Il n’était déjà plus très fringuant depuis que l’Olivier lui avait confisqué une bonne partie de ses flèches, voilà qu’un consortium de parents, pouvoirs organisateurs, écoles primaires et secondaires du Brabant wallon et de Bruxelles ont décidé d’intenter un recours en annulation du décret devant la Cour constitutionnelle. Le collège de Waterloo soutiendra les plaignants dans leur combat.
Ce n’est pas la première fois que les écoles du Brabant wallon contestent le classement qui a été établi par la Communauté française, sur base de l’indice socioéconomique* de leurs élèves (cet indice dépend du quartier où vit l’enfant). Et pour cause, la grande majorité des établissements brabançons ont obtenu un indice moyen (le total de l’indice socioéconomique* de chaque élève) compris entre 13 et 20 unités… ce qui signifie qu’ils devront abandonner dune part de leurs subventions. Tous établissements et tous réseaux confondus, on parle d’un montant de 8 millions d’euros.
Le décret a tout de même été abrogé… du moins en partie. On ne touchera plus au personnel. Mais ce n’est pas encore suffisant. Cédric Tumelaire, échevin de l’Enseignement à Waterloo :
Le décret garde le même principe de base et reste donc inadapté. Robin des Bois a perdu une flèche, mais il lui en reste d’autres. Certes, les transferts prévus au niveau de l’encadrement des écoles riches vers les écoles pauvres sont supprimés mais aussi bien les moyens financiers rabotés que le mode de fonctionnement du décret sont maintenus.
Ce que l’homme déplore, c’est que la situation sociale d’une commune soit prise en compte dans le système de financement de l’enseignement.1
Aujourd’hui, le CdH, Ecolo et le PS sanctionnent les écoles car elles sont situées dans un quartier dit « riche », dans un quartier où les parents ont une certaine réussite économique. Il semble que la réussite, économique et scolaire, soit une plaie et doive être sanctionnée via le financement des écoles.
Une double taxation?
La requête auprès de la Cour Constitutionnelle portera notamment sur l’opacité et la non-pertinence de l’indice socioéconomique* du quartier du domicile des élèves. Cet indice est utilisé aujourd’hui dans le décret inscription.
Il n’y a pas d’école riche en Communauté française. Dans toutes les écoles, il y a des élèves en difficulté, des dyslexiques, des enfants qui ne parlent pas français à la maison…
Les parents et les écoles du BW ne remettent pas en cause le principe de solidarité. Ce qui les met en colère, c’est la double taxation « cachée » envers les personnes plus aisées : soit fiscalement et via les écoles.
En faveur de l’encadrement différencié « portable »
La commune préconise un encadrement différencié « portable » permettant à l’élève en difficulté d’emporter avec lui l’aide financière qu’il représente quand il change d’école. Cette portabilité permet de renforcer la mixité sociale et d’éviter des ghettoïsations des établissements (riches ou pauvres).2
* socio-économique
Les mots suivis d’un astérisque sont écrits en accord avec l’orthographe réformée.
Le terme Robinet des Bosquets est certes sympathique, mais il masque la réalité, il semble adouci, moins dangereux. Or il faut savoir de quoi l’on parle: il s’agit d’un décret, qui a donc une valeur légale. Si demain, le monde politique veut lui redonner une nouvelle vie, rien ne l’en empêchera. C’est donc l’abrogation complète de ce décret (toujours bien vivace) et de l’indice socio-économique qu’il faut viser !
Je partage votre avis, Pierre, on risque d’en arriver au système de ghetto français.