Enseignants : la pénurie va s’aggraver…

penurie mathLa Communauté française est déjà dans une situation délicate… et cela ne va pas s’améliorer dans les prochaines années, si l’on en croit le rapport de la Commission européenne intitulé « Chiffres clés de l’éducation en Europe 2012″. Il y a quelques jours, ce rapport a été présenté aux ministres européens de l’Éducation à l’occasion d’une réunion à Bruxelles. Enseignons.be l’a évidemment lu. Voici ce qu’il faut en retenir…

Wanted « Prof de math » : forte récompense

1. Le pourcentages d’élèves de 15 ans scolarisés dans des écoles où l’enseignement pâtit du manque d’enseignants qualifiés dans les matières principales est très important. En Communauté française, 45% des élèves n’ont pas de prof de math qualifié. C’est tout? Non! 40% et 25% des élèves doivent aussi faire une croix sur un prof de sciences et de langue qualifié. On est bien loin de la moyenne européenne qui tourne autour de 10 à 15% pour ces trois disciplines. En Flandre, le déficit d’enseignants qualifiés se fait aussi sentir… Mais il moitié moins important.

2. La formation enseignante perd de son attractivité malgré le soutien croissant aux enseignants. Au cours de la dernière décennie, les salaires des enseignants ont augmenté en Europe. Dans certains pays, la hausse a atteint 40%! Mais le rapport note que ces augmentations n’ont pas toujours été suffisantes pour maintenir le pouvoir d’achat des professeurs, étant donné l’augmentation plus rapide du coût de la vie. Dans la foulée, le nombre moyen d’heures d’enseignement actif a augmenté ces dernières années. Ces tendances vont de pair avec une diminution importante du nombre de diplômés dans les domaines de l’éducation. Et puisque que, en Communauté française comme dans de nombreux pays européens, la majorité des enseignants sont proches de la retraite (et décrochent dès qu’ils sont dans les conditions pour le faire), on file droit vers la pénurie…

Ce déficit d’enseignants ne concerne pas que la Communauté française. La Turquie et le Luxembourg connaissent aussi des difficultés pour compléter leur cadre.

3. L’investissement dans l’éducation est resté globalement stable jusqu’en 2008, année du ralentissement économique. « En réponse à la crise, certains gouvernements ont pris des mesures spécifiques pour veiller à ce que les modalités de financement ne soient pas modifiées afin de garantir la continuité dans le fonctionnement du système et de sauvegarder les réformes mises en œuvre au cours de la dernière décennie. »

De plus en plus de diplômés du secondaire

4. L’enseignement supérieur reste la meilleure garantie contre le chômage. Depuis 2000, le pourcentage de jeunes diplômés de l’enseignement secondaire supérieur est en augmentation constante. En 2010, ce diplôme était décroché par 79 % des jeunes en Europe âgés de 20 à 24 ans. Sans surprise, ces jeunes diplômés s’intègrent deux fois plus vite sur le marché du travail que les personnes titulaires de qualifications inférieures. En combien de temps ces jeunes trouvent-ils un emploi? En moyenne 5 mois. On notera tout de même que plus d’un diplômé sur cinq est surqualifié pour le poste qu’il a obtenu.

5. L’autonomie scolaire a augmenté au cours de la dernière décennie. De manière générale, les établissements ont davantage de liberté dans les activités éducatives quotidiennes, comme pour le choix des méthodes d’enseignement et des manuels scolaires, le regroupement des élèves pour les activités d’apprentissage et les critères d’évaluation des élèves.

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  1. GILLES dit :

    Je suis instit primaire en classe unique (et oui, il en reste et beaucoup !!!!!). Comment voulez-vous qu’un jeune ait envie de venir me remplacer ? Pour 1300, plus ou moins, il doit se farcir le boulot de préparation de 6 profs, il doit s’acheter ( à ses frais) les bouquins pour 6 années, il doit faire le boulot de surveillant, de gardienne d’enfants, de psychologue, quand ce n’est pas psychiatre ! Et tout cela en se faisant insulter, humilier par des parents qui viennent lui dire comment apprendre à lire ou à écrire à leurs enfants…..et quand vous voulez porter plainte pour harcèlement, la police vous répond que cela ne sert à rien !!! Alors oui ! sauvez-vous bien loin de l’enseignement les jeunes sinon vous serez très malheureux et seul face à une Communauté française qui vous paye quand elle en a envie en plus ! Et qui ne vous aide jamais. Elle ne connait que les « grosses boites » des villes.

    • Bruno dit :

      Je pense que la pénurie concerne surtout le secondaire. En maternelles, c’est bouché, et en primaires, on trouve toujours pour le 1er septembre (un peu moins en cours d’année).

  2. maumau dit :

    Tout ce qu’il reste à espérer c’est que les écoles normales ne braderont pas les diplômes…afin que l’enseignement reste de qualité. Et là ! j’ai des doutes sur certaines « compétences ».

    • ehben dit :

      De ceux qui y enseignent lol ! Moi aussi.

    • mumu dit :

      Le diplôme est déjà bradé : pour preuve, des étudiants en stage d’observation « participative » où le prof de pédagogie te dit : « ils ne savent pas quoi choisir comme filière (ils ont déjà raté une année en école supérieure, et, sont en première à l’école normale), ça se pourrait qu’ils changent encore !!!!! Et toi, dans ta classe, t’essayes de transmettre ta passion du métier !!!! 20 ans que je suis instit maternelle et j’aime ça mais je ne veux pas que mon métier devienne une filière poubelle parce que des jeunes ne savent pas quoi faire comme métier, enseigner c’est une vocation , une passion.

    • Lucky dit :

      La pénurie des profs de math est annoncée depuis … les manifs de 89-90. Il suffisait de lire les statistiques d’âge de ces profs. Et elle était annoncée pour les années 2005-2010…
      La pénurie est-elle donc actuellement réelle ? N’a-t-on pas que des problèmes de remplacement ?
      Non, elle est sévère et très importante… Pourtant, on « masque » cette pénurie en faisant donner des cours de math à n’importe qui (veut).
      Chers Parents, demandez aux profs de math de vos enfants quelle formation ils ont pour donner ce cours… Vous serez étonnés !!!

      A propos des problèmes des cours de math :
      Qui osera faire des statistiques du nombre de cours particuliers suivis par les élèves en difficulté ?
      Quelle a été son augmentation ces dernières années ?
      Qui analysera les difficultés rencontrées ?

      • Benoit dit :

        Une partie de l’explication vient de l’organisation du système scolaire lui-même : chaque année, en fin de 2e, je suis confronté au même problème : des élèves ayant « réussi » toutes les autres matières et se retrouvant avec un petit 25-30 % en math. Et, par l’avis du conseil de classe, ils se retrouvent en 3e avec l’illusion de pouvoir s’en sortir.
        Changer les règles du jeu (mais c’est sûrement peu porteur politiquement).
        « réussi » entre guillemets car que penser d’une étudiante infirmière qui « réussit » une prise de sang sur 2 ? Que penser d’un joueur de foot qui marque un penalty sur 2 ? D’une joueuse de tennis qui réussit un revers sur 2 ?
        Là aussi, dans cette culture de la réussite à 50 %, il faudrait revoir sa copie. Mais là aussi, très peu porteur politiquement.

        Ca ressemble à une volonté voulue, tout ça, non ?

  3. NAPH dit :

    Résultat d’une politique lamentable et dévastatrice de l’enseignement depuis plus de 20 ans. La qualité est en dessous de tout : des programmes ineptes et vides d’ambitions, aux contenus très superficiels, des profs peu qualifiés ou peu expérimentés, des enfants-rois aux parents démissionnaires, des tâches plus souvent administratives que pédagogiques et une hiérarchie ultra bureaucratique et clientéliste …
    Les plus anciens comme moi savent à qui nous devons aujourd’hui une telle situation …

  4. Duminuco dit :

    Pénurie professeur de mathématique? Simple à résoudre, à condition de le vouloir bien sûr… Pourquoi ne pas reconnaitre les années d’ancienneté du privé pour les personnes détentrices d’un diplôme « adéquat » (ex : ingénieur) et acceptant de suivre un module de formation pédagogique ? Ne me dites pas que ce serait scandaleux d’octroyer le salaire plein dans ce cas de figure car une personne venant de la Poste aurait son ancienneté au complet. Il faut instaurer une vraie mobilité entre secteurs privé et public au lieu de sacraliser une dichotomisation de monde du travail. Ce serait nettement plus citoyen et plus démocratique…