« Vous avez en Belgique un cours de morale ! Mais c’est ringard. Vous voyez quoi ? Comment bien se comporter ? » Nos voisins français sont souvent très surpris et très critiques par rapport à ce cours dont l’appellation paraît venir tout droit des années 50. Et pourtant, nous sommes bien loin d’un cours moralisateur puisque son but est essentiellement d’ouvrir l’esprit des élèves afin qu’ils puissent effectuer leur choix de vie. Seulement, parfois, ce cours se transforme en salle de cinéma ou en ludothèque. Non décisif pour le passage dans la classe supérieure, les élèves ne s’y investissent pas. Et les professeurs non plus. Du coup, dans certaines écoles, il devient un cours fourre-tout donné à des enseignants qui n’ont pas un horaire complet. On est donc bien loin de l’esprit premier du cours de morale.
Né du Pacte scolaire
Ce cours est d’abord né du Pacte scolaire de 1958. Dans l’enseignement officiel, il faut donc dispenser des cours de religion (catholicisme, protestantisme, islam et judaïsme) ainsi qu’un cours de morale laïque.
On respecte ainsi la liberté de choix de culte et de philosophie.
Au fil des années, le cours de morale laïque est surtout devenu un cours de morale philosophique. « Cette matière a toujours été définie de manière négative, explique Joachim Lacrosse, professeur de morale à l’athénée Jean Absil à Etterbeek. Il est construit en opposition au cours de religion. C’était parce qu’on ne croyait pas en Dieu qu’on le suivait. Or, ce n’est pas ça. Je n’ai pas l’impression de dispenser un cours fourre-tout. C’est vrai que nous pouvons parler de beaucoup de choses mais nous avons quand même un programme à respecter. »
Des thèmes très larges
Le programme du cours de morale n’existe pas réellement. La Communauté française fixe des orientations que les professeurs suivent. En première, l’élève doit s’ouvrir, s’enrichir. En troisième, il faut aborder la question de l’autorité. En cinquième, l’être humain est-il seul au monde, etc.
Des thèmes très larges qui laissent donc une liberté aux enseignants.
« Je pense qu’il faut mieux partir de l’actualité pour aborder ces questions, précise Jonathan Fischbach, professeur de morale dans la région liégeoise. Nous devons être un référent pour l’élève avec une grande culture générale. Nous devons aussi répondre à leurs interrogations car parfois, à leur domicile, personne ne peut leur expliquer les grands débats de société. Après, personnellement, j’ai construit mon cours en opposition au professeur de morale que j’avais. Avec lui, j’ai vu tous les films qui sont sortis dans les années 90 sans avoir de débat par la suite. Moi, j’essaie de tendre vers des cours de philosophie. Il faut intéresser les élèves et mettre des professeurs motivés qui ont suivi une formation pour dispenser la morale. Il faut changer cette image en changeant d’appellation par exemple ou en se rapprochant des autres cours philosophiques. »
Lire la suite sur le blog du journal LE SOIR.
Bonjour,
Qui peut enseigner la cours de morale ? Quelle formation faut-il suivre ? Où ?
Ce cours est très ouvert et peut apporter aux jeunes des réponses qu’ils attendent mais qu’ils n’obtiennent pas toujours chez eux ( pudeur, culture, gêne, tabou, indisponibilité des parents…). Alors, en choisissant des sujets actuels ou en suscitant des débats qui intéressent, les élèves voudront s’investir.
J’ai eu cours de morale et de religion : les deux m’ont apporté quelque chose : l’un le spirituel et l’autre le social, le quotidien.
Un cours qui devrait être valorisé davantage alors que la morale est considérée par nos élèves comme un cours qui ne sert à rien, où on chahute etc. Encore pire en gym où les CM imaginaires, les excuses bidons sont légion^^ lamentable.
J’enseigne dans une école catholique, pourtant j’ai suivi des cours de morale… Parmi mes collègues de religion, je retrouve les extrêmes dont il est question ici : d’une part une véritable vidéothèque; d’autre part, un cours de philosophie dans lequel on s’interroge sur le véritable sens de la vie, religieux ou laïc. Ces cours sont ce que des profs passionnés (ou non) et intéressants (ou non) en font.
Ne limitons pas la réflexion aux seuls élèves qui, de manière générale, ne font que reproduire ce que la société les fait abreuver. Ils n’y sont pour rien !!!
J’ai donné ce cours pendant plus de 20 ans et je pense avoir aidé mes étudiants du technique et du professionnel à dépasser leur carcan culturel. Il est regrettable que l’enseignement ne soit jamais parvenu à identifier les compétences individuelles, collectives et transversales que le cours de morale vise dans ses finalités. Si on en a fait un fourre-tout, c’est aussi la conséquence de désigner des profs non formés en ce domaine.
Cours de morale et cours de religion… n’apportent rien ni ne motivent les élèves qui y arrivent avec les idées toutes faites : endoctrinement ou passe-temps. C’est à longueur des journées que mes élèves clament : » on n’en a rien à cirer, de votre cours de religion ». Ce sont, à mon avis des cours mal définis, voire mal intitulés. Ne faudrait-il pas rassembler ces cours sous le vocable de » Notions philosophiques » (laïques et chrétiennes/religieuses)
Entièrement d’accord avec toi Bular.
Malheureusement, certains préfèrent garder leur petit jardin à l’abri, l’ouverture n’est pas encore acquise partout et par tous.
J’avais 17 ans quand j’ai suivi mon dernier cours de morale en tant qu’élève; je vais en avoir 37 et j’ai été parachutée comme prof de morale il y a 3 mois, alors que je n’ai jamais dispensé ce cours, mais que je dispensais depuis 7 ans des cours de mathématiques…et de plus, la personne que je remplace ne m’a laissé strictement aucun document de travail, juste quelques DVD…dém*******de-toi…
Un peu comme quand un ministre en remplace un autre, l’exemple vient d’en haut !
Ce n’est pas un changement d’intitulé qui changera le contenu !
Ces cours sont ce qu’en font les enseignants qui les donnent !