Le FDF en faveur d’un apprentissage précoce des langues

fdfSaviez-vous qu’en Wallonie, 57% de la population ne connaît qu’une seule langue, pour 28% en Flandre et 22% à Bruxelles? Partant de ce constat, les élus FDF ont décidé de s’engager afin de combler le retard d’apprentissage des jeunes élèves francophones. Les députées bruxelloises Caroline Persoons et Isabelle Molenberg défendront les projets du parti amarante.

La découverte d’une 2e langue dès la 3e maternelle?

Et leurs arguments sont déjà prêts : « Le Conseil de l’Europe, dans son « Livre blanc », préconise qu’au terme de la scolarité obligatoire, « chaque citoyen européen devrait maîtriser trois langues : sa langue maternelle, une langue à portée internationale et une langue de proximité ou minoritaire ». Face à cette nécessité de maîtriser plusieurs langues étrangères, l’école a une obligation de doter les élèves de compétences réelles en langue et en culture étrangères. »

Oui mais voilà, les résultats ne suivent pas… En 1996, Laurette Onkelinx, à l’époque ministre de l’Enseignement, proclamait : « Tous bilingues en 2001 ». On est loin du compte. Jamais nos élèves n’ont été aussi mauvais en langues.

Si l’on se penche sur le pourcentage de la population qui se déclare trilingue, ici encore, les résultats obtenus par la Wallonie sont très moyens avec seulement 7% de la population qui se déclare trilingue français, néerlandais, anglais. Pour la Flandre et Bruxelles, ces données sont respectivement de 40 et 31%. La méconnaissance des langues constitue un problème majeur en Région bruxelloise et en Wallonie.

Mais que propose le FDF? Tout simplement d’entamer les formations aux langues bien plus tôt. La législation n’impose le néerlandais comme seconde langue à raison de 3 heures par semaines qu’à partir de la 3ème primaire (5 heures à partir de la cinquième) à Bruxelles. En Wallonie, l’apprentissage d’une autre langue (anglais, néerlandais ou allemand) n’est imposé qu’à partir de la 5ème primaire. Dans les deux Régions de la Fédération, l’apprentissage d’une troisième langue n’est organisé qu’à partir de l’enseignement secondaire. Trop tard pour nos deux députées. La découverte d’une seconde langue doit être possible avant l’entrée à l’école primaire… sans pour autant porter préjudice à la maîtrise de la langue maternelle.

Sur un mode ludique

Députée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Caroline Persoons a déposé une proposition de résolution visant à encourager la découverte d’une deuxième langue, sur le mode ludique, dès la troisième maternelle.

Commentaires

  1. dodo dit :

    Il faudrait plus de cours de langue mais aussi garder le wallon, déjà se lancer dans le chinois. Par contre, il manque des scientifiques et là … rien. Ce n’est pas avec 5 heures de maths qu’il sera possible de donner du goût scientifique.

  2. Collette Luc dit :

    Etant enseignant dans le primaire à Bruxelles, je suis entièrement favorable à cette proposition. Toutefois, travaillant dans une école « Encadrement différencié », la seconde langue à maîtriser par bon nombre d’élèves est bien le français. En ce qui concerne la 3e langue d’apprentissage, celle-ci ne devrait plus être le néerlandais mais bien l’anglais, mondialement reconnue et davantage motivante pour les enfants.

  3. Yvan Borgers dit :

    Dans certaines écoles, il n’y a que les maths qui valent la peine d’être enseignées (4, 6 voire même 8 heures par semaine). Quant aux langues dites étrangères je ne puis que constater et regretter que, dans certaines écoles, on ait réduit les trois heures à deux heures par semaine… après quoi la direction ose nous poser la question de savoir « comment on pourrait améliorer l’enseignement des langues » …!?! Incroyable mais vrai ! Lors des échanges internationaux, qu’on soit en Italie ou en Allemagne, on ne parle que l’anglais; on ne fait pas l’effort d’apprendre la langue de ses hôtes ! Dommage ! Il faudrait un fameux changement de mentalité et beaucoup de bonne volonté pour améliorer la situation actuelle. De plus, beaucoup de jeunes ne se donnent plus la peine de consulter les dictionnaires et la grammaire. L’Europe impose ses quatre compétences réceptives et productives, mais néglige la base essentielle de toute compétence linguistique : la morphologie et la syntaxe.

    1. Thème récurrent s’il en est !
      De nombreux pays européens imposent, comme deuxième langue, l’anglais en vue de communiquer avec le plus grand nombre. Aux Pays-Bas, dans les pays de l’Est européen, en Grèce et dans les pays balkaniques etc. Toute personne qui voyage un peu le constate ! Où que vous alliez ou peu s’en faut, c’est bien l’anglais basique qui est pratiqué.
      Est-ce qu’en Belgique, on ne pourrait pas avoir le courage politique d’apprendre cet anglais ? Non pas celui d’Oxford ou de Shakespeare que peu d’anglophones parlent, mais un anglais qui sert à se parler, à communiquer, à comprendre et se comprendre sur des choses essentielles, pour lire les grands auteurs contemporains (et il y en a tant qui ne sont pas traduits), voire les films en V.O.
      Notez que je ne suis pas contre le fait d’apprendre la langue de nos voisins néerlandophones et germanophones – ceux-ci sont trop souvent oubliés et c’est bien dommage- mais même quand vous allez dans ces pays ou dans la Région flamande, on se comprend parfois bien mieux avec l’anglais.
      S’il faut étudier sérieusement une langue aujourd’hui : c’est bien l’anglais.
      Les autres langues ne devraient être étudiées que dans un but ludique et convivial et éventuellement pour ceux qui veulent vraiment parler la langue pour des raisons précises (habiter la région par ex.)
      Mais pour les autres ? Tous les autres ? Combien d’échecs dans le parcours pour, au final, des adultes qui ne parleront de toute façon pas la langue et l’oublieront par manque de pratique et de motivation ?
      Aujourd’hui, combien de jeunes sont-ils bilingues ou s’en sortent pratiquement en sortant de six années d’étude du néerlandais ? Certains ont du néerlandais du fondamental au secondaire et balbutient quelques mots. C’est incompréhensible et intenable. Des jeunes étrangers venant immigrer en Flandre le parlent en six mois, voire un an avec un niveau très acceptable, pourquoi pas nos jeunes francophones après six ou douze ans d’étude ?
      Lorsque j’accompagne des élèves en sortie , par exemple à Breendonck, je constate que les élèves wallons, bien qu’étudiant la langue de Vondel depuis 5 ou six ans, communiquent spontanément en anglais entre eux. Tout l’univers des jeunes est actuellement imprégnés d’anglais et non de néerlandais. Ils ne connaissent rien de la culture flamande, ou très très peu. De toute façon, en vivant en Wallonie, j’écoute le radio de service publique francophone : je n’y entends que des chansons en langue française et le plus souvent en anglais, quelquefois en italien, de temps en temps en espagnol, rarement en portugais, jamais en allemand , jamais en néerlandais. JAMAIS… et je ne suis plus très jeune ;) Pourtant l’Allemagne est immense, la Région flamande à ma porte.
      Si je vais au cinéma , les films sont soit en français soit en version originale (et c’est majoritairement en anglo-américain).
      Comment nos hommes et nos femmes politiques n’en tiennent pas compte, eux qui parlent tant d’efficacité, de rentabilité ?
      Nothing but my opinion, of course.

      1. benoit dit :

        C’est ce que le plus de personnes parlent en faisant des fautes, mais c’est la meilleure langue véhiculaire, on l’a dèjà appelée globish english, pour moi c’est souhaitable, beaucoup mieux que l’esperanto avec beaucoup d’opportunités de parfaire..

      2. jacqueline D. dit :

        Bien d’accord avec vous !
        Cet « anglais basique » qui permet de se faire comprendre à peu près partout (sauf peut-être à Londres ;-)…est souvent appelé « globish » et je pense que tout le mode pourrait le maîtriser assez vite.
        Par ailleurs, si vraiment les politiques voulaient favoriser l’apprentissage des langues étrangères, ils feraient en sorte qu’à la télévision, tout soit en VO (avec sous-titres en français).
        Last but not least : où nos élues FDF comptent-elles trouver des enseignants pour ces heures, alors qu’on n’en trouve déjà plus pour les intérims dans le secondaire ? A mon avis, à Bruxelles (et surtout en maternelles) elles feraient mieux de mettre le paquet pour que les enfants issus de l’immigration acquièrent un niveau en français qui leur permette d’aborder l’apprentissage de la lecture, ce qui n’est certainement pas le cas aujourd’hui.

        1. benoit dit :

          Les langues enseignées dans les écoles sont comprises partout, parce qu’elles sont des choix qui résultent de tris multiples, mais pour parfois se rendre compte que l’interlocuteur lui ne fait pas ce tri, et parle à sa façon…
          Le algemeen beschaafd Nederlands, en est la preuve vivante, très peu de langues sont parlées correctement par une majorité de la population, au plus grand dépit des apprenants…

    2. joke dit :

      Yvan j’espère que tu apprends le mandarin … c’est la langue la plus parlée dans le monde, il faut respecter tous ces gens. Après quoi tu auras le choix : l’arabe, pas mal, le japonais, le russe,…
      Le plus simple ne serait-il pas une seule langue vu les difficultés de maîtriser une langue ? Je rappelle qu’une langue n’est faite que de conventions !

    3. joke dit :

      Sans rentrer dans de longs calculs, les langues sont de loin « la branche » qui occupe le plus d’heures dans la grille horaire (par exemple en 1c 250% de plus que les maths !)

  4. benoit dit :

    Il n’y en a pas beaucoup pour assurer le minimum et peu pour assurer le maximum et c’est peu dire, il suffit de consulter les documents mis en ligne, d’une présentation exemplaire, mais bien trop souvent remplis de fautes anormales, alors où vont-ils trouver les profs, que font les inspecteurs sur ce site, je regrette, mais il faut vérifier ce qu’on met en ligne surtout quand on s’appelle enseignons.be, le site est magnifique, mais du moins en langues il faudrait des modérateurs… sans méchanceté aucune, une simple réalité.

  5. Benoit dit :

    La taille des classes (dans le secondaire notamment, mais j’imagine la même difficulté dans le primaire) est un « frein » à un bon apprentissage des langues : il faudrait alors permettre de scinder les groupes classes habituels (norme à 24, 27 et 30 selon le degré; je n’ai pas encore très bien intégré les nouveaux modes de calculs prévus pour les années à venir) et « oser » des groupes à 12 ou 13 maximum…
    Pour faire parler chaque élève 2 minutes sur les 50 (théoriques) de cours, ils ne doivent pas être plus de 25.
    Et on en revient au même problème : encadrement, formation des maîtres, $$$ ou €€€…

    Idée suivante, mesdames, messieurs les politiques… ?

    1. joke dit :

      Ok pour des groupes de 12,13 mais comme Patrick Surmont le dit, pour une langue ! L’anglais, l’esperanto … choisissez mais vite s.v.p., il y a tellement de choses plus intéressantes que d’imposer un paquet de langues.

    2. leo dit :

      Etant prof de langues au niveau primaire (mat. jusque 6e), je pense qu’il y a moyen de faire de bonnes choses mais (car il y a un mais) : que faire avec une classe de 30 élèves en 5e année … ?
      Si je ne parle pas cela fait 1 min 30 de paroles par élève !!!
      J’ai 22 ans d’ancienneté donc je ne passe pas des masses de temps à l’autorité et aux remarques. Mais imaginez le jeune prof qui débarque et qui doit installer son autorité et gérer ce groupe … les élèves parlent 1 min grand maximum et je ne compte pas le temps de faire le journal de classe, un petit exercice de fixation écrite etc.
      C’est tout simplement de la folie.
      Donnez-nous des groupes de 12/15 élèves et nous pourrons espérer faire un travail valable !!!

      Quant à la phrase de Benoit : « Il y en a peu pour assurer … » je trouve cela vexant. On pourrait dire la même chose de certains instits et directions ….

      Maintenant ma classe de 30 élèves est ouverte, qu’on vienne me montrer comment être plus efficace et je suis preneur :-)))

      1. benoit dit :

        Il faut savoir ce qu’on veut, dans les cantons rédimés, ils ne parlaient que l’allemand, maintenant ils sont tous « parfaits bilingues au minimum ». On leur a envoyé des instituteurs bilingues ou unilinges, mais le résultat est là, c’est tout à fait inintéressant de balbutier des mots quelconques, en plus, je voulais dire par là, qu’il y a très peu de gens capables de nous enseigner ça de façon maximale, mais y a-t-il une véritable volonté ? Pour ta remarque, ne t’en fais pas trop, je ne voulais pas vexer, uniquement donner un signal fort.

  6. laurent dit :

    Moi je dirai seulement : qu’ils apprennent déjà à parler et à écrire la langue de Molière correctement. Et ça, c’est un défi !

  7. Eloy Romero-Muñoz dit :

    On oublie souvent de dire que dans les grandes ville comme Bruxelles, une grande partie des enfants est déjà multilingue… mais je suppose que pour le politique parler arabe, turc, albanais ou portugais ça ne compte pas.