Les syndicats quittent la table des négociations

retraiteLe front commun syndical vient d’annoncer son refus de continuer à négocier au sein du groupe de travail « Dynamisation de la carrière ». Dans une lettre ouverte adressée au gouvernement, et sobrement intitulée « Merci Saint Nicolas », il accuse l’exécutif communautaire de vouloir s’asseoir sur les promesses faites aux enseignants, au lendemain de la grève du 5 mai 2011. « A plusieurs reprises, lors des négociations (…) nous vous avons rappelé notre opposition à toute mesure de réduction des possibilités d’aménagement de fin de carrière. »

La contrainte budgétaire encore invoquée

Oui, mais voilà… le gouvernement est sur la paille… et l’a fait savoir ce mardi en Commission éducation du parlement de la Communauté française. Il y aurait été dit qu’en ce qui concerne l’aménagement des fins de carrières des enseignants, « ici, plus encore qu’ailleurs, la contrainte budgétaire sera déterminante ». Pour les syndicats, c’est la confirmation qu’il ne sert plus à rien de discuter puisqu’aucun moyen nouveau ne pourra plus être consacré à la réflexion en cours. Rappelons que c’est ce groupe qui vient récemment d’accoucher des nouvelles normes du nombre d’élèves par classe.

Les attentes des enseignants restent grandes

Nous avons assisté ce mardi 6 décembre aux travaux de la Commission Education du Parlement et avons ainsi eu confirmation de votre volonté politique de modifier en ce sens le régime actuel des Disponibilités Précédant la Pension de Retraite. En renforçant ainsi la pénibilité de leur métier, quel beau cadeau de Saint-Nicolas vous faites là aux enseignants !

Pour les syndicats, à l’heure où sont annoncées des mesures fédérales entraînant un allongement de la carrière (de 60 à 62 ans), des aménagements de celle-ci sont d’autant plus nécessaires pour permettre aux enseignants d’exercer leur profession dans des conditions décentes, au profit des élèves qui leur sont confiés.

Nous espérions pouvoir en débattre au sein du groupe de travail « Dynamisation de la carrière » instauré en début de cette année scolaire. A chacune des réunions de ce groupe, nous avons rappelé que les attentes des enseignants en la matière étaient très grandes.

Et Pascal Chardome (CGSP) d’ajouter : « On ne demandait pas la lune. On a montré qu’avec peu de moyens supplémentaires, on pouvait avoir un accord sur le nombre d’élèves par classe. Mais ici, on nous dit que ce ne sera rien du tout. Alors, on arrête de jouer dans ce jeu de dupes ! »1

ll nous semble inutile et illusoire d’attendre, dans ces conditions, de réelles avancées pour l’accueil et l’accompagnement des jeunes enseignants, pour la réorientation et l’aménagement de la carrière des professeurs chevronnés.

L’impossible (impayable?) tutorat!

Les syndicats souhaitaient la mise en place du tutorat qui aurait eu le double avantage de décharger les enseignants les plus expérimentés d’une partie de leurs heures devant les élèves tout en épaulant un jeune collègue fraîchement diplômé. «Mais on nous répond aujourd’hui que la proposition sur la table serait plutôt de mettre en place ce tutorat avec des enseignants pensionnés qui reviendraient quelques heures à l’école», dit Pascal Chardome. Difficile à imaginer… Combien seraient-ils à vouloir reprendre le collier? Le gouvernement envisage-t-il que ces professeurs retraités soient bénévoles? Tout cela prête à sourire.

En attendant, les syndicats sont furieux! Et ce refus de continuer à discuter de l’amélioration des pratiques de travail dans l’enseignement  pourrait être étendu à leur participations aux autres groupes de travail, sur la réforme des statuts, des titres et des fonctions ou la lutte contre l’échec scolaire, par exemple.

Nous réclamons du gouvernement qu’il prouve sa volonté, affirmée le 26 mai dernier, d’améliorer les conditions d’exercice du métier en affectant à ce groupe le budget nécessaire à la mise en place de mesures concrètes et rapides.

Reste à attendre ce que répondra le gouvernement.2

  1. Lettre ouverte au gouvernement – Front commun syndical – 6.12.11 []
  2. L’Avenir – 6.12.11 []

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Vos commentaires

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  1. claeys dit :

    Quelle autosatisfaction de la part des syndicats…et particulièrement de la CGSP, à laquelle je suis affilié depuis plus de 30 ans. 11000 manifestants en mai à Liège, des paroles, de la part des responsables syndicaux, une volonté de la part des affiliés de continuer la lutte, ….. tout cela pour quoi??? Pour obtenir une diminution de….. 1 élève par classe en moyenne. Rien d’autre, ni pour le début, ni pour les fins de carrière. Quelle belle victoire, messieurs les responsables syndicaux!!! Nous étions prêts à continuer la lutte. Qui a décidé de « temporiser »? VOUS, et uniquement VOUS Maintenant, vous constatez l’échec. 7 mois perdus. Vous croyiez vraiment que la Communauté allait changer d’avis? Allons donc… vous me décevez!!!
    Tous étaient motivés en mai. Le seront-ils encore si VOUS décidez d’une action???
    Je n’en suis vraiment pas sûr
    Dommage. Vous avez raté le coche. Vous n’êtes plus en classe mais dans un bureau. Cela se voit, cela se sent.

  2. Verstraete Christian dit :

    Qu’il faille défendre les DPPR, j’en suis d’autant plus convaincu que j’en bénéficie actuellement. Mais pourquoi se bat-on encore pour garder deux réseaux? Je suis professeur de cours techniques au troisième degré dans des classes de 4 et 5 élèves par années. Bien entendu on fait des regroupements verticaux mais je serais prêt à en avoir 14-15 par classe pour soulager des collègues qui en ont plus. Pour cela, il faudrait d’une part un engagement qu’on ne touche pas au nombre total d’enseignants payés par la Communauté française et d’autre part une réelle audace politique pour réfléchir à la fusion des deux réseaux d’enseignement. Je sais que la réalité est plus complexe mais ne faut-il pas partir d’une idée simple au départ?

  3. Karim dit :

    dur dur d’être prof :-(

  4. Benni dit :

    Quel commentaire naturel peut-on faire à cela, sinon que : « il faut faire des économies ». Objectivement, je trouve que les économies sont faisables dans l’inspectorat et dans tout ce qui en dépend. Il existe plein d’incapables qui sont payés pour nous pondre des questions (une par an et par personne), ou des examens. Ces personnes sont des enseignants ratés et complexés par leur incapacité à donner cours. Cessons de les payer et les économies seront déjà incommensurables (le nombre d’élèves par classe pourra diminuer, ..). A titre d’exemple, alors que je contredisais la personne qui est venue m’inspecter, elle m’a rétorqué devant ma directrice : « Si vous continuez à argumenter, je vous rends un rapport négatif ». Magnifique, non…
    Cela ne m’a pas empêché d’être nommé.
    A bientôt, Ben

  5. Ginette dit :

    Un remerciement spécialement à nos représentants syndicaux, bravo et courage pour notre combat !!!!!!!! Ne rien lâcher pour l’aménagement de fin de carrière… Il est grand temps de faire de la politique à long terme! Y en a marre !

    • Lucky dit :

      @ Ginette

      Bravo les syndicats ?

      N’est-ce pas eux qui ont considéré une centaine d’euros comme une « réelle revalorisation de la profession » suite à la manifestation des enseignants ?

      N’est-ce pas eux qui ont considéré la norme de 30 élèves par classe comme acceptable ?

      Simonet va leur donner une cacahuète et ils vont considérer cela comme une grande victoire…

      Pour ramener des profs dans l’enseignement… on n’est pas prêt d’y arriver avec de tels arguments…

  6. jacqueline dit :

    Pfff ! Je suis lasse …. « des syndicats » …. j’ai toujours fait grève et participé aux manifestations (depuis 1975)… Et je retiens « quoi » ? Pas grand-chose …. de positif ! L’enseignement reste « le parent pauvre » !
    Finalement, les seuls gagnants de ces années de combat, ce sont les instits du maternel et du primaire qui ont vu leur salaire s’aligner sur celui des régents !

  7. En fait, il y a 4 réseaux! Communauté, officiel subventionné,libre confessionnel et libre indépendant (non-confessionnel). Je suis partisan d’une fusion, mais à la condition qu’à l’instar de ce qui s’est fait en Finlande, elle soit assortie d’une décentralisation. La gestion du réseau unique devrait être essentiellement prise en charge par les communes ou les associations de communes. La Belgique, et particulièrement la CFWB, commence peut-être à accepter l’idée de fusion. Je doute qu’elle soit prête à l’école unique à gestion centralisée, un modèle qui n’a jamais existé que dans les pays totalitaires.

  8. benoit dit :

    Ils ont promis ce qu’ils ont promis pour les DPPR, maintenant il faut tenir sa promesse, aussi simple que cela, autrement c’est vraiment nous prendre pour des cons…

  9. michel dit :

    Attendre du monde politique qu’il mobilise des moyens supplémentaires dans une situation aussi précaire est un rêve qu’il ne faut même pas caresser. S’interroger sur l’organisation de 3 réseaux officiels à côté d’un réseau privé confessionnel (en oubliant les 3 ou 4 écoles non couvertes pas ces cas de figure), c’est peut-être un pas dans la bonne direction. Les moyens que peuvent mobiliser les provinces et parfois les communes du CPEONS ajoutés à la dotation du réseau de la CF permettraient une vraie économie d’échelle (en touchant bien sûr à quelques privilèges).
    Il ne semble pas illogique de considérer la province comme le lieu qui est le plus à même de chercher l’adéquation entre les opportunités d’emploi et les filières proposées mais aussi où l’on développe les synergies avec les université et les hautes écoles implantées dans ces hinterlands. L’école fondamentale privilégie la proximité et devrait être le seul fait de la commune ou de la ville.
    La CF est le pouvoir subsidiant, qu’elle affirme son autorité par le contrôle et des programmes de qualité et qu’elle se déleste de ces écoles au profit des provinces (avec une vraie possibilité de faire des économies d’échelles mais aussi d’avoir toujours un professeur en face de sa classe – ce qui est précaire aujourd’hui dans certaines disciplines). Et l’enseignement confessionnel : le pacte scolaire et rien que le pacte scolaire. Les parents qui revendiquent des conditions environnementales et matérielles privilégiées doivent en assumer les conséquences en termes de coûts, les salaires des enseignants seront de toutes façon , dans le respect de la réglementation, assuré par le budget communautaire.
    Enfin, je crois que nombre d’enseignants qui ont quitté le métier parce qu’il est extrêmement lourd d’assumer certaines classes, reviendraient volontiers accompagner, dans un cadre à définir, quelques jeunes collègues dans une vraie démarche WIN-WIN, et si cette démarche ne peut être bénévole, son coût pourrait être extrêmement modeste au vu de certaines dépenses fastueuses qui n’impactent pas la vie des étudiants.