Violence à l’école : plus de 1.800 plaintes en 2011

deprimeLes chiffres sont impressionnants et sont issus des statistiques de la police fédérale pour les trois premiers trimestres de l’année 2011 : plus de 1.800 plaintes auraient été enregistrées pour des faits de violence physique dans les écoles. Ces plaintes ont été déposées par des parents… contre d’autres parents, des enseignants contre des parents ou des élèves, des directions contre des parents… ou l’inverse. Et la situation ne s’arrange pas avec le temps. Si 2011 ne sera pas pire que 2010 – année où plus de 2.700 plaintes avaient été enregistrées – les chiffres de la violence n’ont globalement pas baissé en dix ans.

Du côté des exclusions scolaires, on notera que 3.000 élèves sont virés de leur école chaque année pour faits de violence physique. Et ce chiffre ne vaut que pour les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. La Wallonie, justement, enregistre davantage de plaintes que la Flandre… qui est pourtant plus peuplée. Par ailleurs, un enseignant belge sur six a souscrit une police d’assurance spéciale contre la violence à l’école.

Alors quoi? Nos élèves – et leurs parents – sont-ils plus violents que ceux du nord du pays? Bien sûr que non! Si la FWB enregistre davantage de plaintes depuis la rentrée scolaire 2010, c’est aussi parce qu’elle a pris certaines initiatives comme la mise en place d’un numéro vert destiné aux professionnels de l’enseignement (0800/20.410) et qui permet aux professeurs, directeurs et autres membres du personnel de chercher assistance lorsqu’ils sont confrontés à un acte de violence ou toute autre situation exceptionnelle. Depuis sa création, on enregistre déjà plus de 600 appels… pour 459 dossiers ouverts. Premier motif d’appels : le harcèlement moral… de la part d’élèves, de parents, de directeurs ou de collègues. Et si l’objectif de ce service d’assistance est avant tout l’information, il n’hésite pas à conseiller le dépôt d’une plainte lorsque la médiation a échoué. Ceci explique peut-être le nombre plus important de signalements ces deux dernières années.

Un numéro pour les parents

Mais puisque de nombreux parents utilisaient cette ligne pourtant réservée aux profs, la Direction générale de l’Enseignement obligatoire a annoncé ce vendredi l’ouverture d’un nouveau numéro gratuit qui leur sera cette fois exclusivement destiné. Il s’agit du 0800/95.580, accessible du lundi au vendredi de 9h00 à 13h00. Objectif de cette cellule baptisée « École et parents » : informer, conseiller les parents – et donc aussi leurs enfants – désemparés (conflits avec un enseignant, la direction d’une école, harcèlement, etc.) et les orienter vers le ou les services susceptibles de les aider.

Le MR attend d’autres mesures

Du côté de l’opposition au parlement, le MR a indiqué prendre connaissance avec intérêt de la nouvelle mesure de la Ministre de l’Education, Marie-Dominique Simonet. Les libéraux estiment toutefois que la seule mise en place de ce numéro ne résoudra en rien la problématique de la violence à l’école. Par la voix de sa Chef de Groupe, Françoise Bertieaux, le MR plaide pour que l’on sorte enfin du frigo le dispositif antiviolence jadis porté par le Ministre Hazette, en charge de l’enseignement secondaire de 1999 à 2004.

En 2004, l’ancienne Ministre socialiste Marie Arena avait purement et simplement abrogé le dispositif de lutte contre la violence scolaire et de réinsertion de l’élève violent imaginé par son prédécesseur, mais sans rien proposer à la place. Abandonnées également les enquêtes menées sur le phénomène. Les chiffres aujourd’hui publiés sont pourtant inquiétants et un numéro vert ne résoudra rien de façon concrète.

Et la députée d’ajouter que le plan du ministre MR avait le mérite d’agir à la fois en termes de prévention, de sanction et de recadrage des jeunes.

Bien souvent la violence mène à l’exclusion. Aujourd’hui, on compte ainsi 3.000 élèves exclus chaque année en Communauté française. Mais sans réel dispositif antiviolence, on ne fait qu’exporter le problème d’une école à l’autre et ce, tant que l’élève est en âge d’obligation scolaire et sans jamais le sortir de cette spirale



Vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. CG dit :

    Pour l’exclusion, facile à dire 3000 élèves sans école… Mais si on ouvrait un peu plus de places pour les enfants qui représentent de gros problèmes et qui nécessitent des infrastructures plus adaptées pour leur apprendre à gérer leur violence, ces enfants là ne se retrouveraient plus sur le marché des écoles. Pour ma part, j’ai vécu l’expérience d’une année d’enfer avec un enfant qui n’avait pas sa place dans une éducation scolaire traditionnelle mais il n’était pas non plus dans les « conditions » pour l’enseignement spécial. Son seul problème : une famille disloquée, un manque de repers fiables et donc un comportement violent pour se faire remarquer…
    Dans une classe à deux niveaux avec plus de 25 élèves, ingérable…
    Tout a été mis en place… Verdict : il n’y a pas de place dans l’établissement qui serait le plus approprié pour lui… ET MOI, je fais quoi avec les 25 autres et lui qui se subissent mutuellement ? Je fais de la médiation continuellement et bref je ne fais pas mon métier, je n’enseigne pas, je gère et je m’épuise petit à petit !
    Et ensuite on s’étonne que les enseignants fuient le métier mais nous ne nous sentons pas soutenus!
    Nous devons être profs, « parents », éducateurs, assistants sociaux,… mais nous ne sommes que des profs qui ont également leur vie personnelle !

    • génial dit :

      Idem avec 25 élèves mais 4, voire jusqu’à 7, élèves avec de gros problèmes de repères et de violence …

    • esemasim dit :

      Tout à fait d’accord, je vis la même situation en ce moment (maternelle !). Je suis outrée du manque de soutien, du manque de communication avec la hiérarchie. La plupart du temps, on préfère taire le problème jusqu’à l’accident, où sans doute, ca sera de la faute du prof… :-(

  2. génial dit :

    3000 exclus officiellement ! La plupart du temps, la direction fait comprendre à l’intéressé et sa famille qu’il serait plus simple pour tout le monde qu’il change d’école. Cela évite des tracasseries administratives.
    Le mérite de M.Hazette c’est surtout d’avoir reconnu qu’il y avait de la violence à l’école jusque là ignorée de nos ministres successifs.
    Maintenant ça n’a rien changé dans les faits, il manque quelques morts (encore mieux si ce sont les élections, enfin à voir).

    • Grâce dit :

      OK avec vous deux. L’an passé, une année très pénible pour les 2/3 de ma classe de 1re secondaire à cause de 7 élèves détestables qui faisaient régner la terreur. Résultats : des condisciples en très grande souffrance, avec un sentiment d’injustice et surtout de ne pas être pris en compte. Et pourtant, nous en avons fait des médiations… Et avec les parents donc ! des deux « camps »… Sans guère de succès, hélas !
      Je n’aimais pas l’idée de rassembler tous les caïds mais c’est vrai que de tous nos derniers ministres, monsieur Hazette a été le seul à mesurer réellement les difficultés rencontrées dans les classes. Normal ! Il avait été professeur, lui ! Il ne s’en laissait pas compter par les psycho-pédagogues en chambre…