Le ministre-président de la Communauté française, Rudy Demotte, a appelé ce matin les enseignants au « sens des responsabilités », à la veille d’une grève et d’une importante manifestation à Liège. Découvrez ici son interview au micro de la RTBF :
Nous sommes face à une incapacité financière. On a mis beaucoup d’argent sur la table. C’est 30 millions d’euros en base annuelle. Maintenant, il reste à voir l’enseignement comme un tout… Il y a les questions salariales, les questions statutaires. Il y a aussi les questions relatives au défi démographique et on sait qu’elles sont importantes, c’est plusieurs milliers de places qui sont prévues. Tout ça coute* de l’argent.
Il n’y a pas un euro à attendre en plus, dans les prochaines semaines? Ce n’est pas parce que les enseignants font grève et descendent dans la rue à Liège que le gouvernement de la Communauté française va mettre de l’argent neuf sur la table?1
On n’est pas dans une logique « offensive » où on fait des déclarations guerrières. On a discuté, discuté très longtemps. A un moment donné, on avait le sentiment qu’un compromis était acceptable. Maintenant, je ne pense pas qu’il faille emballer la machine.
Vous ne reviendrez pas non plus sur les prépensions à 58 ans?
Je crois qu’il faut aussi en appeler au sens des responsabilités. On sent bien que la corde n’est évidemment pas extensible à l’infini.
* coute
Les mots suivis d’un astérisque sont écrits en accord avec l’orthographe réformée.
- Matin Première RTBF – 04.05.11 [↩]
Extraordinaire !
Voila le ministre-président qui ne parle que de gros sous (je l’ai écouté à la radio, les questions du journaliste tournaient aussi autour des gros sous).
Dans son ménage, il ne s’occupe que de l’argent mais il ne lave jamais son linge, ne nettoie pas et n’entretient pas la maison ?
Dans les propositions et demandes des profs, tout ne nécessite pas des moyens financiers …
Je l’admets, pour beaucoup de soucis des enseignants, il faut de l’imagination (mot adoré de nos politiciens) et surtout du courage pour afficher clairement ses choix.
Ecole garderie ou lieu d’apprentissage ? Ecole pour nantis ou pour la masse ?
Depuis quelques années, de « pauvres » intérimaires (ou définitifs) n’arrivent plus à enseigner de façon correcte aux détriments des élèves les plus faibles. Quels sont les moyens (pas des sous) prévus pour ramener la sérénité en classe ?
Plusieurs élèves s’absentent sans motif ou avec des certificats « bidons » … aucune mesure ne suit… la liste continue !!!!
J’aimerais qu’un jour d’élections les profs ne laissent guère d’espoirs à Demotte et à sa clique…
Qu’on ne fasse pas dire aux profs ce qu’ils n’ont pas dit, il n’y a pas que des revendications salariales, ou des mesures nécessitant de gros moyens qui peuvent être mis en place. Certains changements sont plus qu’attendu et ne coûterait pas plus cher à la CF.
La langue de bois, la phrase prise hors contexte, le parler pour ne rien dire, la mauvaise foi,… Vous connaissez? Voyez qui je vise, ils sont nombreux et quand il faudra aller aux urnes, il y aura encore de belles promesses et on reprendra les mêmes qui se préoccupent de leur portefeuille (argent) et de leur « confort » mais pas du nôtre.
Pour garder nos jeunes profs, est-ce le prolongement du dppr qui va modifier leur choix ? Pensez-vous qu’ils nous quittent principalement pour des questions financières ?
Accompagnez-les en classe et je pense qu’il n’y aura plus rien à dire ! Si tout le monde fait de l’angélisme alors ok tout va bien et c’est vrai que nous pouvons nous battre pour gagner énormément plus et, dès lors, quitter le plus vite possible. Finalement c’est la solution la plus simple. Combien de parents préfèrent donner de l’affection financière à leurs enfants (ipod, pc, …) pour …
Les syndicats ont lancé cette grève pour une revalorisation salariale et contre le report du départ à la prépension à 58 ans. Je ne suis pas ce mouvement. Les salaires sont corrects dans la conjoncture actuelle et un départ à 55 ans n’est pas logique. Cette grève est très peu comprise par l’opinion publique et avouons il y a de quoi.
Je pense vraiment que Oli doit être dans une école favorisée. Je l’invite à passer un mois dans une école difficile à Arlon!!
Quelques remarques au sujet des DPPR et du report éventuel à 58 ans.
1. Les enseignants ne sont pas les seuls à bénéficier d’un départ anticipé : les gendarmes et les militaires 56 ans (pension), les gardiens de prison 55 ans (DPPR avec traitement d’attente 80 %).
2. Dans le secteur privé, les restructurations récentes (Opel, la Redoute, les 3 Suisses,…) permettent des prépensions à partir de 50 ans.
3. Voici quelques mois, plus de mille militaires ont bénéficié d’un départ anticipé à 51 ans avec 75 % du traitement.
4. L’argument de la nécessité du prolongement de la carrière est systématiquement mis en avant pour les enseignants mais pas dans les innombrables secteurs qui prépensionnent à tour de bras.
5. Les DPPR (dans le système actuel) représentent environ 2% de la masse salariale. Ceci s’explique principalement par le système de traitement (minimum pour un débutant et maximum pour une personne en fin de carrière).
6. Ce système n’est pas un système qu’utilisent tous les enseignants. Il permet à des enseignants usés physiquement ou nerveusement d’avoir une porte de sortie. Je crains fort que sa remise en cause n’engendre une augmentation significative des congés de maladie pour des enseignants âgés. In fine, la Communauté française sera amenée à supporter des traitements de disponibilité pour maladie plus importants que le coût des DPPR.
7. Pour faire des économies, il était parfaitement possible de jouer sur d’autres paramètres (formations obligatoires 6 demi-jours/an, nombre démesuré d’inspecteurs, conseillers pédagogiques, chargés de mission,…)
8. Les enseignants francophones resteront dans un carcan financier aussi longtemps que la Communauté française ne disposera pas d’un levier fiscal et devra gérer les moyens qu’elle reçoit via la loi de financement.
L’incertitude actuelle au niveau fédéral n’est pas de nature à rassurer!
La fusion avec la Région wallonne permettrait de contourner le problème puisque les régions sont dotées d’une certaine capacité fiscale.
(Vandorpe Eric, mandataire CSC Enseignement)
Correction 6 demi-jours/an
Celui qui donne cours dans l’enseignement spécialisé avec des caractériels, je pense qu’il est en effet sur les rotules avant 55 ans. Il n’est pas besoin de parler de la reconnaissance sociale.
).
J’y ai passé un an au début de ma carrière et les profs qui ont eu 55 ans ont tous décroché (et je peux vous affirmer qu’il y en avait de super motivés, ils méritent une médaille