Les syndicats n’ont pas manqué le lire attentivement la presse, hier. Ils ont ainsi découvert ce qui pourrait bien être la proposition que le gouvernement mettra sur la table lors de la reprise des négociations sociales. Aujourd’hui, et depuis 1996, un prof, s’il est âgé de 55 ans, peut dételer totalement ou à temps partiel : ce sont les fameux DPPR. En partant en « prépension », l’agent reste à charge de la Communauté française, qui lui verse un traitement équivalent à 60-65% de ce qu’il touchait en activité. A cela s’ajoute le paiement de l’enseignant appelé à remplacer le « futur retraité ». Coût du système : environ 90 millions d’euros en 2009.
L’exécutif juge que cette « faveur » accordée aux enseignants n’a plus aucune raison d’être. Les caisses de la Communauté française sont vides et la pénurie ne justifie plus que l’on laisse partir des enseignants dix ans avant leur mise à la pension.
Mais comment faire passer la pilule aux syndicats? Reporter les possibilités de DPPR à 58 ans semble inéluctable. Alors les ministres Marcourt et Simonet imaginent de permettre de ralentir à 55 ans… mais uniquement à temps partiel et selon certaines conditions : le total des charges non prestées, entre le moment de départ et 60 ans, ne devrait, par exemple, pas excéder 3 ans.
Les partis de l’Olivier devraient s’aligner sur la proposition
Le gouvernement Demotte doit se réunir ce mercredi en conseil restreint. Si les différents partis s’alignent sur la position des ministres de l’Enseignement, le point pourrait passer en exécutif demain. Avec l’espoir de reprendre les discussions avec les syndicats la semaine prochaine.
A priori, l’Olivier devrait faire bloc autour de Marie-Dominique Simonet (CdH), même si l’impact financier du schéma proposé n’est pas encore très clair. En revanche, les représentants des enseignants attendent la Liégeoise de pied ferme. Le scénario est ici jugé « minimal. » Pascal Chardome (CGSP) rappelle au gouvernement que s’il veut économiser côté DPPR, il devra faire un geste côté salaires. Même son de cloche chez son collègue de la CSC, Eugène Ernst :
S’ils comptent s’en sortir avec cette seule proposition sur les DPPR, le printemps sera agité.
Une hausse salariale? Peu probable
Peut-on raisonnablement espérer un geste pour notre salaire? Rappelez-vous, l’exécutif n’a débloqué qu’une dizaine de millions d’euros en vue de nourrir le futur accord social. Un pourboire! Si syndicats et gouvernement devaient s’entendre sur une hausse des salaires de 1%, il en coûterait déjà… 45 millions d’euros à la Communauté française. Ce n’est pas ce généreux « bonus » qui consolerait les enseignants.
D’autant que Marie-Dominique Simonet aura beau jeu d’avancer que tolérer les DPPR, même à temps partiel, à 55 ans coûtera encore beaucoup d’argent. Une partie des économies réalisées grâce au report des DPPR complètes sera consacrée à payer les enseignants qui réduisent leur charge de travail. Il faudra donc choisir : une hausse salariale « visible » ou la possibilité de décrocher en douceur à 55 ans. Mais pas les deux.
Reste que nous sommes probablement dans une année électorale. Il est possible que la ministre essaye de ménager les enseignants en vue d’un éventuel retour aux urnes. Il serait en tout cas risqué de se mettre à dos la profession alors que le parti de Mme Simonet n’est déjà pas en grande forme dans les sondages. Par le passé, certains n’ont jamais hésité…1
- Le Soir – 16.02.11 [↩]
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On a eu 1% d’augmentation, le privé 2,5%. No coment!
Une fois de plus, il ne s’agit que d’une histoire de gros sous !! Se sont-ils seulement demandé pourquoi un métier aussi merveilleux et avec autant de congés n’attirait que peu de monde et que ceux qui s’y trouvent le quittent dès qu’ils peuvent ???
Mépris… rien que du mépris… depuis plus de 30 ans…
Ras-le-bol