Après l’incident survenu la semaine dernière à l’Institut des Filles de Marie (Saint-Gilles), la direction de l’école a annoncé avoir déposé plainte contre X pour « propos homophobes, harcèlement et atteinte à la vie privée » à l’encontre de sa sous-directrice. Elle reste convaincue que les mouvements d’humeur ont été « provoqués » et les élèves manipulés. Pour le président du pouvoir organisateur, Daniel Pinte, il faut peut-être aller chercher du côté des surveillants-éducateurs…qui ne supporteraient pas l’autorité d’une femme ! « E. est victime de personnes malveillantes qui lui reprochent sans doute de leur avoir rappelé que leur métier comporte des obligations. »
Agressée parce qu’homosexuelle
La sous-directrice, elle, n’est pas revenue à l’école cette semaine. Insultée et traînée dans la boue par ses élèves, elle accuse le coup et ignore si elle pourra un jour reprendre le travail.
Je ne sais pas si un jour, je parviendrai à remettre les pieds dans cet établissement. Aujourd’hui (vendredi), j’apprends que le problème serait réglé, qu’un intérimaire assure le relais et que les élèves ont repris les cours dès l’annonce de mon départ. C’est ça qui me choque.
Peut-on encore insulter autrui simplement à cause de son orientation sexuelle? Cela semble inimaginable. Et pourtant… Mais le directeur de l’établissement bruxellois défend bec et ongles sa collègue… qui travaillait dans l’école depuis 34 ans !
Ce sont des faits graves, nous sommes dans un établissement scolaire, un cadre pour apprendre la citoyenneté. J’ai présenté des excuses aux jeunes filles concernées parce que j’ai estimé qu’il n’y avait pas lieu de procéder à une fouille. Après avoir déformé les faits, on a mis en lien cette affaire avec la vie privée de la sous-directrice qui n’est jamais entrée dans le vestiaire où se faisait la fouille. La professeure de gym a reçu les élèves de manière séparée dans un autre vestiaire pendant que la sous-directrice fouillait les sacs des filles. La professeure de gym a demandé à chacune de se mettre face au mur pour ne pas voir leur intimité (…).
La ministre Simonet soutient la direction de l’école
C’est une jeune fille, gênée, qui en aurait parlé à sa mère… et l’histoire aurait rapidement fait le tour de l’école. Mais comment la fouille a-t-elle pu être associée à l’homosexualité de la sous-directrice… l’enquête devra le dire. La ministre Simonet a réagi avec « la plus grande fermeté » et fait part de son « entier soutien » à la sous-directrice, au PO et à la direction de l’IFM Saint-Gilles. L’association LGBT Arc-en-ciel, par la voix de son président, Thierry Delaval, a également tenu à faire part de son indignation.
Cet incident survenu en région bruxelloise n’est malheureusement pas isolé. Pas question de pointer du doigt une religion ou une culture, mais il est urgent de s’interroger sur cette recrudescence de l’homophobie et sur la dislocation des liens sociaux en milieu urbain. Il est grand temps de mener des actions de prévention spécifiques en généralisant au plus vite les modules d’éducation à la vie affective et sexuelle à l’école.
Témoignage
Etre gay ou lesbienne en milieu scolaire, c’est vivre sans cesse dans la crainte de la révélation, de l’attaque frontale et de la confrontation, raconte V., enseignant et directeur à la retraite.1
A chaque pas que tu poses, une certaine suspicion plane sur toi. Lorsque j’étais jeune prof, j’organisais des voyages culturels en URSS. J’ai appris récemment par d’anciens élèves, que des collègues tentaient de les décourager d’y participer pour éviter qu’ils soient abusés ! Il m’est arrivé de rentrer en classe et de voir mon nom associé à l’insulte “PD” ou “tapette”. Un matin, j’ai découvert un graffiti sur un mur me qualifiant de “Dutroux”. Des collègues colportaient des rumeurs à mon sujet. Lors d’une réunion de l’association des directeurs, un membre m’a dit publiquement : “Comment osez-vous être directeur et homosexuel !” Plus tard, j’ai postulé comme directeur dans un établissement catholique huppé. Au terme d’une procédure exigeante, j’ai terminé en tête, mais j’ai été écarté. J’entends encore ce vieil abbé me dire : “Vous êtes homosexuel et vous ne vous en cachez pas, mais nous ne le savions pas !” A 45 ans, j’étais brisé. Je suis passé par une grosse dépression et un long traitement pour m’en sortir.
- Le Soir – 15.10.11 [↩]
Bon sang!!! Si on n’a rien à se reprocher,où donc est le problème?
Etre gay ou lesbienne n’a rien à voir avec le fait d’être pédophile,je crois…
« Il est grand temps,dixit Mme SIMONET,de mener des actions de prévention spécifiques…Bon courage,Madame la Ministre!
Ce que je trouve désolant dans cette affaire, c’est de constater qu’il n’y a pas eu de « levée de boucliers » de la part des membres du personnel pour défendre la sous-directrice, victime de l’homophobie !
Pour généraliser ce problème,je pense que les enseignants ont encore bien du travail dans leurs classes pour changer la mentalité de certains élèves – de trop d’élèves – et lutter contre « certaines religions »! Hélas, le combat est loin d’être gagné !
Je travaille dans cette école et je suis vraiment désolée de voir comment les faits sont relatés et rapportés par la direction et le P.O. Il n’y a pas eu de « levée de boucliers » parce que les élèves ont d’abord manifesté en soutien aux élèves victimes de la fouille. Le 1er problème, qu’on évacue un peu vite, est avant tout celui-là. Ensuite, c’est vrai, cela a dégénéré en émeutes, de part de jeunes élèves, pas informés et pas concernés, comme cela arrive souvent. C’est effectivement le même processus que lors des manifestations contre l’opération « Plomb durci » en Palestine: la manifestation avait viré, et des slogans antisémites avaient été lancés par de jeunes c….
Le sms injurieux qui a circulé a d’ailleurs été censuré par les élèves du 3e eux-mêmes. Ceux-ci n’avaient absolument rien contre la sous-directrice. Les élèves étaient au courant depuis un certain temps de l’homosexualité de la sous-directrice et cela n’avait jamais posé problème. La sous-directrice a reçu le soutien du personnel de l’école après les événéments. Elle n’a pas non plus démissionné.
Il n’est pas de mon rôle de continuer à parler de ça mais il est inquiètant de voir aussi comment certains faits sont relatés dans la presse, comment les élèves et leurs enseignants sont jugés. Ouvrir des forums sur des sujets pareils est délicat car l’information sur laquelle on se base est tronquée.
« Pas question de pointer du doigt une religion ou une culture »! Pas question d’appeler cette religion par son nom! Mais quand il s’agit de pointer du doigt la religion catholique, alors on ne se gêne pas! Quand finira donc cette hypocrisie?
Ouais ! Je vois que le site protège la directrice et parle plus du problème de son homosexualité !
Par contre sur le problème de la fouille des élèves qui est une faute grave… presque RIEN et pas d’avis !
Les loups ne se mangent pas entre eux !
Le mammouth quoi !
Encore une histoire qui pourrait peut-être avoir été montée en épingle par des adolescentes en mal de reconnaissance…
Genre : « Je raconte quelque chose en grossissant un peu les faits. Ma copine, que je réussis à convaincre que ça s’est passé exactement comme ça, le répète ensuite en en rajoutant encore un peu plus… Et ainsi de suite. »
Attention au phénomène de groupe !!!
C’est aussi hélas une réalité.
Bonjour à tous
Ne pas parler de religion vu le nom de l’école est difficile. Mais en effet il ne s’agit pas ici de religion mais d’homophobie et donc d’intolérance.
Le problème est que la plupart des gens sont incultes ou mal informés: Si certaines religions font peur ou certaines tenues sont devenues interdites à l’école c’est parce que les gens ne savent plus vivre ensemble: chacun est dans son monde et les autres, l’inconnu et les rumeurs font peur ainsi que les idées reçues que véhiculent la société mais surtout les médias.
La vie privée de cette directrice ne devait jamais être dévoilée.
Le problème de cette mère qui a fait courir la rumeur est le même que beaucoup de parents: On met son enfant à l’école mais on ne veut surtout pas qu’il soit puni ou atteint par l’autorité: il y a des règles : dans ce cas il y a eu vol: la fouille ne s’est peut-être pas bien déroulée mais il n’empêche que l’argent a été trouvé.
Les parents de l’élève qui va à l’école avec 200€ sont tordus aussi.
Mettez une note pour bavardage et vous vous retrouvez au tribunal, touchez un élève pour le faire avancer plus vite et vous êtes pédophile…mais où va-t-on?
La rumeur est un poison et dans le cadre de l’enseignement ça peut vite causer des dégats vu que l’on travaille avec des mineurs sauf qu’ici je ne vois pas en quoi l’homosexualité de la directrice a atteint un élève, un réglement, un parents, une pédagogie…quelle loi permet l’exclusion de cette femme qui a derrière elle 34 ans de carrière sans reproche ! quel ROi ou quelle erreur? Aucune je crois si ce n’est l’ignorance.
Je suis musulmane patiquante,la religion n’entre pas dans ce problème c’est le non respect de l’autorité qui est le problème et la bêtise humaine..