Mercredi, en séance plénière du Parlement de la Communauté française, le député écologiste Yves Reinkin a interrogé la ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet, sur la fermeture programmée de l’Athénée royal de Fléron-Jupille.
L’école de la dernière chance?
Y. Reinkin : Faisant partie du PO de l’Athénée Charlemagne de Fléron, vous connaissez ses difficultés actuelles. Le personnel, les enseignants, les élèves et les parents sont très inquiets pour son avenir. En effet, la décision de fermeture semble être prise car il ne compte pas 400 élèves. Il faut bien fixer un chiffre, c’est certain. La situation est délicate et génère l’incompréhension des enseignants et des parents. D’autant que le projet pédagogique développé dans cet établissement a démontré tout son intérêt. Rappelons en effet qu’une partie importante des jeunes qui le fréquentent connaissent une scolarité difficile. Cette école représente souvent pour eux la dernière chance. Éviter qu’ils ne se marginalisent est aussi un des objectifs de la politique éducative de la Communauté française.
Madame la ministre, essayons d’être clairs car les uns parlent de « fermeture », les autres, de « fusion ». Qu’en est-il ? Les élèves pourront-ils encore s’inscrire ou l’établissement est-il voué à devenir une simple école de promotion sociale ? Nous devons veiller à ce que ces élèves, aujourd’hui bien encadrés, ne soient pas livrés à eux-mêmes. Par ailleurs, il faut éviter de briser la dynamique pédagogique de cet établissement.
Une restructuration inévitable
M-D Simonet : La restructuration de l’Athénée royal Charlemagne est devenue inévitable en raison de la baisse de population en dessous de la norme de maintien d’un établissement scolaire. Cette baisse a commencé il y a plusieurs années et la norme de maintien n’est plus respectée depuis 2007. Depuis lors, nous lui avons accordé une dérogation dans l’espoir de le voir revenir à la norme. Ce ne sera malheureusement pas le cas. En solidarité, les autres écoles du réseau lui ont affecté des moyens. Ces solutions ponctuelles ne sont malheureusement pas tenables à long terme. Malgré la souplesse dont nous avons fait preuve, nous sommes tenus d’appliquer le décret du 19 juillet 2011.
Le directeur adjoint de l’enseignement de la Communauté française a pris contact avec l’établissement et nous essayons de trouver une solution. Un comité de concertation de base (Cocoba) a eu lieu le 24 octobre dernier auquel ont notamment participé des délégués syndicaux. Plus vite nous agissons, plus nous aurons la chance de faire fonctionner les incitants prévus dans le décret de 2011 en cas de fusion par absorption. Comme vous le savez, l’implantation de Jupille devrait fusionner avec l’Athénée Atlas et l’établissement de Fléron devrait rejoindre l’athénée de Soumagne distant de quelques kilomètres. L’objectif est de tenir compte de la situation concrète. (…) Nous n’abandonnerons pas les enseignants qui, s’ils le souhaitent, peuvent demander un changement d’affectation à titre conservatoire. Sans quoi, ils seront réaffectés prioritairement aux autres établissements. Les élèves pourront pour leur part poursuivre leur scolarité dans les options qu’ils ont choisies. Notre objectif est bien de maintenir l’enseignement de la Communauté française.
Casser une équipe dynamique et soudée?
Y. Reinkin : Cela fait plusieurs années que nous portons l’Athénée Charlemagne à bout de bras. Mais ce n’est pas parce que l’établissement souffre d’un manque de fréquentation qu’il est mourant. . . . Au contraire, c’est une école dynamique ! Nous devons envisager toutes les formules possibles pour éviter de tout détruire, pour empêcher des élèves, en particulier les plus fragilisés, de tourner le dos à l’école. Nous risquons aussi de casser une dynamique pédagogique porteuse.
Ce jeudi, des enseignants et élèves de l’Athénée Charlemagne de Jupille-Fléron ont rencontré des représentants du cabinet de la ministre Simonet. Ils sont soulagés d’avoir été entendus et vont à présent étudier les propositions mises sur la table. Les négociations sont ouvertes…
Dans les établissements voisins de cet athénée, il nous revient que l’inquiétude est grande chez les enseignants temporaires qui craignent pour leur emploi. Affaire à suivre…
Malheureusement, c’est le lot de la plupart des écoles qui font vraiment oeuvre sociale. A côté de cela, on laisse se développer des mastodontes où les élèves ne sont que des numéros. S’il faut sans doute bien mettre la barre à un certain niveau de fréquentation, je doute qu’elle doive être aussi élevée qu’elle ne l’est (400 élèves pour le secondaire). Il faudrait plutôt mettre en place une cellule au cabinet de Mme Simonet pour étudier, au cas par cas, l’intérêt de conserver certaines petites écoles qui font le boulot que d’autres refusent désormais de faire, fières de leur réputation souvent usurpée et infondée.
Monsieur Reinkin,
Je ne connais pas votre motivation réelle dans cette action. Si vous étiez un défenseur de l’enseignement pour tous, vous ne seriez pas aussi désobligeant vis-à-vis de l’enseignement de promotion sociale.
Salutations.
La fermeture d’un établissement scolaire, c’est toujours triste. Quelles qu’en soient les raisons.
Félicitations pour le projet de tronc commun pour le cours de philo. J’ai écrit le livre « Ja vais où, Moi ? » qui pourrait servir de base en étant adapté aux différents niveaux et enrichi par les découvertes des autres religions…Je suis disposée à vous aider dans la mesure de mes moyens, j’ai enseigné au secondaire pendant 30 ans, avec passion…
Tout comme l’école Pedagogie Nomade, elle aussi une école de la dernière chance, Simonet fait fermer Charlemagne. Simonet , c’est l’école de la sélection , de l’inégalité, de la violence envers les plus démunis.
Simonet est une excécrable ministre.
Monsieur Reinkin,
Il est désobligeant de vous entendre dire « simple promotion sociale »… savez-vous que beaucoup, grâce à la promotion sociale, ont le moyen de faire les études qu’ils n’ont jamais pu faire, de s’orienter professionnellement, de prendre un nouveau départ, et cela sans compter le nombre d’emplois et de personnes compétentes derrière la promotion sociale. J’y travaille et j’en suis fière !
Salutations.