dans cette langue. Dès lors, cessons de dire que la situation misérable de l’apprentissage des langes est due à un manque de moyens.

    Les moyens sont dans les mains des élèves. Avec Internet, il leur est possible de regarder leurs séries préférées en VOST, de télécharger les paroles des chansons qu’ils écoutent et croyez-moi que ce genre d’activité permet un apprentissage de la langue des plus efficaces.

    • Denis dit :

      Tout à fait d’accord avec Serge: il n’y a pas de sotte méthode pour apprendre une langue pour celui qui est motivé. En revanche, il y a beaucoup de « pédagogues en chambre » qui, une fois tous les 10 ans, nous imaginent ou nous rêvent une méthode idéale à leurs yeux et l’imposent à tous les profs. Ceux-ci, car ils sont acteurs de terrain et connaissent leur « public », leur disent souvent, lors des journées de formation, que ça ne marchera pas mais ils s’obstinent et on change de méthode. L’apprentissage d’une langue – tout apprentissage d’ailleurs – demande de la motivation et du travail avant tout (blood, sweat and tears). La réussite de cet apprentissage dépend aussi de l’importance et des exigences que les directions veulent bien attribuer au cours de langue. Le reste n’est que blabla pour les inspecteurs, les formateurs, les détachés de tous poils et autres « pédagogues » qui n’ont aucun contact avec la réalité sur le terrain.

      • libellule dit :

        Philippe, pourrais-tu nous en dire un peu plus sur la méthode que tu utilises pour que tes élèves soient bilingues en 4 ans?

    • Liana dit :

      La seule vraie question à se poser est : comment apprenons-nous notre langue maternelle en tout premier lieu ? En parlant ! Je suis bilingue italien / français. Italien appris à la maison, français, appris à l’école et ce presque en même temps. Je ne suis jamais allée au cours d’italien et pourtant, je suis capable de l’écrire et de le lire sans problème avec juste l’aide d’une bonne grammaire et d’un bon dictionnaire, outils que je continue d’utiliser pour le français également. A L’école, j’ai suivi comme beaucoup, néerlandais (6 ans) et anglais (4 ans) je ne parle ni l’un ni l’autre ! Quelle perte de temps ! C’est dommage !

  2. Philippe dit :

    Bonjour, j’ai travaillé en Flandre et en Wallonie comme professeur de langues et j’ai vraiment cette chance unique, ou en tous les cas très rare, de pouvoir comparer les deux situations, les deux pratiques, les deux approches. J’ai ma compagne qui est Flamande et professeur de langues aussi.

    Aujourd’hui, je me rends compte que le plus gros souci en Wallonie, c’est que plus longtemps perdure cette situation floue, plus elle touche l’affectif des gens et moins on en parle sereinement; mais plutôt avec de la polémique dans l’air, avec des réactions électriques comme Serge qui parle d’être autodidacte et donc plus du tout de l’enseignement, avec des effets d’annonces tous les six mois: « Les Wallons sont des nuls, PISA l’a dit », « ils seraient sourds ou, enfin, presque », « avec 30.000 heures de langues par an, peut-être le Francophone pourrait-il parvenir à dire « bonjour » en néerlandais… ».

    Quand on veut quelque chose, on doit voir ce qu’on veut et procéder par objectifs précis. Mes élèves après 4 ans et 4 heures par semaine, sont bilingues, eux ; je le confirme donc, c’est possible ! Alors, un jour, j’ai voulu expliquer à un professeur d’une école normale de Liège comment je procédais, ma technique (que je n’ai pas inventée d’ailleurs). Je voulais juste donner un petit coup de pouce, une suggestion. Elle m’a répondu, agressivement de surcroît, alors que je venais cordialement, aimablement, entre autres, présenter les fruits de mon expérience et ce qui se fait en Flandre: « Qu’est-ce que vous croyez Monsieur ? Nos élèves sont très bien formés! » La preuve! On le dit tous les jours dans la presse Madame.

    Le pire, c’est que je ne suis pas le seul à maitriser ces moyens dont je parle, je vois d’autres personnes, très connues, très éminentes, elles, tenir le même discours, parler des mêmes méthodes, mais rien, rien… Vraiment rien ! Ils ne sont même pas relayés par les médias. Au contraire, les médias qui traitent de l’apprentissage des langues, si je songe au « Questions à la une » de l’an passé, cette émission (des professionnels se sont accordés pour le dire), était tellement « exotique » pour une émission qui se dit « d’investigation » qu’on n’ose même plus parler de ce qu’il faudrait dire. On se dit qu’il y a une volonté évidente d’abêtir les gens. Voilà pourquoi, je préfère me taire et faire tranquillement mon travail dans mon coin.

    De plus en plus de Hollandais mettent leur enfant à l’école en Flandre parce qu’ils voient, eux aussi, leur enseignement se dégrader… Je crois que si rien ne change, c’est encore la solution la plus simple pour qui veut se donner les moyens. Bonne route !

    • Augustin dit :

      Cher Philippe,

      Contrairement à cette dame à Liège, pour ma part j’aimerais vraiment que vous me parliez de cette méthode que vous utilisez et qui fonctionne. Merci de bien vouloir sortir de votre coin pour m’en parler …

    • Denis dit :

      Cher Philippe, ta réponse m’intéresse au plus au point. Tout d’abord, parce que tu peux comparer le système flamand et le système francophone, mais aussi et surtout parce que tu parles d’une méthode d’enseignement qui « fabrique » des bilingues en 4 ans à raison de 4h par semaine. Pourrais-tu nous en dire plus maintenant que tu nous as mis l’eau à la bouche?

  3. Marie dit :

    Je suis d’accord avec Serge. J’ai été prof d’anglais dans le secondaire pendant dix ans et le problème ne provient pas du manque de moyens ou de programmes peu clairs. Le problème vient des élèves et de leur éducation à la maison et de leur vision du prof et de l’école. Ce qu’il faut c’est tout reprendre à la base, à la maison, il faut rééduquer les parents, c’est là qu’il faut donner des moyens. Le niveau est également de plus en plus bas à cause du nombre très élevé d’élèves qui parlent peu et mal le français, qui sont parfois majoritaires dans une même classe, ce qui oblige l’enseignant à s’adapter au niveau. On a beau donner plus de moyens, on ne peut rien faire devant un public qui n’a pas la volonté d’apprendre.

  4. Reinhilde dit :

    Que les élèves apprennent d’abord à étudier.

  5. Véronique Geubel dit :

    Je partage entièrement l’avis de Serge. Quand on veut, on peut; même avec un minimum de matériel. Il faut cependant reconnaître que si on peut employer plus ou du meilleur matériel, cela facilite les choses. Quand on a deux dictionnaires pour 29, un lecteur cd qu’on a acheté soi même, difficile d’avoir accès à une classe info et des élèves qui n’ont pas internet pour faire un devoir (hé oui, cela existe encore!!), pas facile tous les jours. Dans une même classe avec le même nombre d’heures, un élève peut ne pas savoir parler et un autre très bien, c’est donc la MOTIVATION qui change tout. Les jeunes (heureusement pas tous) ne sont plus motivés, c’est ça le problème!!

  6. Legros dit :

    Je ne suis pas professeur de langue mais je peux affirmer que le problème de médiocrité des élèves concerne TOUTES les disciplines. Il me semble que cela s’inscrit dans un phénomène plus global inhérent à notre civilisation en pleine mutation … négative.

    Je ne vois plus des élèves curieux, intéressés, soucieux de bien faire. Ils ont déjà tellement de difficultés à lire et comprendre un texte en français alors, dans une langue étrangère, le défi parait bien difficile.

    Je pense que les professeurs de langues font ce qu’ils peuvent, même s’ils disposent des conditions de travail idéales à l’apprentissage, pour inculquer à nos élèves les bases des langues.

  7. LC de Bruxelles dit :

    Je suis entièrement d’accord avec Serge et Mr Legros. Les problèmes sont présents dans TOUTES les disciplines, surtout celles où des acquis sont nécessaires.

    Je suis professeur de langues depuis 15 ans dans le 2e et 3e degré, et l’école dans laquelle j’ai la chance d’enseigner ne manque pas de moyens. Je ne me retrouve donc absolument pas dans la situation que décrit l’auteur de l’étude. Nous avons un labo dernier cri, des lecteurs CD, des dictionnaires, des rétroprojecteurs pour des présentations powerpoint, des abonnements à des revues, certaines classes font des échanges linguistiques,… Et malgré cela, je ne peux pas dire que les résultats soient brillants pour autant. Notre taux d’échec en langues est semblable à celui de beaucoup d’autres écoles qui disposent de moyens plus limités.
    De manière générale, nous faisons tout ce que nous pouvons pour motiver les classes: films, expos, pièces de théâtre, visites,… Cela nous demande un investissement considérable pour des résultats souvent décevants dès lors que nous exigeons un minimum de travail de la part des jeunes: répondre à un questionnaire sur l’expo, faire une analyse du film, faire une critique de la pièce,…

    Ceci étant dit, nous nous heurtons en effet à des classes surpeuplées, ce qui ne nous facilite pas la tâche (les classes de 26, 27 élèves sont devenues la règle). Je rejoins donc l’auteur lorsqu’il pointe ce problème précis. Mais il semble oublier que le problème numéro un, avant le manque de moyens et les classes surpeuplées, est bel et bien l’absence de motivation des élèves pour qui l’école n’est plus du tout la principale préoccupation.

    Le manque de travail, d’étude, d’écoute en classe et de motivation des jeunes est LE problème majeur auquel nous sommes tous confrontés, toutes branches confondues. Naturellement, les lacunes auxquelles cela conduit sont plus criantes dans les cours qui se construisent sur des acquis, comme les langues et les maths, branches dans lesquelles sont enregistrés les plus grands taux d’échec.

    Je tiens aussi à ajouter que les nouveaux programmes par compétences n’ont rien arrangé aux difficultés déjà existantes. Nous n’avons reçu aucune formation digne de ce nom pour leur application et le flou règne dans toutes les écoles quant à l’évaluation. Chaque professeur évalue ses élèves de façon différente non seulement au sein d’une même école, mais même au sein d’un même degré et pour un même cours. C’est le flou absolu et c’est inadmissible.

    C’est aussi sans compter que si on devait appliquer à la lettre les directives relatives à ces compétences, le taux d’échec serait encore bien plus élevé! En cause notamment la part extrêmement réduite faite à l’étude et à la mémorisation. Les élèves qui réussissaient autrefois grâce à une étude assidue se retrouvent désormais en échec à cause des compétences… Allez donc les motiver! Ne réussissent désormais que les « compétents » dans toutes les branches!!! C’est tout simplement scandaleux et ça renforce la démotivation des jeunes… et la nôtre!

    J’ai choisi ce métier et je l’aime, mais j’avoue que je me demande de plus en plus souvent comment je vais arriver à tenir encore 20 ans, et ce alors que je suis dans une école très privilégiée! La salle des profs est devenue le mur des lamentations et les jeunes qui arrivent dans le métier ne restent souvent guère plus de deux ou trois ans. Je ne me souviens plus des chiffres exacts, mais le taux de jeunes enseignants qui décrochent dans les premières années est symptomatique d’un réel malaise qui dépasse de très loin le cadre des cours de langues!

    Cessons donc de taper sur les langues et méfions-nous des explications réductrices: oui l’enseignement va mal, mais la solution ne réside pas uniquement dans l’injection de moyens supplémentaires (même s’il est vrai que certaines écoles en ont certainement besoin, là n’est pas la question). Le problème est hélas infiniment plus complexe.

    Il y aurait encore tellement à dire et je regrette de ne pas avoir le temps de structurer davantage ma pensée, mais les corrections m’attendent! Je vais donc me limiter à ce petit coup de gueule improvisé en dix minutes de temps entre la mise au lit des enfants et le travail scolaire pour demain… « La joie du travail à domicile » comme avait écrit notre ministre de l’enseignement il y a quelques années dans une lettre destinée aux élèves de rhétorique censée les motiver à choisir le métier d’enseignant :-) Il ne manquait pas d’humour en tout cas.

  8. Marchant dit :

    Bonjour,
    Un témoignage qui donne à réfléchir! Mon fils a été un heureux bénéficiaire des classes d’immersion en primaires, ceci en allemand. Super, il avait des profs germanophones qui parlaient en allemand toute la journée… Dans le secondaire, pas de suivi de l’immersion, des profs pris dans le monde du travail et pas spécialement qualifiés. Donc, chute et désillusions. Mon fils a alors changé d’école avec allemand 1° langue. A partir de la 3°, il est le seul en allemand 1° langue, donc il a pris anglais 2° langue et pour le cours « culture de la langue » il se trouve en anglais 3° année! Un coup il peut répondre en allemand, celui d’après en anglais. Mieux, lorsqu’il part en voyage linguistique, comme il est le seul de sa classe, lorsqu’il rentre il doit se remettre en ordre d’une semaine de cours… Cette situation est déstabilisante et illogique. L’école aurait dû prendre un prof d’allemand juste pour lui? Impossible.
    Voilà une situation que mon fils affronte chaque jour et à 14 ans, c’est très dur.
    Quelle solution existe-t-il, s’il y en a une?
    Merci pour lui, sa maman.

  9. veron dit :

    Bingo, tout va mal, on se plaint, A qui la faute? Nous avons des parents trop laxistes de nos jours et les profs subissent.
    Rien ne vaut les anciennes écoles traditionnelles catholiques privées. Oui, elles existent encore en France, en Belgique… dans le monde entier. Pas question de manque de travail de la part des enfants, la politesse, le respect, le savoir vivre et partager tout y est. Quelle joie, quelle harmonie.

  10. CM dit :

    Que dire concernant l’enseignement et celui des langues en particulier? Après presque 31 ans d’enseignement des langues, je dois me retenir pour ne pas hurler au scandale concernant les multiples réformes qui n’ont jamais fait progresser aucun élève! Je continue à HURLER qu’avant de critiquer, les personnes qui ont ce titre DOIVENT rester sur le terrain et tester ce que nous vivons au jour le jour! Je suis ravie d’avoir pu connaître les ‘belles années’ de l’enseignement mais, commencer une carrière de professeur en 2011 en Belgique? Jamais! J’ai toujours géré mes classes en ‘bon père de famille’, ce ne sont pas les fameuses COMPETENCES ni le matériel qui y changeront quelque chose… juste la liberté de pouvoir enseigner en fonction des difficultés de tel ou tel élève! Je vais m’arrêter là car rien que de lire les réactions me rend folle de rage (pas contre les réactions mais bien par ce que l’on nous fait subir!) Le plus beau cadeau que l’on pourrait me faire serait de m’envoyer dans un pays sous-développé (sans compétences, sans d’innombrables paperasses, des réunions qui n’en finissent pas et pour ne rien dire, les recours, …
    Bref, rendez-nous la liberté de motiver nos élèves plutôt que de nous l’enlever! Je m’arrête là! Plutôt que de me calmer en m’exprimant ici, cela n’a fait que m’énerver encore un peu plus…

  11. marie dit :

    Ca fait trente ans que j’entends que la réforme ou la réformette qui arrive est faite pour améliorer les choses… Jamais les dirigeants ne se sont attaqués au vrai problème : le manque de motivation. Au contraire, à force de dévaloriser l’image des profs, ils ont contribué au manque de respect ambiant à l’encontre de notre profession.

  12. jop dit :

    J’ai fait du néerlandais de ma 2e à ma 6e primaires et honnêtement, je n’en ai rien retenu … Au secondaire j’ai appris l’anglais et j’étais plutôt bonne élève, mais le manque de cours pratique et ma timidité m’ont toujours bloquée pour en apprendre plus. Je lis plus ou moins correctement l’anglais, baragouine à l’écrit, mais suis quasi incapable de le parler à l’oral. Mais cela est dû en partie à mes propres capacités en langues (nous avons tous nos limites). Cela dit, apprendre une langue est pourtant facile lorsqu’on s’y prend tout petit. Et pas par des cours abstraits comme j’ai eu en primaire. Mon avis est qu’il suffirait, et ce, dès le primaire, de quelques heures par semaine dispensées par un « native speaker » néerlandophone. Il ne doit pas s’agir d’un érudit, mais de quelqu’un qui maîtrise tout simplement et correctement sa langue et ait des capacités d’animation certaines (éducateur, animateur, prof de sport, activités artistiques, théâtrale…) pour jouer ou faire des activités avec les enfants, activités interactives qui demandent une participation importante de l’enfant avec son professeur et des enfants entre eux, dans la langue visée, ainsi les élèves apprendraient à maîtriser cette langue et ce naturellement, comme le font nos élèves étrangers qui apprennent à parler italien, arabe ou espagnol dans leur famille. Plus tard, vers la 3e primaire, on peut y adjoindre un cours plus classique, et théorique sur la langue dispensée par des profs de langue, pour que l’élève fasse le lien entre la langue parlée et son écriture, sa grammaire, sa conjugaison etc. Il est fort à parier qu’au sortir du primaire, une grande partie des enfants soit bilingue. Il suffirait alors qu’au secondaire on entretienne (très important !!) ce bilinguisme par des cours informels comme des tables de conversation, des visionnages de films en VO, des débats sur l’actualité… et à côté, on recommence la même chose avec une autre langue, l’anglais par exemple.

    Simple, et requière peu de moyens en plus !