Ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions? Ce proverbe, qui signifie que, souvent, les actes de bonne volonté aboutissent à des résultats catastrophiques, la direction de l’Institut Jean XXIII de Rochefort doit le ruminer depuis quelques jours. Le parquet de Dinant a ouvert une information judiciaire pour non-assistance à personne en danger. L’enquête vise spécialement le directeur de l’établissement. Sa (supposée) faute?1 Ne pas avoir signalé immédiatement à la justice les faits qui lui avaient été rapportés par son enseignant.
Petit rappel des faits : un professeur de cette école, âgé de 25 ans, a été placé sous mandat d’arrêt la semaine dernière pour viols, attentats à la pudeur et incitation à la débauche sur des élèves de 13 et 14 ans. Ce sont les parents d’une élève qui avaient remarqué une conversation inappropriée entre leur fille et ce jeune professeur sur Facebook. Le directeur avait été aussitôt averti du comportement « douteux » de son enseignant. Le 11 février, ce dernier remettait sa démission.
Mais la justice ne sera informée de cette affaire que le 24 février… soit 13 jours plus tard… et par la presse ! La direction de l’école se défend d’avoir voulu cacher ces éléments à la justice.
Les parents demandaient un délai de réflexion avant de porter eux-mêmes plainte. Je ne voyais donc pas l’intérêt d’aller faire moi-même un signalement.
Un délai justifié, selon la direction
Le Pouvoir Organisateur de l’Institut avait d’ailleurs, selon le directeur, prévu de signaler les faits. Mais les médias ont été plus rapides. Et la machine s’est emballée. Il était trop tard.
Nous avons soutenu la victime et sa famille. Il fallait d’abord diffuser une bonne information vers les élèves et les parents. Cela a été fait immédiatement. L’information vers le juge est passée pendant quelques jours au second plan.
Il est évident que la direction de l’école était consciente de la gravité des faits commis par le jeune professeur. Elle n’a d’ailleurs pas hésité à s’en séparer sur le champ. Et on sait maintenant pourquoi elle n’a pas, dans la foulée, dénoncé les faits dont elle avait connaissance, ne respectant pas le code d’instruction criminelle.
L’individu aujourd’hui emprisonné pourrait bien avoir abusé d’autres enfants encore. L’instruction judiciaire est toujours en cours mais la police pense détenir quelques informations intéressantes qui laisseraient penser qu’il n’y aurait pas que deux victimes. S’il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, l’ex-professeur risque une peine de 15 à 20 ans de prison.
Un enseignant peut-être dangereux laissé en liberté
Le directeur ne pense pas qu’il puisse y avoir eu de nouvelles victimes durant ce laps de temps : « Je ne pense pas honnêtement. Il ne faut quand même pas oublier qu’au départ, il était question de conversation sur Facebook. C’est vrai qu’on peut tout imaginer à partir de cela. Mais si à chaque conversation sur Facebook, il s’agissait d’un pédophile, alors on n’arrêterait pas », a-t-il commenté.
Dans cette histoire, l’école assure avoir voulu agir pour le mieux : protéger l’élève, ses parents, prendre le temps de mettre en place un accompagnement psychologique avec le centre PMS de l’école… A-t-elle eu raison? Ce sera à la justice de faire toute la lumière sur cette affaire.2
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