Taille des classes : les syndicats sont décus

classesLes négociations sur la réduction de la taille des classes continuent… et on commence à y voir un peu plus clair sur ce que pourrait proposer la ministre de l’Enseignement. Au primaire, on fixerait des ratios par instituteur : il serait de 20 élèves/prof au 1er degré, et de 24 élèves/prof aux 2e et 3e degrés. Le décret devra garantir que chaque enseignant, selon le degré où il enseigne, n’aura pas devant lui un nombre d’élèves supérieur à ce ratio. Une tolérance de 20% est tout de même prévue, histoire de garder une certaine souplesse… A Bruxelles, le maximum sera augmenté d’un élève… pour faciliter l’organisation de la 2e langue.

Et si l’école manque de locaux?

Des dérogations seront prévues. Certaines seront automatiques si, par exemple, l’école ne dispose que d’une salle de gym et ne peut donc dédoubler ses classes, qu’elle manque de locaux… ou si elle est située dans une commune où la pression démographique est forte.1 D’autres dérogations resteront possibles, mais devront alors être validées par les syndicats locaux et la ministre. Un exemple? Si l’école peut justifier d’une organisation pédagogique particulière… comme la remédiation.2

Du côté du secondaire, Marie-Dominique Simonet propose de maintenir la norme de 24 élèves au 1er degré… et de passer de 27 à 25 (16 pour les labos) pour les 2e et 3e degrés de l’enseignement général. Ici aussi, il sera possible de dépasser ce plafond de 20%. Les mêmes dérogations seront proposées aux écoles qui rencontrent des difficultés à dédoubler leurs classes.3

Des maxima moins élevés et exprimés en unités

Du côté des syndicats, on estime que le nombre d’élèves par classe reste trop élevé. Ils rejettent également le système du maximum à 20%. Pascal Chardome, président de la CGSP-Enseignement, plaide plutôt pour un « nombre constant » pour le dépassement de la moyenne par classe.4

C’est injuste. Dans une classe de labo, où le seuil est de 16 élèves, le système des 20% permettrait d’ajouter 3 élèves. Dans une classe où le seuil est 28, on pourra en ajouter 6 alors qu’au départ, la classe est déjà plus nombreuse.

Mercredi matin, les syndicats ont réuni leurs délégués pour analyser la situation. Certains s’interrogent même sur l’utilité de continuer les négociations. Pour l’instant, ils constatent qu’aucune réponse n’a été apportée aux attentes exprimées par les enseignants, le 5 mai dernier. Et s’il n’est pas encore question de quitter la table, les syndicats entendent bien faire entendre leurs revendications. Ils demanderont bientôt à la ministre de fixer des tailles maximales pour les classes maternelles, oubliées pour l’instant.

Le temps presse. Deux autres réunions sont prévues, les 10 et 24 novembre. Une décision devra être prise pour fin décembre. A défaut, c’est le gouvernement qui tranchera. Mais quelle marge de manœuvre a-t-il encore? On sait le budget de la Communauté française au plus mal… et il faudra sûrement puiser dans les réserves pour venir en aide au fédéral. On sait qu’une enveloppe de 4,6 millions a été prévue par le gouvernement afin de financer 115 nouveaux emplois. Mais les syndicats savent déjà que ce sera loin d’être suffisant.

Le temps joue en faveur du gouvernement

Une autre menace plane sur ces négociations : le risque d’un embrasement social dû à la crise, qui ferait descendre les travailleurs par milliers dans la rue. Si le combat devait devenir inter-professionnel, les enseignants seraient bien isolés… et leurs revendications passeraient à la trappe face à l’urgence de venir en aide à d’autres secteurs plus sinistrés. De là à penser que le gouvernement compte là-dessus pour ne pas avoir à investir dans l’école (et les autres chantiers promis, où restent-ils?), et fait donc volontairement traîner les négociations, il n’y a qu’un pas…5

  1. Une liste de ces communes sera disponible et mise à jour tous les trois ans. []
  2. Le Soir – 25.10.11 []
  3. Aux 2e et 3e degrés du technique de transition et de qualification, on ne pourra pas dépasser 25 + 20% = 30 élèves et 19, au maximum, pour les cours de pratique professionnelle (20% inclus). Au 2e degré du professionnel, les classes ne pourront dépasser 22 élèves et 19 pour les cours de pratique professionnelle. Au 3e degré du professionnel, interdit de dépasser les 27 élèves et 19 pour les cours de pratique professionnelle. []
  4. L’Avenir – 25.10.11 []
  5. Le gouvernement avait également promis d’engager des négociations sur les conditions de travail des enseignants. []

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  1. Lucky dit :

    25 élèves + 20 % = 30 élèves par classe…

    De qui se moque-t-on ?

    Réponse : Les ministres de l’enseignement n’ont que faire de l’enseignement… Seul compte de boucler le budget. Peu importe la manière… même si la profession est désertée.

  2. Bonjour

    J’ai du mal à suivre: trop d’élèves dans les classes et pas assez de profs!! pourtant des enseignants qui attendent des horaires complets depuis lontemps: Si on dédoublait les classes ces enseignants se verraient attribuer des heures et les cours se donneraient d’une meilleure manière (travail de groupe, sortie, débats: leçon plus attractive et motivation…) tout le monde serait content.

    Pourquoi faut-il toujours que l’argent passe avant toute les décision? Un problème est résolu que si il ne revient pas trop cher sinon le problèm est contourné ou nié.

    Que les ministres essaye de former 28 collaborateurs pendant un an dans un petit local avec peu de moyens et les faire tous réussir on verra.

  3. Valérie dit :

    Juste pour info…je suis prof de math et j’ai une classe de 27 élèves….

  4. evident? dit :

    Je crois avoir lu « dérogation » lol, alors supprimez la loi chère Ministre car elle ne servira à rien.

    Il suffit de regarder avec les langues qui doivent être dans la continuité sauf dérogation …

  5. Anaïsnin dit :

    A titre d’exemple : plusieurs de mes collègues ont des classes de 36-37 élèves au 3ème degré du secondaire (dont un prof de math).

    Je vous laisse imaginer les conditions de travail ! Mais c’est légal …

  6. Xaviereco dit :

    D’accord avec le principe.
    Le seul (pas très petit) problème est que la réalité, en tout cas à Bruxelles, empêche ces bonnes résolutions d’avoir une (même petite) chance de se réaliser.
    Je ne vois pas comment on pourrait réduire la taille des classes alors que d’une part on manque cruellement de locaux, et que d’autre part on manque de profs.
    Une solution plus réaliste serait alors de « moduler » la taille des classes en fonction des profs disponibles.
    Mieux vaut deux classes de 34 que trois classes de 23, dont une sans professeur.
    Mieux vaut peut-être des classes de 32 que refuser 28% des élèves qui veulent s’inscrire.
    L’enjeu est peut-être tout autre: comment faire face à cette réalité de manque d’écoles et de manque de profs?

  7. sev dit :

    …vous avez déjà essayé de donner des cours de gravure ou de sculpture avec 28 élèves de première différenciée,… possible? oui mais pas sans blessés… alors arrêtez de fantasmer sur tout ça, ce n’est pas possible de donner cours dans une ambiance sereine avec tant d’élèves autour de soi,…

  8. Cismas dit :

    Effectivement, problème d’argent car pas assez de locaux. Quant aux professeurs, il y a pénurie dans certaines matières (même si on est AESS avec des années d’expérience comme moi, un comble je trouve !) mais soit, il y a toujours moyen de trouver des professeurs… Mais parfois loin de la matière qu’ils enseignaient. Quid de la qualité alors? J’adore enseigner mais quand on voit tous les problèmes du système, il y a de quoi être vraiment dégoûté et déjà, 27 élèves c’est énorme pour gérer une classe!

  9. domino dit :

    Super, alors dans le secondaire, on soulage et moi je suis institutrice maternelle en première année, j’ai une classe de 33 élèves avec une aide mais qui n’est pas une puéricultrice et quand elle est malade, on ne peut pas la remplacer. Heureusement, j’ai des collègues sympas et une bonne direction. Ensemble, on s’organise mais on ne peut pas compter sur la ministre qui elle est bien au calme dans son bureau.