C’est de nouveau un triste exemple de l’homophobie au quotidien : le Collège Saint-Louis à Liège aurait donné pour consigne au groupe de rhétoriciens qui organise le traditionnel bal de fin d’année de ne pas accepter l’inscription de couples homosexuels. C’est l’ASBL liégeoise Arc-en-ciel Wallonie qui aurait reçu un message faisant état d’une discrimination à l’égard des homosexuels dans cet établissement, à l’occasion de cette soirée. Les responsables de l’ASBL ont donc contacté le directeur du collège, M. Bernard Renson qui a démenti les accusations portées contre son établissement. Le directeur reconnait* que l’évènement* était avant tout réservé aux élèves et pas aux copains et copines de ces derniers. Une règle qui s’est assouplie depuis quelques années puisque les jeunes diplômés ont désormais le droit d’être accompagnés.
Mais alors, tous les couples ont-ils le droit de venir s’amuser? Non, seuls les couples mixtes pourront entrer faire la fête. Les explications de M. Renson sont confuses. «Il n’y a eu aucune consigne dans ce sens-là. Mais la présence de couples d’homosexuels lors de cet événement pourrait compromettre son organisation à l’avenir. Certains professeurs verraient d’un très mauvais œil que des couples de garçons ou de filles ne soient présents ce soir-là et pourraient décider de ne plus venir au bal. Hors, le bal des rhétos se veut être un moment de convivialité entre les élèves bientôt sortis du Collège et les enseignants. Si certains professeurs ne venaient plus, ce n’est même plus la peine de l’organiser. »
Le comportement provocant des homosexuels
Ce serait donc sous la pression de ses enseignants – qui n’auraient même pas été sondés – que le directeur préfèrerait* maintenir une distinction entre couples homos et hétéros? Mais au fond, de quoi a-t-il peur? « Le comportement provocant de deux homosexuels ou un bécot entre un garçon et une fille, ce n’est tout de même pas la même chose ! » se défend Bernard Renson.
Un couple homo est-il plus provocateur qu’un couple hétéro? L’école ne doit-elle pas être le lieu de l’apprentissage à la tolérance, à l’ouverture à l’autre dans sa différence? Quelle est la politique du Collège Saint-Louis? « C’est vrai qu’il y a une injonction à ne pas s’écarter de la majorité, à ne pas étaler ses particularités qui font partie de la vie privée, mais il ne faut pas oublier le rôle premier de l’enseignement qualifiant qui est de préparer les élèves à leur futur métier, chose que nous ne réussissons pas trop mal au Collège Saint-Louis ».
Une drôle de philosophie que celle de ne pas s’écarter de la majorité, de la normalité… de la norme. Assurément, dans le cas d’espèce, le projet d’établissement ne tend pas à faire des élèves des individus libres, autonomes et respectueux du choix d’autrui. Les commentaires postés sur le site d’Arc-en-ciel Wallonie sont étonnants. Est-ce cela la société de 2011?
Ils m’agacent, tous ces gens indignés par tout et n’importe quoi et qui prônent la tolérance, la liberté en méprisant l’ordre, les règles, parce que ça fait bien de se la jouer jeune rebelle… C’est une connerie de bal des rhétos, l’école impose des règles et fixe les limites. C’est comme ça. C’est un des rôles de l’école. Si les gouines et les frouchons en herbe ont envie de s’exhiber, ils ont l’embarras du choix du lieu et de l’occasion. 1
« Il m’a donné ses raisons sur ce choix et je suis totalement d’accord avec lui »
Des commentaires qui démontent parfois la position du directeur du collège.
Je suis en rhéto à Saint-Louis, et je trouve que les critiques vont bon train. Il y a un mois un peu près, j’ai parlé avec le directeur sur le futur bal rhéto. Il m’a donné ses raisons sur ce choix, et je suis totalement d’accord avec lui (malgré le fait que je ne trouve pas ça dérangeant les gens homosexuels, d’ailleurs j’ai des amis qui le sont et il n’y a aucun souci avec ça). Donc s’il vous plait*, arrêtez de débattre là-dessus alors que vous ne savez pas la moitié du quart des raisons de ce choix. 2
Enseignons.be a sollicité une interview du directeur cet après-midi. Nous n’avons pas eu de réponse. De son côté, Arc-en-ciel Wallonie a décidé de contacter le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme. Il est probable que des élèves et des enseignants seront interrogés dans les prochains jours.
Rappelons que l’ASBL a mené il y a peu une grande campagne de sensibilisation dans les écoles. Une brochure intitulée « Peur de quoi? » a été envoyée aux 916 établissements secondaires de la Communauté française, le 17 mai, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Le fascicule était accompagné d’un pin’s ainsi que d’une circulaire signée par les Ministres Simonet et Laanan. Vincent Bonhomme, le coordinateur de projets d’Arc-en-ciel Wallonie ne se fait pas d’illusions : « On se doute bien que dans certaines écoles, les documents n’ont jamais été distribués aux enseignants… et encore moins aux élèves. C’est très dommage. » Bernard Renson a reconnu ne pas avoir parcouru la brochure. Il estime que « les campagnes qui ne sont pas globales ne méritent pas d’être relayées dans mon établissement, fussent-elles signées par la ministre de tutelle. » Au moins, les choses sont claires.
* reconnaît, événement, préférerait, s’il vous plaît
Les mots suivis d’un astérisque sont écrits en accord avec l’orthographe réformée.
Je suis bouche bée. Ce genre de consigne est bizarre, tout comme le fait que ça ait pu traverser l’esprit d’un directeur d’école… ????
Cette interdiction est une honte. Mais comment s’en étonner quand on laisse la liberté d’enseigner à des chapelles religieuses dogmatiques et sectaires? Comment peut-on financer des enseignements prônant la discrimination avec les deniers publics? Un seul réseau d’enseignement, sans cours de religions, à réserver à la sphère privée. Et des cours de morale laïque, de citoyenneté et de civisme pour tous les élèves.
Et pourquoi un cours de morale laïque? Ça expliquez moi ! Je ne comprends pas. Les laïques convaincus ne représentent que 1 % de la population et c’est leur philosophie, qui a autant de valeur que d’autres, qui serait la seule.
Qui est obscurantiste ?
Les cathos ont, décidément, encore beaucoup de chemin à faire… Les pudibonderies et les tours de passe passe sémantiques pour essayer de dire les choses sans vouloir les dire sont leur grande spécialité. Ils peinent à réprimer leur haine des homos, et se rétractent quand ils sont découverts, faisant mine de ne pas comprendre ce qu’on leur reproche…
Ne gérons pas l’ingérable !
Un directeur de collège appartenant au réseau de l’enseignement libre catholique, le collège Saint-Louis à Liège, est au centre d’une tourmente orchestrée par les lobbies gays et largement relayée sur les « réseaux sociaux », sur Facebook en particulier. Il est coupable d’avoir voulu interdire l’accès du bal des élèves de dernière année (« rhétos ») à des couples homosexuels. Scandale immédiatement relayé par « Enseignons.be », au nom du sacro-saint principe de la non-discrimination, de la liberté sexuelle et de l’égalité des individus, quelle que soit leur orientation sexuelle. Comme la loi belge va dans ce sens, voilà notre directeur bien mal pris et embarrassé dans des explications qui ne convainquent pas.
Un ami me demande ce que nous pourrions bien dire à ce propos. Notre réponse est simple : il faut éviter de devoir gérer l’ingérable. Il n’est donc plus possible ni souhaitable d’organiser des bals dans les écoles dans le contexte où nous vivons et qui charrie tout ce que nous savons : licence sexuelle, alcoolisme, consommation de « produits », provocations en tout genre. Il faut ajouter qu’on ne peut même plus compter sur l’appui d’un certain nombre de parents qui sont privés de repères, tout autant que leurs enfants. Il en va de même pour d’autres activités telles que les voyages scolaires : comment surveiller les grands adolescents (et même les jeunes) la nuit? Et il ne s’agit plus aujourd’hui de se limiter à empêcher les allées et venues entre les chambres des garçons et celles des filles…
Cela nous mène tout droit à ouvrir le débat sur les écoles qui bénéficient de la caution « catholique » au sein d’un enseignement libre patronné par nos évêques. Est-ce honnête de laisser croire aux parents qui ont le souci d’éduquer leurs enfants en cohérence avec leurs principes chrétiens que ces écoles sont encore des lieux conformes à l’Évangile, où les cours sont donnés dans cet esprit, et où le climat éducatif préserve les élèves des dérives de notre société? Poser la question, c’est y répondre. Ne serait-il pas temps de retirer le label « catholique » à ce réseau et d’ouvrir des écoles entièrement libres, basées sur un projet éducatif vraiment conforme aux valeurs chrétiennes?
Beaucoup de choses doivent évoluer dans notre société encore rétrograde, alors que le monde change de plus en plus vite !!
Que ces raisons soient rendues publiques. On pourra alors juger de celles-ci. Ce n’est pas si compliqué.
Marrant, pas entendu parler de cette brochure et de ces pin’s.
Encore de l’argent versé à une asbl sans vérifier à quoi il sert.
Dans mon établissement, il y en a eu! Brochures et pin’s le 17 mai!
Un deuxième son de cloche…
Dans La Meuse, Publié le 16/06 à 13h27.
« [...] Contacté par nos soins, Bernard Renson nie farouchement être homophobe. Il affirme surtout que certains de ses propos ont été déformés par l’auteur de cet article, l’un de ses anciens élèves. “Il y a déjà eu des couples homos qui sont venus à ce bal et ça s’est toujours très bien passé. Mais ce que nous n’y voulons pas, c’est qu’il y ait certains débordements alcooliques, mais aussi amoureux que ce soit de couples hétéros ou homos. Ces comportements déplacés dans cet événement qui se veut convivial pourraient mettre mal à l’aise certains des participants”. Les couples homos continueront donc à être les bienvenus, dans le respect des règles imposées… à tous. »
Cela prend décidément des proportions inquiétantes, même s’il peut être considéré comme normal qu’une affaire comme celle-ci ne reste pas dans l’ombre, la propagation de la rumeur (car ceci est bel et bien une rumeur au vu du non fondement de l’article source) prend tristement un but d’accusation envers le Collège en question, alors que le point d’émergence importe peu dans le fond, car c’est bel et bien la discrimination (à faible degré ici) qu’il faut dénoncer..
La loi belge autorisant le mariage entre homosexuels n’est-elle pas une reconnaissance explicite au droit de l’être ? Dès lors, cette école se met hors la loi, non ? Je pense que tout ce qu’il y a à exiger dans ce genre de soirée, c’est d’avoir une attitude correcte, que ce soit pour n’importe quel type de couple, Un couple qui se ‘lèche’ en public me choque et cela, pour les hétéros, autant que les homos. Décidément, les catholiques n’ont pas fini de faire parler d’eux ! Marrant que quand on parle de charité, on y associe presque toujours: chrétienne. En tous cas avec une mentalité pareille, à quoi ont-ils ouvert l’esprit de leurs jeunes qui pour la plupart vont entrer à l’Université ?
Je pense que l’école doit être un lieu d’ouverture et d’épanouissement pour les jeunes. Prôner la différence plutôt que de les forger dans le même moule. Ils ont assez de mauvaises influences dans les médias. Montrons leur comment se comporter convenablement en société sans brimer ce qu’ils sont.
Ils ont un devoir de réserve, la vie ce n’est pas la cage aux folles, il faut faire la distinction.
Je suis étonné de n’en avoir pas entendu parler dans mes écoles, même pas une mention dans les notes de service dont la prolificité indigeste n’est plus à démontrer. Dommage !
A ceux qui croiraient qu’il y aurait plus d’homophobie dans les écoles catholiques, je dis qu’ils ont tort. Je travaille dans ce réseau : quelques-uns de mes collègues sont gays, mais n’en font pas état. D’ailleurs qui cela regarde-t-il ? Et un de mes élèves, arrivé en 6e, m’a dit être homo, s’être senti mieux accepté dans mon école que dans la précédente issue de la CF, pourtant, où il devait subir les quolibets de ses condisciples. Comme quoi !
Chez nous, l’orientation sexuelle reste du domaine privé, un point c’est tout.
Ne nous voilons pas la face, en tout cas, en disant que ce ne sont que des « rumeurs » (parce que pas de trace écrite de ces consignes homophobes). Il faut surtout s’inquiéter du message d’intolérance véhiculé par certaines écoles (qui n’ont de catholiques que le nom). Où, par exemple, on ne dit pas franchement qu’on ne veut pas d’étrangers, mais on s’arrange pour le faire comprendre. Et bien d’autres choses encore…
Je suis indigné!
Je suis enseignant homosexuel dans une école primaire. Depuis le début de ma carrière, je cache ma vie privée à la plupart de mes collègues et à ma direction uniquement par peur du jugement.
Au fur et à mesure je me disais que la société avait changé et que j’avais des craintes infondées.
Lorsque je lis ceci, je me rends compte que rien n’a changé ou à peine.
Dites-vous bien, chers homophobes, que d’ici quelques années vous aurez des enfants de familles homoparentales dans les classes de vos enfants et qu’il va falloir composer avec cela.
Les homosexuels ne sont que des êtres humains qui ressentent les mêmes sentiments que vous mais qui tombent amoureux de personnes du même sexe. Et alors? Je n’ai pas choisi ma sexualité et je ne pense pas qu’on choisisse de qui on tombe amoureux… A méditer…
Plus de 50 % des élèves en Belgique sont dans l’enseignement libre ! Oui, c’est vrai pas pour les valeurs catholiques uniquement mais pour cela aussi, pour la qualité de l’enseignement.
Et pourtant cela coûte plus cher aux parents de mettre leurs enfants chez nous (je me situe). Personne ne les a obligés. Alors si les gens en redemandent pourquoi les en priver et leur donner ce qu’ils ne veulent pas: l’enseignement officiel.
Les parents qui mettent leurs enfants dans les écoles catholiques ne demandent pas non plus qu’on y véhicule de tels messages d’intolérance et sont tout aussi choqués que ceux qui ont choisi l’officiel pour leurs enfants.
Je trouve déplorable la manière dont le site gère cette info. Nous n’avons qu’une info tronquée passée au tamis de l’ASBL « Arc-en-ciel ».
De plus, on monte en épingle le fait parce qu’il aurait eu lieu dans une école libre. Mais ouvrez les yeux bon sang ! Cela se passe partout.
Mon voisin homo travaille en usine et cache son statut par peur de harcèlement moral ou de vexation. Dans mon établissement, un élève a été poussé dans les escalier il y a deux ans parce que ses camarades de classe soupçonnaient son homosexualité. Ça n’a pas fait la Une d’Enseignons.be mais ces faits existent réellement !
Les écoles libres sont pointées du doigt, car ce genre de discrimination va totalement à l’encontre du message religieux qu’elles sont sensées véhiculer. C’en est d’autant plus choquant.