Liège : l’A.R. Soumagne condamne la fusion avec Charlemagne

FléronLa ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet, s’est rendue ce mardi à l’Athénée Royal Charlemagne (qui comprend les sites de Jupille et de Fléron). Elle y a rencontré les directions de l’Athénée Royal Charlemagne, de l’Athénée Liège Atlas et de l’Athénée de Soumagne. L’A.R. Charlemagne ne fermera pas ses portes mais devra fusionner pour survivre. Depuis des années, la population reste inférieure à 400 élèves, ce qui oblige le pouvoir organisateur – la Communauté française ici – à étudier de nouvelles pistes. L’établissement est malade… et voici comment Marie-Dominique Simonet compte le soigner…

La ministre veut préserver les emplois

Concrètement, l’école sera scindée en deux : le site de Jupille et le site de Fléron deviendront chacun une implantation d’une autre école secondaire. L’A.R. Liège Atlas intégrera l’implantation de Jupille et l’A.R. Soumagne intégrera l’implantation de Fléron. Le matricule Charlemagne disparaitra donc…

L’intention de la ministre a toujours été la recherche d’une solution sauvegardant l’activité des deux implantations de l’AR Charlemagne et d’y maintenir le plus grand nombre des élèves effectuant actuellement leurs études à Jupille et Fléron, tout en étant particulièrement attentive à la situation des équipes et des élèves de l’Athénée Liège Atlas et de l’Athénée de Soumagne.

Pour les élèves, il y aura peu de changements… en théorie du moins. Le 1er degré sera maintenu sur chaque site. Les 2ème et 3ème degrés « général » seront maintenus à Jupille (il n’y pas de 2ème et 3ème degrés « général » à Fléron). Les options techniques présentes actuellement à Jupille et Fléron seront maintenues. Est-ce bétonné pour les années à venir? Non! Si l’école continue à péricliter, il faudra revoir l’offre d’enseignement au sein de l’athénée et privilégier certaines options… L’école pourra compter sur 50 périodes NTPP supplémentaires, qui seront attribuées pendant 3 ans, puis 24 périodes pendant les 2 ans qui suivent… Le décret du 19 juillet 2011 prévoit des incitants en termes d’encadrement au bénéfice des écoles qui s’engagent volontairement dans un processus de redressement via un rapprochement avec un autre établissement.

Et les emplois au sein de l’athénée? « La ministre tient à souligner que tous les emplois statutaires actuels seront maintenus, pour autant qu’il n’y ait pas, au 1er octobre 2012, par rapport aux établissements actuels, une différence négative de 10% de la population scolaire calculée au 01/10/2011. Le personnel administratif et ouvrier (PAPO) sera par ailleurs maintenu. » Une différence de 10%? Ce ne sera pas simple de maintenir la population dans le climat actuel. Surtout qu’à côté, à Soumagne, on n’hésite plus à manifester clairement son opposition à cette fusion.

Le grand gagnant? Le réseau libre

Les professeurs craignent de voir arriver des élèves qu’ils jugent « ingérables » et dont certains sont arrivés à Fléron… après avoir été justement exclus de l’athénée soumagnard.  Les témoignages – anonymes – sont nombreux… et amers.

Les parents sont inquiets. On ne sait pas comment se passeront les inscriptions. Mais on pourrait perdre de nombreux élèves au profit du réseau libre qui compte une école juste à côté. Notre athénée fonctionne très bien depuis des années et l’enseignement est de qualité. Mais cette fusion risque de nous causer un tort important. On le sait, des élèves partiront… et des profs aussi.

Sans oublier que s’il y a des enseignants nommés en perte d’heures à Charlemagne, ils pourraient également prendre la place de professeurs temporaires à Soumagne. C’est le jeu… mais cela ne fait pas plaisir pour autant.

Le départ de l’actuel chef d’établissement de Soumagne, en juin prochain – et donc l’arrivée d’une nouvelle équipe de direction qui coordonnerait les deux implantations – inquiète également. Qui pilotera en septembre cet établissement de 1.200 élèves et son petit frère fléronnais? On parle bien sûr de l’actuelle préfète de Charlemagne… qui pourrait passer le flambeau en 2013 au préfet de l’A.R. Welkenraedt.

Notre préfète pourrait aussi rester quelques mois supplémentaires… pour permettre une transition en douceur.

Aujourd’hui, les professeurs de Soumagne préviennent : « Nous ne voyons pas comment « retrouver la sérénité » alors que nous ne sommes pas entendus et que l’équilibre de notre école est compromis. »

Nous condamnons cette option qui risque, à terme, de déforcer l’enseignement officiel sur le plateau de Herve.

Des actions sont prévues dans les prochains jours… En attendant, une réunion technique se tiendra ce jeudi et les directions des établissements concernés seront réunies vendredi par le cabinet de la ministre.

Commentaires

  1. Thomas dit :

    Quel triste avenir pour les élèves et leurs professeurs…

  2. jan dit :

    Je propose la fusion du libre et de l’officiel puis on en parle plus, bon voilà ! J’ai résolu les problèmes économiques de l’enseignement en Belgique. Question suivante ? Ah non! On me rapporte qu’il y a des intérêts politiques….non sans blague?

  3. Eloy Romero-Muñoz dit :

    Je suis un ancien de Jupille, l’AR Yvon Cornet in illo tempore (je suis sorti en 1994). C’était une chouette école avec des espaces verts partout, des enseignants performants et des élèves des trois grands types d’enseignement secondaires qui cohabitaient sans soucis.

    Je suis triste que ce magnifique lieu tourne à rien comme on dit chez nous.