Liège : l’A.R. Charlemagne pourrait fermer ses portes

La promesseL’Athénée royal Charlemagne de Jupille-Fléron vit des heures difficiles. Il est en effet prévu qu’il ferme ses portes en septembre prochain. Pourquoi? Il ne compte que 373 élèves (chiffres d’octobre 2011) sur ses deux sites alors qu’il doit en scolariser 400 pour continuer à exister… Comme d’autres écoles en difficulté, l’Athénée a sollicité des dérogations (quatre en tout) à la Communauté française pour continuer à fonctionner malgré un nombre d’élèves insuffisant. Mais malgré ce sursis de quelques années, il n’a pas réussi à redresser la situation. Son coût de fonctionnement étant devenu trop élevé1, il a été décidé de mettre fin à l’acharnement thérapeutique.

« Il y aura des pertes d’emplois »

La semaine dernière la ministre de l’Enseignement, par la voix de son porte-parole Eric Etienne, assurait pourtant que l’école ne fermerait pas ses portes. On envisageait alors un rapprochement avec d’autres écoles, voire une fusion. Une promesse auquel ne croit pas Christophe Coemans, professeur et délégué CGSP.

Pour l’instant, on ne parle pas de fusion. L’école ferme. L’année prochaine, le matricule disparaitra. On n’inscrit plus d’élèves.

Les sites scolaires ne resteront pas vides pour autant. Des cours de promotion sociale pourraient être donnés à Fléron et ses élèves pourraient rejoindre l’Athénée de Soumagne tandis que les élèves de Jupille pourraient continuer à suivre les cours du premier degré dans leur école… avant de devoir rejoindre l’A.R. Liège Atlas. Le conditionnel est de rigueur car, à ce stade, tout est encore possible. Mais les élèves, comme les enseignants, sont pessimistes. Christophe Coemans :

Pour les élèves, c’est évidemment dommage car ils quittent une école qu’ils aimaient bien. Et rien ne dit qu’ils rejoindront les Athénées de Soumagne et de Liège Atlas. A Fléron, ils n’ont qu’à traverser la rue pour s’inscrire à l’Institut Saint-Laurent, dans le réseau libre.

Et les enseignants, que risquent-ils exactement?

Les professeurs nommés devront introduire une demande de changement d’affectation pour le 31 janvier au plus tard. Et ils ne pourront viser que des emplois vacants! Les enseignants nommés pourraient donc prendre la place de temporaires dans d’autres écoles. Et on imagine que tous ne seront pas recasés ou se retrouveront avec des horaires incomplets ou l’obligation de prester loin de chez eux… Il y aura des pertes d’emplois, c’est certain!

Et le personnel ouvrier? « Ils sont encore plus mal lotis. Il faut 25 ans de carrière pour être nommé… Et à Fléron, la promotion sociale viendra sûrement avec son personnel. Il n’y a aucune garantie qu’ils reprendront quelqu’un. »

Des passerelles entre les réseaux?

Contacté par nos soins, Eugnène Ernst de la CSC-Enseignement confirme que la situation était devenue très difficile : « Si on maintient un établissement sous la norme, ce sont les autres qui vont en payer la note. » Mais il n’envisage pas de mener des actions dans les prochains jours. « Nous veillerons à ce que les droits du personnel soient respectés… mais nous ne serons pas proactifs. »

L’information est arrivée au bon moment, c’est-à-dire avant que l’échéance statutaire arrive. Il y a déjà eu plusieurs réunions dans le courant du 1er trimestre. M. Leturcq – Directeur général adjoint de l’Administration – s’est rendu sur place. Il faut comprendre que l’optimalisation des moyens, c’est utiliser au mieux les moyens dont on dispose. L’école restait en dessous de la norme depuis longtemps.

Pour ce qui est des enseignants, Eugène Ernst se dit sensible au fait que tous les emplois ne seront pas préservés, en partie à cause du fait que beaucoup d’élèves iront sans doute s’inscrire dans une école d’un autre réseau, plus proche de leur domicile et de leur ancien établissement. Une situation qui n’arriverait pas si, nous dit-il, il existait des passerelles entre les réseaux pour permettre aux enseignants en perte d’heures dans un réseau X de pouvoir compléter leur horaire dans le réseau Y… sur base volontaire.

Il est tout de même dommage qu’une école dont le nombre d’élèves explose ne trouve personne pour donner cours… Et qu’à côté, on ne puisse réaffecter les enseignants d’une école qui vient de fermer. La réaffectation inter-réseaux devrait être possible…

En attendant, les professeurs et les élèves de l’école se sont croisé les bras lundi et rencontreront un représentant du cabinet de la Ministre Simonet ce jeudi. Aucune action n’est prévue pour aujourd’hui et mercredi.

  1. Les coûts fixes restent les mêmes avec 300 ou 500 élèves. []

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7 réponses à Liège : l’A.R. Charlemagne pourrait fermer ses portes

  1. Totalement stupide… On se plaint qu’avec le nouveau décret inscriptions certains élèves soient laissés sur le carreau, etc.
    Et après, on vient fermer une école parce qu’il manque 30 élèves, alors que d’autres écoles sont surchargées…

    • On peut toujours espérer que les élèves d’Evere ou d’Uccle s’inscrivent à Jupille, mais j’ai quand même quelques doutes :-) .

    • benoit dit :

      Ce n’est que le début, heureusement pour moi que j’arrive à la fin, les collègues ne s’en rendent pas compte, d’ici peu ce sera la désaffection totale, et que feront-ils après ?

  2. laurent dit :

    Lamentable comme tout en Belgique.

  3. lol dit :

    Ce décret a fait de la casse où la mixité sociale était une réalité.

  4. laurent dit :

    L’enseignement dans son ensemble en Belgique est totalement « foireux ». Avec des gens incompétents dans les hautes sphères sans aucune idée des réalités sur le terrain.

  5. Xavier dit :

    On peut d’ailleurs se demander si le nombre idéal n’est pas inférieur à ces 400.
    12 classes de 25, ou même de 30, c’est un nombre « humain », bien inférieur aux 400.
    La solution n’est-elle pas de fusionner avec une autre école ? Cela fera certes quelques emplois en moins mais conservera l’école…