Examens : le retour des certificats de complaisance

certificatLes examens se terminent doucement. C’est maintenant l’heure des corrections, des conseils de classe et de l’encodage des points. Pas question de tomber malade cette semaine… ou de faire semblant de l’être. Et si cette idée ne vous est même pas venue à l’esprit, pensez que ce n’est peut-être pas le cas de certains de vos élèves. C’est que depuis quelques années – nous en parlions déjà en 2008 – les certificats médicaux de complaisance sont en plein boum. C’est un peu normal… voilà une chouette combine pour brosser, en toute légalité, les cours… ou les examens. On se les échange sous le manteau… ou on trouve un médecin sympathique qui accepte de ne pas poser trop de questions.

Une collection plutôt insolite

Ce vendredi 16 décembre, les caméras de la RTBF se sont rendues à Forest, plus précisément à l’Athénée Royal Andrée Thomas. Marc Evard, le préfet, y collectionne les certificats médicaux. Depuis le début de la semaine, il a déjà collecté 51 certificats (contre  124 en dix jours l’année dernière). Est-ce beaucoup? Plutôt oui puisque, selon le chef d’établissement, 15% des élèves de l’école rentrent un certificat médical durant la période des examens.

Les précieux documents sont soigneusement triés par le préfet consciencieux puis rangés dans des classeurs. L’homme veille sur sa collection avec amour. C’est que certaines pièces valent leur pesant de cacahuètes. Ainsi, ce certificat – soupçonné d’être de complaisance -  qui atteste que l’élève est incapable de suivre les cours, ce mardi 13 décembre… entre 8h00 et 13h00 (photo). Alors, facétieux, nos élèves?

Les plus jeunes sont épargnés par les microbes

Si on se penche un peu sur les chiffres, on constate que la maladie ne touche pas tous les âges avec la même virulence. Mieux, les microbes et autres virus semblent favoriser certaines filières d’enseignement (mais rien ne dit s’ils préfèrent un réseau plutôt qu’un autre). La proportion d’élèves malades pendant les examens n’est que de 2% pour les élèves les plus jeunes… mais peut atteindre 30% chez les plus grands.

La maladie commence à partir de la 5e générale et la 5e technique. Avant, on ne sait par quel phénomène, les élèves sont beaucoup moins malades.

Interrogés, certains élèves avouent à la caméra qu’il leur suffit de simuler un état maladif pour obtenir deux ou trois jours de congé. Ce serait donc si simple? Et puis on se souvient de l’histoire de Karima, cette Verviétoise de 32 ans, auteure du livre « Insoumise et dévoilée » qui avait cherché à savoir, il y a déjà trois ans, si cette pratique des certificats médicaux était si répandue. Se présentant au téléphone comme musulmane, elle avait demandé à 10 médecins verviétois, sélectionnés au hasard, un certificat médical dispensant sa fille de 8 ans des cours de gymnastique et de natation jusqu’en juin 2009.  Six médecins avaient, à leur cabinet, accepté de rédiger un certificat médical, sans même avoir vu la fillette. Parmi les trois médecins qui avaient refusé d’entrer dans ce petit jeu, il y avait un praticien d’origine marocaine… qui avait répliqué à Karima que le sport était bon pour la santé.1

Heureusement, ils sont encore très nombreux les médecins intègres qui refusent de délivrer des certificats à tour de bras. Comme ils sont nombreux ces élèves à avoir mis un point d’honneur à honorer leur session complète d’examens. Mais cela ne doit pas nous empêcher de rester vigilants…

  1. JT RTBF – 16.12.11 []


Vos commentaires

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  1. indifférent dit :

    En 2C, une élève n’avait pas de certificat pour couvrir un jour d’examen (elle confirme qu’elle n’est pas allée chez le médecin); mais pas de problème le lendemain elle en avait un. Où est le problème ? Il n’est vraiment pas nouveau mais personne n’agit, vive le monde adulte !
    Si tu as des armes chez toi, tu es normal normal (cfr le procureur de Liège) et si tu triches nous allons arranger ça.

  2. odette dit :

    Je félicite le médecin marocain qui a pensé à l’enfant sans aucune autre considération que sa santé ! Voilà un homme digne de porter le nom de médecin !!!

  3. Catherine Tilquin dit :

    Une anecdote, dans une école bruxelloise où je travaillais, le taux d’absentéisme aux examens de Noël a connu une importante baisse lorsque ces examens ont été SYSTEMATIQUEMENT différés en janvier et répartis sur 2 jours.
    A méditer.

  4. Debremme dit :

    Il faudrait peut-être parler aussi des certificats de complaisance délivrés aux profs.
    Dans mon école, une collègue – pas malade du tout – est connue pour, depuis des années, s’absenter à chaque contrariété: des congés qui se multiplient et qui la voient rentrer la veille de vacances, pour « retomber malade » après deux jours de présence (sans donner cours).
    En toute impunité.
    Elle en profiter pour … préparer un brevet d’inspectrice.

  5. marie dit :

    Le système leur pardonne tout, donc cela engendre toutes les dérives… Pourquoi en vouloir à ces petits chéris ? Il y a sûrement des médecins complaisants. Mais allez, par exemple, prouver que tel mal de tête, tel mal de ventre est feint ! Ils sont si stressés par les méchants profs, ces petits anges !…

  6. En dehors des faux certificats, lesquels sont répréhensibles et punis par la loi (faux et usage de faux, signature falsifiée…), comment distinguer un certificat de complaisance d’un vrai, tous deux étant signés par un vrai médecin ?
    Un élève qui en fait tant pour échapper à un examen est de toute façon mal dans sa peau et sans doute déjà « malade »… Non ?

  7. Michèle50 dit :

    Il serait intéressant de clarifier le lien entre les absences (justifiées par certificat médical ou non) aux évaluations certificatives et le taux d’échec scolaire.

  8. freesia dit :

    Mais comment lutter contre ce phénomène ???

    • adm dit :

      Les camps d’éducation avaient leurs bons côtés (j’ai pas dit de concentration, pour éviter toute confusion! )

  9. Piou dit :

    De toute façon, certificat ou non, l’élève n’est-il pas obligé de repasser l’examen ?

    Il faut surtout se poser la question de la responsabilité (ou de l’irresponsabilité) des parents. Car qui appelle ou qui paie le médecin ?

    De toute façon, il est évident que l’élève qui fuit les épreuves est un élève qui n’arrive pas à gérer un trop plein de stress. Ou qui a peur de l’échec.

    Si c’est systématique, il faudrait peut-être lui porter un peu plus d’attention et lui offrir un soutien psychologique.

    Parce que, ne l’oublions pas, la période des examens reste une période très difficile. On s’en souvient tous et on la revit chaque année avec nos propres enfants…

    • adm dit :

      D’accord, ne pourrait-on pas avec le psy mettre également un avocat pour relever un manquement dans une formulation, l’état de la chaise, … qui permettrait d’annuler l’examen? Après les recours de part et d’autre ainsi que les enquêtes bien nécessaires, je pense que notre étudiant pourra être admis à la retraite à l’obtention de son diplôme (67 ans).
      Le pire, c’est qu’au vu de certaines décisions législatives ou judiciaires, ces propos ne sont même pas loufoques. Bonne année 2012 !

      • Piou dit :

        La situation est difficile pour les enseignants (on ne dit pas le contraire), pour les parents (qui s’investissent encore dans l’éducation de leurs enfants, il en existe encore) et aussi pour les enfants qui ne sont pas tous des petits monstres et des tirs au flanc. Là non plus, il ne faut pas généraliser.

  10. Anaïsnin dit :

    « De toute façon, certificat ou non, l’élève n’est-il pas obligé de repasser l’examen ? »

    Non, un élève sous certificat n’est pas tenu de représenter les examens de juin par exemple, il existe apparemment une circulaire stipulant qu’il faut alors que le conseil de classe se base sur les notes disponibles. L’an dernier une jeune fille est ainsi passée dans l’année supérieure sans rien présenter en juin. La maman savait très bien que nous ne pouvions l’obliger à rien … et nous avons dû la laisser passer (alors qu’elle ne pouvait pas écrire mais aurait pu présenter des choses à l’oral – ce que la famille a refusé). Je suis restée très perplexe, je l’avoue …

  11. Piou dit :

    Oui, un psy, pourquoi pas dans certains cas. Il n’y a rien de loufoque là-dedans.

  12. marilie dit :

    D’une extrême à l’autre :
    Une instit absente pour de graves problèmes gastriques rentre à l’école après avoir été aperçue par un de ses élèves … au Quick.
    Un prof d’éducation physique oblige un enfant à enlever ses chaussettes devant tous ses camarades pour voir si le médecin dit vrai.
    Etc. etc.
    Il vaut mieux de respecter un médecin de trop que trop peu. Et pour ma part, si un élève fournit un certificat de complaisance, il sera au pied du mur au contrôle suivant. Evaluation continue.
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