Les négociations sur la taille des classes ont débuté ce lundi. Comme l’avait promis le gouvernement au lendemain de la manifestation des enseignants, en mai dernier, les syndicats ont finalement retrouvé la ministre de l’Enseignement cette semaine. Objectif : plafonner le nombre d’élèves par classe et mettre fin à un système jugé trop « souple ».
Des normes existent. Au primaire, on ne peut pas dépasser le nombre de 20 élèves par classe. Mais cette règle n’est valable que pour le 1er degré… et surtout, elle n’est pas contraignante.
Des plafonds peu contraignants
Au secondaire, depuis 2008, la norme est de 24 élèves/classe au 1er degré. Au 2e et 3e degré, on « entasse », comme on dit : 27 élèves au 2e degré du général et technique, 20 pour l’enseignement professionnel, 30 au 3e degré du général, 27 pour le technique, 24 pour le professionnel… Seulement voilà, ces plafonds ne sont que des « moyennes » qu’il est aisé de contourner. Rien n’empêche une école de créer une classe de 4e générale de 36 élèves et une autre de 18… histoire de créer un espace pour une option moins courue, par exemple.
Les syndicats veulent donc supprimer ce « en moyenne » pourtant défendu par les pouvoirs organisateurs. Ils espèrent fixer, au fondamental, des seuils de 20 élèves au 1er degré (un plafond contraignant cette fois), 22 au 2e degré, 24 au 3e degré. Mais revoir les normes coutera beaucoup d’argent : plusieurs dizaines de millions d’euros.
En attendant de discuter du budget d’une telle réforme, la ministre a présenté lundi un état des lieux. Dans l’enseignement primaire, on compterait un peu moins de 20 élèves par classe, 19,7 très exactement.
Une souplesse qui peut sauver des options
Au secondaire, la situation est un peu plus délicate. Le cabinet, qui a analysé un échantillon de 30 écoles, a relevé que la situation est plus compliquée aux 2e et 3e degrés… la faute à ce « en moyenne » encore une fois… Les cours les plus peuplés sont ceux d’éducation physique, de maths, de sciences, de français et de langues modernes comme l’anglais ou le néerlandais.
Dans l’enseignement qualifiant (technique et professionnel), certaines classes peuvent dépasser les 28 élèves… et ce pour sauver de petites options. Se pose alors une question : fixer un plafond maximum d’élèves par classe ne fera-t-il pas disparaître certaines filières moins populaires? Ou cela obligera-t-il les écoles à collaborer avec les établissements voisins en vue de partager à la fois leurs enseignants et leur matériel?1
- Le Soir – 20.09.11 [↩]
J’aimerais que l’on m’explique pourquoi la classe de 6ème primaire de mon école à Ciney comptait 29 élèves l’année dernière.
Les « moyennes » on peut TOUT leur faire dire. Ce n’est pas nouveau et c’est pour cela, entre autres, qu’on nous considère comme des planqués. Mais quand on voit la réalité …
Sur ce site je vois souvent 26, 27, 28, 30 élèves pour une institutrice …. Nous prend-on vraiment pour des imbéciles?
Dans certains PO s’il faut fixer la norme à 20 élèves par classe, ce n’est pas 2 ou 3 écoles qu’il va falloir construire mais 6 ou 7. On oublie un peu vite qu’une classe ce n’est pas seulement un enseignant et un groupe d’élèves, c’est aussi un local !
Il est utopique de vouloir fixer des normes trop contraignantes. Rappelons d’ailleurs que Marie Arena n’a jamais défendu l’idée « 20 élèves par classe », mais bien le principe « un enseignant pour vingt élèves » ce qui est bien différent. Et il n’y a guère de doute que les « petites options » disparaîtront que ce soit dans le général ou dans le qualifiant. A force de prêcher l’égalité et l’uniformité à tout prix, il n’y a guère de doute que nous serons bientôt tous égaux …, mais en 3è classe !
En langues on doit promouvoir l’expression orale; avec des petits groupes on peut y arriver mais pas avec 24 élèves…en 50 minutes(40 minutes réelles) le temps que les élèves ouvrent cartables cours etc précences à noter..??? Mon idée depuis toujours au plus de langues au plus de possibilité de travail (28 ans dans le privé et toujours motivée pour apprendre aux élèves en d+). Il faut surtout résoudre le problème de locaux trop petits…et cela ne dépend pas des profs ou direction malheureusement. Il faut que cela bouge de plus haut, une fois agit à ce niveau le reste ne peut qu’être bénéfique pour tous les élèves.
J’adore : « nous serons bientôt tous égaux … mais en 3è classe ! »
Bien vu évidemment, puisque c’est l’idéologie en marche et dominante aujourd’hui !
Le pompon sera de les mettre « en uniforme ». Egalité et uniformité ! Triste !
Il est bien vrai que les syndicats veulent supprimer à raison – (car les arguments sont nombreux et pertinents)- cette petite phrase « en moyenne » de la circulaire (ou du Décret ?), mais je ne peux m’empêcher de penser que trente élèves au DS qui en veulent valent bien mieux que deux qui vous tiennent tête et vous empêchent de progresser.
Ensuite, les petites « options » les moins suivies coutent en NTPP, c’est vrai de le dire, mais elles en valent la peine aussi. Ou alors pourquoi ne pas revenir à des filières simples : A. Latin-Math, Latin-Sc, Latin-Grec et ses équivalents sans Latin.
Avec toutes les options qui existent « sur la marché », c’est chose impossible; avec le caractère singulier que chaque établissement scolaire doit développer et remettre à jour tous les deux ans et tant d’autres contraintes qui alimentent la concurrence… je vois pas vraiment la fin de l’imbroglio.
Bienvenue aux nouveaux collègues. Au fait, quand j’ai commencé ma carrière en 1980, j’avais reçu un Vade-Mecum qui, s’il était criticable, avait le mérite d’exister et de donner un fil d’Arianne à tout enseignant.
Tu parles d’un guide comme celui-ci?
http://www.belgium.be/fr/publications/publ_petit_guide_du_jeune_enseignant_fr.jsp
ok avec toi de smeth, mais pour une langue !!!
Je ne parlerai ici que des cours de LANGUES…
)
Effectivement, il est ABSURDE d’espérer que les profs de langues apprennent un jour à leurs élèves à PARLER une langue étrangère quand ils sont 20/30 par classe!
(PARLEZ, mais surtout TAISEZ-VOUS, par pitié : vous êtes trop nombreux!
L’enseignement des langues demanderait des conditions particulières d’apprentissage… Mais on n’est pas du tout prêts à y réfléchir sérieusement!
Je pense que la même norme pour tous les cours n’est pas une formule idéale. Je n’aime pas les décisions qui viennent d’en haut sans se soucier du terrain. Il faudrait trouver une formule qui s’ajuste au plus près à la spécificité de l’école. Cela ne m’a guère ennuyée de donner cours de français à 30 francophones du deuxième degré général (sauf pour la masse de corrections). Mais quand j’ai la moitié d’élèves qui ne parlent pratiquement pas le français, c’est galère ! Et au 2e degré TQ ou professionnel, tel nombre est ingérable.
De nouveau,un problème qu’il vaut mieux analyser de manière intelligente plutôt que de sortir des slogans…
En effet, 32 élèves par classe, voire plus, c’est peu pédagogique. MAIS:
Dans le supérieur, ils seront 10 ou 30 fois plus. N’est-il pas pédagogique de préparer nos élèves?
Diminuer le nombre d’élèves dans certaines classes revient à supprimer des options. Cela ne revient-il pas à diminuer la mixité? Car beaucoup d’élèves choisissent une option en début de cursus pour l’abandonner ensuite.
Que faire lorsque l’on manque de locaux? Laisser des élèves sans école? Les licencier 3 heures par jour?
Et où va-t-on trouver les profs? On aura des classes de 24 élèves sans prof.. C’est mieux?
Les cours de langues ne pourraient-ils pas se donner différemment? Il existe plusieurs initiatives de « jumelage » de classes, par exemple NL/FR ou FR/EN. Installer un VOIP et permettre aux élèves de discuter avec des jeunes de leur âge, de sujets qu’ils connaissent, sous la supervision de leur prof ne serait-il pas plus intelligent?
Et ainsi de suite.
Mais c’est vrai que cela demande plus de réflexion que d’affirmer qu’il faut réduire le nombre d’élèves par classe….
Pour ne pas tirer en longueur, le parallèle avec l’enseignement supérieur est incorrect.
Quand on apprend à nager, on met une bouée, on ne te jette pas dans la grande profondeur en maillot.
De plus, nous ne sommes plus dans le même cas de figure : ils ont 18 ans nous ne sommes plus dans un enseignement obligatoire.
Ils doivent être là par choix et leur maturité progresse.
J’ai été ravie de lire dans le journal que je fais partie des 222 classes sur les 17 500 du primaire avec plus de 30 élèves, j’en ai 32!!! Je comprends mieux pourquoi ma direction n’en a rien à faire et idem pour le PO!!! Et je comprends aussi pourquoi quand j’ouvre ma g……….( c’est parce que je suis très remontée!), personne ne m’entend! merci à notre chère ministre!