Une vingtaine d’écoles menacées en Wallonie?

fusionSelon la députée MR Caroline Cassart-Mailleux, une vingtaine d’écoles wallonnes se trouvent dans une situation extrêmement préoccupante en raison du manque d’élèves. Pour la plupart, la fusion est même envisagée. En commission de l’éducation du Parlement de la Communauté française, l’élue libérale a cherché à comprendre…

Wallonie : + 40.000 élèves  d’ici 2020

Contrairement à la Région bruxelloise qui connaît un boom démographique et doit se préparer à créer de nouvelles écoles et crèches, la Wallonie connaîtrait-elle une récession démographique ? Quelles sont les prévisions pour les cinq prochaines années ? Les chiffres nous permettraient de comprendre ce phénomène et de prendre une décision en connaissance de cause. Quelle est la population scolaire par niveau d’enseignement, fondamental, primaire et secondaire tous réseaux confondus ? Le décret voté en juin dernier permettra-t-il de sauver ces écoles en difficulté ?

Ce décret prévoit qu’une école en difficulté – qui passe sous la barre des 400 élèves – a trois ans pour monter des projets, seule ou avec l’appui d’autres établissements, pour redresser la situation. Mais en cas de fermeture ou de fusion, la députée souhaite savoir s’il est possible d’identifier les causes de ces désertions… tout comme il serait intéressant de présenter les incitants prévus par le décret pour soutenir ces établissements en difficulté.

Pour la ministre de l’Enseignement Marie-Dominique Simonet, il est certain que l’évolution démographique de la Région wallonne diffère de celle de la Région bruxelloise. Mais pas question de parler de récession pour autant. On peut même s’attendre à une augmentation de la population dans la tranche d’âge 0-14 ans avant 2020 : 40.000 unités en Wallonie… et 70.000 pour la Région bruxelloise. Alors quoi? On ferme des écoles alors que le nombre de jeunes à scolariser augmente? C’est que l’augmentation n’est pas la même sur tout le – vaste – territoire. La population augmente dans le Brabant wallon mais diminue dans d’autres zones.

La population scolaire se répartit comme suit : 490 000 élèves dans le réseau fondamental, 345 000 dans le secondaire et 32 000 pour les deux niveaux de l’enseignement spécialisé. En dix ans, la population du secondaire a augmenté de 4,5% et de 3,6 % seulement en Région wallonne. Toutefois, dans cette dernière, elle est en baisse de 4 % depuis cinq ans.1

Marie-Dominique Simonet est convaincue qu’une école ne se retrouve pas du jour au lendemain dans l’obligation de fusionner. « Un établissement bien géré se soucie de son avenir et trouve des solutions dans son projet d’établissement, dans la dynamique éducative, dans ses relations avec les parents ou l’environnement, dans la collaboration avec d’autres établissements, ou encore dans des améliorations à apporter aux bâtiments. » Et même si la fusion ne peut être évitée, cela ne veut pas dire pour autant que toutes les formations seront délocalisées. Le mot d’ordre est bien sûr « rationalisation ». Cela signifie que des emplois peuvent être supprimés… mais les enseignants nommés le restent, et les temporaires conservent évidemment leurs droits à faire valoir leur place dans le classement.

Six ans pour atterrir en douceur

Et les incitants? On notera qu’il est acquis que l’établissement obligé de fusionner ne perdra pas toutes les périodes-professeur. Une transition est prévue sur six ans afin que les équipes puissent s’organiser. L’encadrement « hors cours » sera maintenu même si le nombre d’élève diminue encore un peu. Après six ans, l’encadrement doit parfaitement répondre aux besoins réels de l’établissement… et ce afin de ne pas léser les autres écoles. Certaines fonctions disparaissent car il n’y a plus qu’un seul chef d’établissement, un éducateur, un économe ou un comptable. Le coût de cette mesure? Zéro euro, puisque les budgets des établissements fusionnés sont maintenus et ne diminueront que progressivement. A terme, c’est évidemment des économies qui seront générées par la Communauté française.

La ministre n’aura pas répondu à la question de savoir si les causes de déclin de certains établissement ont pu être identifiées. De même, on ignore tout de la politique menée par ces derniers pour se sauver… La pédagogie des écoles en difficulté n’est-elle pas/plus adaptée à son public (et quel est le profil socio-économique et culturel de ce public?)? D’autres écoles (du même réseau ou pas) proposent-elles les mêmes options/filières dans le quartier, la même ville/commune, d’où concurrence? Quel est l’état des bâtiments? Quelle est la part de temporaires/nommés au sein de l’équipe pédagogique? Le roulement est-il important? Quelle est la proportion d’enseignants possédant le titre requis?

  1. Ces données proviennent du Bureau fédéral du plan, de l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps), de l’Institut bruxellois de statistique et d’analyse (IBSA). []

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