Elle est toute pimpante, Samantha Gerets, à quelques heures de faire ses adieux à ses collègues après une année riche en rencontres et en découvertes à l’athénée royal d’Ans, en région liégeoise. Ce vendredi après-midi, les professeurs ont organisé un buffet hawaïen. Une chouette occasion de passer un peu de temps ensemble et de se rappeler les bons souvenirs. Mais la jeune femme, 25 ans, quittera son école en septembre prochain pour rejoindre un nouvel établissement. Ce sera sa troisième école. Et elle le sait, ce ne sera pas facile de dire au revoir à ses élèves à qui elle a tant donné… et qui lui ont tellement offert en retour. Jeune enseignante motivée et engagée, elle est le premier « acteur » d’Enseignons.be, qui s’engage à mettre régulièrement à l’honneur celles et ceux qui font la fierté de leur école.
Samantha, parle-nous un peu de toi.
Sortie de la Haute Ecole Charlemagne (Rivageois – Liège) il y a quelques années, j’enseigne les sciences économiques et la sténodactylographie dans l’enseignement secondaire du réseau de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mon titre me permet d’enseigner de nombreuses matières telles que l’économie, la bureautique, les TAOS (techniques d’accueil, d’organisation et de secrétariat), la vente ou encore l’informatique de gestion. Je suis régente en sciences économiques et sciences économiques appliquées. Au cours de mes premières années de travail, j’ai déjà donné beaucoup de cours différents dans deux écoles : l’Athénée Royal Ardenne Hautes-Fagnes de Malmedy/Stavelot et l’Athénée Royal d’Ans. Ces premières expériences m’ont permis de me conforter dans l’idée que ce métier est sans aucun doute celui qui me convient.
« Dans ce métier, il y a une part d’inné »
Quel est ton parcours, ta formation?
Après quelques faux pas dans l’enseignement supérieur, j’ai fini par trouver ma voie. Les sciences économiques m’ont toujours intéressée (j’en avais eu pendant mes secondaires) et j’étais intriguée par la psychologie. Il fallait donc trouver un métier qui permettait d’allier ces deux disciplines… J’ai découvert le régendat sciences-éco/bureautique par une de mes connaissances. Ces études sont peu connues et ne remportent pas un franc succès, pourtant elles offrent pas mal de débouchés aussi bien dans l’enseignement que dans le privé et les cours dispensés aux Rivageois sont très diversifiés et enrichissants.
Penses-tu avoir été bien préparée à enseigner?
Je pense qu’on m’a donné les moyens pour aborder le métier correctement mais j’ai l’impression que j’en apprends dix fois plus depuis que je suis sur le terrain. Il me semble que tout ne relève pas de l’acquis dans ce métier, il y a une part d’inné.
Un maître-mot : l’organisation
Qu’as-tu apprécié cette année?
Il y a tellement de choses que je ne sais pas par quoi commencer… Tout d’abord, j’ai apprécié l’accueil qui m’a été offert à Ans par la direction et par les collègues. Ensuite, j’ai aimé participer à un projet d’établissement. On nous a lancé le défi de réconcilier avec l’école des élèves en décrochage scolaire complet. Et ce, avec un parcours différent de celui proposé en 2e année commune: plus de cours qualifiants, moins de cours généraux, des projets concrets alliant plusieurs disciplines. Grâce à un chef d’établissement exceptionnel qui m’a fait confiance dès le départ, j’ai pu relever des défis tels que l’organisation d’un voyage pédagogique à Bruxelles avec des élèves du professionnel ou encore la création d’un bureau didactique permettant d’enseigner les TAOS à mes élèves du professionnel tertiaire.
Quelles difficultés as-tu rencontrées? Comment as-tu fait face?
L’élaboration du voyage n’a pas été chose aisée, car c’était la première fois que je m’attelais à une telle tâche. Le maître-mot fut l’organisation!
Que penses-tu a) de la salle des profs? b) de tes collègues c) de tes élèves?
La salle des profs est une pièce emblématique dans une école. C’est souvent le premier endroit que l’on découvre lorsqu’on commence à travailler dans un établissement scolaire. À Ans, c’est un endroit où je me sens à mon aise, à ma place… En cas de problème de discipline avec une classe, je sais qu’en passant par la salle des profs, je trouverai de l’aide et du réconfort et en cas de joie, je sais que c’est là que se trouveront les personnes avec qui la partager.
Je suis très attachée à mes collègues. Nous avons formé une super équipe cette année et je compte garder des contacts avec eux, notamment via l’amicale de l’école dont je fais partie.
Avec les élèves du professionnel, ça n’a pas toujours été simple. En début d’année, j’ai éprouvé des difficultés à imposer mon autorité car ils me testaient, ensuite nous avons appris à nous connaître et petit à petit, des liens propices à un bon apprentissage se sont créés. Je pense qu’ils ont compris que si j’étais si exigeante avec eux c’était pour les mener le plus loin possible. D’ailleurs, toutes les marques d’attention que j’ai reçues en cette fin d’année le prouvent.
« C’est encore mieux que ce que j’avais imaginé »
La discipline justement, comment la gères-tu?
Je n’ai pas une méthode prédéfinie. Je suis très exigeante par rapport à la matière et je montre aux élèves que mon but est de les amener le plus loin possible. À côté de ça, je sais rire avec eux et je les sors beaucoup de l’école. Rien de tel que d’aller sur le terrain pour apprendre.
Le métier correspond-il à tes attentes?
Il est encore mieux que ce que j’avais imaginé.
Que vas-tu faire de tes vacances?
Comme la plupart de mes collègues, je vais commencer par décompresser en profitant du mois de juillet pour me reposer et me changer les idées. Ensuite, dès que je saurais où je travaille et quelles sont mes attributions, je commencerai à mettre de l’ordre dans mes cours afin d’être prête pour la rentrée.
Que penses-tu d’un site comme Enseignons.be? L’as-tu déjà utilisé?
Je pense que c’est très important pour nous d’avoir une plate-forme sur laquelle on peut échanger nos travaux, nos questions ainsi que les problèmes rencontrés dans l’exercice de notre métier… En épiant l’actualité pour sélectionner les sujets relatifs à l’enseignement et en publiant des articles à ce propos, ce site nous permet aussi d’être toujours informés sur ce qui nous concerne directement et de pouvoir réagir et partager nos points de vue. Je suis déjà intervenue sur des forums pour répondre à des questions, j’en ai moi-même posées. Je réagis souvent aux articles postés. Étant une jeune prof, je n’ai pas encore osé publier mes leçons (je préférais attendre de les tester plusieurs fois en classe) mais je compte les partager avec mes collègues très prochainement.
Si tu devais laisser un message sur les murs de ton école, ce serait…
À jamais dans mon cœur…
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