Les effets directs des facteurs sociaux tels que la situation familiale ou les activités socioculturelles sur les risques de décrochage scolaire semblent « presque négligeables », selon une enquête menée auprès de 3.716 élèves de 3e secondaire, répartis dans 66 écoles bruxelloises, par les « cellules de veille contre le décrochage scolaire » de 15 communes de la Région de Bruxelles-Capitale et par l’Institut de Psychologie de l’UCL. Il ressort que le décrochage scolaire « est un phénomène complexe lié à une multiplicité de facteurs, organisés selon des effets en cascade », a expliqué Benoît Galand, professeur à Institut de Psychologie de l’Université catholique de Louvain (UCL), à l’occasion de la présentation des résultats de l’étude.
Pas de déterminisme
Cette expérience scolaire semble elle-même influencée en amont par des facteurs liés à la santé (dépression, consommation de psychotrope, etc.) et à la trajectoire scolaire (sanctions déjà reçues, exclusions, aspirations parentales, etc.).
Quant aux facteurs sociaux, ils influeraient à leur tour sur ces deux derniers aspects, « de sorte que leur effet direct sur le risque de décrochage semble presque négligeable, ce qui s’oppose à une lecture déterministe du phénomène », a-t-il encore ajouté.
Par contre, « la manière dont les élèves sont distribués au sein des écoles et des classes, par le recours au redoublement et l’orientation dans différentes filières, a une incidence sur le risque de décrochage scolaire », ce risque étant plus élevé dans l’enseignement qualifiant, où le taux de retard scolaire est plus élevé, a encore souligné Benoît Galand. « L’intérêt de cette étude réside avant tout dans les suites qu’on lui donnera », a de son côté estimé le ministre-président bruxellois, Charles Picqué, en regrettant par ailleurs le manque de données sur le sujet. « J’espère qu’on pourra désormais aller un peu plus loin et que cette enquête nous aidera à peaufiner notre plan de lutte contre le décrochage scolaire », a-t-il conclu.1
Un jeune sur deux en retard scolaire
L’enquête révèle que le retard scolaire est plus important à Bruxelles que dans les autres régions du pays. Pourquoi? Tout simplement parce que la capitale accueille près de 35% de la population immigrante non européenne de Belgique. Conséquence : 1 jeune sur 2 compte une année (ou plus) de retard… en 1ère année secondaire!2
Enseignement qualifiant = voie de garage?
Nos politiques ont beau chanter le contraire chaque année, les filières techniques et professionnelles n’ont pas le même attrait selon que l’on habite au sud… ou au nord de Bruxelles. Dans les communes comme Woluwe-St-Pierre, près de 37% des élèves sortent diplômés de l’enseignement général… contre 20% pour les élèves de Saint-Josse. Charles Picqué :
Nous retrouvons au niveau de l’enseignement les différences que nous connaissons dans l’ensemble des matières socio-économique. Un enfant d’origine étrangère présente deux fois plus de risque de quitter l’école prématurément.
Au final, que retenir de cette étude? Que le décrochage scolaire n’est pas indépendant de notre système scolaire et que c’est ce dernier qui a même plutôt tendance à l’engendrer via le redoublement et la réorientation vers les filières qualifiantes. Mais de bonnes relations entre les élèves et leurs professeurs peuvent prévenir les risques de décrochage.
Cela fait 12 ans que je suis diplomé et déjà à l’époque sans raison justifiée, les profs avaient dit à mes parents de me mettre en cuisine alors que j’étais en 3ème générale. Mes parents ne se sont pas faits avoir: pas de chance pour le directeur s’il a cru duper mes parents parce qu’ils sont marocains. Il est tombé face à ma mère parfaite bilingue ayant fait ses études à Hasselt ! Elle a fait scandale. Je suis diplômé en pharmacie (eh oui) et enseignante: je parle 4 langues et je n’ai jamais doublé! Ce qui ressort de mon histoire, c’est que malheureusement et toujours de nos jours on ne veut pas voir les jeunes marocains réussir. Ils ne décrochent pas, ils désespèrent et d’ailleurs nombreux sont mes amis qui sont infirmières, ingénieurs, comptables, assistants de direction mais qui travaillent dans les titres services ou dans les galeries commerciales comme vigiles (ah pour ça un arabe pour nous défendre et se faire taper dessus on en veut bien mais pas comme ingénieur à son juste titre!) La classe sociale n’empêche pas d’étudier, ce sont les écoles qui poussent ces jeunes à décrocher par la discrimination.
Alors là, j’écris bravo et vous avez entièrement raison car lorsqu’un élève ne correspond pas aux critères d’un enseignant (pour beaucoup, pas tous je sais), il est catalogué comme mauvais. Un contrôle, c’est tout simplement un enseignant qui vérifie son propre savoir et il juge ce contrôle, c’est dire.
D’ailleurs, comment étaient considérés les Bill Gates, Einstein et bien d’autres par les enseignants ?
Heureusement, il y a malgré tout des profs qui croient en leurs élèves par leur pratique.
Moi, j’ai déjà entendu des enseignants dire: « comment veux-tu que l’enfant étudie quand tu vois comment sont habillés leurs parents? » Ca dit du niveau…
« La classe sociale n’empêche pas d’étudier, ce sont les écoles qui poussent ces jeunes à décrocher par la discrimination »
Votre parcours est admirable et vous êtes une preuve vivante de l’imbécilité de certains. Mais de grâce, ne généralisez pas. Je travaille dans une école avec plus de vingt nationalités différentes et je me moque totalement des origines sociales et ethniques des élèves. Pour moi, ils sont tous des Martiens verts, seul leur cerveau m’intéresse.
Bonsoir franufle
En effet il ne faut pas généraliser : j’ai eu d’excellents profs aussi qui m’ont bien soutenue. J’ai adoré l’école et j’en ai de très bons souvenirs d’ailleurs, j’y suis retournée pour effectuer mes stages d’enseignante. Mais je parle de cette façon parce que de nos jours ça continue encore. Mais je sais qu’il y a des profs comme toi qui sont plus réfléchis. La classe sociale intervient dans la difficulté que dans certains cas comme la violence : un enfant battu ne se concentrera pas au cours avec des douleurs et les larmes au yeux mais les origines et le quartier d’où il vient n’ont rien à voir, plus les parents sont pauvres et plus ils pousseront leur enfant à réussir:
Ils sont plus avides de réussir et de s’en sortir (pas tous c’est sûr mais beaucoup d’entre eux). En Afrique les élèves résussissent avec très peu de moyens. Je pars du principe que chaque enfant est né avec la capacité à réussir: personne ne nait idiot tout le monde arrive au monde avec le même nombre de neurones! L’origine n’influence pas cette science.
Il serait bon que beaucoup d’enseignants pensent comme toi, tu dois être un bon prof.