En mai, fais ce qu’il te plaît… En juin, prépare tes examens (mais si tu attends la dernière minute, ce sera compliqué quand même). C’est cette semaine que démarrent les épreuves externes pour les élèves de 2e et 6e années secondaires qui porteront sur le français et les mathématiques pour les premiers… l’histoire et le français pour les seconds.
Éclairer les écoles sur leurs pratiques
Pour les rhétoriciens, il s’agit du TESS, pour Test d’enseignement secondaire supérieur. Il n’est pas obligatoire et devrait concerner près de 12.000 élèves qui subiront l’épreuve d’histoire (ce mardi 12 juin) et 9.000 élèves celle de français (mercredi 13 juin).
Au degré inférieur, les jeudi 14 et vendredi 15 juin seront consacrés au certificat d’études du 1er degré de l’enseignement secondaire, appelé aussi le CE1D. Sont concernés : les élèves de 2e année commune et complémentaire, de 3e année de différenciation et d’orientation… et sur décision du conseil de classe, certains élèves de 1re année complémentaire et de 2e ou 3e phase de l’enseignement spécialisé de forme 3. Bien que non obligatoire, elle a tout de même concerné, en 2011, près de 33.000 enfants. Cette année, plus de 300 écoles (environ 35.000 élèves) ont décidé de participer à cette évaluation… Sa raison d’être? Éclairer les écoles sur l’efficacité de leurs pratiques après analyse des résultats par la Commission de pilotage de l’enseignement qui peut, si nécessaire, ajuster les programmes, mobiliser l’inspection…
Rappelons aussi que le fait de rater le CE1D ne signifie pas automatiquement que l’élève échouera dans cette matière et redoublera son année scolaire (ou écopera d’un examen de passage). En cas de réussite, le conseil de classe ne peut que valider la bonne acquisition des compétences requises. En cas d’échec à l’épreuve externe, il reste souverain pour prendre en considération le travail tout au long de l’année… et autoriser l’élève à passer dans l’année supérieure.
56.000 élèves passeront le CEB
Et puis, n’oublions pas le CEB qui concernera tous les élèves de 6e année primaire, la semaine prochaine. Depuis 2009, cette épreuve externe – qui porte sur le français, les mathématiques et l’éveil – est obligatoire dans toutes les écoles de la Communauté française. Et elle sera soumise à environ 56.000 enfants cette année. Élaborée par un groupe de travail composé de membres du Service général du Pilotage du système éducatif, de l’inspection, de conseillers pédagogiques et d’enseignants, elle est régulièrement jugée « trop facile » par les enseignants qui s’inquiètent des scores canons obtenus par les élèves – en 2011, neuf élèves sur dix avaient réussi leur CEB – alors que les résultats au premier degré du secondaire sont loin d’être aussi enthousiasmants.
C’est que pour décrocher leur CEB, les élèves doivent obtenir au moins 50 % dans chacune des disciplines évaluées. Et l’épreuve ne fait que vérifier que les enfants maîtrisent les compétences minimales fixées par les fameux socles… de compétences. Obtenir la moitié du minimum, est-ce bien suffisant?
En cas de réussite, l’élève décroche directement son « pass » pour la première année commune du secondaire. Si échec, le conseil de classe peut malgré tout délibérer et offrir le précieux sésame à l’enfant qui aurait connu un petit passage à vide au moment de l’épreuve. Si cette décision ne se justifie pas, l’élève prendra la direction de la 1ère année différenciée. Objectif : lui permettre de réintégrer la filière commune après une ou deux années de remise à niveau. A l’époque où la 1ère année différenciée n’existait pas – on parlait alors de 1ère « Accueil » – la majorité des élèves étaient orientés vers la 2e professionnelle (au lieu de rejoindre la 1ère A). Beaucoup abandonnaient ensuite leurs études avant l’obtention de leur diplôme. La réforme du premier degré semble avoir apporté un peu de positif puisque les élèves qui rejoignent la 1ère année commune sont aujourd’hui deux fois plus nombreux.
Ce TESS quelle aventure, la grande machine à niveler et à couronner les besogneux, des épreuves gesticulatoires sans le moindre intérêt pour satisfaire l’égo de nos ministres. Des scores de réussite à faire rêver nos amis du Belarus et de Corée du Nord. Vive la fédération WB !!!
Pour le ce1d 2011 en mathématique, élaboré par des experts mdr (dixit une circulaire pour celui de 2012 : l’humilité n’est pas dans les bagages de ce genre de personnage), j’ai constaté avec mes élèves beaucoup d’imprécisions ou des éléments que l’inspection mettrait immédiatement en évidence chez nos ridicules petits et misérables enseignants.
Mais ce fut une agréable révision …, les élèves sont confiants.
Celui de cette année est de meilleure facture. Rien n’est parfait mais je l’ai apprécié.
« La réforme du premier degré semble avoir apporté un peu de positif puisque les élèves qui rejoignent la 1re année commune sont aujourd’hui deux fois plus nombreux »
C’est vraiment de la poudre aux yeux. Dans mon établissement, on se retrouve avec des classes de 2e commune où un bon tiers des élèves n’ont absolument aucune envie de poursuivre dans le général (et même parfois dans le technique !). Ils s’ennuient souvent, embêtent parfois leur monde mais regrettent de devoir patienter 3 ans avant d’entamer des études qualifiantes. Dans l’ancien système, ils pouvaient au moins suivre certains cours pratiques qui les aidaient à choisir une filière.
Pour les élèves qui continuent dans le général, la présence de ces élèves nivelle évidemment les cours généraux vers le bas. C’est l’école de la réussite en CF !
Qu’est-ce qui prouve que ce n’est pas les enseignants qui nivellent par le bas ?
Avant c’était mieux ? Alors vivons comme avant !
Je suis entièrement d’accord avec le commentaire de Franufle. Ce système est loin d’être cohérent, je m’explique ; que se passe-t-il lorsqu’un élève de 2e différenciée réussit son année ? Il passe en… 2e commune. Question : comment font les élèves pour aller d’une matière de 6e primaire vers une matière de 2e secondaire ? Sans compter toutes les contraintes qui vont avec !
Je ne suis pas du tout satisfait de ce système qui, au final, pénalise davantage les élèves.
Surtout que le fossé est tellement grand entre la sixième primaire et le premier degré du secondaire…
A quand la continuité prévue dans les socles de compétences et des responsables qui se mettent d’accord ?
Je partage votre avis, Franufle. Et le drame pour ces enfants qui ont un projet qualifiant, c’est que certains finissent par décrocher. Sans compter ceux qui, venant du 1S savent que d’office, ils passeront en 3e puisqu’on doit les sortir du degré. J’en avais trois cette année dans une classe, ce fut galère pour un tant soit peu les faire travailler ou pour qu’ils acceptent les remédiations. Résultats : pas le CE1D en math et en français, échecs en langue et on verra pour les examens qui restent. Seulement ce que nous disons là est politiquement incorrect…
J’ai donc achevé de corriger le CE1D cette semaine. Je suis sceptique quant à sa facilité. Il est possible de réussir en français sans jamais étudier. C’est le cas pour certains de mes élèves. Oui, ils l’ont, tant mieux pour eux. Mais je ne suis pas du tout sûre qu’ils soient armés pour la suite. Je ne suis pas contre cette épreuve externe, mais il faudrait tout de même qu’elle soit autre chose que le sésame pour entrer en 3e. Je ne trouve pas du tout qu’elle évalue les compétences acquises. Quant aux savoirs, inutile même d’en parler.
Mais qu’est que les élections bielo-russes ont à voir la dedans ?
J’ai 12 ans et je suis en 6e année primaire. En rentrant dans une banque, ma mère discutait avec la banquière et elle lui a conseillé d’aller sur ce site pour que je puisse m’entrainer à passer mon C.E.B car j’ai beaucoup de difficultés en math et ce site m’aide à voir ce qui m’attend en juin… Franchement, je vais m’y mettre ! Super efficace, ça !