Nos enfants souffrent déjà du dos

ecoleA 14 ans, près d’un jeune sur cinq souffre ou a déjà souffert du dos, en particulier de la colonne vertébrale. Mais le mal trouve son origine quelques années plus tôt, à l’école primaire. C’est là que les premières lombalgies (douleurs dans le bas du dos) apparaissent. Pas surprenant en fait : nos élèves peuvent passer plus de 1.000 heures par an assis sur une chaise…

Un mal qui touche ou touchera 8 Belges sur 10

Ce ne serait encore rien si au moins ils étaient bien assis. Ce qui ne semble pas être toujours le cas. Idéalement, l’angle entre le tronc et les cuisses doit être d’environ 135 degrés. Mais force est de constater que nos choupis ont plutôt le dos voûté et donc un mauvais creux du dos…  Pour Marc Vanderthommen, kinésithérapeute et professeur au département des Sciences de la motricité à l’ULg, « cela peut induire contractures et douleurs. »

Le mobilier de la classe est également responsable des douleurs de nos enfants. Quand ce n’est pas le bureau qui est trop haut, c’est la chaise… et les pieds des élèves ne touchent même pas le sol. Certaines écoles ont donc décidé d’investir dans du matériel ergonomique : coussins conçus par des ostéopathes, bancs et chaises réglables en hauteur… L’objectif est d’aider les enfant à adopter une meilleure posture et éviter qu’ils ne soient voutés… ou avachis pour travailler.

Un bon investissement? Certainement ! C’est tout bénéfice non seulement pour leur dos mais aussi pour la concentration et les capacités cognitives.

Un élève bien assis est plus attentif. Ses performances de suivi visuel sont améliorées, ce qui peut s’expliquer par l’augmentation de la distance entre l’œil et sa feuille ou son cahier. Il n’est plus affalé dessus.

Attention à la manière dont on porte son cartable

N’oublions pas non plus les cartables qui, en plus d’être souvent fort lourds, sont parfois portés à bout de bras ou sur une seule épaule. Pour compenser le déséquilibre, l’enfant devra incliner sa colonne. A long terme, cela peut entraîner une déviation de la colonne vertébrale.

Le port du cartable se fera sur les deux épaules, pour répartir la charge de façon symétrique par rapport à la colonne. Une autre solution pour équilibrer la colonne de l’enfant, sera de porter des charges équivalentes à chaque main quand cela est nécessaire.

Et les professeurs, que peuvent-ils faire? Marc Vanderthommen leur recommande de panacher les activités qui font quitter sa place à l’élève. En attendant peut-être la mise en place de séances d’information/sensibilisation dans les écoles (pourquoi pas au cours d’éducation physique?). Quand on sait que 80 % des Belges souffrent un jour ou l’autre de maux de dos, ce ne serait pas un luxe.

Si le sujet vous intéresse, allez donc lire cette excellente brochure, un dos pour la vie, éditée en collaboration avec l’hôpital Erasme (Bruxelles).1

  1. Sudpresse – 1.10.11 []

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  1. Vanschoonwinkel dit :

    Voilà qui est bien inquiétant en effet! Mais je me demandais comment on faisait il y a 50 ans!! L’école existe quand-même depuis de nombreuses années maintenant et mes parents ne m’ont jamais dit avoir des sièges réglables en classe. Et ils n’étaient pas moins attentifs, à mon avis que du contraire… Ce qui voudrait dire que depuis toujours (soit depuis que l’école existe) 8 personnes sur 10 ont mal au dos.

    • jacqueline D. dit :

      Je me suis posé la même question. J’avais à l’époque trouvé une partie de la réponse sur un site qui vendait du matériel permettant d’optimiser les sièges existants.
      Voici ce dont je me souviens : nos parents (et moi aussi!)avons passé toutes nos primaires sur des « pupitres » (plan de travail attaché au banc) sur lesquels il était matériellement quasi impossible de ne pas se tenir droit ET le plan de travail était incliné, ce qui était beaucoup plus ergonomique.
      Par ailleurs, comme il n’y avait pas de télé, on ne passait pas de temps vautrés dans des canapés ! Pire (hihi) : dans beaucoup de familles, les (rares) fauteuils étaient réservés aux adultes et les enfants devaient se contenter d’une chaise voire d’un tabouret.
      S’asseoir par terre doit être l’idéal !Jacqueline

    • marie dit :

      Au régendat, une de mes profs (extraordinaire) conseillait déjà de laisser les élèves de s’asseoir en tailleur. Meilleur pour le dos ! Je le permets, mais certains de mes collègues non au nom du savoir vivre. Je passe pour une laxiste, ce que je ne suis pas, vu la discipline qui règne dans mes classes… Ce qui n’est pas nécessairement le cas de ces collègues. Pensons au confort de ces ados… c’est un gage d’attention. Mais allez faire comprendre cela aux esprits obtus qui regrettent l’école d’autrefois!