L’école fondamentale « De Tovertuin » à Diest – près de Hasselt – en Flandre fermera ses portes à la rentrée prochaine. Une fermeture qui interpelle : l’établissement qui avait misé sur la diversité culturelle, sur l’accueil d’enfants d’origine étrangère est en train d’en faire les frais. Alors que plusieurs centaines d’élèves pourraient être accueillis dans les locaux de l’école communale, ils ne sont que 73 cette année… et 30 de moins que l’année dernière. Une véritable hécatombe. Anouk Cleeremans, directrice de l’école :
En tant qu’école on se demande : « Mais qu’est-ce qui ne va pas avec nos enfants? » Nous avons contacté des parents qui avaient choisi d’aller dans une autre école… et l’explication principale était qu’il y avait une trop forte concentration…
Un projet d’ouverture…
Traduisez : trop d’enfants d’origine étrangère. L’école avait pourtant fait de la diversité culturelle l’un de ses fers de lance… Mais tout porte à croire que le message n’est pas bien passé. A Diest, on ne compte que 10% d’élèves autochtones dans l’établissement.1
Mais même des enfants d’origine allochtone ont quitté l’école. Les parents disaient « cela ne reflète plus notre société et donc, cela ne va pas. »
On raconte que ce sont les petits « roms » qui auraient fait fuir les parents. Beaucoup ne maitrisent* pas le néerlandais. Difficile dans ces conditions d’offrir un enseignement propice à l’apprentissage, au grand regret des enseignants. Sonja Van Oirbeek, institutrice :
Nous, on trouvait qu’on faisait du bon travail. Dans toutes les écoles, il y a des enfants à problèmes. Je trouve qu’on faisait de notre mieux pour enseigner correctement.
… qui a tourné au ghetto
Certaines de ses collègues avouent tout de même rencontrer des difficultés face à ces élèves dont les niveaux sont si différents. Surtout que les classes sont regroupées… Ainsi, les élèves de 5e travaillent avec ceux de 6e.
Ils ont tous un niveau différent et il n’y a plus de mixité sociale.
A ces difficultés d’enseigner s’ajoute le problème de la réputation qui, dans une petite ville, fait toute la différence. Dans deux ou trois ans, il n’y aura plus aucun élève autochtone dans l’école, l’équipe éducative en est convaincue. La solution de la dernière chance? Que toutes les écoles voisines leur envoient une dizaine d’élèves autochtones pour repeupler les classes et renforcer la mixité... Mais ce serait aller à l’encontre du choix des parents. Sauf si certains se mobilisent. Cela s’est déjà vu. Dans une Flandre souvent tentée par le repli sur soi, un tel projet d’établissement mérite assurément que l’on se donne cette peine.2
A moins d’un miracle, en septembre prochain, la clé sera définitivement glissée sous le paillasson.
* maîtrisent
Les mots suivis d’un astérisque sont écrits en accord avec l’orthographe réformée.
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Comme quoi la mixité ce n’est pas si facile que cela !!! Dommage que cela entraîne la mort d’une école.