Six institutrices sur dix pratiquent le redoublement en 3e maternelle

échecChaque année, en Communauté française, environ un élève sur vingt entre en 1ère primaire avec un an de retard, après avoir été maintenu en 3e maternelle. Étonnant quand on sait qu’il n’est pas obligatoire de passer par la case « maternelle » avant d’entrer à l’école primaire. Une étude du Département Éducation et Formation de l’Université de Liège, en collaboration avec l’Université libre de Bruxelles, analyse le phénomène : ces redoublements sont-ils efficaces ? Quels sont les arguments avancés par les enseignants pour les justifier ? Comment peut-on limiter ce phénomène ?

Élève turbulent, manque de maturité…

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont procédé à une analyse statistique des bases de données « comptage » de la Communauté française couvrant la période de 2004-2005 à 2009-2010. Ils se sont également penchés sur les pratiques et les représentations des enseignants grâce aux témoignages de 719 institutrices de 3e maternelle. Enfin, les centres psycho-médico-sociaux n’ont pas été oubliés. Les auteurs de l’étude ont bien sûr privilégié ceux qui  travaillent en collaboration avec des écoles affichant un taux de maintien élevé.

Mais que peut-on retenir de ce travail ? Quelques chiffres déjà : le taux d’élèves maintenus en 2009-2010 en Communauté française s’élevait à 3,81%. Mais il avoisinait encore les 5% il y a quelques années. Qu’est-ce qui a justifié ce recul dans la pratique du redoublement ? Selon les chercheurs, c’est l’entrée en application en 2008-2009 d’un décret limitant à quatre le nombre d’années pour parcourir le cycle 5-8. Bon nombre d’enseignants – et de parents – préfèrent garder « sous le coude » cette « année joker » où l’élève pourra redoubler pour le 1er degré du primaire.

Les enseignants sont embarrassés « parce que l’élève recommence sa 3e maternelle. Ils réfléchissent : il ne pourra plus recommencer sa 1re ou 2e année. Et les directions d’écoles aussi. C’est un problème qui concerne tout le monde.

Qui sont ces enseignants qui maintiennent?

Ou plutôt… ces enseignantes!1 Parmi les 719 institutrices(teurs) de 3e maternelle qui ont répondu au questionnaire, 61% ont maintenu un élève au cours des trois dernières années. Et si les autres ne l’ont pas fait, c’est soit parce que la situation ne s’est pas présentée ou qu’elles ont préféré laisser la possibilité à l’élève de recommencer une année au premier degré primaire. On notera que seulement 11 institutrices sur 719 ne maintiennent pas parce qu’elles sont opposées à cette pratique ou parce qu’elles la trouvent inutile. Pourquoi? Ces enseignantes défendent l’idée que tous les enfants ont le même potentiel intellectuel.

Elles considèrent la promotion automatique et le fonctionnement en cycles comme des moyens de se rapprocher de l’école de la réussite. Elles acceptent plus souvent l’avis des parents lorsqu’un maintien est envisagé et mettent plus souvent en place un suivi pour les enfants maintenus.

Et les enseignants favorables au maintien? Elles considèrent la préparation à l’école primaire comme une priorité éducative de l’école maternelle tout en indiquant passer plus de temps aux activités de pré-écriture. Elles sont convaincues de venir en aide à l’élève… soit parce qu’il manque de maturité (voir plus bas) et qu’il n’est pas encore prêt à passer au niveau supérieur, soit qu’il est issu d’un milieu modeste voire défavorisé et doit encore « s’adapter » à ce que l’école attend de lui.

Elles estiment qu’un maintien n’influence pas le nombre d’années dont l’élève dispose pour parcourir le cycle 5-8.

Au final, les chercheurs notent que ces résultats montrent bien que l’attitude favorable au maintien d’enfants en difficulté au terme de la 3e maternelle est bien ancrée chez les enseignantes de 1ère primaire et 3e maternelle.

Qui sont les élèves maintenus?

Plusieurs facteurs augmentent le risque d’être maintenu. D’abord, les garçons redoublent davantage. En cause, leur caractère jugé plus « turbulent » qui laisse parfois croire qu’ils ne seront pas prêts à entrer en 1ère primaire et à rester assis sur un banc toute la journée. Une autre hypothèse soutient que les garçons feraient aussi l’objet d’une attention particulière, qui se traduirait par un niveau d’exigence élevé, à la mesure de ce qu’on attend d’eux dans la société. Les adultes seraient moins exigeants vis-à-vis des petites filles. Pourquoi? La réussite scolaire, sociale et professionnelle sont encore, dans l’esprit des gens, des domaines réservés aux hommes, dans lesquels ils se doivent d’exceller.

La petite fille un peu faible mais qui a des attitudes adéquates, on la verra plus volontiers en première primaire…

Ensuite, si les garçons redoublent davantage que les filles, ce sont ceux qui sont nés en fin d’année qui sont les plus exposés. Les enseignantes leur reprochent leur manque de maturité. Détail piquant : pour 80% de ces enfants, la question du maintien ou non s’est posée avant la fin du 2e trimestre. Une décision très (trop?) précoce qui ne laisse pas à l’enfant le temps de mûrir…  Et enfin, si ces élèves sont issus des quartiers les plus défavorisés et/ou du Hainaut, c’est le pompon! Selon l’étude, « ces inégalités sociales face au maintien peuvent sûrement s’expliquer en partie par des différences de capital culturel qui engendrent des difficultés pour l’enfant à s’adapter à la culture scolaire. » Près de 70% des enseignantes estimant que la majorité des enfants de leur classe sont issus de milieux défavorisés ont maintenu des élèves.

Il semble que ce soient les élèves du Hainaut qui soient les plus touchés par le maintien. L’hypothèse qu’il pourrait exister un effet néfaste du regroupement massif d’élèves défavorisés, même pour les enfants qui seraient issus d’un milieu plus privilégié, n’est pas à exclure. Il existe un tel effet au niveau des implantations : à niveau socioéconomique constant de l’élève, le fait de fréquenter une implantation défavorisée augmente le risque d’être maintenu.

Les CPMS ne nient pas le problème et pensent que les parents ont une responsabilité face à l’échec de leur enfant. Dans les milieux populaires, les parents seraient peu conscients du rôle joué par l’école maternelle par rapport aux apprentissages et de l’importance de ces derniers. Les enfants seraient moins suivis et plus fréquemment absents.

Le maintien est-il positif?

Pour les chercheurs, le redoublement n’a pas encore prouvé son utilité… que du contraire. Il serait même l’antichambre de l’échec et de l’enseignement spécialisé. L’analyse des bases de données de la Communauté française montre que 11% des élèves maintenus sont ensuite orientés vers le spécialisé l’année suivante… tandis que plus de 25% y finiront dans les quatre ans. L’année supplémentaire est donc parfois perçue comme un temps nécessaire pour que les parents puissent se faire à l’idée d’un parcours scolaire « différent » pour leur enfant.

On ne décrète pas comme ça qu’un enfant va dans l’enseignement spécialisé. C’est tout un travail : les parents doivent faire le deuil d’un enfant « normal ». Ça prend du temps.

Les statistiques montrent également que les enfants maintenus connaissent plus l’échec scolaire dans leur parcours ultérieur. Chez les redoublants, seulement un élève sur deux atteindra la 4e primaire sans encombre… alors que chez les non maintenus, ils seront 85% à y arriver.

Collaborations entre enseignantes de 3e maternelle et de 1ère primaire sur les pratiques de maintien

Les institutrices de 3e maternelle ont tendance à considérer cette année comme une « pré-première » où un enfant qui présenterait des lacunes importantes ne pourrait être envoyé au collègue de la classe supérieure. Parmi les 52% d’enseignantes de 3e maternelle qui disent collaborer avec les enseignantes de 1ère primaire, 63% ont maintenu des élèves au cours des 3 dernières années. Elles ne sont par contre que 49% à avoir maintenu des élèves parmi celles qui disent ne pas collaborer. Il y a donc parfois un contrat tacite entre les enseignantes… mais aussi une forme de pression.

Les enseignantes de 3e maternelle se sentent tenues de ne pas laisser passer un élève en difficulté, tout comme les enseignantes de 1ère primaire disent attendre de leurs collègues qu’elles ne laissent pas entrer en 1P un enfant non prêt à recevoir leur enseignement.

Peut-on modifier les perceptions des enseignantes à propos du maintien?

Ce n’est pas facile! L’étude affirme que quand on interroge des enseignants sur ce qui est à l’origine de leurs opinions ou de leurs pratiques en termes de redoublement, on observe que ces opinions et pratiques sont rarement fondées sur une connaissance des recherches, et ne se modifient, en général, qu’à la suite d’une expérience personnelle ou d’échanges avec un collègue. Il y a donc peu de chances de voir un enseignant remettre en question ses pratiques après avoir lu cet article.

Le redoublement est sans aucun doute l’exemple le plus clair d’une pratique à propos de laquelle les résultats scientifiques, aussi rigoureux et convergents soient-ils, s’avèrent pourtant impuissants à modifier les opinions des enseignants.

« En conclusion, nous retiendrons qu’il est vain d’attendre un changement des attitudes des enseignants qui vienne de la simple diffusion et présentation de résultats de recherche. Une voie à suivre est le travail en partenariat étroit avec les équipes éducatives sur le terrain en vue d’amorcer un nouveau regard, de faire adopter une nouvelle posture. »

  1. 99% des enseignants qui ont répondu à l’enquête par questionnaire sont des femmes. []

Commentaires

  1. sandrine dit :

    Je voudrais juste intervenir pour signaler que tout n’est pas noir ou blanc. Mon fils a été maintenu en 3e maternelle, il est né en novembre, fin d’année, il était peu mature. Les tests du PMS me laissaient le choix. J’ai choisi le maintien. Et j’en suis bien heureuse. Il a pu grandir physiquement et dans sa tête sans peur du rouge, du sentiment d’échec. Son année complémentaire a vraiment été positive pour lui. Il est en première année et tout se passe bien, il sait lire, calculer, tout ça sans échec.

    1. Rinette dit :

      Ce qui me surprend c’est ce passage « Étonnant quand on sait qu’il n’est pas obligatoire de passer par la case « maternelle » avant d’entrer à l’école primaire. » Où allons nous ? Bientôt les maternelles ne serviront à rien ??? Vive les statistiques et les études !

  2. Pas étonnant que « le maintien serait l’antichambre de l’échec et de l’enseignement spécialisé ».. on ne va pas proposer le maintien aux enfants les plus avancés.. les élèves maintenus ont logiquement plus de difficultés et donc plus de probabilités de connaitre l’échec ou l’enseignement spécialisé. POURQUOI RETOURNER LE PROBLEME ??? Comme l’explique la maman, cela permet, dans les meilleures situations, aux enfants de poursuivre une scolarité sans être sans cesse confronté à des difficultés. On sait que la confiance en soi est également un élément capital dans la réussite scolaire… Dans les situations les plus difficiles, cela permet aux parents à se préparer à l’enseignement spécialisé et laisse une chance supplémentaire à l’enfant de poursuivre sa scolarité dans l’ordinaire. Pourquoi vouloir modifier les perceptions des enseignantes ? Les maitiens proposés ne se font pas sur des coups de tête mais sont de longs échanges avec les parents et les PMS. Faut-il donc envoyer des enfants vivre l’échec en 1re primaire ? Ou directement dans l’enseignement spécialisé ?

  3. Grâce dit :

    C’est l’arbitraire de l’année civile qui pose problème pour les enfants nés en fin d’année. Ma nièce née le 25 décembre n’était pas prête du tout à entrer en première année. Ses parents ont préféré la maintenir en 3e maternelle, avec l’accord de l’institutrice, et malgré les réticences du PMS. Excellente idée ! Elle est en 3e secondaire, n’a jamais redoublé et travaille même très bien !
    Je précise qu’un de ses frères, en revanche, né en janvier, montrait des aptitudes plutôt avancées; à 4 ans,comme il était dans une petite école maternelle où 2e et 3e étaient dans la même classe, il s’intéressait davantage à ce qui se faisait en 3e qu’en 2e. Avec l’accord de toutes les parties, il est entré en 1re primaire dans l’année de ses 5 ans. Réussite totale. Le voilà en 3e vétérinaire, il a toujours réussi brillamment en première session. Comme quoi, il faut arrêter avec les idées toutes faites.

  4. deriviere dit :

    Il existe des moyens peu couteux pour regarder la maturité affective et neuromotrice d’un enfant. Les préjugés des institutrices et parents peuvent être malheureux pour l’enfant. L’aide d’une équipe PMS est une des réponses possibles.

    1. inti dit :

      Je partage l’avis de Moune et de Derivière, laissons le temps aux enfants, certaines institutrices maternelles, vu le nombre d’enfants en classe, n’arrivent même pas à tous les connaître…. Et à propos de Manuella Ribecai : j’adhère à 100%. Certains devraient en prendre de la graine ! Notamment les institutrices de 2e maternelle qui exigent que l’enfant sache faire un puzzle de 50 pièces, écrive son prénom et sache, après l’avoir expliqué une seule fois, réaliser toutes les consignes ! Sachant en plus que la classe est nombreuse…incroyable ! Alors n’oubliez pas de materner, s’il vous plaît, en maternelle !
      Et qu’enfin les hautes autorités donnent les moyens humains et matériels en PLUS pour aider les instituteurs !
      Dernière chose, revoyons c’est vrai, les études des instituteurs !!! Si je dis tout cela c’est parce que ma fille est en maternelle et que je suis instituteur primaire dans la D+ depuis 23 ans ! La 1re année, je la connais bien, il faut voir chaque enfant avec son bagage indépendamment des autres et donc avoir des classes peu nombreuses. Idem en maternelles. Merci.

    2. Le PMS ne peut plus rien faire à l’heure actuelle, j’ai fait appel à eux pour appuyer ma demande de redoublement de ma fille en 1re primaire. Tout ce que j’ai eu comme réponse : « On ne peut pas vous aider ». Ils n’ont même pas fait de test pour savoir si j’avais raison ou tort de demander son redoublement !

  5. Moune Gharbi dit :

    6 sur 10 ? Cela me semble énorme !!
    Les enfants de 3e maternelle passent un test psychologique à la fin de l’année et c’est en discussion entre Direction, psychologue, titulaire et responsable qui a fait passer le test que se prend la décision de conseiller le maintient en maternelle.
    Les résultats de ces tests ne reflètent pas toujours le comportement des enfants durant l’année scolaire car ils sont réalisés par des personnes qui ne connaissent pas très bien les enfants …qui ne présentent pas toujours les exercices ou les consignes de la même manière que l’institutrice …les enfants peuvent être intimidés, stressés ! C’est vrai que les instits. maternelles ont parfois des pressions de la part des collègues de primaire pour arriver à tel ou tel résultat …mais ce n’est pas notre rôle d’apprendre à lire ou à écrire …il faut laisser aux enfants le temps des jeux , des manipulations, de la psychomotricité et des apprentissages de prérequis AVANT de passer aux  » forcing  » …rien ne sert de courir si les bases sont mal installées. :-)

    1. génial dit :

      Totalement d’accord avec toi sur la pertinence du test PMS.

  6. Graisse dit :

    L’apprentissage de la lecture par exemple nécessite des prérequis physiques et psychologiques. Apprendre à lire, si on n’est pas prêt, a comme conséquence un probable dégoût de la lecture.
    Le problème est que tout le monde doit apprendre à lire à partir du premier septembre…
    Tous les enfants doivent-ils marcher à un an ???

    Dominique Graisse
    Instituteur en première primaire depuis plus de 20 ans.

  7. catherine dit :

    Je suis enseignante en 1re primiaire. J’aimerais y croire mais comment être sereine en laissant passer en 2e un enfant qui n’a assimilé que quelques lettres et syllabes et qui, en math, n’a acquis que la notion d’addition malgré des heures d’individualisation ( remédiation seul…) ?
    Certes, l’enfant a encore une année dans le cycle pour atteindre les compétences visées, mais je vois difficilement ma collègue de 2e reprendre depuis (presque) le début, en math par exemple, alors que chez nous, nous voyons et travaillons les 4 opérations jusque 20…
    ???

  8. Anaïsnin dit :

    J’ai été maintenue en 3e maternelle et ça ne m’a pas traumatisée à l’époque (mon institutrice avait beaucoup de tact et a su me donner une place juste dans le nouveau groupe). Mes parents ne me voyaient pas assise sur une chaise durant toute une journée, on me jugeait « trop jouette » et c’était sans doute vrai. J’ai, par la suite, entamé un parcours sans faute de la 1re primaire à la fin d’un cursus universitaire brillant. Où est le problème si le choix du maintien est pertinent et réfléchi ? Je dis bien « si » !

  9. Manuela Ribecai dit :

    Je crois, malheureusement qu’il reste définitivement un grand manque dans ces études que, nous tous, enseignants, avons suivies : se remettre en question !

    Enfin quoi, ne pensez-vous pas que l’on frise le ridicule ? Chacun pense-t-il que sa science est à ce point capitale ?

    Je vais vous faire bondir mais tant pis :
    si l’école maternelle se nomme ainsi, c’est parce que les enseignantes devraient materner leurs élèves.
    Déduisez-en, si vous y parvenez, ce que je pense du primaire et du secondaire !

    Manuela Ribecai, ancienne prof de français qui a quitté l’enseignement parce que l’humain y a moins de valeur que la connaissance, ce qui, selon moi est une aberration en plus d’être une HONTE !

    1. Ariel dit :

      C’est bien pour ça qu’elles ont un diplôme d’institutrice PRESCOLAIRE.

    2. Nathalie Sisto dit :

      Très jolie comparaison, Manuela : materner, primer et seconder les élèves. Je n’y avais jamais pensé. Osons croire cependant que l’HUMAIN gagnera la partie pour un monde meilleur.
      Nathalie,
      enseignante.

      1. Manuela Ribecai dit :

        Oups, je pense qu’il y a eu un glissement entre mon interprétation et la vôtre, Valérie. ;-)
        Je me contente de prendre les mots au pied de la lettre : enseignement maternel, primaire et secondaire !
        Ta vision est tout aussi juste mais bien plus optimiste.

    3. Zabou dit :

      Manuela,
      je souffre comme toi de cette constatation : malgré le décret missions, l’école secondaire ne parle que de compétences et bien peu d’épanouissement… humain ! Sache qu’il y a une association qui prend de l’importance en Belgique : le Miec, tu y rencontreras des profs qui pensent comme toi, et c’est très important pour tenir le coup dans ce système éducatif très complexe !
      Je trouve que la position des chercheurs n’est pas claire : à la fois, ils disent que les instituteurs ont tendance à faire redoubler, à la fois ils démontrent que c’est justifié pour près de la moitié des cas… qui aboutissent à l’enseignement spécialisé. De deux choses l’une : soit on revoit tout à fait le système, on abandonne l’enseignement spécialisé et on s’habitue à avoir des classes d’âge et pas de compétence… soit on continue dans la logique actuelle, non ? Et dans cette logique, restons les plus humains possibles, laissons les parents décider par exemple, avec l’enfant qui sera ainsi plus responsable de sa propre vie…

    4. Madeleine dit :

      Institutrice maternelle pendant 30 ans, j’ai toujours comparé ma classe à une famille dont j’étais la maman… Et j’estimais que les petits qui m’étaient confiés devaient se sentir à l’aise comme s’ils étaient chez eux avec leur maman. C’est via l’affectif que l’enfant apprend, s’épanouit et évolue harmonieusement. Malheureusement certaines institutrices primaires parlent de connaissances, de programme; se comparent à d’autres collègues, se questionnent : »Tu en es où toi ? A quel nombre es-tu arrivée ? »… Tous les enfants sont différents et tous DEVRAIENT être égaux… Pour être enseignant il faut du coeur, de la générosité, de la patience, de l’amour. Et il est triste de constater que cela fait quelques fois défaut !

      1. Manuela Ribecai dit :

        Merci Madeleine !
        Ravie de voir que l’humain ne disparaît pas. Malheureusement, si on admet ce comportement des institutrices maternelles, dans le secondaire, cela passe vraiment mal ! « On se doit de garder une distance avec les élèves, ne nous mélangeons pas ! »
        Pourtant, mes élèves de P avaient beaucoup plus besoin d’une seconde maman que d’un être distant qui leur débite de la matière à ingérer.
        Pour moi, enseigner à vivre est bien plus important qu’enseigner une matière.
        Sérieusement, qui peut affirmer qu’il en a appris plus à l’école (concernant ce qui lui est utile dans le cadre du travail) qu’une fois en place.
        Il faut être raisonnable : enseigner revient à PRÉPARER à la vie active, rien d’autre !

  10. cdb dit :

    Bel exercice de masturbation mentale…
    Super le document ULB… continuez à vous renvoyer le bilboquet, et voyons l’état d’Eugénisme culturel et intellectuel dont sont responsables nos multiacteurs de l’éductation de nos héritiers.
    Où allons-nous ? Je vous invite maintenant à contacter les enseignants des première secondaires qui passent deux mois pour faire comprendre les fractions à leurs petites têtes blondes… Allez, c’est une question de : motivation, compétence, détermination,… Uniquement confiance aux gens de terrain, les « chercheurs » ont-ils des enfants ?

  11. Florence dit :

    Il me semble que nous devons laisser les enfants être des enfants, ils doivent jouer, s’épanouir et avoir confiance en eux pour apprendre. Vivre les choses avec son corps, se latéraliser, … Il faut de bonnes bases simples et élémentaires… Les parents veulent toujours plus pour leurs enfants et multiplient les activités extrascolaires pour avoir des enfants au top, les institutrices maternelles veulent avancer vite et on voit des enfants écrire en maternelle (quels dégâts cela engendre par la suite pour corriger de mauvaises habitudes prises…), en 2e primaire on voit déjà de la matière de 3e, en 4e on avance vite pour voir des choses de 5e ou de 6e et les enfants ne sont pas prêts. Fin du primaire, on s’imagine qu’il est important de les habituer au secondaire… Fin du secondaire, on donne des syllabus comme à l’unif… Depuis le début, on a oublié l’essentiel…
    Les statistiques c’est quoi… La médecine fait des prouesses, il y a de plus en plus de prématurés sauvés, des maladies anéanties, … Quelles séquelles?
    La société est d’une pauvreté culturelle incroyable, … Quelles conséquences ?
    Alors redoublement ou pas ???

  12. SCREVE RENE dit :

    Comme quelqu’un le disait « C’est la date de naissance qui prime alors que le développement entre quelqu’un du 31 /12 est parfois très différent de quelqu’un né le 1/1 mais l’administration a des impératifs que la bonne vision des choses peut améliorer…Des tas de facteurs influencent l’apprentissage….Donc laissons aux professionnels leurs prérogatives et ne jouons pas à l »apprenti sorcier » en décrétant que, même selon les études les plus respectueuses, le redoublement est nauséabond. C’est de faire du redoublement une chance si on « remédie » et pas si on recommence la même chose. Le redoublement coûte cher. Utilisons cet argent pour remédier sérieusement et ne pas refaire à l’identique ce qui a déja raté.

  13. SCREVE RENE dit :

    Je serai samedi prochain dans la salle pour écouter et intervenir à L’ULB dans un cycle de conférences mises sur pied par B.Rey…Je trouve dommage que enseignons.be ne fasse pas la publicité pour toutes ces conférences.

  14. Vincent dit :

    Peut-être faudrait-il étayer cette étude par une autre qui montrerait la réelle motivation des enseignant(e)s maternel(le)s…?
    Il est évident, et évidemment peu avouable, que bon nombre d’enseignants du maternel ont choisi cette fonction « par facilité pour eux » sans nécessairement penser à la responsabilité qu’ils avaient justement face à l’échec scolaire.
    Ils préféreront donc « refiler » l’enfant turbulent pour ne plus avoir à le supporter. Oui pour le redoublement en maternelle, sans abus et à des fins de maturité. Aussi, faudrait-il sensibliser les parents à l’importance d’un environnement socioculturel favorable. A voir le niveau culturel des émissions de TV et de radios écoutées par les enfants (et leurs parents), il n’est pas étonnant de constater un abrutissement de masse, néfaste à la qualité cognitive d’un individu.

    1. De Fonteyne Annick dit :

      Quelle erreur de penser que les instituteurs maternelle ont choisi ce métier par facilité ! Allez donc faire un tour dans l’une de ces classes, vous me direz ensuite ce que vous y avez vu et surtout si vous seriez apte à y travailler à votre tour.

      1. Vincent dit :

        Loin de moi l’idée de généraliser. De par mon entourage, principalement constitué d’enseignants, et étant passionné par ce métier, force est de constater que les vrais enseignants, je parle ici des passionnés, de ceux qui ne lésinent pas à consacrer des tas d’heures de travail et de préparation à parfaire leur art afin de « réellement » motiver les élèves, de ceux qui favorisent la pédagogie par projets plutôt que de distribuer des photocopies de documents trouvés à la hâte sur le net, de ceux qui usent de la pédagogie différenciée pour faire en sorte que TOUS les élèves aient leur chance, cette chance que seule l’appréhension de leur vécu et son utilisation permettent de garantir, de ceux qui tapissent les murs de leur classe de référentiels construits avec et pour les élèves,… Tous ces excellents enseignants, vous en conviendrez, ne sont pas légion, loin de là. A qui la faute ? Aux enseignants eux-mêmes en premier car on agit par choix. Aux institutions pédagogiques qui forment les futurs enseignants ensuite car beaucoup trop laxistes quand aux résultats à atteindre (je n’en veux pour preuve que le nombre effarant de fautes d’orthographe laissées pas certains enseignants de maternelle en particulier). Par contre, je tire mon chapeau à tous ces bons enseignants du degré maternel. Je ne voudrais pas être à leur place, tout simplement parce que je n’en ai pas fait le choix et que donc par ce simple fait, je ne saurais pas bien le faire car, et je suis persuadé que vous me suivrez, quand on fait le choix de faire quelque chose, on se doit de le bien faire, d’être honnête envers soi-même et surtout, vis-à-vis des élèves.

  15. catherine dit :

    Etrange étude qui ne mène à rien !
    Je crois que ces personnes n’ont pas entendu « l’effet de prédiction » : ben oui, à force de dire que ce gosse est XXX, d’avoir un comportement qui sous entend XXX, le petiot sera XXX.

    Pourquoi réclamer toujours l’égalité et non pas se battre pour le droit à la différence : un homme n’est pas une femme (à la naissance comme dans la mort), un aveugle n’est pas un paralytique, un gaucher homogène n’est pas un droitier croisé et un enfant sourd marchera plus tard qu’un enfant bien entendant et tant de choses.
    Pourquoi cette course scolaire à la japonaise ???? Pour en arriver à obtenir des quasi illettrés en 1re secondaire ???
    6 ans est un âge moyen. Et pourquoi ne pas faire une réelle collaboration entre maternelle et primaire comme un passage libre entre endroit de jeu (apprentissage également) et endroit de structuration de l’apprentissage : classes où l’enfant peut circuler suivant ses besoins d’activité « attentive » ou « dissipée »? Pourquoi ne pas avoir des activités de « rattrapage » pour enfants de classe « défavorisée » ou « exo-belge » (vu la langue maternelle) en vue d’une insertion dans l’enseignement plutôt que des cours d’anglais qui donnent une autre structure linguistique, n’est-il pas ???
    Ne pourrait-on revenir à une logique et un respect dans l’éducation : VOIR si le « pack de savoir » A a été acquis avant de passer au « pack de savoir » B et lancer dans la nature des élèves avec un savoir acquis et non censé être acquis ; AIDER à acquérir pour les plus « tardifs » ou « lents » et ne pas attendre que « ça leur prenne.

  16. Moi je suis sidérée par le fait qu’à Bruxelles en maternelle, les enfants n’apprennent plus rien du tout ! Ils jouent, ils vont beaucoup trop souvent au théatre, en excursion, au cinéma, … activité nullement nécessaire car ce n’est pas ça qui va leur apprendre à lire ou à écrire !!!! Et de plus, ça on sait le faire en famille le week-end !!!! Même en 3e maternelle rien n’est appris, même pas l’alphabet ni les jours de la semaine. J’ai demandé pour que ma fille puisse doubler, on me l’a refusé, résultat : en 1re primaire grosse catastrophe (3 échecs en français en fin d’année). J’ai donc demandé de la faire doubler sa 1re primaire, de nouveau refus total de la part de l’école (directrice, professeur, logopède et même PMS (ah oui juste ! ils ne peuvent rien y faire eux !)) pour la simple raison que 1re/2e primaires forment un cycle de deux ans qu’on ne peut rompre (connerie monumentale). Donc ma fille passe en 2e année, résultat : 1er trimestre, 6 échecs et ici à pâques, 7 échecs. J’aimerais qu’elle retourne en 1re primaire mais on m’a répondu : « Hors de question ! L’Etat n’accepte pas qu’un enfant, en âge de rentrer en 3e primaire, retourne en 1re primaire. Et pourtant, ma fille en aurait vraiment bien besoin à l’heure actuelle, elle ne sait toujours pas lire ni écrire correctement !!!! Qui peut m’aider ?

    1. Manuela Ribecai dit :

      Angélique, croyez-moi, je suis vraiment désolée pour votre fille.
      Cependant, êtes-vous sûre que nous vivons dans le même monde ?
      Chez moi, l’ouverture à l’art est une bénédiction, les activités extra-scolaires sont des sources d’apprentissage et d’émerveillement et, surtout, tout le monde n’a pas la possibilité (les moyens en temps, en argent, en organisation, …) de s’adonner en famille à ce genre de sorties, loin de là !!!
      Une solution, pour vous, qui semblez disposer de ces possibilités, pourquoi ne pas donner de votre temps du weekend pour revoir les bases avec votre fille ? Cela aura en plus l’intérêt de renforcer vos liens.
      Sinon, des cours particuliers, pourquoi pas ?

  17. Véronique dit :

    Par bonheur, j’ai insisté pour que mon fils, né en décembre, refasse sa 3e maternelle. Quelle joie de ne plus le voir pleurer pour aller à l’école et de constater son évolution !! J’aurais plutôt dû le faire doubler sa 2e maternelle au lieu de le rendre malheureux toute sa 3e. Pourquoi dégoûter les enfants en les faisant passer trop vite de classe sans suivre leur rythme ????? Il est maintenant en 4e année sans problème. Faire doubler un enfant lui permet d’acquérir les notions non assimilées, le faire passer de classe le met en échec certain puisque des notions lui manqueront toute sa vie…Je suis prof dans le secondaire et je constate les lacunes. Ces institutrices ont raison : pour un enfant c’est très dévalorisant de ne pas savoir suivre et puis il se braque et abandonne.
    Parents, agissez pour le bien de votre enfant, ce ne sont pas les psychopédagogues qui vivent avec lui !!!

    1. isa dit :

      Moi, mon fils est en 3e maternelle. Les tests du début d’année n’ont franchement pas été très bons. Il a éprouvé des difficultés à suivre durant cette année mais a très bien progressé. Ici, les tests PMS ont été refaits. On voit un beau progrès mais visiblement pas assez pour eux puisqu’ils disent le laisser en 3e maternelle. J’ai vu un neuropédiatre qui lui a fait des test aussi. Tout est normal, Jimmy mon fils de 5 ans évolue à son rhytme (il est du mois d’octobre donc de la fin de l’année). Je ne sais plus quoi penser. Dois-je le faire passer ou le laisser, sachant qu’il sait déja écrire : la, le, Jimmy, maman, papa ? Il connaît les lettres de l’alphabet par coeur et est capable de calculer jusqu’à 10. Alors voilà, je suis perdue. Que faire, pfff… ? Je me dis que s’il reste en 3e maternelle ça ira l’année primaire qui suit mais si j’accepte, j’ai peur de le regretter car il faut bien se rendre compte que maintenant, il ne pourra plus doubler avant la 3e primaire. Alors ? Que faire ?