Les professeurs et parents de l’école Saint-Joseph de Geer continuent leur action. Souvenez-vous, il y a quelques jours, nous apprenions qu’un petit groupe d’élèves, partis profiter d’une journée de détente bien méritée au parc Plopsa de Coo avaient été refoulés de certaines attractions. Les animateurs du parc avaient alors identifié quelques enfants trisomiques. « C’était clairement un délit de sale gueule, explique Bernard Legrand, professeur, qui accompagnait les élèves en excursion, comme chaque année. Ce sont des enfants avec un handicap de type 2 et 3. Ils ne sont pas handicapés physiquement et, excepté deux enfants trisomiques, leur handicap mental ne peut se voir. » Certains manèges pouvaient-ils mettre en danger la sécurité des élèves? « Non, rétorque l’enseignant. Nos enfants, on les connait depuis des années. Il y en a qui font de la danse, du cheval… Ces animateurs ne les connaissaient pas. » Marie-Eve Caprasse est la maman d’un des petits garçons trisomiques : « Jusqu’à preuve du contraire un enfant trisomique est tout a fait capable de s’asseoir et de respecter les consigne données pendant un temps certain. Pour ce qui est des autres handicaps, je pense qu’il faudrait laisser l’accompagnant juger si l’enfant en est capable ou non. Un enfant ne présentant pas de handicap est tout aussi capable de se lever pendant une attraction ou de soulever la barre de sécurité si celle si n’est pas bloquée au démarrage. Je suis enseignante et je pense à certains enfants « normaux » à qui je ferais moins confiance qu’a Justin et ses copines trisomiques. » La confiance envers les enseignants semble donc pleine et entière. « Il faut faire un minimum confiance aux accompagnateurs. J’ai laissé partir mon fils toute la semaine en faisant totale confiance aux enseignants. Et oui, il peut arriver un accident, comme à n’importe quel enseignant qui part avec sa classe. »
Dans le calme et le respect
A tous ceux qui souhaitent marquer leur solidarité avec ces enfants, Mme Caprasse donne rendez-vous le 8 juillet prochain, à 9h45 (jusque 11h30), devant le parc de Coo. Objectif : sensibiliser un maximum de monde en distribuant des flyers explicatifs ainsi que des bracelets rouges comme ceux que reçoivent les enfants handicapés au guichet du parc, avec l’inscription «Boycottons la différence». Rappelons qu’une pétition circule actuellement sur Internet, et compte déjà près de 900 signatures.
Nous manifesterons dans le calme et le respect. Je n’ai nullement l’intention d’aller faire un scandale là-bas. J’aurais pu aller sur un marché local ou ailleurs, mais l’endroit est symbolique puisque c’est là que nos loulous ont été victimes de discrimination.
Un droit aux loisirs
L’affaire est aussi remonté jusqu’au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le 12 juin dernier, la Ministre de l’Égalité des chances, la socialiste Fadila Laanan, était interrogée par le député Ecolo Mathieu Daele qui regrettait de devoir rappeler qu’il existe un « droit aux loisirs » pour les personnes handicapées et et que tous les gestionnaires de parcs doivent s’y conformer. « Des aménagements raisonnables doivent dès lors être mis en place pour garantir leur sécurité. Refuser un accès aux handicapés sans avoir procédé à ces aménagements constitue donc une discrimination. Comment se fait-il, madame la ministre, que ces parcs puissent refuser l’accès de certaines attractions aux personnes handicapées? En tant que ministre de l’Égalité des chances, comment comptez-vous réagir à cette situation ? »
La ministre a répondu que le Centre pour l’égalité des chances avait été saisi du dossier « Plopsa » et qu’il s’était concerté avec la direction des parcs d’attraction et les associations de personnes handicapées afin d’établir les mesures concrètes susceptibles d’améliorer l’accès de tous les visiteurs, handicapés ou non. Un nouveau règlement devrait être finalisé pour cet été.
Si un accident était survenu, qui aurait été responsable ? …
Les enseignants connaissent leurs enfants, les animateurs, leurs animations…
J’étais trop petite pour aller sur certaines attractions et je n’en avais pas fait un plat… Maintenant, peut-être que le parc devrait adapter ses folders et pubs, faire un geste commercial (remboursement partiel des places pour les enfants « lésés »…). Je ne sais pas, beaucoup de zones d’ombres dans cette histoire tout de même.
@madame Van : si vous n’êtes pas gênée de marquer les enfants handicapés d’un bracelet rouge, je suppose que l’étoile jaune des Juifs, pendant la guerre, ne devait pas vous déranger non plus.