Quand le décret inscriptions est contourné

mixiteLe décret « Inscriptions » louperait-il son objectif? On peut se poser la question à la lecture de l’enquête publiée vendredi dernier par le journal Le Soir. Le quotidien rapporte qu’un certain nombre d’enfants qui n’avaient pu obtenir l’école de leur 1er choix en 2010-2011 profitaient de leur passage en 3e année pour changer d’établissement scolaire… et donc intégrer, enfin, l’école qu’ils visaient l’année dernière et qui leur avait été refusée.

Une seconde tentative en 3e année

On le sait, le fameux décret « Inscriptions » ne cible que la 1ère année secondaire… et pour les autres années, rien n’est réglementé. Les enfants peuvent quitter l’établissement où ils sont scolarisés après y avoir effectué un degré complet, c’est-à-dire en 3e et 5e année.

De nouvelles listes d’attente

Du coup, certaines écoles plus cotées, principalement dans la capitale, voient arriver de nombreux élèves désireux de s’inscrire en 3e année. Et là encore, difficile de faire face à toutes les demandes. Du coup, des directions sont obligées de prévoir une nouvelle liste d’attente… un comble!

Pas de triche mais de l’auto-défense pour le MR

Que penser de ces parents – le phénomène est très difficile à chiffrer – qui pourraient ruiner les belles intentions du décret? Que ce sont des tricheurs? L’opposition MR a immédiatement prévenu qu’il est hors de question de stigmatiser des familles en détresse, sous prétexte d’occulter les vrais problèmes engendrés par ces multiples décrets « Inscriptions ». « Que des parents déploient des stratégies, en déménageant par exemple pour se rapprocher de l’école de leur choix ou en changeant leur enfant d’école dans le deuxième degré, ce n’est pas de la tricherie, c’est de l’auto-défense. Car il ne faudrait pas oublier que ces décrets Inscriptions les ont dépouillés d’un droit fondamental inscrit dans la Constitution : le libre choix de l’école pour leur enfant ! Les pointer du doigt n’est absolument pas correct et c’est surtout essayer de détourner l’attention des problèmes de ce décret, non résolus par le Gouvernement PS-cdH-Ecolo » a indiqué Françoise Bertieaux, Chef de Groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Pour les libéraux, s’il y a effectivement une certaine homogénéité socioculturelle dans de nombreux établissements scolaires dès le deuxième degré, ce n’est pas parce que les parents joueraient les fins stratèges, mais bien parce que le système, tel qu’il est conçu, induit une rupture de mixité.

En effet, pour les élèves comptabilisant un certain nombre d’échecs, il existe le système de « l’attestation B », délivré en fin d’année, qui leur évite le redoublement, pour autant qu’ils se réorientent et, donc le plus souvent, qu’ils changent d’école.

« Ce système des attestations B me préoccupe énormément, insiste la députée bruxelloise, et je l’ai d’ailleurs dénoncé au Parlement à plusieurs reprises, car la réorientation de nombreux jeunes vers des filières techniques ou professionnelles n’est pas un choix, ne relève pas d’une réelle vocation de la part de l’élève. Et de plus, certaines filières techniques à Bruxelles, comme le technique de transition, n’ont pas une offre suffisante pour permettre un libre choix. »

Le MR invite le gouvernement à s’attaquer aux défauts du système plutôt que de s’en prendre aux parents. Sera-t-il entendu?



Vos commentaires

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  1. anne dit :

    Ne faudrait-il pas s’interroger quand une loi est contournée par tous les moyens ? Si le gouvernement, et particulièrement la Ministre de l’Enseignement, pouvait se poser les questions pertinentes, ce serait super mais j’oubliais, il y a comme un stuut, les indicateurs d’évaluation sont construits à posteriori.

    Une certitude néanmoins : tout sondage réellement indépendant du Gouvernement donnera comme résultat une majorité de parents et de professionnels de l’enseignement opposés au décret actuel dont Jacques Liesenborght.

  2. Grâce dit :

    Ne me dites pas qu’on va arriver à un décret inscriptions pour les 2e et 3e degrés !

  3. De le Court dit :

    Madame Bertiaux devrait se renseigner avant de dire que le technique de transition appartient à l’enseignement technique qui, lui, inclut uniquement l’enseignement de qualification et l’enseignement professionnel…

    • une lectrice dit :

      Ce n’est pas ce que Madame Bertiaux dit dans son article, d’après ce que j’ai compris. Il n’y a pas d’incompatibilité entre ses propos et le fait que l’enseignement de transition comporte une filière générale et une filière technique. Il y a en effet des écoles qui organisent le général de transition mais pas le technique de transition, il faut donc, suite à une attestation B qui ferme la voie au général de transition, changer d’école (le technique de transition se donne parfois dans des établissement qui proposent du professionnel et du technique de qualification, sans général de transition). Par ailleurs, on appelle filière de qualification celle qui regroupe le technique (de qualification) et le professionnel. ;)