France : Vincent Peillon est le nouveau Ministre de l’Education

Vincent PeillonLa nouvelle est tombée mercredi soir : le socialiste Vincent Peillon fera bien partie du gouvernement formé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Et il hérite – sans surprise – d’un portefeuille clé  : l’Éducation nationale. Ce docteur en philosophie de 51 ans n’est pas un novice en politique. Engagé depuis longtemps au sein du parti socialiste, il fait partie de cette génération de jeunes loups (avec Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Manuel Valls, notamment) qui a longtemps bataillé dans l’ombre des éléphants (Martine Aubry, Laurent Fabius…).

L’école : la priorité de François Hollande

De l’avis de nombreux observateurs, François Hollande ne pouvait confier ce ministère à personne d’autre. L’ancien professeur semblait véritablement taillé pour le poste. Coordinateur de l’équipe « jeunesse-éducation-supérieur-recherche » du candidat PS à la présidentielle, ancien porte-parole de Ségolène Royal en 2007, Vincent Peillon a également été délégué auprès du premier secrétaire, Lionel Jospin, de 1995 à 1997, député de la Somme, de 1997 à 2002, puis député européen dès 2004. Il sera d’ailleurs réélu à L’Europe en 2009. Il est l’auteur de plusieurs essais sur l’école et la République dont « Peut-on améliorer l’école sans dépenser plus ? », en 2009, où il se pose en contradicteur du Ministre de l’Éducation de l’époque, le conservateur Xavier Darcos.

L’école, on le sait, sera une des priorités du quinquennat de Françoise Hollande. Mais le mammouth1 sait se montrer rebelle. Les enseignants n’aiment pas trop le changement. Et pourtant, le chantier est gigantesque. Le nouveau ministre a indiqué souhaiter « refonder l’école, en impliquant tout le monde. » Il devra, notamment, concrétiser l’une des grandes promesses de campagne de son président : la création de 60.000 nouveaux postes dans l’enseignement.

Le retour à la semaine de 5 jours

Mais le socialiste n’oubliera pas non plus les élèves puisqu’il a indiqué vouloir enfin s’attaquer à la problématique des rythmes scolaires. La rentrée 2013 devrait donc voir le retour de la semaine de cinq jours de classe en primaire. Pour l’heure, il n’est bien sûr pas encore décidé si cette 5e journée de travail sera le mercredi matin ou le samedi matin. Pour rappel, depuis 2008, les petits Français n’allaient plus à l’école que quatre jours par semaines, le gouvernement ayant supprimé les cours du samedi matin. Résultat : des journées de 6 heures de classe en moyenne (et davantage si on compte les heures de soutien scolaire) qui épuisent les jeunes enfants.

De plus, avec 144 jours de cours, nos voisins ont une année scolaire plus courte de 40 jours en moyenne, si on la compare avec celle des autres pays européens. Quand on sait que les chronobiologies s’accordent pour dire que l’idéal reste la mise en place de journées plus courtes avec des semaines et des années plus longues. On pourrait imaginer que la charge de travail sera peut-être bientôt étalée sur 180 à 200 journées/an.

Le ministre envisagerait également de raccourcir de deux semaines la pause estivale.  Un découpage en zones géographiques, comme c’est le cas pour les vacances de février et Pâques, est plus que probable, histoire que toutes les régions ne soient pas touchées en même temps. Les spécialistes considèrent que des vacances trop longues compromettent les chances des enfants défavorisés, qui perdent leurs acquis pendant les deux mois d’été. Les négociations devraient débuter cet été.

Reste que le sujet est sensible. Revoir la semaine de cours est une chose, toucher aux grandes vacances en est une autre. En face, les secteurs du tourisme et de l’horeca ont toujours réussi à tuer dans l’œuf toute velléité de changement de la part du monde politique. Vincent Peillon réussira-t-il là où d’autres ont échoué?

  1. Comme l’avait surnommé le Ministre Claude Allègre en 1997. []


Vos commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. van den bergh charles dit :

    Je suis instituteur et pour moi, on peut aussi raboter les vacances estivales de 15 jours. Revoir les horaires hebdomadaires serait aussi une bonne chose !!!!

  2. laurent dit :

    Personnellement, les deux mois de vacances sont les bienvenus, je ne vois pas pourquoi il faudrait écourter les vacances estivales. Moi mes vacances sont remplies, dommage si certains n’ont strictement rien à faire^^

    • dodo dit :

      Quand les vacances arrivent, beaucoup me disent : tu vas enfin travailler.

  3. MR dit :

    Je suis d’accord avec Laurent. Je vois que chez nous, en Pologne, le ministère de l’Education a les mêmes idées qu’en France, pas complètement pensées…