Excuses publiques d’une prof gréviste

Carte blanche de Virginie Nisen, enseignante à l’Institut Sainte-Marie à Arlon.

A vous tous, travailleurs du privé, pensionnés d’emplois difficiles, personnes exerçant une profession dangereuse et épuisante physiquement, je présente toutes mes excuses.

Oui, vraiment, je suis désolée ! Désolée d’avoir choisi (si tant est que ce soit un choix) d’enseigner, et de passer ma vie au milieu de vos enfants, neveux, petits-enfants, voisins… Désolée d’avoir cru que par l’école, on peut changer le monde, ou du moins, aider à construire le monde de demain. Désolée d’avoir osé imaginer que c’était important, la formation des générations futures.

Désolée d’avoir fait trois ans d’études dans une école normale, d’avoir trimé pour payer lesdites études, et d’avoir finalement obtenu un diplôme.

Excusez-moi d’avoir tenu bon, quand j’étais jeune prof, d’avoir galéré pour boucler des fins de mois difficiles, avec un salaire de 1200€, un appart, une voiture, des factures à payer ; d’avoir eu plein de fois l’envie d’arrêter face à des classes qui n’en voulaient pas, aux commentaires de certains parents qui savent mieux que nous comment faire notre métier, à la crise d’adolescence et ses heurts, mais de m’être accrochée, parce que je l’aime, ce métier, et parce qu’on ne chasse pas ses rêves d’un coup de cuillère.

Je suis sincèrement désolée d’estimer que je mérite ce que vous appelez mes congés (environ 35 jours ouvrables sur l’année, puisque juillet et aout* ne sont pas des mois de congé, mais bien des mois non payés), en oubliant que je ne les ai pas demandés, que je ne choisis pas leurs dates, et que j’en passe toujours une partie à préparer la suite de l’année scolaire.

Désolée d’arriver à la fin des trimestres sur les rotules, parce que vos chers anges, si sages et dociles à la maison, sont parfois de vrais fauves quand on les regroupe dans des classes bondées.

« C’est l’avenir de vos enfants qu’on brade »

Toutes mes excuses aussi de toucher en douze fois ce que je gagne en 10 mois. Vraiment, pardon de vouloir pouvoir manger aussi en juillet et aout*. Désolée que les pouvoirs publics, à coups de réformes, de nouveaux programmes et de refinancement, aient contribué à donner l’impression que mes collègues et moi étions des planqués jamais contents. Et désolée que, via ces mêmes réformes et nouveaux programmes, ils aient compliqué les apprentissages de vos enfants au point qu’à l’enquête PISA, on soit au bas du classement.

Excusez-moi, enfin, d’avoir fait grève aujourd’hui. Oui, vraiment, pardon d’avoir eu envie d’envoyer un signal, et de dire ou redire que mon métier, aussi beau et passionnant qu’il soit, est un métier difficile. Le dire, sans juger celui des autres, en sachant pertinemment que je n’ai pas le dos cassé ou des mains rugueuses à force de porter des blocs ou des malades, de manier des outils, et qu’il y a moins bien loti que moi. Moi j’ai juste parfois les oreilles cassées, la tête épuisée, et le moral bousillé par ce que je vois au quotidien, par ce que j’entends, et aujourd’hui est un de ces jours.

Pardon d’avoir peur d’être, à 58 ans, fatiguée et usée, tout en espérant être encore en forme et contente d’aller en classe.. Pardon d’avoir peur de devenir un mauvais prof, un fonctionnaire qui gâche le potentiel des enfants qui lui sont confiés parce qu’il ne croit plus en ce qu’il fait. Oui, vraiment, pardon de vouloir rester une « bonne prof », ou du moins, une prof passionnée et de pouvoir rendre mon tablier le jour où je n’y croirai plus.

Pardon d’avoir voulu dire que l’école, c’est important, et qu’en bradant sans cesse la qualité de l’enseignement, ou les moyens mis en œuvre pour qu’on puisse faire notre métier, c’est l’avenir de vos enfants qu’on brade. Oui, vraiment, pardon d’avoir cru que vous nous accorderiez au moins le bénéfice du doute et dépasser les on-dit, et que vous pourriez croire qu’on pense aussi à vos enfants en demandant plus de moyens pour nos écoles.

« L’école est un pilier à conserver »

Pardon d’avoir envie de crier que des locaux vétustes et du matériel dépassé, ce n’est pas adéquat dans ce monde où tout va si vite et où la technologie nous dépasse. Désolée d’avoir eu envie de tirer une sonnette d’alarme face à mes jeunes collègues dépités (et quand je lis tout ce que j’ai lu aujourd’hui, moi aussi je rendrais bien mon tablier). Désolée d’avoir rêvé d’une société où l’on considèrerait* que l’école est un pilier à conserver, et pas une garderie où on parque pendant 8h les ados pour que leurs parents puissent gagner leur vie et espérer une promotion (tiens, encore un truc que je ne connaitrai* jamais, quel que soit le temps passé en classe ou la qualité de mes préparations.

Désolée, au final, d’être une fainéante-planquée-jamais contente, comme tous mes collègues.

Je vous laisse à votre rancœur, et à vos idées sur mon métier, et je m’en retourne préparer ce weekend* où je m’occuperai de 45 ados, 24h/24…

Et puis je salue mes collègues, qui sans doute préparent ou corrigent, parce qu’il faudra bien que demain quelqu’un s’en occupe, de vos pauvres petits obligés de supporter des professeurs incompétents et paresseux…

* août, considérerait, connaîtrai, week-end

Les mots suivis d’un astérisque sont écrits en accord avec l’orthographe réformée.

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Vos commentaires

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  1. manu dit :

    J’aurais même envie d’ajouter:
    Et pardon envers tous mes collègues que j’ai « embêtés » hier en faisant valoir mon droit à la grève et si j’ai jugé important d’aller manifester pour une mobilisation générale afin d’améliorer NOS conditions de travail… J’entends par là, les vôtres aussi…

  2. Adrienne dit :

    J’ai posté le lien de l’article sur FB, et je l’ai dédié à mon fils.
    Mon fils qui depuis des années dit qu’il veut être enseignant, pour enseigner, au sens premier du terme.
    Mon fils qui est en première année de régendat, et qui est dans son élément lorsqu’il est en stage.
    Mon fils qui, contre vents et marées, est passé outre les remarques de ses amis (« tu ne seras jamais riche ! »), parce que ce qu’il veut faire, c’est partager ce qu’il sait, encore apprendre, et donner l’envie de s’ouvrir au monde.
    Mon fils à qui ses profs disent qu’il a « ça dans le sang ».
    A mon fils dont je suis si fière qu’il choisisse un si beau métier.

  3. jm.steinfort@skynet.be dit :

    4/20 : les 4 premières phrases sont sensées et les 16 autres idiotes.
    Conclusion du conseil de classe : virée, ne peut se représenter l’année prochaine !

    • Dubois dit :

      D’abord, dans les conseils de classe, même si certains élèves sont mauvais, on ne les balaye pas comme ça d’un revers de la main. Vous n’y connaissez rien, vous n’avez rien compris à cette lettre. Votre réaction est ridicule. Dehors!

  4. debart N dit :

    Merci d’avoir si bien résumé ce que je répète depuis des années autour de moi.

    • fwax dit :

      Quel beau discours plein de victimisation. Oooh, les pauvres profs incompris qui souffrent tellement et qui ont le monde entier contre eux. Ce n’est pas en vous faisant passer pour les gentils contre tous les autres, les méchants, que vous gagnerez en crédit.

      • virgi dit :

        Je suis certaine que vous ne vous plaignez jamais de votre travail et que si vous avez des enfants vous ne dites que des bonnes paroles sur leurs professeurs. Venez dès demain renforcer nos rangs, vous êtes prêt à venir prendre une classe et montrer de quoi vous êtes capable! Après une semaine, on en reparlera des pauvres profs que nous sommes!

      • Ald dit :

        Entièrement d’accord.
        Elle a démarré avec 1.200 € net ?… Waouw, c’est triste ça ! et pour combien de périodes ?
        J’ai commencé à travailler dans le secteur privé à 40 heures semaines et pour quel salaire ? 793 € par mois exactement !!!
        Après 10 ans d’ancienneté, je travaille aujourd’hui à 30 heures semaine (ben oui, dans le privé, on doit travailler le mercredi après-midi ou alors on décide de prendre un temps partiel et on gagne ENCORE moins). Bref, aujourd’hui, je gagne 1.200 € net !
        Bienvenue dans notre monde !
        Le public, c’est nul ?
        Venez tester le privé ! C’est coooool ! Quand vous demandez une augmentation, on vous répond qu’il y en a 1.000 qui attendent dehors pour un salaire moindre que le vôtre !! Mais venez, venez, on a besoin de bras, dans le privé, une personne doit faire le boulot de 3 et garder le sourire !
        Avant de vous plaindre, regardez autour de vous et un peu d’humilité pour les gens du privé qui travaillent 2 fois plus pour 2 fois moins que vous !
        Ah oui, j’oubliais : dans le secteur privé, vous aurez l’immense plaisir d’avoir 20 jours de congés par an ! Pas un de plus …
        A bon entendeur …

        • Je vous en prie vennez nous rejoindre comme prof, il y a pénurie….

        • domi dit :

          Vous devriez offrir à votre patron un guide de législation sociale… Cela lui éviterait de se conduire comme un patron chinois.

        • Line dit :

          Pour avoir travaillé dans le privé pendant plus de 10ans, je répondrai également: sans doute avez-vous raison! Reprenez donc des études et posez votre candidature comme prof. Il y a un manque! Nous en reparlons dans trois ou quatre ans? Lorsque, déjà, vous aurez effectué quelques stages? Et puis, aimez-vous ce que vous faites pour un si bas salaire? Si non, cherchez donc ailleurs!

        • iacomini dit :

          Je trouve votre agressivité et votre raillerie consternante, pourquoi vous sentez-vous agressé(e)?
          Il n’a jamais été question de comparer le secteur privé et le secteur public! D’ailleurs l’auteure de l’article précise bien qu’il y a des emplois plus fatigants, plus durs que le sien.
          Tout le monde est d’accord sur le fait qu’avec un salaire de 1200 ou 1400 euros il n’est pas toujours aisé de se débrouiller dans la vie, quel que soit l’activité prestée. Les enseignants essaient de se faire entendre car ils pensent que pour améliorer la société, le bien-être des générations futures il est important d’accorder des moyens à l’enseignement (et pas uniquement à eux, il s’agit aussi et surtout des moyens des écoles publiques), malheureusement le gouvernement a d’autres priorités, et visiblement beaucoup de gens ne sont pas non-plus de cet avis.
          Et si vous trouvez que la place d’enseignant est une si bonne planque pourquoi ne pas passer dans le secteur public?
          Et de même si vous trouvez vos conditions de travail exécrables pourquoi ne pas soutenir des gens qui se battent pour de meilleures conditions?
          Bien à vous,

          Marcia

      • RICHARD Denis dit :

        Tout d’abord bravo pour votre courage d’afficher ouvertement votre nom. Je ne suis pas enseignant : mon père a été instituteur de 1928 à 1976 : il a arrêté à 68 ans (mais oui les enseignants sont tous des ‘fainéants’). Ma fille a commencé cette année comme prof de math / physique. Après 5 ans d’université, elle touche 1.500 euros/mois et elle est passionnée par ce qu’elle fait (bien plus d’ailleurs que les élèves qu’elle a !). Moi je ne suis pas enseignant (ça ne m’aurait pas déplu) : je fais donc partie des gens qui travaillent pour leur propre gueule et pas pour aider les autres (quoique, mais ça serait trop long à expliquer). Je suppose que vous n’êtes pas non plus quelqu’un de très altruiste : les enseignants, les infirmiers et infirmières, les assistants sociaux,… vous ne les côtoyez que pour profiter de leurs services et vous ne leur permettez pas de revendiquer un tant soit peu de dignité : parce que ce qu’il demande en résumé, c’est ça. Qu’on les paie dignement, qu’on leur accorde un cadre de travail digne, qu’on les respecte, que les parents qui ont fait des études universitaires ne se croient pas plus intelligents, que d’autres parents (ou les mêmes) ne donnent pas d’office raison à leur progéniture et menacent d’aller en justice à la moindre contrariété (Naturellement comme dans tous les métiers, il y a des bons et des mauvais et ceux-là, on peut (on doit) les rencontrer pour leur expliquer qu’ils font fausse route)… J’espère qu’un jour cher Monsieur ou Madame Fwax, vous aurez besoin d’autres personnes pour vous soutenir et que ces personnes vous retourneront la même réponse débile et populiste que vous avez donnée. Denis Richard (et ce n’est pas un nom de substitution)
        PS: Finalement je me demande pourquoi je perds mon temps à vous répondre. Comme disait Audiard, je ne parle pas aux cons, ça les instruit !

  5. Laurent Lucas dit :

    Il faudrait être honnête dans votre démarche intellectuelle… D’un côté, vous vous plaignez de ne gagner que 1200€ par mois et d’un autre, vous vous plaignez de n’être payé que 10 mois par an étalé … Donc soit vous annoncez que vous avez un salaire de base de 1.440€ par mois avec 10 mois payés par an… ou alors 1200€ par mois et payés 12 mois… Mais la démarche intellectuelle d’annoncer dans la même phrase que vous gagnez 1200€ par mois et que vous n’êtes payés que 10 mois est fausse ou à tout le moins trompeuse.
    D’un autre côté, j’ai travaillé pour 1200€ par mois aussi, mais en pauses américaines, 1 WE par mois libre, horaires de merde (3 pauses), 4 semaines de vacances par an en juillet … et ils exigeaient un graduat …
    Je vais me faire lyncher, mais j’estime que pour le travail fourni (et les résultats obtenus), vous vous plaignez d’aise.

    • Ald dit :

      Bravo Monsieur, ce n’est pas moi qui vous lyncherai ! Comme noté plus haut (je me ferai sans doute lyncher avec vous), je leur propose de tester notre monde ;-)
      Pardonnons-leur, ils ne se rendent pas compte…
      La cousine de mon mari est institutrice, elle adore son métier qui n’est, il est vrai, pas toujours facile mais jamais elle ne se plaint et est bien consciente que, malgré certains moments difficiles (comme tout le monde), elle a de la chance et estime qu’elle gagne bien sa vie …

      PS: Les 20 jours de congé, c’est lorsque vous travaillez à temps plein bien sûr. Lorsque comme moi, vous décidez de travailler 30 heures semaines pour pouvoir aller rechercher votre enfant à 13h à l’école le mercredi, vous n’en aurez plus que 16…

      • Dubois dit :

        Mon mari travaille dans le privé, il gagne autant que moi dans l’enseignement, tout en étant plus jeune et n’ayant pas fait de hautes études. Quand il rentre, je suis en train de travailler pour l’école et lui s’installe dans le fauteuil avec un apéro. Ce n’est pas pour ça que je lui reproche quoi que ce soit; donc, effectivement, c’est difficile de comprendre tous ces gens qui critiquent les enseignants. Et sachez que nous ne nous plaignons pas, nous EXPLIQUONS à ceux qui peuvent comprendre le pourquoi de ce ras-le-bol. Visiblement, vous n’êtes pas de ceux-là. Dommage pour vos enfants!

    • Henri dit :

      Votre message m’interpelle car après avoir passé 10 ans à travailler jusque 2h du matin tous les jours pour trouver des activités pour motiver un peu les enfants que vous ne savez plus éduquer, je suis passée dans le privé et croyez-moi, c’est beaucoup moins stressant !
      Au moins quand ma journée est terminée, je ferme la porte de mon bureau et je peux rentrer chez moi et me consacrer à ma famille.
      Mon travail se limite à mes 38 h semaines, alors que dans l’enseignement je ne les comptais même plus !
      Alors ne parlez pas d’une situation que vous ne connaissez pas et arrêter de blâmer les personnes qui tentent d’inculquer des valeurs à vos enfants.
      Un petit message pour mes anciens collègues maintenant : je vous trouve très courageux de poursuivre dans cette voie, c’était aussi une passion pour moi mais elle a viré au cauchemar !

  6. JacquesDB dit :

    Je remercie cette collègue ! Bravo, il fallait le faire et c’est relayé par certains médias.
    Hélas, dans les forums, on peut lire que bien des gens n’ont rien compris.

  7. rouyr dit :

    Je n’aurai qu’un mot à dire: « BRAVO »!

  8. mayence christophe dit :

    Moi aussi je vais faire grève (lol) car j’ai fait 46 heures cette semaine, je suis de garde, j’ai fait +-950 km pour essayer de satisfaire des clients mécontents et en plus mes prochains congés sont programmés pour le 15/08, pas avant, et je ne sais prendre que 15 jours car il y a trop de travail. Mais bon, nous on ne fait pas grève pour autant. J’ai 31 ans et ça fait plus de 20 ans que j’entends que vous faites des grèves et des grèves et encore des grèves. C’est comme la sncb et la tec en fait, vous le service public, vous n’êtes jamais contents, toujours à se plaindre et nous dans le privé c’est tais-toi et bosse ou je te vire, nous ne sommes pas nommés nous. Pas de 60 demi-jours de maladie récupérables en fin de carrière. Alors s’il vous plait faites comme moi, allez au boulot et arrêtez de vous plaindre. Quelqu’un qui comprend les gens qui font grève mais le problème c’est que trop de grèves tue la grève.
    Ps: c’est toujours les mêmes qui font des grèves et qui prennent les gens en otage, nous aussi on en a marre.

  9. En effet, l’humour quand il est fin n’est accessible qu’à ceux qui réfléchissent ! C’est comme ceux qui croient que Molière était avare parce qu’il a écrit l’Avare…
    Enfin, le monde est ainsi fait que certains prennent tout à la lettre et en oublient l’esprit. Merci pour cette petite perle de prof qui fait du bien et tant pis pour les imbéciles !

  10. Kema dit :

    C’est en effet un beau texte, une belle description du métier de professeur, mais cela justifie-t-il la grève et vos revendications? C’EST L’AVENIR DE VOS ENFANTS QU’ON BRADE dites-vous. Pourquoi donc?
    En quoi votre situation est-elle si critique qu’elle justifie ce mouvement? J’aimerais comprendre. Votre plan de carrière doit être adapté? Vous pensiez partir tôt? Moi aussi. J’adorerais pouvoir partir le plus tôt possible. Mais je devrai certainement travailler jusqu’à 65 ans. 45 à 50 heures semaine, 46 semaines par an (et j’ai de la chance, j’ai 30 jours de congé). Mon premier salaire avec ces conditions était de 1.250 EUR.
    Tout à fait d’accord avec vous, le métier de prof n’est pas anodin, vous vous occupez d’enfants, de mes enfants. Et je vous en remercie. Je suis en admiration devant votre travail. C’est le plus beau métier du monde. Je le pense. Mais cela ne m’empêche pas de penser que vos conditions de travail sont bonnes et ne justifient pas l’action du moment.
    Ouvert à la discussion.
    Kéma

    • josan dit :

      Vous avez peut-être la chance que vos enfants ne soient pas dans une classe de trente. Je peux vous assurer qu’il est très pénible de travailler avec des classes de plus de 22 quand on veut faire son travail de la meilleure manière possible (manipulations, expériences, lectures orales, individualisation, remédiations…).
      J’adore mon métier et pour rien au monde je ne voudrais en changer, mais il faut admettre qu’il devient de plus en plus dur et que nos nerfs sont souvent mis à rudes épreuves.

  11. hedwigeviolette dit :

    Merci.

  12. Anaïsnin dit :

    Merci ! Joli texte dans lequel je me retrouve complètement !

  13. Rene Decupere dit :

    Oui, oui, oui et encore oui, je connais bien les tracas et l’atmosphère dans lesquels les enseignants doivent travailler et j’applaudis des deux mains lorsqu’ils se manifestent et crient leurs désarrois sur la manière dont nos responsables politiques prennent « les choses en mains ??? ».

  14. Esther dit :

    Tout simplement MERCI

  15. René Screve dit :

    C’est si joliment résumé qu’on a peine à croire que c’est ce que nous vivons au jour le jour. Mais cela, on l’avait choisi; par contre les changements de règles en cours de route ,cela nous ne l’avons pas choisi. On ne sera jamais riche… La richesse intérieure que nous accumulons le long de notre chemin ne se mesure pas en euros mais est incommensurable. Le sourire d’un gamin qui a compris, les yeux grands ouverts d’une fille qui réussit malgré les difficultés, tout cela ne fait pas bouillir la marmite… Mais lorsque je quitterai la fonction, les merci sur Facebook, les souvenirs n’ont pas de prix à condition qu’on me laisse partir quand je le désirerai et pas à 55, 58,… Qu’on puisse partir après 55, mais sans obligation si ce n’est 65 maximum… Mes jours de congé de maladie, c’est un droit lorsque je suis malade, mais je ne les cumulerai pas pour partir plus tôt… A tous les enseignants, indignons-nous…

  16. A lire !!! Acceptez que les profs ont un métier pas facile dans notre société d’aujourd’hui ! J’ai reçu beaucoup de profs en thérapie et je suis témoin qu’ils ont de quoi craquer ! Les métiers « nobles » autrefois deviennent ingrats, c’est inadmissible ! Je pense aussi aux infirmières, aux médecins, au réel rôle du policer et à tous les métiers de « service ». La société actuelle les considère comme de la merde, est irrespectueuse. Ils sont dévalorisés. Cela doit cesser. Revenons à de meilleures valeurs et tâchons de ne pas juger ! Est-ce possible ??? Remercions les gens qui portent nos enfants, notre santé, notre sécurité, etc. Nous sommes une CHAINE, chacun joue son rôle, nous avons tous besoin les uns des autres ! Si on se serrait les coudes, plutôt que vivre dans une société individualiste, on n’en serait pas là aujourd’hui ! Chacun sa part de responsabilité !!!

  17. Mike dit :

    Êtes-vous désolée aussi d’avoir en 24h et 30h de cours (de 50 minutes… soit 20h et 25h normales) qu’elle preste à l’école?
    Êtes-vous désolée d’avoir des journées entières de trois heures de cours?
    Êtes-vous désolée aussi de n’avoir jamais de frais de garde à payer pour vos enfants? De toujours être là quand eux ne sont pas à l’école…
    N’êtes-vous pas désolée simplement de ne pas vouloir choisir une reconversion professionnelle?
    Toutes les professions ont leur dose de pénibilité, quand celle-ci devient trop grande il faut juste savoir se reconvertir Madame Nisen.

    • josan dit :

      Ne seriez-vous pas désolé de ne pas être prof?

    • dumont dit :

      Ce n’est pas qu’une question de reconversion. C’est une question de garder sa passion intacte et de se rendre au travail avec plaisir et non pas juste pour gagner sa paie. Quant aux frais de garde pour ses enfants, je pense que tout le monde les paie.

    • Nico dit :

      Bonjour à tous, je suis consterné quand je lis tout ceci…
      Il faudrait d’abord vous rappeler la raison principale de la grève… Le décret Robin des Bois! Je trouve que chacune des réactions négatives de personnes qui ne sont pas enseignantes sont censées! Je suis instituteur primaire pour ma part. Oui, nous avons des congés (nous ne l’avons pas choisi, à chacun son boulot avec ses congés), oui nous pouvons nous occuper de nos enfants puisque nous sommes là pendant les vacances et autres (encore une fois on ne le choisi pas!) oui nous sommes payés (pour ma part, je trouve cela correct) mais sachez qu’avec le décret Robin des Bois, une école peut perdre pas mal d’argent. Quelle sera la réaction de vous, parents, si l’école de votre enfant ne sait pas se chauffer en suffisance suite au manque de budget? Que direz-vous si votre enfant n’a plus aucun matériel de l’école (pour ceux qui auront eu l’habitude d’en avoir)? Comment réagirez-vous si l’école doit engager quelqu’un qui n’a aucun statut de prof comme c’est déjà le cas dans certaines écoles (je connais des écoles qui doivent demander à leur secrétaire de prendre une classe suite aux absences et aux pénuries…)? Que direz-vous si votre enfant se retrouve dans une classe de plus de 30 élèves suite aux périodes perdues à cause du décret Robin des Bois et que par pur hasard, votre enfant soit en difficulté scolaire et que l’instit ne sait pas gérer ses lacunes suite au trop grand nombre d’élèves dans sa classe?
      Il faut interpréter les choses mais dans le bon sens…
      Quand je lis certains commentaires, je me dis que cela est dommage… Certains disent que nous faisons souvent grève, la dernière date de 15 ans plus ou moins! A ne pas confondre avec la Tec ou la Sncb qui en font au moins 10 par an!
      Comprenez nos revendications! Notre métier est le même qu’un autre. Moi je ne me plains pas de mon salaire ou autre mais bien des conditions dans lesquelles on nous fait aller!
      Que diriez-vous si on vous enlevait la moitié du budget de votre entreprise ou autre pour le donner à une autre qui ne tourne pas mais qui est conccurente à la votre?

      Ce n’est que mon avis…
      A méditer

      • Line dit :

        Ah! Un commentaire sensé! Enfin!
        Finalement, on se lance tous des tomates et on ne voit pas ce qui se passe au dessus de nous!
        Les difficultés sont partout, les gens sont mécontents partout! Ouvrez les yeux, bon sang!

  18. michele dit :

    Fille de professeur et maman de 5 étudiants, je salue votre courage de continuer ce métier. Si l’éducation se fait à la maison, que serait l’avenir de nos enfants sans l’instruction !!!

  19. robert dit :

    Allez on vous pardonne ;-) Mais nous pardonnerez-vous, bien que nous soyons diplômés en philo et lettres, non d’avoir choisi de ne pas être prof, mais d’avoir choisi une autre voie par passion, mais d’être à la merci d’actionnaires qui en veulent toujours plus et nous en donnent toujours moins, d’être chaque jour sur un siège éjectable, d’estimer que les profs gagnent bien leur vie (bien mieux que nous en tout cas), de toucher en 13 mois ce que d’autres gagnent en 6 mois, d’avoir 5 ou 6 semaines de congés qu’on ne prend pas forcément quand on veut… ? On est bien d’accord, chacun a droit au respect… Concernant le regard des autres, pour être entouré de profs, pour travailler avec eux quotidiennement et pour avoir moi-même expérimenté, je peux témoigner que la plupart d’entre eux se font des idées sur le monde de l’emploi et du travail hors enseignement. Mais cela ne change rien au fait qu’il y a d’immenses problèmes dans l’enseignement, de l’indiscipline des élèves à l’insuffisance des moyens donnés aux écoles (mais pas un problème salarial) et au manque de vision et de courage politique… Pour le reste, c’est dur pour tout le monde (ou presque) !

  20. Antoine dit :

    Est ce que maçon est un métier facile ? Travailler hiver comme été, pluie, neige, gel ? De même chauffagiste ? plombier ? charpentier ? Tous les métiers de la construction sont faciles alors par rapport à enseignant ? Le taux d’accident et de mortalité crève le plafond dans la construction. Ils ont moins de congés que les enseignants, ils gagnent 3 fois moins et excusez-moi mais il n’y a pas beaucoup de maçons promus. Pourquoi ils ne font pas grève ? Pourquoi tous les métiers un peu difficiles ne font-ils pas grève ? Ah juste, il n’y a que les métiers difficiles qui sont payés par l’état qui le peuvent.
    Pauvres petits enseignants, on vous force à faire un métier horrible et épuisant (les maçon quelles lopettes, qu’ils prennent une classe pour voir). Donne à un enseignant une journée sur chantier par -5°C en hiver ? Ces arguments sont sans queue ni tête. Juste gueuler un coup, foutre le bordel parce qu’après tout, on a le droit et personne ne peut rien dire.

    • Josy dit :

      Je crois qu’une convention collective dans le bâtiment autorise à ne pas travailler en dessous d’une certaine température ? Les travailleurs et leurs employeurs alimentent d’ailleurs un fonds pour cela. Alors… qu’attendez-vous pour faire respecter la législation ? Je pense qu’il est temps de faire grève ! Pour faire respecter vos droits…

  21. clo dit :

    J’ai pris ma retraite d’enseignante il y a 6 ans. Pendant presque toute ma carrière, j’ai exprimé et entendu les mêmes revendications, fait grève plusieurs fois, subi les mêmes critiques cassantes et démoralisantes. J’en suis aujourd’hui à me dire que se plaindre ne sert à rien. Rien n’a changé et je doute que la crise et la conjoncture économique actuelle soit propice à des améliorations. Courage quand même les profs !

  22. Meryl dit :

    A aucun endroit du texte, je n’ai lu que les métiers du bâtiments, ou autres en tout genre, n’étaient pas difficiles! Je pense que nous avons tous des métiers difficiles, pour peu qu’on aie un minimum de conscience professionnelle! Le message ici n’est pas celui de « nous sommes profs et on galère face à ceux qui ne font rien dans les autres métiers ». De manière générale, dans ce pays, on ne valorise pas assez les gens qui travaillent vraiment, et ce, pour tout travail confondu, tout horaire (ha si, en fait, peut-être que les ministres, eux, gagnent beaucoup pour le peu de travail qu’ils fournissent, mais ce n’est pas le sujet premier).
    Quoi qu’il en soit, je pense que chacun à le droit de s’exprimer sur ses conditions de travail!
    Et c’est un message fort qui est passé, car oui, les profs forment en partenariat avec les parents, les jeunes de demain!

  23. Piou dit :

    Il ne faut pas oublier que les profs s’occupent de NOS ENFANTS et qu’il est dans l’intérêt de TOUS qu’ils puissent le faire dans de bonnes conditions !

  24. Salut à tous !
    Je suis Lycéen dans un lycée (logique) de réputation bourgeoise, et pourtant…
    Si le prof n’a pas pris ses marques très vite, s’il se montre trop attentif ou trop gentil, il perd son autorité pour le reste de l’année sans aucune chance de revenir.
    Et même ceux qui ont su s’imposer doivent faire face à une classe distraite qui se fiche INCROYABLEMENT de ce qu’on peut raconter. A se demander parfois à quoi ils servent.
    Beaucoup disent qu’ils n’ont que quelques heures de cours, ces fainéants de profs, mais même s’ils n’en ont que 20h, ils passent le double à corriger des copies et préparer leurs cours (Je sais de quoi je parle, mon père est prof… de sport !). Car oui, même les profs de sports ont des obligations ! Terrains à préparer (comme la c-o), fiches à corriger, élèves à étudier en cours et à noter (de la vraie psychologie en fait), sans parlers des AS à gérer qui prennent tout le repas…
    Bref, être prof est loin d’être un métier facile, et il est bien facile de critiquer.
    Je vous engage tous à voir « La journée de la jupe » de Jean-Paul Lilienfeld, un film poignant sur les collèges de banlieues.

    • Laurence Vincent dit :

      Merci à toi, Tristan, pour ton témoignage. Je suis professeur en secondaire supérieur et le fait que toi, élève, défendes ainsi le métier de tes profs réchauffe le coeur et réconcilie avec cette profession.
      J’ai travaillé dans le privé, plusieurs années consécutives. J’ai été téléphoniste à Bruxelles (navetteuse!) avant d’être responsable d’un service en relation clientèle. Certes, ce n’était pas facile et le salaire n’était pas à la hauteur. Mais, généralement, une fois mes 35 ou 38 heures prestées, mon travail était terminé et je pouvais profiter aussi de mes week-end. Depuis que je suis revenue à l’enseignement, je travaille 7 jours/7 et durant les congés scolaires. Je n’ai pas de regrets car j’adore mon métier, et mes élèves qui me le rendent bien. Mais je n’ai plus vraiment de vie sociale (préparations et corrections!), n’ai plus de jours de « récup. », ni de double salaire en décembre et mai, ni d’assurance de groupe à prix dérisoire et autres avantages du privé… A méditer!!

  25. caro dit :

    Merci pour cet article! Il y aura toujours des personnes qui ne connaissent pas notre travail pour nous râler dessus… Laissez-les parler… Aucun boulot n’est facile et ça les enseignants le savent très bien!

  26. agri dit :

    Oh moi aussi je suis désolé,

    Désolé de nourrir ce monde, de produire de l’alimentation et d’ensuite être pointé du doigt par mes propres consommateurs. Désolé de travailler plus de 80 heures semaines pour un salaire inférieur à 1.000€, de me lever la nuit pour assister à la naissance d’un nouvel être sur notre terre. Désolé de ne jamais avoir pu prendre un seul jour de congé depuis plus de 20 ans, et de répéter inlassablement les mêmes gestes. Désolé d’avoir droit à une pension ridicule, et de devoir travailler jusqu’à ce que me os ne supportent plus mon poids. Désolé de ne pas avoir le droit d’être malade.

    Savez vous combien de suicides il y a de le monde agricole ? Pourquoi personne n’en parle ?

    Tout le monde est dans la même difficulté. Nous on serre les dents depuis bien longtemps déjà et on se bat chaque jour pour avoir quelque chose sur sa tartine.

    Heureusement ou malheureusement, on ne parle pas de certains collègues qui vivent dans des habitations que l’on qualifierait d’insalubre. Je ne dois pas faire plus de 5 km pour en trouver plusieurs… mais ceux-là, personne ne les voit. Et pourtant, ceux-là sont ceux qui se plaignent le moins.

    Il faut arrêter de se plaindre. La Wallonie est vraiment dans un état pitoyable. Plus personne n’a envie de travailler. Il y a du travail tant que l’on veut, mais personne ne se présente. On fait alors travailler des étrangers, et après on va encore s’en plaindre.

    Mais bon sang, réveillez-vous, travaillez, dur ! Arrêtez de dépenser votre argent dans les loisirs, acheter de la nourriture de qualité. Quittez ce monde de la consommation et de l’objectif « moins je travaille mieux je me sens ».

    Soyez content de ce que vous accomplissez même si cela vous a demandé beaucoup d’énergie et de sacrifices.

    • godher dit :

      Merci pour votre intervention, merci de rappeler que rien n’est facile: je suis professeur mais aussi épouse, fille, mère d’agriculteurs (en tout cas je l’espère). Et je le dis, je n’ai pas fait grève. J’aurais culpabilisé face aux exigences d’autres métiers. Pourtant, c’est dur et épuisant. Non pas tant dans le fait de prester 24 périodes de cours et tout autant de corrections et préparations mais de devoir apprendre à nos élèves à souhaiter le bonjour, à frapper à la porte pour entrer, à s’excuser de leur retard, à rester assis sur leur chaise, à ne pas baisser les bras face à une difficulté et aller au bout de son effort, à avoir son matériel, ses cours, son journal de classe plutôt que son GSM ou ses écouteurs, à ne pas se bousculer, à calmer les disputes, à séparer ceux qui se battent, à faire passer leur travail avant leurs loisirs , à ne pas se laisser distraire par le moindre bruit … chacun à des droits mais aussi des devoirs. Avant de pouvoir faire notre métier de prof, c’est à dire enseigner, nous nous substituons à des parents démissionnaires, nous sommes bricoleurs, infirmiers, assistants sociaux, psychologues, … Notre ras le bol est en partie le résultat de ces conditions de travail, du manque de considération et de respect. Il y a trente ans, on saluait ses profs dans le couloir ou à l’extérieur de l’école, et ce même les études terminées. Aujourd’hui, c’est à peine si on vous voit, on vous dit : « vous n’avez rien à me dire » ou bien on vous regarde de travers… Il m’arrive de penser régulièrement que je préfèrerais traire les vaches comme je le faisais quand je rentrais, adolescente, de l’école…
      Restons tolérants, faisons du mieux que nous pouvons avec ce que nous avons pour aller plus loin, plus haut. Chaque métier à ses avantages et inconvénients, mais l’herbe semble toujours plus verte chez le voisin…

      • Ald dit :

        Bravo à vous, Monsieur ou Madame Godher.
        Ma fille va dans une petite école de village : aucun prof n’y a fait grève car ils se sentent responsables de nos enfants et je leur tire mon chapeau.
        L’institutrice de ma fille est un bout de femme formidable et je la respecte car on voit dans ses yeux qu’elle a l’amour du métier et qu’elle aime nos enfants.
        On participe aux activités permettant de ramener des sous à l’école et ce sont toujours les mêmes profs qui se dévouent également pour ces activités, été comme hiver.
        Pas de plaintes,…pourquoi ?
        Pas le même monde ?

  27. Steph dit :

    Certains commentaires que j’ai lus ci-dessus me donnent envie de répéter : « Désolée d’avoir cru que par l’école, on peut changer le monde, ou du moins, aider à construire le monde de demain. »

    OUI, j’ose me plaindre de mes conditions de travail, parce que je rêve grand pour ces jeunes qui me sont confiés!

    Si j’étais capable de simplement « venir prester mes heures », sans m’investir, effectivement, j’estimerais que je suis bien payée pour ce que je fais.
    OUI, un prof qui se contente de faire acte de présence devant ses élèves, en reprenant les mêmes préparations depuis 20 ans, et en faisant travailler le moins possible ses élèves parce que qui dit travail des élèves sous-entend travail pour le prof, OUI, ce prof-là est bien payé pour ce qu’il fait.

    MAIS la plupart des profs que je connais passent des heures à préparer leurs cours, à corriger, à réexpliquer pendant leurs heures de fourche des matières à certains élèves en difficulté, à organiser des voyages ou activités extrascolaires, à organiser des activités pour financer l’amicale de l’école, … TOUT CELA POUR VOS ENFANTS!
    Et ce sont justement ces profs-là que vous atteignez de plein front par votre mépris, parce que NON, nous ne faisons pas « tout cela pour un merci », mais OUI, tout le monde a besoin de reconnaissance dans ce qu’il fait!

    L’opinion publique, en crachant ainsi sur les profs, contribuera à augmenter la première catégorie de profs que je vous ai décrite : parce que les autres auront été chercher ailleurs la reconnaissance dont ils ont besoin, ou seront devenus tels que vous les décrivez, puisque c’est l’images que vous leur collez sur le dos.

    L’école actuelle est loin d’être à la hauteur de ce dont on peut rêver. Et lorsque même les profs ne rêveront plus d’une école meilleure pour VOS enfants, on pourra tous pleurer.

    Une société a l’école qu’elle mérite… Et ce sont les professeurs les mieux placés pour constater en première ligne les dégâts. Si, quand ils tirent la sonnette d’alarme, on ne leur répond que par moqueries et par mépris, c’est pour moi le signe que la société va encore plus mal que ce que j’avais craint.

  28. dandoy dit :

    Moi, ce qui m’indigne c’est que la plupart des commentaires ne se focalisent que sur la plainte de l’enseignante par rapport à son salaire, son discours est bien plus attentif à l’enfant qui, grâce à un enseignement de qualité, s’inscrira dans un monde qu’il affrontera avec des outils, du recul et de la confiance.
    Comment peut-on brader les moyens de l’éducation? La Chine, Les Indes, et bien d’autres pays sont en plein boum économique. La vielle Europe doit tout miser sur la formation des jeunes. Il faudrait pouvoir payer les profs deux fois mieux, équiper les classes des outils des nouvelles technologies, rendre aux profs le respect des enfants en les respectant nous-même. Ils sont les piliers de notre avenir, ils doivent absolument être heureux et confiant dans cette tâche essentielle.
    Si nous voulons des enfants épanouis et heureux respectons tout d’abord ceux qui leurs donnent l’ouverture d’esprit.

    P.S.: Il y a certainement des fautes d’orthographes, j’aurais tellement aimé avoir mieux écouté mes profs.

  29. domi dit :

    Comme quoi le site censé représenté les profs, éducateurs… est un outil de plus qui montre à quel point, malgré toutes ces supers techniques, il est difficile d’avancer dans cette société.

  30. Dan dit :

    Je pense que l’incompréhension d’une frange de la population vis-à-vis du malaise enseignant réside dans le fait que les comparaisons en termes d’argent, d’heures de travail et de difficulté sont quantitatives et non qualitatives.

    LE SALAIRE
    Le salaire ne signifie rien si on ne met pas en parallèle les études requises pour devenir enseignant, les avantages en nature inexistants dans cette noble profession. Gagner 1.500 € en devant payer sa voiture, tous ses déplacements, les livres de travail et ses outils de travail est-il plus intéressant que de gagner 1.000 € avec voiture de fonction, un 13e mois et le décompte total des frais d’essence et de restaurant ?

    LE NOMBRE D’HEURES
    Le présentateur du JT ne travaille-t-il qu’une demie heure par jour, et le coureur d’un 100 mètres olympique juste 10 secondes tous les 4 ans? Le nombre d’heures ne signifie rien. Préférez-vous 22 heures prestées en classe et préparées chacune comme un JT peut l’être, dispensées face à une classe de 25 ados dont une majorité est hirsute et agressive, vous testant toutes les secondes, et vous demandant de redire ce que vous venez de dire toutes les minutes, en jugeant sans cesse inutile ce qu’ils ne savent pas encore qu’ils vous auraient demandé plus tard, ou 40 heures prestées en magasin vous permettant de dialoguer avec des clients intéressés par le sujet, certes parfois agressifs aussi, mais vous laissant du temps entre les visites ?

    DIFFICULTE
    La difficulté physique est-elle comparable à la difficulté mentale? Un bon entraînement physique (je suis sportif) vous permet de ressentir moins fort le mal enduré lors d’un effort. Il n’existe aucun entraînement correct pour pouvoir encaisser des « guerres de 50 minutes » six fois par jour toute l’année pendant près de 40 ans, contre des enfants qui ne font que répéter les paroles ironiques à notre sujet des parents qui écrivent ici contre notre corporation.
    L’usure vient de là ! J’ai 52 ans et 30 ans de carrière, je suis en pleine forme physique mais je suis en appel d’air moral face à une génération de non droit que vous, opposants inconditionnels aux enseignants, autorisez.

    Ce qui ressort de la grève des enseignants, c’est qu’ils sont fatigués, usés. Ce qui leur manque n’est rien d’autre que du POUVOIR. Et ce mot n’est pas honteux. Pour le gouvernement, ce n’est que du fric, mais c’est faux. Le pouvoir, c’est éliminer celui des parents qui peuvent se plaindre de tout. C’est autoriser les enseignants à forcer les élèves à s’élever et les étudiants à étudier…
    C’est éliminer la possibilité de recours, permettre aux enseignants de mettre des élèves dehors lorsqu’ils chahutent, faire confiance en leur professionnalisme face au redoublement ou à l’indiscipline, arrêter de les contredire sans cesse dans les chaumières, arrêter de les fustiger pour leurs congés. Juste un retour à ce qu’ils étaient lorsque l’enseignement en était encore un.
    C’est leur permettre de punir un élève punissable, de faire grandir les élèves malgré eux car ils sont leurs propres ennemis, c’est arrêter de les prendre comme bouc émissaire afin de compenser les manques d’éducation que la vie à 100 à l’heure de tous les parents impose, c’est les autoriser à se battre pour vos enfants malgré vous, malgré eux, malgré les poncifs faciles de l’école de la soi-disant réussite.
    Aimez les enseignants, vous aimerez vos enfants !

  31. marie dit :

    @Tristan, je vous remercie pour l’honnêteté de votre témoignage. C’est dur partout d’être prof. Maintenant, je reconnais qu’il y a des degrés divers dans la difficulté.

    @Agri, totalement d’accord avec vous. C’est parce que je suis issue d’une famille d’agriculteurs que je sais ce que travailler veut dire. Mais mon mari, agriculteur également, se dit étonné de voir à quel point un prof doit travailler après l’école.

  32. Piou dit :

    Il faudrait peut-être proposer à certains parents de faire un stage d’une semaine dans une école secondaire pour qu’ils se rendent vraiment compte de la réelle difficulté de ce métier.

  33. EDM dit :

    Nos revendications ne s’arrêtent pas à une revalorisation salariale. Nous demandons aussi de meilleures conditions de travail dont bénéficieraient aussi vos chers enfants.
    Avant de réagir à un message, encore faut-il s’assurer de l’avoir compris. Ce n’est pas le cas de beaucoup de monde visiblement.
    Je ne m’étonne plus du manque de respect de certains élèves quand je vois avec quel mépris certains parents parlent de nous !
    Mais ne vous inquiétez pas, nous continuerons à les éduquer à votre place…

  34. Que deviennent ces excuses, maintenant que les profs ont obtenus une prime de 80.00 EUR prise, selon le SEGEC, sur le budget destiné à la formation des enseignants? Toujours selon le SEGEC, augmenter les salaires est souhaitable. Mais on renonce, au moins temporairement, à l’effort promis dans le domaine de la formation, effort jugé par tous comme nécessaire.

    Cette protestation, c’était contre « l’avenir de nos enfants qu’on brade »?