Violence à l’école : plus de deux mille élèves exclus en 2011

violenceUn total de 2.163 exclusions ont été constatées en 2011 dans l’enseignement fondamental et secondaire (ordinaire et spécialisé) en Wallonie et à Bruxelles. Ces chiffres, plutôt interpellant, sont issus des statistiques avancées par l’Observatoire de la violence à l’école. Quand on sait que 64% des motifs d’exclusion d’un élève sont dus à des faits de violence, peut se poser des questions… D’autant que septante-sept élèves ont été exclus plus d’une fois sur l’année scolaire.

Les derniers chiffres datent de 2002-2003

Au final, entre le 30 juin et le 15 septembre, on a enregistré 588 refus d’inscription – ce qui correspond à une exclusion définitive – dont 81% concernaient des garçons. Mais où retrouve-t-on ces élèves chahuteurs et/ou difficiles? Principalement dans les classes de 3e année professionnelle (18%) – l’ado est en moyenne âgé de 15-16 ans – et de 1ère année complémentaire (11%).

Mais pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène – et observer une baisse ou une hausse des exclusions et donc l’efficacité (ou non) des politiques mises en œuvre – il faudrait pouvoir comparer avec les chiffres de 2010… ou de 2009. Seulement voilà, il n’y en a pas! Les dernières statistiques disponibles remontent à… 2002-2003. Cette année-là, on avait enregistré 1.036 exclusions d’élèves. Ce qui signifie que dix ans plus tard, la situation ne s’est pas améliorée, au contraire.

« Il y a 10 ans, le Ministre MR de l’Enseignement Pierre Hazette avait lancé une grande étude sur la violence à l’école – de la première violence verbale à la violence physique – qui devait servir de baromètre, véritable repère pour les directions et politiques. Or, ce baromètre a été complètement abandonné en 2004 par la nouvelle Ministre de l’époque, Marie Arena. Dès lors, le phénomène de violence à l’école a été complètement nié, et le dispositif de lutte contre la violence et son arsenal législatif adoptés par la majorité 1999-2004 ont été entièrement désossés, sans aucune mesure alternative ! Seules les équipes mobiles ont été préservées, mais n’interviennent que pour éteindre les incendies et ne sont absolument pas d’ordre préventif», regrette Françoise Bertieaux, Chef de Groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le retour des écoles des « caïds »?

Pour les libéraux, les chiffres mis à jour démontrent que le phénomène de violence existe toujours et que le nombre d’exclusions reste important. Et l’exclusion n’est pas une solution. Soit l’élève est mineur et, une fois exclus, s’inscrit dans une autre école, important la violence d’un établissement à l’autre sans y remédier ; soit l’élève est majeur et se retrouve sur le marché de l’emploi sans diplôme, ni qualification. Et la députée de plaider pour la mise en place d’un véritable plan de lutte contre la violence à l’école avec :

  • des sanctions pédagogiques dès la première incivilité;
  • l’implication des parents dans le processus d’accompagnement de l’élève « violent »;
  • la réhabilitation des centres de scolarisation et de resocialisation (les « écoles des caïds ») mis au frigo par Marie Arena (PS) en 2004.

Auditionnés au Parlement, les équipes éducatives des IPPJ ont toutes pointés le déficit de scolarisation et de resocialisation de ces jeunes qui ont basculé dans la délinquance. Si on pouvait intervenir avant qu’ils n’en viennent à commettre des actes délictueux et se retrouvent en IPPJ, je pense que cela vaut vraiment la peine qu’on y réfléchisse sérieusement.

Commentaires

  1. Grâce dit :

    Je n’aime pas l’idée d’une école des caïds. Mais j’en ai aussi assez de cet angélisme de nos politiciens qui tentent toujours d’excuser ces élèves. Qui se soucie des victimes qui, très souvent, n’osent pas parler par peur des représailles. J’en avais 4 (2 garçons et 2 filles) dans une classe de 1ère l’an passé. C’est seulement en début de cette année, alors que la pire des 4 n’avait pas été réinscrite que les victimes ont raconté… J’en ai eu les larmes aux yeux. Pourtant, l’école et le CPMS ont vraiment essayé de recadrer les choses, c’était sans compter avec le silence.

    1. cata dit :

      Tout à fait d’accord avec toi Grâce.

      M.Hazette a été le premier à reconnaître l’existence de violence à l’école. Maintenant son école de caïd est une rigolade, il en faudrait une par école, lol !