Homophobie à l’école : Simonet reste prudente

toleranceMarie-Dominique Simonet n’y aura pas échappé. Ce mardi, en séance plénière du Parlement de la Communauté française, la ministre a été interrogée par les députés Yves Reinkin (Ecolo) et Daniel Senesael (PS) à propos des événements qui se sont produits à l’Institut des Filles de Marie à Saint-Gilles. Pour rappel, la sous-directrice a été contrainte de quitter l’établissement après plusieurs émeutes aux relents homophobes. Daniel Senesael : « Nous pouvons nous interroger sur la pertinence et la manière dont s’est déroulé la fouille qui a suivi un vol. Vous me savez particulièrement sensible aux discriminations de genre. Avec de nombreux collègues du parlement, nous avions institué en son temps le 17 mai comme journée nationale de lutte contre l’homophobie. Nous tenons à ce que cette journée instituée ne soit pas un gadget mais qu’elle prenne toute sa dimension sur l’ensemble de l’année. Il faut s’interroger sur les faits. Comment en est-on arrivé là ? Comment a-t-on pu fustiger et stigmatiser l’orientation sexuelle de la sous-directrice ? Comment la rumeur, cet arbre sans racine et aux fruits amers, a-t-elle pu venir à bout de cette personne, la poussant à démissionner ? »

Faire la différence entre la réalité et la rumeur

Mme Simonet a dit avoir réagi en dénonçant le climat d’émeute et d’homophobie qui s’en est suivi. Elle invite cependant à la prudence…

Quand des faits graves se déroulent dans une école, il est important de faire la différence entre la réalité et la rumeur. Pour cela, il faut disposer des informations concernant ce qui s’est exactement passé. À ce stade, nous sommes en train de récolter ces informations. Il n’est donc pas possible de dire déjà avec certitude ce qui s’est passé exactement. Aussi, je serai assez prudente. Il faut relever deux moments distincts. D’abord, celui où, à la suite d’un vol, il est procédé à une fouille. Qui a demandé cette fouille ? Qui l’a autorisée? Fallait-il en faire une ? Était-elle respectueuse des droits des élèves ? Nous savons que la direction a dénoncé le principe de la fouille. Sans doute y a-t-il eu un mauvais jugement. Voilà pour la première phase.

La suite est plus grave : le climat d’émeute, le climat d’homophobie et les insultes sont tout à fait inacceptables. Une telle attitude est inadmissible partout dans la société et particulièrement à l’école. J’ai donc réagi très rapidement en dénonçant ce qui se passait.

L’école n’évitera pas le débat…

La ministre a ajouté avoir pris contact avec le pouvoir organisateur de l’école, qui a cru déceler l’existence de pressions extérieures à l’établissement. Le directeur aurait porté plainte pour homophobie, harcèlement atteinte à la vie privée. En attendant, des équipes mobiles se sont rendues sur place pour aider et encadrer l’équipe éducative. Le pouvoir organisateur et la direction ont signalé qu’ils se saisiront de cette situation pour entreprendre un travail de fond.

C’est évidemment la bonne réaction. Pour pouvoir reconstruire, il faut mener un travail d’information et de sensibilisation en collaboration avec les équipes mobiles, les enseignants et les élèves.

Yves Reinkin a également invité Marie-Dominique Simonet à se montrer attentive à la réhabilitation de la sous-directrice.1

  1. Compte-rendu de la séance plénière du 18 octobre 2011 []

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