EXCLUSIF : Réunie en Comité Communautaire ce mercredi 6 avril 2011, la CSC-Enseignement a jugé insuffisantes les mesures du projet d’accord sectoriel et les a majoritairement rejetées.
Après une large consultation dans plusieurs centaines d’établissements, la CSC-Enseignement a entendu les difficultés vécues quotidiennement par des milliers d’enseignants. Ceux-ci souhaitent être reconnus dans leur travail quotidien.
Le projet de protocole d’accord prévoit un allongement de la carrière des enseignants, consacre trop peu de moyens à la revalorisation salariale. Les propositions concrètes en matière de conditions de travail sont insuffisantes.
Quelle suite les syndicats donneront-ils à ce rejet?
La CSC-Enseignement proposera à ses partenaires du front commun un plan d’actions pour exiger immédiatement des efforts complémentaires en matière de salaires et de fin de carrière.
Elle demande aussi l’ouverture de discussions qui permettent d’apporter des réponses concrètes par rapport :
1. aux difficultés vécues quotidiennement dans les écoles, notamment en matière d’encadrement ;
2. à la lutte contre les concurrences entre établissements et réseaux, concurrences qui accroissent les pressions sur les personnels.1
L’accord sectoriel également rejeté par le SLFP et le Sel-Setca
Le texte a été repoussé par 99 % des 250 délégués SLFP réunis mercredi après-midi à Bruxelles. Les délégués du syndicat libéral se sont prononcés à 90 % pour mener des actions en front commun et à 51 % pour des actions de grève.
Autre verdict : celui rendu par le SEL (Setca de l’enseignement libre). La proposition de convention sociale a été rejetée, là, par 75 % des affiliés. Les enseignants du SEL déplorent que le projet d’accord ne prévoie rien pour véritablement lutter contre la pénurie ou pour améliorer l’attractivité du métier. Ils notent aussi l’absence de soutien aux jeunes enseignants et l’absence de plan salarial pluriannuel, singulièrement pour les petits salaires.
- Communiqué de presse CSC – 06.04.11 [↩]
Est-ce que ce furent de véritables négociations ? j’en doute.
Alors quid pour la suite ?
Qui est encore prêt à mener des actions « plus dures » alors qu’en secondaire il reste à peine trois semaines de cours ?
Comment les syndicats auraient-ils pu oser accepter une « revalorisation » salariale de… 2 euros par mois ?
Le mépris, toujours le mépris…
Dire que les politiciens avaient tous déclaré que « l’enseignement est une priorité »…
Mais il n’y a pas que le salaire à revaloriser… Les conditions de travail et l’estime de notre métier ne sont pas prêts de s’améliorer. Comment dans ces conditions amener des jeunes à reconsidérer ce métier alors qu’il est méprisé tous les jours ?
Vers la fin de mes études de régendat (je suis sortie en 1990), il n’y avait déjà des grèves. Une vraie révolution!!! On s’en souvient encore. Je vois que 20 ans après, rien n’a changé. Les enseignants travaillent toujours dans des conditions déplorables, si pas plus, et on trouve encore le moyen de leur enfoncer la tête encore plus profondément dans le sable. Comment voulez-vous motiver les jeunes à se diriger vers l’enseignement ou à y rester ? Et bien sûr, tout ça rejaillit sur l’éducation de nos enfants, qui, ne l’oublions pas, sont les adultes de demain !!!