« Objectif 30 juin » : mon directeur, ce héros

directeurUn directeur d’école fondamentale, c’est un peu comme un homme orchestre : ça doit pouvoir tout faire. Vous vous en doutiez peut-être… mais lorsque vous aurez lu « Objectif 30 juin », vous en serez convaincus. L’auteur, Robert Briquet, aujourd’hui à la retraite, a exercé lui-même ce métier pendant 17 ans… alors vous pensez s’il s’y connait. « J’ai voulu me faire plaisir et raconter un peu ce métier souvent décrié. J’ai adoré mon travail même s’il faut reconnaitre que les directeurs sont souvent un peu seuls. » Son dernier ouvrage1 est un petit bijou d’humour et de tendresse. L’auteur nous invite à suivre les petites et grandes aventures d’un jeune chef d’établissement nouvellement nommé, pendant toute une année scolaire. Et les personnages sont savoureux… ainsi, cette inspectrice qui « débarque » (il n’y a pas d’autre mot) à l’école et exige – en aboyant, bien sûr – de l’institutrice qu’elle raccommode sa veste… ou cette maman, curieuse de comprendre pourquoi les notes de sa fille sont si étranges. « Vous saisissez le cahier et la dame vous montre en commentant : « Vous voyez : 3/9 puis là, en dessous 6/9 et là 11/9. C’est drôle comme cotation. Déjà sur 9, il aurait pu le faire sur 10. Mais la dernière cote 11/9, comment est-ce possible? » Vous fermez les yeux, vous avalez votre salive, vous respirez un grand coup : « Mais madame, ce ne sont pas des cotes : c’est la date! 3 septembre, 6 septembre… »

Des anecdotes compilées en 40 ans de carrière

Il lui en faut de la patience à ce directeur. Tour à tour chef d’établissement – un peu quand même – psychologue, assistant social, garçon de café (avec l’inspectrice), policier, magasinier et chasseur de poules (celles du concierge qui se sont sauvées), notre ami en voit de toutes les couleurs.

Être directeur, c’est un travail extraordinaire… mais exigeant. Il faut être armé sur le plan psychologique. On attend de nous que nous soyons des pédagogues mais aussi des gestionnaires. Il est indispensable de posséder des bases en matière de gestion de conflit… mais aussi en comptabilité. En gros, on avance par essais et erreurs… On se forme sur le tas.   

Mais est-ce vraiment un roman? « Oui, les personnages sont fictifs… et forcément caricaturaux. J’ai joué la carte de l’humour. Chacun pourra d’ailleurs reconnaître un collègue avec qui il travaille. Mais ce sont des histoires qui nous sont réellement arrivées, des petites anecdotes du quotidien, compilées en 40 ans de carrière, que j’ai mises en musique. »

Un ton joyeux et optimiste

Bien loin du ton d’un « Madame, vous êtes une prof de merde », « Objectif 30 juin » est un livre qui fait du bien. Pas sûr que sa lecture fera naitre de nouvelles vocations tant les situations vécues sont inattendues et rocambolesques, mais l’auteur fait preuve d’un vrai respect pour ses personnages, particulièrement les enseignants : « Je ne dénonce rien et ne dresse pas un portrait noir de l’école. Je suis un optimiste. Même si l’école ne va pas bien, elle s’en sortira grâce aux enseignants qui se défoncent pour leur métier. C’est avec eux qu’on porte un projet qui a du sens. »

Disponible depuis quelques semaines dans nos librairies – mais également publié chez nos voisins français – « Objectif 30 juin » a déjà séduit de nombreux lecteurs… qui aujourd’hui se disent peut-être « vite… le 30 juin »… mais le 1er juillet penseront « vivement la rentrée! »2

  1. Robert Briquet, qui fut un pionnier de l’immersion linguistique en Belgique, en tant que directeur du Lycée Léonie de Waha à Liège, est déjà l’auteur d’un ouvrage de référence sur l’enseignement en immersion. Il a par ailleurs été conseiller au cabinet du Ministre de l’enseignement de 2004 à 2009. []
  2. « Objectif 30 juin », Robert Briquet. Bénévent. 232 pp. 20 €. []


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