Non-respect du décret inscriptions? Simonet ne parle pas de fraude

SimonetSouvenez-vous : il y a quelques jours, Infor-Jeunes Laeken dénonçait le probable non-respect du décret inscriptions par des écoles bruxelloises sur la base d’une enquête menée à partir des sites internet des écoles. Sur les 49 sites analysés, 18 n’étaient pas en règle et publiaient des informations erronées sur la marche à suivre pour inscrire son enfant. Des exemples? Certains établissements n’hésitaient pas à exiger la présence des parents à l’une ou l’autre réunion d’information, la présence de l’enfant au moment de la remise du formulaire d’inscription, les copies des derniers bulletins de l’enfant… voire des avances sur les futurs frais scolaires. Tout cela est bien sûr interdit. Ce mercredi 15 février, la ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet, a été interrogée par la députée Caroline Désir (PS)1 : « La presse a récemment rapporté de nouvelles atteintes aux principes du décret. L’asbl Infor-Jeunes Laeken a révélé une fois de plus que certaines écoles informaient mal, erronément même, les parents sur les procédures d’inscription. (…) Certains établissements demandent une participation financière… (…) Certaines écoles s’informent sur le comportement de l’enfant et sur la profession des parents. Votre cabinet, la commission interréseaux des inscriptions ou l’administration vous ont-ils fait part de telles pratiques ? Des plaintes ont-elles été déposées ? Avez-vous pris contact avec Infor-Jeunes afin de vérifier leurs dires ? Demanderez-vous à vos services d’effectuer un contrôle? (…) Nous savons qu’il est difficile de surveiller tous les comportements et de changer des mentalités et des habitudes ancrées depuis longtemps. Néanmoins, toute infraction constatée doit être sanctionnée. »

Honi soit qui mal y pense!

Devant le Parlement, la ministre s’est dite étonnée de n’avoir été informée de la démarche d’Infor-Jeunes que le 10 février… alors que les médias avaient déjà relayé l’information plusieurs jours auparavant. De plus elle a indiqué ne pas savoir grand-chose de la méthodologie adoptée par l’asbl. Simonet s’est donc refusée à parler de fraude, rappelant que la période des inscriptions en 1ère année du secondaire ne commencera que le 27 février.

La fraude suppose des pratiques avérées. Face à un site obsolète, on ne peut parler de fraude. Il nécessite toutefois corrections et mise à jour.

Il ne faudrait donc pas y voir une volonté délibérée, dans le chef de certaines écoles, d’écarter certains publics ne « cadrant » pas avec leur public traditionnel? C’est ce que pense la ministre. « Des directeurs d’école considèrent que le choix d’une école est un acte à ce point important qu’il doit être posé en connaissance de cause et non sur la base d’une réputation ou d’une impression. Dès lors, ces directeurs insistent pour que les parents aient fait connaissance avec l’école de leur choix, a fortiori s’il s’agit de leur première préférence. On peut alors comprendre qu’une certaine ambiguïté puisse naître. Certains verront dans cette démarche une possibilité d’influencer le postulant alors que d’autres souligneront la nécessité de donner des informations sur l’école et d’accueillir l’élève. »

Le MR soutient la ministre Simonet

Honi soit qui mal y pense donc. Aucune intention malveillante ne peut pour l’heure être démontrée. Les situations inacceptables restent rares. Dans la plupart des cas, les écoles semblent simplement s’emmêler les pinceaux, confondant les étapes, mélangeant les informations d’inscription des autres années avec celles de la première année commune, etc. Mais la ministre sera vigilante : « Les écoles iront-elles jusqu’à ne pas inscrire les enfants des parents absents à la réunion d’information ? Si c’est le cas, la fraude est avérée et la Ciri devra apporter les corrections nécessaires. Par contre, si les enfants sont quand même inscrits, il n’y a pas fraude même si cela nécessite une correction et un rappel à l’ordre. » Depuis les bancs de l’opposition, les libéraux applaudissent. Françoise Bertieaux se montre très critique vis-à-vis de l’initiative d’Infor-Jeunes :

Aujourd’hui, vous avez confirmé votre confiance dans les directions d’écoles, vous avez défendu la nécessité de les accompagner, voire, le cas échéant, de les rappeler à l’ordre. Vous évitez le piège de la suspicion alors que certains préfèrent présumer la fraude, l’infraction ou le détournement chez les responsables de certaines écoles qui seraient « anti-décret ».

« C’est notre rôle de dénoncer ce type de pratique lorsqu’elles existent »

L’ASBL, qui se sent bien sûr visée, manque de s’étrangler… « Selon les termes de la ministre, il n’y aurait véritablement fraude qu’à partir du moment où un élève aurait été refusé au moment de l’inscription sur une base illégale. Faut-il dès lors comprendre qu’une information fausse et/ou biaisée – et qui produit donc immanquablement des effets inducteurs de discrimination et d’(auto)dissuasion – n’intéresse pas la ministre de l’enseignement ? » Pour Infor-Jeunes, il n’est pas admissible que des écoles contournent l’esprit du décret – l’égalité de toutes les familles à l’entrée du secondaire -, en mettant en place des stratégies de dissuasion, qui opèrent comme autant de « filtres » aux inscriptions!

En clair, après le 27 février, il est important de respecter les règles… Mais avant? L’ASBL assure qu’elle continuera à dénoncer ce genre de pratiques et qu’elle interpellera le politique chaque fois qu’elle le jugera nécessaire.

Il n’est pas acceptable d’entendre la fraction de l’opposition libérale récuser les résultats de l’enquête  au seul motif qu’il ne serait pas du ressort d’une association d’effectuer ce type d’investigation. L’exercice de la démocratie ne passerait-il donc que par l’appareil institutionnel? Et non par les associations, la société civile, ou le travail de la presse? Étrange conception de la démocratie, à vrai dire!

Rappelons que l’administration enverra tout de même un courrier aux écoles où un problème est constaté. Une circulaire sera par ailleurs envoyée dans toutes les écoles pour leur rappeler les exigences du décret et la procédure. En espérant que la ministre saura, cette fois, se faire entendre…

  1. Les députées F. Bertieaux (MR) et B. Trachte (Ecolo) ainsi que le député M. Elsen (CdH) ont également interrogé la ministre à ce sujet. []

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  1. pascale dit :

    Comment expliquer que des enfants soient reçus avec leurs parents par le directeur d’une célèbre école à Uccle, pour une soi-disant séance d’info…et que ces parents soient invités à avoir des bulletins de leur enfant avec eux. Ce directeur donnant déjà des suggestions d’option et faisant des commentaires sur les résultats scolaires des enfants… Mme Simonet est sourde et aveugle, ou je me trompe ? Les cas d’écoles ne respectant pas les consignes sont légion… Certaines posant des affiches invitant les parents à procéder à des préinscriptions…illégales elles aussi. Et nous, nous respectons les règles et n’aurons peut-être pas l’école de notre choix qui, elle, respecte parfaitement la loi !

  2. ehben dit :

    La mauvaise foi est incroyable mais je me mets à leur place.
    Ou on oblige l’élève à aller dans tel ou tel établissement (on laisse juste libre le choix du réseau) ou on ne fait rien. Cette loi est contournée par celui qui le veut et toujours discriminatoire.

  3. Jipi dit :

    Vous ne pourriez pas l’éjecter celle-là une fois pour toutes ?

    Je trouve que les enseignants sont d’un mou.

    Aujourd’hui on leur demanderait de travailler cinq heures en plus avec un salaire de 100 euros/net pas mois, qu’ils accepteraient encore !!!

    Je vous signale quand même que vous ne vivez plus en démocratie mais dans une dictature larvée : une seule bonne femme décide de ce qui est bon pour vous !!!

    Et vous acceptez cela ?

    • SCREVE RENE dit :

      Je trouve ce commentaire insultant pour les enseignants dans leur ensemble. Comment peut-on nous traiter de mous ? Nous vivons en démocratie et ce n’est pas en éjectant les gens que cela arrange les affaires. Je ne suis pas certain que l’exemple que vous avez choisi est approprié mais il est vrai que certains enseignants cherchent à travailler mais pas à n’importe quel prix. Je ne pense pas que la ministre décide de tout et toute seule… L’an dernier, les subsides pour les délégations belges aux olympiades internationales allaient être supprimées. Un petit rapport des recteurs et doyens de sciences a montré l’importance de cette dépense et tout est rentré dans l’ordre…Je ne pense pas que nous vivons dans une dictature larvée….La ministre est responsable mais elle ne décide pas de tout. Je ne suis CDH mais je trouve qu’elle essaie de s’entourer de gens qui connaissent bien les écoles.

  4. Xaviereco dit :

    Et dire que l’on nous avait promis que ce nouveau système supprimerait toute discrimination.
    C’est une impression ou les cas de discrimination, d’insatisfactions sont (beaucoup) plus nombreux avec le décret qu’avant celui-ci ?

  5. samytat dit :

    Sans parler des enfants d’origines diverses qui n’ont pratiquement aucune chance d’accéder à ces écoles.