Une étude intitulée « Jong in Brussel » de la plateforme* Onderzoek Jeugd, dont les résultats ont été publiés le jeudi 12 mai dans le journal De Morgen, avance que la moitié des élèves bruxellois de confession musulmane est antisémite. Il s’agit d’un chiffre élevé et inquiétant pour le sociologue Mark Elchardus de la VUB : « Ce qui est grave, c’est que ces sentiments anti-juifs n’ont rien avoir avec un niveau social ou culturel peu élevé, ce qui est le cas parmi les autochtones racistes. Chez les élèves bruxellois autochtones, 10pc sont antisémites. »
Le professeur explique : « L’antisémitisme chez les élèves à une inspiration théologique et il y a un lien direct entre le fait d’être musulman et celui d’éprouver des sentiments antisémites. Chez les catholiques ayant des sentiments antisémites, ceux-ci sont loin d’être aussi forts. »
Le scientifique plaide pour davantage d’attention pour l’entente mutuelle au sein d’écoles comptant de nombreux musulmans. A noter que l’étude met aussi en évidence le fait que les jeunes Belges, Marocains, Turcs et Européens du Sud cherchent des liens dans leur propre culture. Ils se font encore toujours difficilement des amis dans une autre communauté ethnique que la leur, aussi et surtout en ce qui concerne leurs relations amoureuses. 1
Du côté de l’Observatoire belge de l’extrême droite, on se montre prudent. Antisémites, les «élèves musulmans» de Bruxelles ? Le site ResistanceS.be épingle tout de même que si les résultats avancés par cette recherche sont inquiétants, ils n’ont pas fait l’objet d’une analyse poussée par la majorité des journalistes des médias traditionnels. Ceux-ci se sont contentés, dans l’urgence, de ne citer que, la dépêche de l’agence Belga à son sujet, éventuellement agrémentée de quelques trop brèves références.
Vu les enjeux de ce débat, aucune précaution ne peut être négligée : il est essentiel de se poser des questions à propos de la base méthodologique utilisée par l’enquête en question. Il serait également bon de connaitre* (si cela est possible) le degré de connaissances générales, historiques, politiques et religieuses des sondés. La part de confusion dans les thèmes abordés par l’étude peut en effet donner des résultats biaisés d’avance. Si l’émission d’un message antisémite ne doit jamais être banalisé, il faut également être capable d’analyser l’intention de l’émetteur qui n’a pas les mêmes références que le récepteur. D’autant plus que la plupart des spécialistes de l’antisémitisme – ainsi que les organisations représentatives juives elles-mêmes – expliquent que la montée actuelle de l’antisémitisme serait due à l’exportation du conflit israélo-palestinien en Europe. La confusion – sur une vision manichéenne – est donc bien possible.
La méconnaissance à la base du racisme?
Et de préciser : « Un « jeune moyen », musulman comme catholique ou même laïque, représentatif de la jeunesse belge, est-il à même de faire la différence entre un juif belge, un Israélien juif ou un israélite ? Sait-il que les juifs ne sont pas tous de nationalité israélienne ? Est-il au courant que parmi les juifs de la diaspora et de ceux qui habitent en Israël, il y a de nombreux pacifistes et même des pro-palestiniens ? Connait*-il l’histoire de l’immigration juive en Belgique ? Peut-il faire la distinction entre antisémitisme et antisionisme ? A entendre certains intellectuels défenseurs du sionisme, il n’y aurait pas lieu de faire cette distinction, dès lors, est-il possible d’en faire le reproche à ce «jeune moyen» musulman qui n’a pas encore tout le bagage intellectuel nécessaire pour peaufiner l’expression de son éventuelle critique du sionisme ? Est-il seulement capable, ce « jeune moyen » de correctement définir le mot « racisme » ? etc. etc. »
ResistanceS.be aimerait pouvoir lire une étude qui répondrait à ces questions. Et ajoute qu’en cette période de communautarisation, il serait également intéressant de réaliser une enquête sur le racisme anti-Arabes et l’islamophobie chez les étudiants juifs de Bruxelles, en particulier ceux fréquentant les établissements scolaires communautaristes.
Pour ceux et celles qui s’intéressent à ce sujet, le site de l’Observatoire belge de l’extrême droite regorge de documents précieux à découvrir. Pointons la carte blanche de Galaad Wilgos, militant laïque et républicain belge, qui donne son commentaire personnel sur les résultats de l’étude universitaire « Jong in Brussel » de la VUB. Les autres ressources sont disponibles sur le site. Bonne lecture.
* plate-forme, connaître, connaît
Les mots suivis d’un astérisque sont écrits en accord avec l’orthographe réformée.
- La Capitale – 12.05.11 [↩]
Une moitié antisémite et l’autre antibelge… LOL, encore que… Elle est belle la future génération de votants…
Salam alikoum
Le responsable de ce sondage doit d’abord définir la terminologie du mot « sémite », peut-être même lui ne savait pas l’arbre généalogique de la descendance de Noé.
Les Sémites sont les descendants du fils aîné de Noé, Sem. Aujourd’hui les peuples sémites se composent essentiellement des Juifs et des Arabes mais dans l’Antiquité, ils comprenaient également les Assyriens, les Babyloniens, les Araméens, les Cananéens et les Phéniciens.
Informez-vous un peu les citoyens, ce n’est que de cette façon qu’on peut s’ouvrir aux autres et avoir un débat sain et constructif.
Bien à vous!